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Interações (Campo Grande) vol.8 número13

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Academic year: 2018

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(1)

Heritage and local development

:

the collective appropriation of heritage

for social integration

Patrimônio e Desenvolvimento Local: a apropriação coletiva do patrimônio para a

integração social

Herencia y desarrollo local: la apropiación colectiva de la herencia para la integración social

Nassima Dris*

Recebido em 28/9/2005; revisado e aprovado em 15/12/2005; aceito em 30/7/2006.

Résumé:Les actions de requalification urbaine et de patrimonialisation offre à la ville de Melun (Seine-et-Marne) l’opportunité de mesurer l’attachement des habitants à leur ville, son histoire, son site et son paysage. Dans cette perspective, les opérations de protection et de valorisation du patrimoine s’inscrivent dans une politique locale de développement et constituent un moyen pour signifier les valeurs identitaires de la ville. Or, l’hétérogénéité sociale et culturelle des habitants donne à voir une histoire en formation où se rencontrent les références plurielles du temps passé et les contingences du présent. Au travers de cette réalité urbaine dynamique aux territoires différenciés, comment envisager des ajustements sociaux et urbains capables d’engendrer des modes de communication par delà les clivages? Mots-clé: Territoire; patrimoine; développement local.

Abstract:By analysing a concrete example this paper strives to show how cultural heritage preservation and development campaigns can help bring into play local development policies mainly aimed at enhancing the town’s image as well as improving social cohesion through better integration of its diverse social components. If the town’s inhabitants do indeed come from socially and culturally diverse backgrounds, and thereby participating in the creation of new urban identities, one may wonder to what extent do measures aimed at enhancing cultural heritage through local initiatives improve social cohesion? Can a collective appropriation of urban heritage be achieved in a culturally diverse context?

Key words: Territory; heritage; local development.

Resumo: As ações de requalificação urbana e de patrimonialização oferecem à cidade de Melun (Seine-et-Marne) a oportunidade de medir o elo afetivo dos habitantes à sua cidade, sua história, seu sitio e sua paisagem. Nessa perspectiva, as operações de proteção e de valorização do patrimônio inscrevem-se numa política local de desenvolvimento e constituem um meio para designar os valores de identificação própria à cidade. Entretanto, a heterogeneidade social e cultural dos habitantes mostram uma historia em formação onde se encontram as multi-referências do tempo passado e as contingências do presente. Por esta realidade urbana dinâmica nos territórios diferenciados, como imaginar ajustes sociais e urbanos capazes de engendrarem modos de comunicação para além das rupturas?

Palavras-chave: Território; patrimônio; desenvolvimento local.

Resumen:Las acciónes de recalificación urbana y patrimonialisation ofrecen à la ciudad de Melun (Seine-et-Marne) la oportunidad de medir el cariño de los habitantes por su ciudad, su historia, su sítio y su paisaje. En esta perspectiva, las operaciones de protección y de valorización de la herencia se inscriben en una política local de desarrollo y constituyen un medio para significar los valores identitários de la ciudad. Bueno, la heterogeneidad social y cultural de los habitantes da a ver una historia en formación donde se reencontran las referéncias plurales del tiempo passado y las contingéncias del presente. ¿Por medio de esta realidad urbana dinámica a los territórios diferenciados, cómo encarar los arreglos sociales y urbanos capaces de generar los modos de comunicación más adelante de las separaciones?

Palabras clave: Território; herencia; desarrollo local.

* Maître de conférences Département de Sociologie - Université de Rouen. Rue Lavoisier 76821- Mont Saint-Aignan (França). ([email protected]).

Introduction

L’Inventaire Général des Monuments et

des Richesses Artistiques de la France offre à

la Ville de Melun l’opportunité d’entreprendre

une étude ayant pour objectif la mise en

évidence de la

«

culture des gens

»

dans leur

vécu quotidien. L’originalité de la démarche

réside dans l’idée d’associer à cet inventaire

un questionnement lié à la nature des liens

que les gens entretiennent avec le patrimoine

qu’il soit matériel ou immatériel. Sur le terrain,

des opérations de requalification urbaine sont

engagées à travers le projet

«

Atout-Cœur

»

(2)

dimensions sociales et économiques. La

procédure « Zone de Protection du Patrimoine

Architectural Urbain et Paysager

»

(ZPPAUP) mise en œuvre sur l’île

Saint-Étienne constitue un progrès dans ce

domaine, elle inscrit le projet dans une

perspective qui se veut plus proche de la

de-mande locale et l’insère dans l’ensemble

territorial. Il s’agit dès lors de décrypter non

seulement les rapports à l’histoire ancienne

mais aussi donner à voir l’histoire en formation,

celle du centre-ville et des entités territoriales

stigmatisées (

«

quartiers nord

»

,

«

quartier sud

»

). Aujourd’hui, la question de la ville dépasse

largement les interrogations sur la gestion des

tensions urbaines pour s’attacher aux

ajustements capables d’engendrer des modes

de communication entre les parties et

permettre aux individus et aux groupes de

reconstruire leur histoire et s’insérer

socialement et politiquement. Les questions

d’identité et de territorialité liées aux notions

d’appartenances, de pouvoirs et de

représentations deviennent dès lors

essentielles. Ces catégories permettent

d’envisager des interrogations sur des « arts

de faire » et des manières de vivre en ville, mais

aussi de mettre en lumière « l’entremêlements

de civilisations » (R. BASTIDE) et la durabilité

de l’urbain. La ville est considérée ainsi

comme un lieu privilégié d’échanges,

d’interactions et de participation citoyenne.

