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Les études tracéologiques sur les industries lithiques

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Academic year: 2021

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Palethnologie

Archéologie et sciences humaines

 

10 | 2019

L’acquisition et le traitement des matières végétales et animales par les néandertaliens : quelles modalités et quelles stratégies ?

Les études tracéologiques sur les industries

lithiques

Émilie Claud, Céline Thiébaut, Marianne Deschamps, Aude Coudenneau, Cristina Lemorini, Vincent Mourre et Flavia Venditti Édition électronique URL : http://journals.openedition.org/palethnologie/4118 DOI : 10.4000/palethnologie.4118 ISSN : 2108-6532 Éditeur

Presses universitaires du Midi Référence électronique

Émilie Claud, Céline Thiébaut, Marianne Deschamps, Aude Coudenneau, Cristina Lemorini, Vincent Mourre et Flavia Venditti, « Les études tracéologiques sur les industries lithiques », Palethnologie [En ligne], 10 | 2019, mis en ligne le 01 novembre 2019, consulté le 14 mars 2020. URL : http:// journals.openedition.org/palethnologie/4118 ; DOI : https://doi.org/10.4000/palethnologie.4118

Palethnologie est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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L’acquisition et le traitement des matières végétales et animales par les Néandertaliens : quelles modalités et quelles stratégies ?

CHAPITRE 2

Les études tracéologiques sur les industries lithiques

(É. Claud, C. Thiébaut, A. Coudenneau, M. Deschamps, C. Lemorini, V. Mourre, F. Venditti)

1 - Modalités d’échantillonnage et d’étude

À l’exception de celles des Pradelles, les industries lithiques provenant des sites intégrés au PCR ont fait l’objet d’analyses tracéologiques. Pour ce site, des données fonctionnelles sont néanmoins disponibles concernant le matériel issu des anciennes fouilles (Beyries 1987a, 1988a).

Les modalités d’échantillonnage, la composition de l’échantillon ainsi que le nombre de pièces analysées varient en fonction des sites et des tracéologues, en lien avec des problématiques différentes. Une analyse globale a été privilégiée lorsque les niveaux archéologiques étaient bien identifiés (Mauran, Saint-Césaire, les Fieux, Chez-Pinaud, le Prissé PM1) ou lorsqu’une approche interdisciplinaire était possible (la grotte du Noisetier). D’autres séries, malgré des problèmes stratigraphiques importants, présentaient des types d’outils particuliers dont l’analyse pouvait permettre d’identifier leur éventuelle spécificité fonctionnelle (abri Olha, El Castillo, Payre). Enfin, l’échantillonnage de certaines séries a été guidé par le temps imparti à l’analyse tracéologique ou en lien avec des problématiques spécifiques à un certain type d’outil (la Conne de Bergerac, la Graulet, Combe Brune 2, Gatzarria, le Prissé PM2). Pour Fonseigner, seul les supports en silex ont bénéficié d’une analyse globale. Il est évident que l’analyse des vestiges en quartz et quartzite de cette série apporterait des compléments d’informations non négligeables pour la compréhension des modalités techniques mises en œuvre par les occupants de ce gisement lors du traitement des ressources végétales et animales.

Pour la majorité des séries, une étude globale de l’industrie a été effectuée (supports bruts et outils retouchés, nucléus, cf. tableau 47). Les pièces les mieux conservées ou présentant un fort potentiel fonctionnel ont souvent été sélectionnées. Dans le cas de Chez-Pinaud, Fonseigner, la grotte du Noisetier et Saint-Césaire, deux étapes d’observation ont eu lieu. La phase d’analyse fine a été précédée d’une première phase d’examen d’un très grand nombre de pièces à faible grossisse-ment (loupe binoculaire), pour rechercher d’éventuelles macro-traces d’utilisation, évaluer l’état de conservation de la série et sélectionner les pièces se prêtant le mieux à une analyse tracéologique. Dans le cas des industries de Mauran et des Fieux, les différents supports ont été examinés à la loupe binoculaire, exception faite des débris, des petits éclats (hors éclats de retouche et de ravivage) et des fragments de petites dimensions.

L’analyse tracéologique menée à l’abri Olha, Gatzarria, El Castillo, Combe Brune 2, la Conne de Bergerac, la Graulet et Payre n’a concerné qu’une catégorie typo-technologique : les hachereaux pour les trois premiers sites, les bifaces pour les trois suivants et les pointes pour le dernier. Si une analyse globale des séries Combe Brune 2, la Conne de Bergerac, la Graulet et Gatzarria serait souhaitable dans l’avenir, elle est en revanche peu pertinente pour les autres séries au vu du contexte stratigraphique des niveaux concernés.

