PARTE I ENQUADRAMENTO TEÓRICO
4. Modelos de avaliação interna
4.2. M ode los es trut ura dos
4.2.3. Outros modelos
Les seules données in-situ dont nous disposons aujourd’hui concernant l’altération
des astéroïdes sont des données spectrales : elle indiquent que ces astéroïdes, souvent
reliés aux chondrites carbonées (ex : Gaffey et al., 1993; Hiroi et al., 2001; Kanno, 2003;
Pieters et McFadden, 1994), présentent une certaine quantité de phyllosilicates à leur
surface (Vilas et Gaffey, 1989; Vilas, 1993, 1994). L’étude des météorites nous apporte
des renseignements complémentaires concernant les interactions fluide-roche sur ces
petits corps rocheux.
Toutes les météorites ne présentent pas de traces d’altération, et parmi celles qui
ont été altérées, toutes ne le sont pas dans les mêmes conditions ni de façon
homogène. Nous nous intéresserons ici plus particulièrement aux chondrites.
Les chondrites sont divisées en 3 sous-groupes : chondrites ordinaires, chondrites
carbonées et chondrites à enstatite. Les deux premiers contiennent la majorité des
échantillons retrouvés à la surface de la Terre. Le troisième sous-groupe est un peu
particulier et ne sera pas développé ici, de même que les chondrites K et R. La
classification des chondrites leur attribue un code sous la forme lettre(s)-chiffres, dans
lequel les lettres renvoient à la famille de chondrite (voir Figure 1.11 et encadré 3) et le
chiffre renvoie à leur type pétrographique, c’est-à-dire leur degré d’altération (de 3
pour la moins altérée à 1 pour la plus altérée) ou de métamorphisme (de 3 pour la
moins métamorphisée à 7 pour la plus métamorphisée).
La classification des météorites
Les météorites sont classées selon un certain nombre de critères : différenciées ou non,
degré d’altération ou de métamorphisme, caractéristiques pétrographiques… Il est ainsi
possible de proposer une classification simplifiée de ces météorites.
Les chondrites sont dites primitives car elles ont une composition chimique similaire à celle de
la nébuleuse solaire. Au contraire, les achondrites sont différenciées car leurs corps parent ont
subi des évènements thermiques ayant entrainé leur différenciation : les roches qui les
constituent n’ont plus une composition chondritique. Les achondrites primitives ont des
textures et autres caractéristiques de météorites différenciées, mais conservent une
composition chimique proche de celle des chondrites.
1 2 3 4 5 6 7
CI 100%
CM 7% 93%
CR 1% 97% 2% 1%
CV 0.5% 99.5%
CO 100%
CH 100%
CK 8% 41% 45% 5%
L/LL 34% 17% 22% 27%
H/L 28% 38% 10% 23%
H 5% 27% 43% 26% 0.1%
LL 6% 6% 53% 35% 0.4%
L 5% 9% 32% 54% 0.1%
K 100%
R 48% 32% 13% 7%
EH 76% 16% 4% 3% 1%
EL 19% 14% 5% 61% 1%
Figure 1.11 : Les différents types de chondrites (lignes) en fonction de leur type pétrographique (colonnes). J’ai réalisé
cette figure en considérant plus de 37500 chondrite de la base de données de la Meteoritical Society
(http://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php).
Parmi ces chondrites carbonées il est possible d’observer un certain nombre de
minéraux secondaires, souvent les mêmes que ceux formés sur Terre. Ceux-ci sont
présentés dans le Tableau 1.1. Les premiers minéraux secondaires (liés à l’altération
aqueuse des météorites) qui ont été identifiés sont les argiles de la chondrite CI
Orgueil (Pisani, 1864).
De telles variations des produits d’altération observés dans les chondrites
suggèrent que les conditions d’altération pouvaient être très variables d’un groupe de
chondrites à l’autre. Les paramètres tels que le rapport eau/roche, la température, le
pH, la salinité et l’alcalinité du fluide peuvent beaucoup influencer la nature et
l’abondance des minéraux secondaires formés, en ayant notamment une influence non
négligeable sur les équilibres en solution (constantes de dissolution, constantes de
dissociation).
Tableau 1.1 : Marqueurs minéralogiques (minéraux secondaires) de l’altération des chondrites, simplifié d’après
Brearley (2006).