I Changer la ville ou l’utopie renouvelee

1 Les marges urbaines

Comment faire pour que la

patrimonialisation ne devienne un instrument

d’exclusion et de ségrégation? C’est autour

de cette question que se déploient les

nouveaux enjeux d’une politique patrimoniale

de la ville contemporaine. De ce fait, la

contextualisation est nécessaire, elle donne

du sens au patrimoine et à l’histoire qui le

sous-tend. La volonté constructiviste du

passé exprime de toute évidence une crise

de filiation

1

et une quête identitaire. Melun

est à la fois une ville ancrée dans une histoire

ancienne liée à l’histoire de France avec la

référence à la royauté et intègre au fil du

temps des populations diverses : des

immigrés européens (italiens, portugais, etc.),

des rapatriées d’Algérie (pieds-noirs et

harkis) et aujourd’hui, des immigrés

d’origine maghrébine, africaine, turques, et

autres. En somme, une ville plurielle avec

des traditions aux langages multiples. Qu’en

est-il aujourd’hui de cette diversité sinon des

figures d’une cohabitation improbable?

L’intégration urbaine demeure une

question d’importance pour comprendre le

changement qui s’opère dans la ville. Dans

une approche du vécu urbain où la

dimension de l’hétérogénéité (multiplicité

des communautés, des groupes et des

engagements sociaux...) est essentielle,

Hannerz attribue au citadin des

caractéristiques de cosmopolitisme et de

tolérance. Dans cette perspective, le citadin

est un individu débarrassé des règles de vie

imposées par la communauté, et évolue dans

la fluidité de la vie urbaine

2

. Toutefois, dans

cette

«

ville à l’œuvre

»

se forment des niches,

des enclaves qui donnent à la ville l’aspect

d’une mosaïque urbaine constituée d’univers

sociaux juxtaposés. Certains y observent une

sorte de difficulté d’être citoyen ou tout

simplement citadin liée à la légitimité de la

présence dans la ville. A cela s’ajoutent de

nouvelles pratiques urbaines plus conformes

à la cité refuge où le groupe supplantant

toute forme de pouvoir contrôlerait la vie

quotidienne dans ses moindres détails.

Dans cette logique, on s’empare de

l’espace pour réduire la distinction entre

centre et périphérie et faire d’une portion de

ville, un centre. A cela s’ajoute l’interférence

du religieux et du politique qui oriente les

comportements et les usages en imposant à

la ville de nouvelles formes d’existence. Ces

antagonismes de la réalité urbaine mettent en

scène des fragmentations, des fissures et des

incohérences de la société dans son ensemble.

C’est ainsi que

«

La ville transhumante, ou

métaphorique, s’insinue dans le texte clair de la

ville planifiée et lisible

»

(M. DE CERTEAU,

1990) et certains comportements issus de la

tradition s’enracinent dans le social en dépit

des changements sociaux (R. HOGGART,

1979).

(3)

urbain en a exclu. La ville réelle, celle qui

surprend toujours par son évolution, nécessite

à tout moment une relecture de l’espace pour

rendre intelligible les représentations. La ville

n’est pas exclusivement un processus

d’urbanisation, elle est aussi un lieu où

s’invente l’urbanité. La mise en relation des

formes sociales et spatiales, autrement dit, la

corrélation espace/société préfigure des

images de la société en perpétuelle

recomposition. C’est en ce sens que la ville est

à la fois ferme et révisible (LEDRUT, 1968) et

la relation de réciprocité entre les individus et

leur environnement indique, me semble-t-il,

les fondements même de la société.

Il est généralement admis aujourd’hui

que l’idée selon laquelle le changement du

cadre bâti suffirait, à lui seul, à induire le

changement social, relève de l’utopie la plus

évidente

3

. Écartant toute forme de

complexité, la planification urbaine est

incapable de comprendre le bazar et de voir

à quel point le désordre est une ressource

dans la ville, écrit R. Sennett

4

. Il s’agit du bon

usage du désordre étant entendu que

celui-ci est chargé de sens. Les nombreux

problèmes des quartiers périphériques

constituent le plus souvent la partie aveugle

de l’action urbaine.