Au total, près de 10 000 pièces ont fait l’objet d’observations à la loupe binoculaire et un peu plus de 2 000 ont été analysées tracéologiquement. Hormis pour l’industrie de Coudoulous, où seuls les supports en quartz et quartzite ont été analysés du fait d’une très mauvaise conservation des supports en silex, les échantillons des pièces analysées ont intégré la diversité des matériaux utilisés par les groupes néandertaliens : silex, quartz, quartzite, grès-quartzite, ophite, schiste, lydienne

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CHAPITRE 2 PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES

Tableau 47 - Modalités d’étude des différentes séries ayant fait l’objet d’analyses tracéologiques.

Nombre total de pièces

dans l’industrie Type d’étude d’échantillonnageModalités de pièces examinéesNombre Nombre de pièces avec des traces d’utilisation

Nombre de pièces avec des traces d’origine

indéterminée

Nombre de pièces avec des micro-polis

d’utilisation

État de conservation

général de l’échantillon Types d’altération Remarques

Abri Olha I

(Fi 3) 253 hachereaux tous les hachereaux 83 6 8 0 moyen à mauvais

émoussés, écrasements, petits esquillements

problème pour identifier d'éventuelles traces de travail des matières tendres voire mi dure (travail de la peau,

boucherie…) sur certaines pièces

Abri Olha II

(askf1) 2902 hachereaux tous les hachereaux 5 1 0 0 moyen à mauvais émoussés, écrasements, petits esquillements

problème pour identifier d'éventuelles traces de travail des matières tendres voire mi dure (travail de la peau,

boucherie…) sur certaines pièces

Bayonne le Prissé

(PM1) 969 globale

toutes les pièces avec

un potentiel fonctionnel ~ 200 11 7 2 bon à moyen patine brillante microscopique silex sec sur lequel les polis se développent peu ?

Bayonne le Prissé (PM2) 1336 test sélection d’outils et d’éclats bruts pour dessin ~ 50 (10 analysées

précisément) 6 5 0 bon à moyen

patine blanche, patine brillante, émoussé naturel

problème pour identifier d'éventuelles traces de travail de matières tendres (travail de la peau)

Chez-Pinaud

(US 06/07) 3638 globale tout sauf débris et cassons

~ 3000 (497 analysées

précisément) 144 52 50 bon à moyen

patine brillante, esquillements, bright

spots /

Combe Brune 2

(61000) 5 pièces bifaciales

toutes les pièces

bifaciales 5 1 3 0 moyen patine brillante, émoussé naturel /

Coudoulous 1 (couche 4)

132 (silex), 2713 (quartz),

1340 (quartzite) globale

pièces en quartz les

mieux conservées 79 62 - 53 bon

altéractions mécaniques (esquillements,

fractures), bright spots /

El Castillo

(couche Alpha) 681 (outils) hachereaux tous les hachereaux 284 24 9 0 moyen à mauvais

émoussés, écrasements, petits esquillements

problème pour identifier d'éventuelles traces de travail des matières tendres voire mi dure (travail de la peau,

boucherie…) sur certaines pièces

Gatzarria

(niveau Cjr) 3636 hachereaux tous les hachereaux 7 2 0 0 moyen à mauvais

émoussés, écrasements, petits esquillements

problème pour identifier d'éventuelles traces de travail des matières tendres voire mi dure (travail de la peau,

boucherie…) sur certaines pièces

Fonseigner (Dsup)

1661 (industrie en silex) + 406 (industrie sur galets)

globale (silex seulement)

tout sauf débris, cassons et nucléus

~ 1200 (98 analysées

précisément) 40 0 33 bon patine blanche et brillante peu marquée 4 bifaces non étudiés car non retrouvés dans la série

La Conne de Bergerac 752 pièces bifaciales toutes les pièces bifaciales 5 2 1 0 moyen émoussés, cupules et fissures liées au gelpatine brillante, patine blanche, /

La Graulet 3 440 pièces bifaciales toutes les pièces bifaciales 5 2 0 0 moyen émoussés, cupules et fissures liées au gelpatine brillante, patine blanche, /

Grotte du Noisetier 3531 globale tout sauf débris et cassons 2150 (116 analysées précisément) 25 49 1 bon à mauvais esquillements naturels, émoussés, patine brillante, corrosion naturelle des cristaux les pièces venant du fond de la grotte sont très altérées, non étudiables