Chondrites CI CM CR CV CO Ordinaires
Silicates Serpentines
Saponite
Serpentines
Cronsteditite
Serpentines
Saponite
Serpentines
Saponite
Fayalite
Hedenbergite
Diopside
Wollastonite
Andradite
Kirschteinite
Nepheline
Sodalite
Serpentines Smectites
Carbonates Calcite
Dolomite
Breunnerite
Calcite
Dolomite
Sulfates Gypse
Epsomite
Thenardite
Sulfures Pyrrhotite Pyrrhotite
Pentlandite
Pyrrhotite
Pentlandite
Pyrrhotite
Pentlandite
Pyrrhotite
Pentlandite
Oxydes Magnetite
Ferrhydrite
Magnetite Magnetite
Ferrhydrite
Halogénures Halite
Sylvite
Autres Soufre natif Tochilinite
Parmi les chondrites carbonées, les CR sont celles qui présentent la gamme
d’altération la plus importante, allant des CR3 (les moins altérées) comme SAH 00182,
MET 00426 ou QUE 99177 aux CR1 (les plus altérées) comme GRO 95577 ou MIL
090292. Les moins altérées présentent encore des grains de métal (Fe-Ni) non-oxydé,
ou encore du verre (dans les chondres) non-altéré (Brearley, 2006). Mais l’altération
peut aller jusqu’à l’oxydation complète des nodules de Fe-Ni, au remplacement du
verre des chondres par une mésostase de phyllosilicates, à la formation de magnétites
framboïdales, de carbonates, sulfures, serpentines et saponites. C’est cette variabilité
qui a motivé en partie le présent travail : une étude menée par Quitté et al. (2010) a
révélé que la chondrite Renazzo (CR2) d’une part et les chondrites NWA 721 (CR2) et
NWA 801 (CR2) d’autre part présentent des âges
182Hf-
182W apparents très différents.
En effet, si les âges
182Hf-
182W apparents des chondrites NWA 721 (CR2) et NWA 801
(CR2) sont autour de ~5 Ma après les CAIs, l’âge apparent de Renazzo (CR2) est près de
~40 Ma plus jeune. Cet âge apparent de Renazzo n’est pas en accord avec d’autres
données radiochronologiques connues pour cet échantillon. Par exemple, Jilly et al.
(2013) ont montré que les carbonates de la chondrite de Renazzo se sont formés entre 2
et 10 Ma après les CAIs. Ces carbonates sont issus de l’altération aqueuse sur le corps
parent et ne peuvent donc pas être antérieurs à l’équilibration métal-silicate de
Renazzo.
Les auteurs (Quitté et al., 2010) ont proposé que cette perturbation du
chronomètre
182Hf-
182W soit liée à une intense altération subie par Renazzo sur son
corps parent. Cette altération est avérée : outre les carbonates mentionnés juste avant,
de nombreuses études se sont intéressés aux marqueurs de l’altération de la chondrite
Renazzo (CR2) et des CR en général (Abreu et Brearley, 2008; Brearley, 2006; Ichikawa
et Ikeda, 1995; Schrader et al., 2008; Weisberg et al., 1993; Zolensky et al., 1993).
Weisberg et al. (1993) ont observé que les chondres de Renazzo n’ont pas ou peu
préservé de mésostase vitreuse à cause d’une hydratation intense. Ils ont aussi noté des
assemblages minéraux (phyllosilicates et oxydes) typique d’échantillons très altérés.
Schrader et al. (2008) présentent notamment des assemblages d’oxydes, de sulfures et
de phosphates attribués à une altération aqueuse intense à basse température
(<200°C). L’altération aqueuse des CR est d’ailleurs reflétée par une diminution de la
quantité de fer de la matrice, la formation de magnétite framboïdale et le
développement de phyllosilicates (Abreu et Brearley, 2008). D’autres minéraux
secondaires ont été observés dans Renazzo et les CR altérées : des micro-grains de
sulfures (pentlandite, pyrrhotite) et des saponites et serpentines (Brearley, 2006;
Ichikawa et Ikeda, 1995; Zolensky et al., 1993). De plus, en considérant les
caractéristiques minéralogiques, pétrographiques et chimiques des chondrites CR,
Harju et al. (2014) ont proposé de classer Renazzo comme une CR2.4 là où la plupart
des CR sont classées CR2.8.
Choi et al. (2009) et Schrader et al. (2011, 2013) ont présenté des étude complètes
montrant le lien entre l’altération et la composition isotopique en oxygène (Figure
1.12). Le fluide d’altération pourrait être un matériel riche en isotopes lourds (
17O et
18O). Dans le diagramme à trois isotopes de l’oxygène, Renazzo apparaît parmi les
météorites dont la signature isotopique est la plus affectée par le fluide, elle serait donc
parmi les CR2 les plus altérées.
subdivisées en trois sous-groupes : les CV3 réduites (CV3red), les CV3 oxydées du
groupe d’Allende (CV3oxA) et les CV3 oxydées du groupe de Bali (CV3oxB), en allant des
moins altérées aux plus altérées. Les CV3red sont caractérisées par un rapport
Femetal/Femagnetite élevé et un rapport matrice/chondres « faible » (0,5-0,6) (Weisberg et
al., 2006). A l’opposé, les CV3ox ont un rapport Femetal/Femagnetite faible et un rapport
matrice/chondres plus élevé (0,6-1,2). De plus, les CV3oxB sont appauvries en
16O et
présentent une importante quantité de phyllosilicates. Leur lithologie se rapproche
parfois beaucoup de celle des CV2 (Zolensky et al., 2008). Cette variabilité, associée à
leur abondance dans les collections, fait des CV3 un matériel de choix pour l’étude des
effets de l’altération sur les isotopes du W et le système Hf-W.
No documento
A autoavaliação das escolas : procedimentos e perspetivas em análise
(páginas 94-97)