2 Morcellement des territoires

Les sociétés urbaines aujourd’hui sont

le reflet de l’accroissement des différences

sociales et culturelles et la montée de

l’indifférence. Les enjeux de l’urbanisme

résident dans la volonté de réduire la

ségrégation et l’enclavement par une

conception faible des

«

frontières

»

en

facilitant les formes d’appropriation et les

mouvements dans l’espace. La temporalité

joue un rôle essentiel dans ce processus. Le

temps passé et le temps présent doivent être

suggéré au travers de l’espace urbain non par

une juxtaposition d’éléments mais par une

intégration cohérente de l’ancien et du

nouveau. La rue se distingue, dès lors, du

domaine des communautés et des catégories.

Autrement dit, le rapport entre ces deux

aspects d’une même réalité (espace/société)

donnerait à l’urbain son effet global.

Melun apparaît comme une ville à

échelle humaine à qui les habitants

reconnaissent de nombreuses qualités. Pour

la majorité des personnes interrogées, Melun

est une ville commode qui offre les services

essentiels en particulier aux personnes du

3ème âge. Pourtant, à des moments distincts

de son histoire, la ville de Melun a été

recomposée par des mutations tant sociales

que spatiales qui aboutissent aujourd’hui à

une ville fragmentée. Même les quartiers

d’habitat social sont d’inégale valeur. On y

observe notamment des fonctionnements

différenciés

:

«

Les Mézereaux

»

est un quartier

relativement excentré, mal desservi et mal

équipé. Il accueille une population fragilisée

dont une forte proportion est d’origine

étrangère. La vie socioculturelle y est peu

développée sinon inexistante.

«

Schuman

»

accueille quasi exclusivement

des familles d’origine maghrébine sur deux

à trois générations. Malgré sa situation

géographique particulièrement enclavée, il

est mal desservi par les transports publics et

ne dispose d’aucun commerce de proximité.

«

Montaigu

»

abrite une population mixte

(jeunes ménages et familles « anciennes »

toutes origines confondues) avec une vie

socioculturelle quelque peu dynamique.

«

Plateau Corbeil

»

est un secteur

résidentiel calme avec une forte proportion

de retraités.

– « L’Almont » est l’un des secteurs les plus

attractifs des

«

quartiers nord

»

. Tourné vers

le centre-ville, il est bien équipé et bénéficie

d’une image positive. La fracture la plus

visible réside dans la mise à distance des

quartiers par rapport au centreville

5

.

Les

«

quartiers

»

sont désignés par la

seule position géographique (centre, nord,

sud). Ce n’est certainement pas une spécificité

de la ville de Melun mais un exemple parmi

d’autres d’une réalité morcelée où les gens sont

captifs du lieu dans lequel ils vivent sans lien

réel avec le reste de la ville. Quand les

Melunais parlent de leur ville, ils distinguent

surtout deux entités territoriales, les

«

quartiers nord

»

et le reste de la ville. Les

habitants du centre ignorent les

«

quartiers

nord

»

et préfèrent ne pas se prononcer à ce

propos. Le refus de s’exprimer sur une réalité

sociale considérée comme embarrassante

in-dique une mise à distance des

«

classes

(4)

les comportements. Par opposition, les

habitants des quartiers périphériques

s’identifient d’abord à un territoire restreint

et au mieux à l’ensemble du quartier. Ce

morcellement des espaces identitaires se

construit comme une antithèse à la ville

inaccessible. Pourtant, les distances entre les

parties sont faibles mais les

«

frontières

»

sont

symboliquement infranchissables. La

singularité du quartier Schuman ne peut être

passer sous silence. Les habitants de ce

quartier sont maintenus dans une situation

d’enclavement exceptionnel. Les enfants des

primo arrivants habitent toujours le quartier,

s’y sont mariés et y ont eu à leur tour des

enfants. La situation géographique et la

question du transport public ne permettent

pas aux habitants de sortir de cette enclave

dans laquelle se déroule la quasi totalité de

leurs activités. Les liens avec l’extérieur sont

extrêmement réduits dans cette sorte de

«

village

»

où le regroupement communautaire

est vécu comme une relégation. Par ailleurs,

la destruction de certains immeubles bien que

vétustes, insalubres et invivables (

«

Balzac

»

en 1996), a été ressentie comme la disparition

d’une forme sociale où se sont cristallisées des

identités particulières. Les familles qui y

résidaient depuis 30 ans n’ont pas pu fait le

deuil de leur dispersion par les effets du

relogement malgré les actions d’encadrement

menées par l’office HLM et la CAF. Pourtant

ces quartiers sont plutôt bien équipés (Centre

social Jean XXIII, Maison Picot, Maison de

l’enfance, Maison de quartier...) et de

nombreuses actions sociales et culturelles y

sont menées. Dès lors, les interrogations

portent sur la nature des actions et des liens

nécessaires à l’implication des habitants

autour de ces actions.

II Dimensions du patrimoine dans une

societe plurielle

1 Patrimoine, mémoire et lien social

Les travaux fondateurs de Maurice

Halbwachs ont montré la pertinence de la

notion de mémoire dans l’analyse des

phénomènes sociaux. Qu’elle soit collective ou

individuelle, la mémoire repose sur un rapport

au sol et aux cadres matériels qui constituent

pour les sociétés

«

un abri et un appui sur lequel

poser leurs traditions

»6

. Il se trouve que

l’histoire urbaine de façon générale est une

histoire mouvementée, fragmentée et poreuse.