Les Fieux

(couche K) 1164 globale

outillage et éclats présentant un potentiel

fonctionnel

219 51 15 - moyen à mauvais patine brillante, esquillements naturels

sous-estimation du travail de matières tendres (découpe de peau ou de viande par exemple) +

certaines pièces non étudiables

Mauran

(XV 2 / couche 2) 3189 globale

outillage et éclats présentant un potentiel

fonctionnel

172 58 13 - bon à moyen patine brillante, esquillements naturels

sous-estimation du travail de matières tendres (découpe de peau ou de viande par exemple) +

certaines pièces non étudiables

Payre

(couche G) 701 pointes pièces triangulaires 113 40 10 0 mauvais patine blanche nécrosante, esquillements pseudo-retouches récurrentes

Saint-Césaire (niveau Egpf) 46974 (10427 étudiées) globale (sur l’échantillon étudié) outillage et éclats présentant un potentiel fonctionnel 1983 (166 analysées

précisément) 93 31 0 bon à moyen

esquillements naturels, patine brillante, bright spots

sous-estimation du travail de matières tendres (découpe de peau ou de viande par exemple)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

et cinérite. Pour ces deux dernières matières, n’ayant pas de référentiel de comparaison disponible, les critères de détermination des macro-traces établies pour le silex ont été utilisés. En effet la finesse de grain des matières rend très probable un comportement à l’usure comparable à celui du silex. Pour l’étude du schiste, nous nous sommes basés sur le référentiel des quartzites (notamment ceux à grains fins) et sur quelques pièces expérimentales utilisées dans le cadre du PCR, mais qui n’ont pas été présentées dans le cadre de ce volume faute d’un référentiel suffisamment abouti.

L’état de conservation des tranchants et des surfaces, plus ou moins favorable à l’analyse, n’a pas toujours permis la conservation des micro-traces d’utilisation. Ainsi l’approche microscopique n’a pu être mise en œuvre que pour les séries de Chez-Pinaud, Coudoulous et Fonseigner et dans une moindre mesure Bayonne le Prissé PM1 et la grotte du Noisetier. Il en résulte des différences en termes de précision dans les interprétations des matières travaillées notamment, entre les séries et au sein d’une même série : dureté des matières (macro-traces) versus nature exacte des matières (macro- et micro-traces). Aucune série n’est exempte d’altérations naturelles (cf. tableau 47). Pour les hachereaux, qui constituent l’exemple le plus évident d’un possible filtre taphonomique, l’état de conservation ne permet pas, sur la majorité d’entre eux, d’identifier des traces de travail de matières tendres voire mi-dures en geste posé (boucherie en découpe, raclage de bois p. ex.). Pour la plupart des autres séries, il est possible qu’une partie des traces d’utilisation les plus ténues, comme celles liées au travail des matières tendres sur un temps court (découpe de peau ou de viande sans contact avec l’os par exemple), n’ait pas été conservée ou bien ne soit pas différenciable du bruit de fond taphonomique (comme un léger émoussé des tranchants). Ainsi certaines activités pourraient avoir été sous-estimées : découpe de peau sèche et fraîche, raclage de peau fraîche, coupe de plantes, ou encore boucherie légère (découpe de viande sans contact avec l’os).

2 - Résultats

Les données fonctionnelles obtenues étant particulièrement nombreuses et les clefs de lecture des traces d’utilisation ayant été exposées dans la partie I, nous ne décrivons pas précisément, sauf exception, les traces présentes sur le matériel archéologique mais présentons directement les résultats de nos interprétations, d’abord en termes de modes de fonctionnement, puis en termes d’activités. Néanmoins de nombreuses photographies de traces, macro- et microscopiques, regrou-pées par activité, sont fournies afin d’appuyer nos interprétations tracéologiques (figures 172-188).