En mettant l’accent sur la diversité de

territoires et l’aspect mosaïque de la ville, on

est amené à

«

gérer la mémoire d’une pluralité de

territoires urbains

»

et

par là même

, à

«

croiser

des lieux différents et des liens différents

»7

.

Autrement dit, les formes de représentation de

l’espace correspondent aux différents groupes

qui s’y inscrivent. Plus il y a de groupes, plus

les formes de représentations sont diversifiées

et indiquent par, là même, des mémoires

différenciées. Toutefois, il convient de

souligner que l’ambivalence des formes

sociales et culturelles peut constituer une des

explications possibles à l’origine du malaise

qui affecte la société urbaine aujourd’hui. Il

serait hasardeux néanmoins de se fier à un

quelconque déterminisme et de préjuger de

l’homogénéité des pratiques et leur cohérence

culturelle. Si l’urbanité résulte du travail de

la société sur elle-même, il ne peut y avoir,

dans la quotidienneté des habitants, deux

villes opposées : la

«

ville à soi

»

et la

«

ville de

l’autre

»

. En réalité, une seule ville subsiste

dans l’étendue de sa diversité spatiale, sociale

et culturelle.

«

Lorsqu’un groupe est inséré dans

une partie de l’espace, il la transforme à son image

mais en même temps il se plie et s’adapte à des

choses matérielles qui lui résistent

»8

écrit

Halbwachs. En effet, l’occupation des

logements en cité HLM a montré non

seulement les capacités des habitants à résister

mais aussi et surtout leurs compétences dans

le processus d’adaptation à un nouveau cadre

de la vie urbaine.

(5)

Connaître le sens que donnent les gens

au patrimoine urbain (monuments,

châteaux, cathédrales, fontaines, etc.) est un

objet séduisant dans ce type de démarche

pour plusieurs raisons : il permet d’abord de

rendre lisible le sens symbolique de l’histoire,

ensuite de mettre en évidence les

présupposés qui sous-tendent certaines

réalisations urbaines et enfin, de donner du

sens à la monumentalité, celle de la mémoire

collective et de la quotidienneté. La

monumentalité historique est défini comme

le résultat d’une double nécessité : symboliser

la collectivité et symboliser le passé

9

. Le

monument est, en ce sens, ce qui interpelle

la mémoire en s’appuyant sur des personnes,

des événements, des sacrifices, des rites ou

des croyances. Au travers des images

symboliques qu’il évoque, le monument gère

des représentations autour desquelles le

groupe social s’organise. C’est pourquoi, il

contribue à maintenir et à préserver l’identité

d’une communauté, ethnique ou religieuse,

nationale, tribale ou même familiale

10

. A

Melun, les monuments les plus significatifs

pour les habitants se rattachent d’abord à la

religion avec les deux principales églises

(Notre-Dame et Saint-Aspais) et le Prieuré

Saint-Sauveur, ensuite à la culture avec la

statue de Jacques Amyot et enfin, à l’héritage

de la royauté avec le château de

Vaux-le-Vicomte à 5 km de Melun.

Le monument puise dans son contexte

ses propres marques pour

«

s’affirmer comme

exception

»11

. Il est difficile dès lors de séparer

le monument du contexte de sa production

parce qu’ils se supportent l’un l’autre et qu’ils

n’existent pas l’un sans l’autre. La

monumentalité est une production inféodée

à un lieu, à un environnement et/ou à une

histoire. Pourtant, ce lien étroit avec le

contexte peut être également fabriqué et donc

figurer une histoire sans authenticité comme

l’affirme François Loyer

12

pour qui la

construction du patrimoine témoigne aussi

d’un fabrication artificielle de l’histoire en

construisant des preuves qui n’existent pas.

Le témoignage du monument n’est plus

qu’un

«

historicisme

»

qui conforte le projet

comme porteur de valeurs futures. C’est à la

fois dans le contexte et dans les logiques de

production du monument qu’il convient de

chercher les formes de représentations

sociales d’autant que l’idée selon laquelle la

ville doit être signifiée par un ensemble

urbain monumental, est sous-jacente dans

la plupart des discours de politique urbaine.

2 Théâtralisation de la ville

La transformation d’un lieu urbain en

patrimoine est inséparable de la notion de

centralité

13

. Autrement dit, la transformation

des centres-villes en lieux du patrimoine

suppose, en même temps que la production

du lieu, une articulation entre la mise en scène

d’un passé dans la ville et la production d’une

identité urbaine liée à la centralité.

L’identification du centre-ville (localisation,

qualification, délimitation) par les habitants

d’une ville est étroitement liée à leurs

caractéristiques sociales et culturelles. Cette

rencontre du social et du spatial prend donc

des formes propres à chaque société et reflète

autant de modes d’existence du citadin.

L’articulation du centre-ville avec d’autres

catégories d’espace sous-tend précisément la

notion de centralité signifiant l’intégration du

lieu dans un système de valeurs. Le

centre-ville est un lieu privilégié pour l’identification

des appartenances sociales et culturelles de

la ville.

Aujourd’hui, la question de la

centralité est à l’ordre du jour dans les villes

françaises où les nombreux problèmes des

banlieues soulignent l’importance de la

notion d’accessibilité à l’espace public dans

les problématiques urbaines. De l’échec

so-cial et urbanistique des banlieues se dégage

une sorte de demande sociale de centralité.

Les conflits provoqués par l’isolement social

et culturel des plus démunis et l’émiettement

des villes remettent le centre-ville au coeur

des préoccupations urbanistiques

14

.

(6)

berceau de la ville et témoin d’un passé prestigieux

»

(patrimoine fluvial, forteresse royale des

Capétiens et collégiale Notre-Dame) et comme

«

creuset du devenir de la ville

»

(présence de

l’université). C’est en ce sens que le patrimoine

objectivé présente un enjeu pour les pouvoirs

publics. Ce qui est primordial dans cette

valorisation du patrimoine, c’est la

restauration de la mémoire et la construction

de l’identité urbaine autour de ce patrimoine.

Restaurer la mémoire, c’est aussi créer une

centralité autour des valeurs dans lesquelles

on se reconnaît.

Toutefois, l’ordre spatial organisé

autour de l’hégémonie du centre-ville comme

lieu de convergence d’éléments valorisants

du social, traduit une conception

hiérarchisée de la ville où la périphérie n’a

qu’un rôle relatif. Dès lors, des centralités

nouvelles émergent en d’autres lieux et sous

d’autres formes. C’est ainsi que les quartiers

se distinguent à la fois comme espace de

contestation pour un droit de regard et de

parole dans la cité, mais aussi comme

espa-ce de cristallisation et de confirmation des

valeurs identitaires. Ainsi apparaît la

nécessité de comprendre la crise de

représentation de l’espace public comme

es-pace de rencontres et de multiplicité des

perspectives (I. JOSEPH, 1995). Il est reconnu

aujourd’hui que les gens

«

possèdent et

utilisent un

«

haut niveau de connaissance

»

dans la production de leurs actions quotidiennes,

et la plus grande part de ce savoir est pratique

et théorique

»

(A. GIDDENS, 1987).

Autrement dit, les sociétés produisent un

savoir sur elles-mêmes auquel les individus

participent par une construction réflexive

organisée en fonction des risques, des

circonstances et des options contingentes. La

prise en compte des usages sociaux liés aux

compétences des habitants dans l’exercice

réel du “droit à la ville” contribue à concevoir

des modes d’intervention affranchis de

l’imposition de modèles.

Les pratiques urbaines actuelles

structurent la ville de Melun en territoires

spécifiques mais confirment en certains lieux,

les espaces ouverts. La majorité des

personnes interrogées indique, par ordre

d’importance, les espaces majeurs de la ville

: le centre-ville, la gare SNCF et la gare

routière des

«

Trois Horloges

»

. Il s’agit de

trois types d’espaces traduisant les

principales trajectoires urbaines et une

localisation de centres dans des territoires

différenciés. Quant aux activités dans le

centre-ville, elles sont de l’ordre des activités

classiques d’un centre-ville en général. Nous

avons recensé dans l’ordre : le commerce et

le marché, les services tertiaires (banque,

poste, mairie, etc.), les activités culturelles

(bibliothèque, espace Saint-Jean, cinéma,

musée), la promenade, le passage, les

restaurants et la fréquentation des églises

pour les personnes âgées. En revanche, tous

les avis convergent pour signaler les

incohérences de la circulation automobile,

du stationnement et du transport public

comme principaux problèmes de la ville

depuis plusieurs années déjà. La place

Jean, l’Hôtel de Ville, l’espace culturel

Saint-Jean et le marché, constituent le carré

synergique de la ville. L’histoire urbaine y

localise le centre névralgique depuis fort

longtemps. Néanmoins, les Melunais

regrettent la disparition d’une place véritable

qui figure dans les cartes postales anciennes

car la voiture s’en est emparée pour en faire

un parking de plus... Pourtant, la place

Saint-Jean et son prolongement sur le marché,

demeure le principal lieu de rencontre et de

brassage. Elle est incontestablement un

repère dans la ville pour l’ensemble des

Melunais.

3

«

Ville royale

»

ou mosaïque urbaine

La restauration de la mémoire à Melun

se fait autour de la notion de

«

ville royale

»

.

Or, la ville qui fut royale jusqu’au XVIe siècle

n’a pu sauver ou reconstruire le château de

Blanche de Castille, d’autant qu’il constitue

la première référence à l’histoire royale de

Melun laquelle est essentielle à la restauration

de la mémoire urbaine de l’avis de certains

acteurs de la ville. En l’absence du château

qui aurait témoigné de cette réalité,

«

Melun

ville royale

»

apparaît comme un mythe

(7)

proches et prestigieuses (Paris et

Fontainebleau) qui réduisent la visibilité de

Melun ou mieux, lui font de l’ombre ?