A - Décomptes généraux

Au total, 568 pièces et 613 zones actives portent des traces d’utilisation, auxquelles s’ajoute une zone présentant des traces de préhension à Coudoulous (contact avec du cuir). 141 zones non comprises dans ce total présentent des traces dont les caractéristiques ne sont pas suffisamment diagnostiques pour être interprétées de manière certaine comme des traces résultant de l’utilisation (tableau 47). Enfin, cinq pièces portent des traces qui pourraient résulter de leur emmanchement, mais les différents critères d’identification (cf. Rots 2002a, 2004, 2010) ne sont pas tous présents (cf. Partie I, chapitre 2.5). L’ensemble des données concernant les divers modes de fonctionnement identifiés, en fonction des séries, a été reporté dans l’Annexe 5. Les zones actives pour lesquelles les interprétations sont certaines ont été différenciées des « possibles » ou « douteuses », c’est-à-dire des zones portant des traces qui n’ont pas pu être clairement distinguées des traces naturelles (possible découpe de matière tendre à mi-dure mais risque qu’il s’agisse de traces naturelles p. ex.). Des points d’interrogation ont donc été utilisés dans les tableaux pour faciliter leur identi-fication (tableaux 48-49).

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

B - Modes d’action identifiés

Différents modes d’action ont été mis en œuvre (tableaux 48-49).

De manière globale, les actions longitudinales sont les mieux représentées (45 %). Elles corres-pondent, pour les matières tendres comme la peau ou la viande, à de la découpe, ainsi que, pour les matières plus résistantes, au sciage voire au rainurage, sachant que la nature du geste n’a pas toujours pu être précisée. Dans ce cas, le terme général d’action longitudinale a été conservé (cf. tableaux 50-51). La percussion (23 %) est relativement bien représentée mais elle est dominée par la percussion de matières minérales, en lien avec des activités de taille et d’obtention de supports (n=93 / 139). Ces pièces ne concernent donc pas directement l’acquisition et l’exploitation des ressources animales et végétales, tout comme les autres pièces utilisées selon d’autres modes d’action sur des matières minérales (raclage et frottement, 28 pièces). Bien que figurant dans les décomptes généraux mais ayant déjà fait l’objet de plusieurs publications (Thiébaut 2005 ; Claud 2008, Thiébaut et al. 2010 ; Claud et al. 2010 ; Sorensen, Claud 2016), elles ne seront pas intégrées à notre réflexion dans les paragraphes et dans les tableaux qui suivent (cf. tableau 49 pour les décomptes sans les matières minérales).

Les actions transversales, souvent regroupées pour plus de facilité sous le terme « raclage », n’occupent pas une part importante (17 %). Le perçage est très peu représenté dans les séries (4 %), tout comme les pièces intermédiaires et les actions mixtes (moins de 1 % et 4 %).

En ce qui concerne enfin les armatures de chasse, en dehors des deux éclats triangulaires en quartz de Coudoulous présentant des micro-traces diagnostiques, aucune pièce n’a livré de stigmates macroscopiques caractéristiques d’une telle utilisation (cf. Partie II, chapitre 2.4). Néanmoins, 4 pièces portent des traces compatibles avec ce mode de fonctionnement mais qui ont été considérées comme insuffisamment diagnostiques : un racloir convergent de Chez-Pinaud, deux éclats retouchés en silex des Fieux et une pointe pseudo-Levallois en quartzite de Mauran (cf. Partie II, chapitre 2.4).

C - Matières travaillées identifiées et essai d’interprétation en termes d’activités

L’apparente diversité des matières travaillées (cf. tableau 50) résulte de la rareté des micro-traces (permettant une détermination précise de la matière travaillée) entraînant la création de catégories de matières correspondant à différents degrés de dureté : tendre, tendre à mi-dure, mi-dure, …

Considérons dans un premier temps uniquement les pièces pour lesquelles la nature précise des matières travaillées a pu être déterminée, portant pour la grande majorité des micro-traces d’utilisation, au nombre de 119 (partie gauche du tableau 51). Les matières carnées ou cutanées, traitées en découpe, parfois associée à du raclage (Coudoulous), correspondant à une activité de boucherie, représentent 62 % des matières travaillées.

Le travail de la peau est représenté par 27 % des zones actives (découpe, raclage, voire les deux) et seulement 9 % présentent des évidences de travail du bois (raclage et sciage).

Quant aux pointes utilisées en armatures de chasse, un peu moins de 2 %, correspondant à deux éclats en quartz de Coudoulous, portent des micro-traces diagnostiques, en association avec des fractures (Partie II, chapitre 2.4).

494 zones actives présentent des macro-traces d’utilisation uniquement, qui nous donnent des informations sur la dureté des matières travaillées (partie droite du tableau 50). 121 d’entre elles concernent les matières minérales, donc le nombre de zones qui nous intéressent directement est ramené à 373.

19 % de ces 373 zones actives ont travaillé des matières tendres, surtout en découpe, de rares pièces ayant fonctionné en raclage et perçage.