La définition de la ville à partir d’un

château sans matérialité renferme me

semble-t-il, des antagonismes profonds. S’il

est vrai que la mémoire urbaine revêt des

formes de cristallisation diverses, il n’en

demeure pas moins que dans ce cas précis la

matérialité est nécessaire. La mémoire

urbaine peut effectivement prendre forme en

des lieux précis, repérables et lisibles

(cathédrales, châteaux, monuments, etc.),

elle est aussi, en certains lieux, sporadique,

ténue et fluide. C’est là le privilège de la

mémoire, autrement dit un cadre où peuvent

se concrétiser plusieurs niveaux de

représentation. Même pour les Melunais de

longue date,

«

Melun ville royale

»

n’est

qu’un simple slogan dont ils ne saisissent pas

vraiment le sens. Les avis convergent pour

signifier l’intérêt pour une ville de valoriser

son patrimoine et sa mémoire en insistant

sur la dimension contemporaine de la réalité

urbaine qui ne peut être masquée par un

quelconque prestige. La mémoire peut se

construire également en rapport avec des

conditions de vie et une histoire spécifiques.

Il en est ainsi pour la mémoire immigrée en

particulier.

Construite autour de l’exil et le plus

souvent enfouie, elle n’en constitue pas

moins un espace dans lequel une catégorie

de la population y inscrit sa propre histoire.

Relativement récente et dispersée

spatialement, la mémoire immigrée est une

figure éloquente de la mémoire collective.

Pour faire face à une dynamique

touristique dans la région (village de peintres

de Barbizon, forêt de Fontainebleau,

châteaux de Vaux-le-Vicomte et de

Blandy-lès-Tours, collégiale de Champeaux, etc.),

Melun se devait de mettre en place des

activités qui rendent compte de la richesse

de son patrimoine et de son histoire. Sous

l’emblème

«

Melun ville d’histoire

»

, un

parcours historique est inauguré le 19 mai

2001 pour guider une visite des richesses

patrimoniales de la ville. Ce chemin

piétonnier est composé de 27 étapes

marquées par des plaques en lave émaillée

apposées sur les façades des édifices les plus

prestigieux de la ville (église Saint-Aspais,

collégiale Notre-Dame, clocher

Saint-Barthélémy, lavoir Saint-Liesne...) ou insérées

dans des pupitres (place Saint-Jean, Musée

de la Vicomté, Hôtel de Ville, prieuré

Saint-Sauveur...). Ce programme a pour ambition

non seulement de faire découvrir aux

Melunais la richesse de leur patrimoine mais

aussi les impliquer dans une réappropriation

d’une histoire souvent oubliée. Cette

initiative s’inscrit en réalité dans un

programme municipal plus large visant à

redonner au coeur historique de la ville, une

vocation culturelle, touristique et

universitaire. Pourtant, cette opération, qui

donne à voir la ville sous son aspect le plus

valorisant, ne trouve pas un écho sans faille

auprès des habitants et semble même, pour

certains, sans pertinence véritable. Ces

appréciations tièdes sont nuancées par

d’autres qui trouvent dans cette démarche,

un moyen non négligeable pour offrir aux

habitants l’occasion de se souvenir d’un

passé somme toute considérable. Certains

reprochent précisément à ce parcours, une

délimitation peu étendue tenant à l’écart les

quartiers les plus récents. Nous sommes loin

de l’idée selon laquelle il y aurait un rejet de

l’histoire commune par certaines catégories

sociales. A l’inverse, il s’agit d’une démarche

pour valoriser les quartiers par leur

inscription dans l’histoire de la ville. En effet,

le parcours historique peut contribuer à

rassembler les différentes parties de la ville

mais cela nécessite non seulement un temps

long mais aussi une volonté affirmée des

pouvoirs publics.

III Les cadres du desenclavement ?

1 Vulnérabilité des discours

(8)

PAUGAM, 1996). Or, le sentiment

d’appartenance à une ville, son histoire, sa

culture n’a de sens que lorsque les liens de

proximité sont significatifs et que les

individus ont véritablement une existence

sociale. Les programmes culturels ne

permettent pas toujours d’échapper à un

sentiment de relégation sociale et de

dépréciation. Il est en effet essentiel d’ouvrir

le champ à des formes d’expression liées au

vécu qui s’avèrent être le plus souvent le signe

d’une souffrance plus que d’une quelconque

provocation. C’est pourquoi la valorisation

des idées émanant du terrain aussi modestes

qu’elles puissent être, peut rétablir la

confiance et parvenir à un niveau d’actions

efficaces dans le sens où ces dernières se

doivent d’être particulièrement adaptées au

contexte dans lequel elles se manifestent.

Les formes spontanées de la culture,

expressions de situations et de positions

sociales spécifiques sont soumises parfois à

une tentative de canalisation par les services

culturels. Or, ces formes spécifiques donnent

de la visibilité à une réalité sociale le plus

souvent occultée. La question est de savoir

comment donner à ces formes culturelles

toutes les qualités de la convenance ? Des

tentatives sont lancées régulièrement mais les

difficultés résident dans l’imposition de règles

préétablies qui empêchent l’émergence du

particulier et de l’original. En définitive, des

questions autour de ce qui peut fédérer les

habitants de Melun sont soulevées sans que

les choses ne soient clairement définies. Les

thèmes abordés sont pour la plupart importés.

Rien n’émane véritablement des spécificités

du terrain. Si nous prenons la fête du quartier,

par exemple, nous constatons qu’elle n’offre

nullement l’éventualité de la rencontre. Elle

est même contestée et boudée. Si la fête de

quartier n’est pas le résultat d’une implication

véritable des habitants, elle ne peut remplir

son rôle et ressemble plus à un plaquage

d’activités sans cohérence d’ensemble.

2 Des dynamiques d’ouverture circonstanciées

L’idée selon laquelle la culture est

réservée exclusivement à l’élite persiste

encore dans certains milieux sociaux. Ce

sentiment de

«

défaut de familiarité

»

vis-à-vis des institutions culturelles concerne

«

quartiers nord

»

due pour l’essentiel à

l’histoire de la ville et à sa forme spatiale.

Malgré la visibilité de cette fragmentation, des

actions sociales et culturelles sont menées pour

un rééquilibrage des chances. Mais ces

initiatives sont considérées comme

insuffisantes et même teintées d’une forme

d’assistanat imposé qui n’accorde aux

habitants des quartiers aucune possibilité

d’affranchissement par rapport à une réalité

aliénante. De façon générale, les personnes

interrogées parlent plus d’animation que

véritablement de culture. Si le programme

culturel proposé au centre-ville n’attire qu’une

partie infime de la population, c’est parce qu’il

est, selon certains, très peu sensible aux

aspirations des habitants. Pourtant, certaines

manifestations ont su fédérer autour de leur

objet un grand nombre de Melunais, à savoir

l’exposition sur le thème de la calligraphie et

l’exposition de photos sur la vie des quartiers.

Si les attentes vis-à-vis du programme culturel

sont nombreuses, elles rendent compte du

malaise des habitants face à une situation qui

les maintient aux marges de la ville. Il est vrai

aussi que leurs préoccupations sont surtout

de l’ordre du quotidien et se construisent dans

des postures contradictoires.

Les habitants des

«

quartiers

»

sont

partagés entre le sentiment d’appartenance

à la ville et des attitudes de rejet de tout lien

qui n’intègre pas leurs préoccupations

immédiates. Le manque de considération

pour ce qu’ils considèrent comme émanant

des valeurs du groupe est vécue comme une

atteinte à leur existence même. De cette

situation se dégage une sorte de méfiance à

l’égard des autorités et le refus du regard des

autres. Les actions culturelles initiées par les

services concernés sont perçues avant tout

comme une forme de négation de la culture

vécue. Il ne s’agit pas réellement d’une

évaluation qualitative de l’action culturelle

mais bien plus le résultat d’un ressentiment

lié à l’enclavement social et parfois physique

de certaines catégories sociales. Le sentiment

de négation et de dévalorisation largement

répandu dans les

«

quartiers

»

exprime en

(9)

l’ensemble du territoire national :

«

A la

campagne ou en ville, au nord comme au sud,

plus de 60% de nos concitoyens négligent toute

fréquentation culturelle

»16

.

La culture serait-elle liée à l’habitus et

donc aux capitaux dont dispose l’individu

comme l’a affirmé Pierre Bourdieu? Les

différences sociales marquent ostensiblement

le sentiment d’étrangeté vis-à-vis de la

culture considérée comme un privilège pour

les nantis. Selon les résultats du département

des études et de la prospective du ministère

de la Culture, les exclus de la culture ne sont

pas tous des Français modestes, ou

géographiquement éloignés des musées et

lieux de spectacle. Ils appartiennent aussi aux

«

nouvelles élites

»

urbaines qui méprisent la

culture classique. La question serait alors de

savoir comment la « culture institutionnelle

»

pourrait se rapprocher des gens et créer les

conditions du désenclavement.

Selon Guy Saez, la démocratisation

culturelle est un mythe, une simple croyance

et une utopie à laquelle il faut absolument

tenir pour ne pas renoncer aux promesses de

la démocratie

17

. Si certaines catégories sociales

considèrent qu’elles sont éloignées de la

culture, la première démarche ne

consiste-t-elle pas à faire en sorte que l’accessibilité

permette le rapprochement des différences

d’autant que les habitants revendiquent une

participation à la production culturelle selon

une sensibilité qui leur est propre. L’idée

do-minante consiste à dire que l’espace Saint-Jean

peut et doit jouer un rôle de médiation pour

favoriser la rencontre entre Melunais de

différentes origines sociales et culturelles et la

valorisation des potentialités locales.

L’absence de diversité peut-être interprétée

comme une forme de discrimination.