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CHAPITRE 2 PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES

Tableau 48 - Nombre de zones actives par sites, en fonction des modes d’action, incluant les traces d’origine indéterminée et les zones actives ayant travaillé les matières minérales.

Action longitudinale Action transversale Percussion

Découpe

Pièce

intermédaire Perçage Tir Frottement

Action indéterminée Traces de préhension Tr ac es d ’or igine indét er minée (utilisa tion ou altér ation ?) Total z ones ac tiv es + raclage + percussion Peau Matièr es c ar nées M atièr es c ar

nées et/ou cutanées

B

ois végétal Tendr

e Tendr e à mi-dur e M i-dur e M i-dur e à dur e D u re Indét er miné

Peau Bois végétal Tendr

e M i-dur e M i-dur e à dur e D u re D ur e minér ale Indét er miné M i-dur e M i-dur e à dur e D ur e indét er minée D ur e or ganique Indét er minée (mi-dur e ou dur e) D ur e minér ale M atièr es c ar nées Peau Mi-dur e M i-dur e à dur e D ur e or ganique M atièr e indét er minée M atièr e mi-dur e Tendr e Tendr e à mi-dur e M i-dur e M i-dur e à dur e D u re C ar casse M atièr e dur e minér ale Tendr e Tendr e à mi-dur e M i-dur e M i-dur e à dur e Esquillemen ts liés à l ’emmanchemen t C on tac t a vec la p eau

Abri Olha I (Fi 3) 1 + 2 ? 4 + 2 ? 1 + 4 ? 6 +

8 ?

Abri Olha II (Askf1) 1 1

Bayonne le Prissé (PM1) 10 + 3 ? 3 2 4 15 + 7 ? Bayonne le Prissé (PM2) 4 + 2 ? 1 1 3 6 + 5 ? Chez-Pinaud (US 06/07) 14 15+ 1 ? 15 + 1 ? 43+ 3 ? 17 + 1 ? 2 2 5 1 4 3 1 + 1 ? 1 2 17 + 1 ? 1 1 1 1 1 ? 17 3 1 4 1 ? 1 171 + 10 ? Combe Brune 2 (61000) 1 + 1 ? 1 ? 1 ? 1 + 3 ? Coudoulous (couche 4) 1 5 2 3 1 2 6 7 3 26 2 5 1 1 64

El Castillo (couche Alpha) 3 + 7 ? 9 12 +

2 ? 24 + 10 ? Gatzarri (niveau Cjr) 1 1 2 Fonseigner (Dsup) 6 14 3 5 8 1 6 1 1 2 1 1 3 ? 49 + 3 ? La Conne de Bergerac 3 1 1 1 ? 2 + 1 ? La Graulet 3 2 2 Grotte du Noisetier 2 ? 16 + 28 ? 1 + 2 ? 1 1 ? 2 ? 2 ? 1 ? 1 ? 3 + 2 ? 1 ? 1 3 1 ? 1 + 4 ? 2 ? 1 2 27 + 51 ?

Les Fieux (couche K) 5 12 1 1 1 6 21 1 1 3 2 ? 52 +

2 ?

Mauran 5 23 4 1 1 6 3 9 1 1 2 1 1 ? 57 +

1 ?

Payre (couche G) 5 6 1 1 7 3 2 1 11 1 10 38

Saint-Césaire (niveau Egpf) 2 16 +

20 ? 5 ? 2 + 1 ? 2 ? 2 + 4 ? 1 3 69 1 + 1 ? 96

Total comprenant les zones actives

dont l’interprétation est incertaine 21 29 + 1 ? 19 + 1 ? 5 64 + 6 ? 109 + 54 ? 17 4 + 2 ? 2 2 10 6 1 32 + 7 ? 7 + 3 ? 41 + 4 ? 5 1 8 + 12 ? 3 + 5 ? 1 19 + 3 ? 15 + 6 ? 93 + 3 ? 26 1 1 1 + 1 ? 1 1 1 2 2 3 14 2 2 + 5 ? 23 3 + 1 ? 2 + 4 ? 10 + 3 ? 2 - - 20 613 + 141 ? Total des zones actives dont l’interprétation

est indéterminée ou incertaine 0 1 1 0 6 54 0 2 0 0 0 0 0 7 3 4 0 0 12 5 0 3 6 3 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 5 0 1 4 3 0 - - 20 141

Total des zones dont l’interprétation

est certaine 21 29 19 5 64 111 17 4 2 2 10 6 1 32 7 41 5 1 8 3 1 19 15 93 26 1 1 1 1 1 1 2 2 3 14 2 2 23 3 2 10 2 - 1 614

Total par action (zones actives) 274 103 139 27 3 2 23 2 23 17 613

(7)

CHAPITRE 2 PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES

Tableau 49 - Nombre de zones actives par sites, en fonction des modes d’action, sans les traces d’origine indéterminée et excluant les zones actives ayant travaillé les matières minérales.

Action longitudinale Action transversale Percussion

Découpe

Pièce

intermédaire Perçage Tir Frottement

Action indéterminée Traces de préhension Total z ones ac tiv es Total z ones ac tiv es sans les ma tièr es minér ales + raclage + percussion Peau Matièr es c ar nées M atièr es c ar

nées et/ou cutanées

B

ois végétal Tendr

e Tendr e à mi-dur e M i-dur e M i-dur e à dur e D u re Indét er miné

Peau Bois végétal Tendr

e M i-dur e M i-dur e à dur e D u re D ur e minér ale Indét er miné M i-dur e M i-dur e à dur e D ur e indét er minée D ur e or ganique Indét er minée (mi-dur e ou dur e) D ur e minér ale M atièr es c ar nées Peau Mi-dur e M i-dur e à dur e D ur e or ganique M atièr e indét er minée M atièr e mi-dur e Tendr e Tendr e à mi-dur e M i-dur e M i-dur e à dur e D u re C ar casse M atièr e dur e minér ale Tendr e Tendr e à mi-dur e M i-dur e M i-dur e à dur e Esquillemen ts liés à l ’emmanchemen t C on tac t a vec la p eau

Abri Olha I (Fi 3) 1 4 1 6 6

Abri Olha II (Askf1) 1 1 1

Bayonne le Prissé (PM1) 10 3 2 15 10

Bayonne le Prissé (PM2) 4 1 1 6 5

Chez-Pinaud (US 06/07) 14 15 15 43 17 2 2 5 1 4 3 1 1 2 17 1 1 1 1 17 3 1 4 171 134

Combe Brune 2 (61000) 1 1 1

Coudoulous (couche 4) 1 5 2 3 1 2 6 7 3 26 2 5 1 1 64 64

El Castillo (couche Alpha) 3 9 12 24 24

Gatzarri (niveau Cjr) 1 1 2 2

Fonseigner (Dsup) 6 14 3 5 8 1 6 1 1 2 1 1 49 46

La Conne de Bergerac 3 1 1 2 2

La Graulet 3 2 2 2

Grotte du Noisetier 16 1 1 3 1 3 1 1 27 21

Les Fieux (couche K) 5 12 1 1 1 6 21 1 1 3 52 52

Mauran 5 23 4 1 1 6 3 9 1 1 2 1 57 57

Payre (couche G) 5 6 1 1 7 3 2 1 11 1 38 38

Saint-Césaire (niveau Egpf) 2 16 2 2 1 3 69 1 96 27

Total des zones actives 21 29 19 5 64 111 17 4 2 2 10 6 1 32 7 41 5 1 8 3 1 19 15 93 26 1 1 1 1 1 1 2 2 3 14 2 2 23 3 2 10 2 613 492

Total par action 274 103 139 27 3 2 23 2 23 17 613

% par action 44,7 16,8 22,7 4,4 0,5 0,3 3,8 0,3 0,7 2,8 97

Total sans les matières minérales 21 29 19 5 64 111 17 4 2 2 10 6 1 32 7 41 1 8 3 1 19 15 26 1 1 1 1 1 1 2 2 3 14 2 2 3 2 10 2 492

Total par action

sans les matières minérales 274 98 46 27 3 2 23 2 17 492

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CHAPITRE 2 PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES

Tableau 50 - Nombre de zones actives par sites, en fonction des matières travaillées, sans les traces d’origine indéterminée et les zones actives ayant travaillé les matières minérales.