Dans un contexte multiculturel où la

diversité est vécue comme l’avenir des sociétés

modernes, les différences constituent une

richesse si des dynamiques d’ouvertures sont

mises en oeuvre de part et d’autre. Dans le

cas contraire, elles peuvent être un prétexte

pour l’enfermement sur soi et le repli

communautaire. Les actions entreprises dans

le sens de l’intégration par la culture se

doivent d’être adaptées au contexte dans

lequel elles se manifestent afin de répondre

efficacement à des situations circonstanciées.

C’est ainsi que les projets du musée

s’inscrivent progressivement dans la volonté

de présenter de façon cohérente l’histoire et

le patrimoine de la ville mais aussi de travailler

pour un public de proximité. Toutefois, le

besoin d’espace est primordiale et constitue

une urgence pour le personnel du musée. Il

convient de dire qu’en définitive, l’impact des

actions du musée (diversification des activités

et des publics, gratuité...) sont en l’état actuel

des choses imperceptibles bien que l’objectif

recherché est créer un espace d’intégration et

de lien social. Il en est de même pour

l’université inter-âges qui tente de réduire

l’isolement social et culturel en offrant le cadre

d’un rapprochement possible. En se

positionnant à l’interface du service social et

du service culturel, les ambitions de

l’université inter-âges sont de promouvoir

l’histoire locale, de rapprocher des

populations diverses en créant du lien social.

Conclusion

La démarche originale de la

municipalité de Melun a été de s’interroger

sur les moyens à mettre en oeuvre pour le

désenclavement social et culturel de certaines

catégories sociales au travers de la

valorisation du patrimoine urbain. Il s’agit

donc d’une dimension du développement

local qui prend comme appui la mise en

valeur de l’identité melunaise et le

renforcement du sentiment d’appartenance

à la ville afin de consolider la cohésion

sociale. Le développement local s’inscrit dès

lors dans une perspective interactive qui met

à contribution les populations dans des

opérations de réhabilitation et de valorisation

du patrimoine. Le projet urbain devient ainsi

un instrument pour la restauration de la

mémoire autour d’un système de valeurs lié

à l’identité urbaine. Or, la fragmentation

spatiale de la ville signifie le morcellement

du système de références. Le risque étant la

confirmation du cloisonnement des

différences, d’une part et la mise en œuvre

d’une culture à deux vitesses, plus

«

savante

»

pour les habitants du centre-ville et plus

«

spécifique

»

pour ceux des quartiers, d’autre

(10)

Notes

1P. Nora,

« Patrimoine et mémoire » in Actes des colloques de la Direction du patrimoine :«Patrimoine et

société contemporaine », ministère de la Culture et

de la Communication, Paris, Octobre 1987, pp.12-14. 2U. Hannerz, Explorer la ville. Éléments pour une

anthropologie urbaine, Paris, Minuit, p.332.

3Voir à ce sujet un ouvrage bien connu de A. Kopp,

Changer la vie, changer la ville. Paris : 10/18, 1975. 4R. Sennett, «La conscience de l’œil », in L’espace du

public, Actes du colloque d’Arc et Senan, 8-9-10 novembre 1990, Paris : Recherches/Plan Urbain, 1991, p.32-35.

5D’autres auteurs avaient souligné cette fracture

:« Comme dans les autres villes de France, le centre-ville et les quartiers résidentiels, coquettement entretenus, ont commencé à se barricader »,Cf. C. Bachmann et N. Le Guennec,Autopsie d’une émeute. Histoire exemplaire du soulèvement d’un quartier, Paris, Albin Michel, 1997, p.34.

6M. Halbwachs, La mémoire collective, Paris, PUF, 1950, p.166.

7I. Joseph, « le musée, le territoire, la valeur », in H-P. Jeudy (dir.), Patrimoine en folie, Paris, Édition de la Maison des Science de l’Homme, 1990, pp. 259-267. 8M. Halbwachs, La mémoire collective, op. cit., p.132. 9M. Guillaume, La politique du patrimoine, Paris : Galilée,

1980, p. 184.

10 F. Choay, L’allégorie du patrimoine, Paris : Seuil, 1992, p. 15.

11 M. Segaud, « Monumentalité et réception », in

Séminaire de Recherche : « Construction publique et image de marque de la ville », Nîmes, 30 et 31 octobre 1986, Architecture et Construction, pp. 67-77. 12 F. Loyer, Paris XIXe siècle. L’immeuble et la rue, Paris :

Hazan, 1987.

13 Comme le souligne G. Althabe dans une contribution à un ouvrage collectif intitulée « Production des patrimoines urbains », cf. H-P. Jeudy (dir.), Patrimoine en folie, op. cit., 1990, pp. 269-273.

14 La recentralisation concerne aussi les villes américaines, voir à ce sujet : Cynthia Ghorra-Gobin, Los Angeles. Le mythe américain inachevé, CNRS-Edition, 1997.

15 M. De Certeau, L’invention du quotidien, 1990, Paris, Gallimard, p.220.

16 Voir l’enquête menée par Télérama n° 2752, 9 octobre 2002.

17 G. Saez, Le patrimoine saisi par les associations, ed. La Documentation française, 2002.

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