Zones actives avec détermination de la nature précise de la matière travaillée (n=119)

Zones actives avec déterminations de la dureté des matières travaillées (n=373, matières minérales exclues)

Total Peau Matières carnées

Matières carnées ou

cutanées

Carcasse végétalBois Tendre Tendre à mi-dure Mi-dure Mi-dure à dure Dure organique indét.Dure

Indét. mais mi-dure ou dure Indéterminé Déc oup e R aclage Mixt e Déc oup e Déc oup e + r aclage Déc oup e

Tir Action longitudinale Raclage Déc

oup

e

R

aclage Perçage Indét

er miné Déc oup e Per cage Indét er miné A

ction longitudinale Raclage Percussion Perçage Pièce in

ter médiair e Mi xt e Indét er miné A

ction longitudinale Raclage Percussion Perçage Mixt

e

Indét

er

miné

A

ction longitudinale Raclage Percussion Perçage Mixt

e Per cussion Per cussion A

ction longitudinale Raclage Pièce in

ter

médiair

e

Abri Olha I (Fi 3) 1 4 1 6

Abri Olha II (Askf1) 1 1

Bayonne le Prissé (PM1) 10 10

Bayonne le Prissé (PM2) 4 1 5

Chez-Pinaud (US 06/07) 14 15 15 43 3 17 1 2 5 1 1 1 4 2 1 1 1 4 2 1 134

Combe Brune 2 (61000) 1 1

Coudoulous (couche 4) 1 2 26 2 5 6 2 3 7 5 1 1 3 64

El Castillo (couche Alpha) 3 9 12 24

Gatzarri (niveau Cjr) 1 1 2

Fonseigner (Dsup) 6 6 1 14 3 5 8 1 1 1 46

La Conne de Bergerac 3 1 1 2

La Graulet 3 2 2

Grotte du Noisetier 1 16 1 1 1 1 21

Les Fieux (couche K) 5 1 12 1 6 3 1 21 1 1 52

Mauran 1 5 1 23 4 6 2 3 9 1 1 1 57

Payre (couche G) 1 5 2 6 7 1 1 11 3 1 38

Saint-Césaire (niveau Egpf) 2 16 1 2 2 3 1 27

Total 21 10 1 29 26 19 2 5 6 64 1 2 3 111 2 2 17 32 8 3 1 1 10 4 7 3 14 1 2 2 41 19 2 1 1 15 2 1 1 492

Total par matière travaillée 32 74 2 11 70 115 72 31 65 1 15 4 492

% par matière travaillée 6,5 15,0 0,4 2,0 14,3 23,4 14,7 6,3 13,2 0,2 3,1 0,8 99,9

% par type de détermination (nature

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CHAPITRE 2 PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES

Tableau 51 - Nombre de zones actives par sites, en fonction des activités identifiées, sans les traces d’origine indéterminée et les zones actives ayant travaillé les matières minérales.

Activités sur matières végétales Activités sur matières animales Activités indéterminées

Total

Tr

av

ail du b

ois végétal (longitudinal)

Pr

obable tr

av

ail du b

ois végétal (longitudinal)

Tr av ail du b ois végétal (r aclage) Pr obable tr av ail du b ois végétal (r aclage) Pr obable tr av ail du b ois végétal (p er cussion) A rma tur es de chasse B oucher ie en déc oup e (+ r aclage à C oudoulous) Pr obable b oucher ie en déc oup e B oucher ie en déc oup e (pas de p oli) Pr obable b oucher ie lour de en déc oup e Pr obable b oucher ie lour de en p er cussion Pr obable b oucher ie (déc oup e + p er cussion) Tr av ail de la p eau (déc oup e) Tr av ail de la p eau (r aclage) Pr obable tr av ail de la p eau (p erçage) Tr av ail de la p eau (ac tion mix te) R aclage d ’une ma tièr e dur e or ganique de t yp e os A ctivité indét er minée (déc oup e) A ctivité indét er minée (r aclage) A ctivité indét er minée (p erçage) A ctivité indét er minée (pièc e in ter médiair e) A ctivité indét er minée (p er cussion) A ctivité indét er minée (ac tion mix te) A ctivité indét er minée et mo de d ’ac tion indét er miné

Abri Olha I (Fi 3) 1 4 1 6

Abri Olha II (Askf1) 1 1

Bayonne le Prissé (PM1) 10 10

Bayonne le Prissé (PM2) 4 1 5

Chez-Pinaud (US 06/07) 2 5 1 1 ? 30 43 17 2 3 1 14 4 1 2 1 8 134

Combe Brune 2 (61000) 1 1

Coudoulous (couche 4) 5 3 6 7 2 26 2 1 1 2 3 6 64

El Castillo (couche Alpha) 3 9 12 24

Gatzarri (niveau Cjr) 1 1 2

Fonseigner (Dsup) 1 1 17 5 8 6 6 1 1 46

La Conne de Bergerac 3 1 1 2

La Graulet 3 2 2

Grotte du Noisetier 16 1 1 1 2 21

Les Fieux (couche K) 1 6 2 ? 5 12 1 1 1 21 1 3 52

Mauran 4 6 1 ? 5 23 1 1 9 1 4 3 57

Payre (couche G) 6 7 5 1 3 1 15 38

Saint-Césaire (niveau Egpf) 2 16 5 2 1 1 27

Total 5 17 6 32 8 2 + 4 ? 74 64 111 6 22 2 21 10 2 1 41 2 9 21 2 16 1 17 492

Total par activité 68 2 279 34 41 68 492

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Les matières tendres peuvent correspondre à la viande, à la peau ou encore à des plantes non ligneuses. Néanmoins, les caractéristiques des esquillements présents sur les zones actives ayant servi à découper sont très similaires à celles présentes sur les pièces expérimentales ayant découpé de la viande sans contact avec les os. L’absence d’émoussé, caractéristique du travail de la peau, rend également plausible l’hypothèse de leur utilisation en boucherie légère.

Au contraire, les usures liées au perçage, consistant en des esquillements et en un émoussé, pourraient davantage résulter du travail de la peau.

Le raclage de matière tendre, identifié sur une pièce, ne peut être rapporté à une activité précise. Le travail des matières tendres à mi-dures est le mieux représenté avec 31 % de zones actives. Ces matières sont essentiellement travaillées en découpe, très rarement en perçage. Les macro-traces consistent en des esquillements tout à fait comparables aux esquillements observés sur les pièces expérimentales ayant servi en boucherie, les tranchants découpant des matières tendres comme la viande, les tendons et la peau mais touchant ponctuellement des matières plus résistantes comme l’os ou le cartilage.

Le travail des matières mi-dures représente 19 % des zones actives. Les modes d’action mis en œuvre sont variés. Par ordre décroissant en termes de fréquence ont été identifiés du raclage, des actions longitudinales (sciage, incision), de la percussion (directe), du perçage, de la percussion indirecte et des actions mixtes.

Pour ce qui est des actions longitudinales, transversales et en percussion, les esquillements sont caractéristiques du travail d’une matière présentant une dureté équivalente à celle du bois végétal. L’hypothèse selon laquelle ces pièces ont servi pour le travail du bois végétal nous paraît ainsi la plus probable bien que nous ne puissions être totalement affirmatifs quant à cette interprétation.

Quant aux pièces utilisées en perçage, elles présentent parfois des émoussés indiquant leur probable utilisation sur de la peau rigide donc sèche. Ces différentes pièces peuvent donc diffici-lement être rattachées à une activité précise, même si quelques-unes semblent plutôt relever du travail du bois et d’autres du travail de la peau.

De la même manière, les rares outils utilisés selon un mode d’action mixte ou en pièce intermé-diaire sur des matières mi-dures, n’ont pas donné lieu à une interprétation en termes d’activités.

Le travail des matières dures organiques représente 17 % des zones actives. Une grande partie d’entre elles a fonctionné en raclage (41 sur 65) puis en percussion (19).

Étant donnée la rareté des outils façonnés en matière osseuse au Paléolithique moyen, les traces de raclage de matière dure organique pourraient correspondre à des contacts avec les matières osseuses lors de l’activité de boucherie au sens large, pour prélever la viande adhérente aux os ou racler le périoste. Néanmoins une autre possibilité ne doit pas être négligée : celle de leur utilisation pour préparer la surface des retouchoirs. L’attribution des zones actives à l’une ou l’autre de ces activités (boucherie versus préparation des retouchoirs) tiendra compte des données issues de l’étude des restes fauniques (cf. Partie II, chapitre 4.3). De plus, on ne peut pas totalement exclure que certaines de ces pièces aient travaillé d’autres types de matières dures organiques, comme du bois végétal particulièrement dur. En effet, de rares expérimentations (cf. Partie I) ont montré que des esquillements similaires à ceux observés dans le cadre du travail de l’os se formaient parfois lors du travail de bois très durs, comme le raclage d’une extrémité de pointe en bois durcie au feu.

Les outils présentant des traces de découpe ou de percussion avec des matières dures orga-niques ont probablement servi pour la désarticulation en force, la fracturation d’os ou l’ouverture de la cage thoracique.

En outre, il paraît plus vraisemblable de rattacher les pièces ayant servi en perçage de matière dure au travail du bois végétal voire de la peau sèche rigide (activité indéterminée) qu’à celui des matières osseuses étant donné qu’aucune évidence de ce type de transformation sur os ou bois de cervidé n’a été observée pour la période considérée.

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Le travail de matière mi-dure à dure, totalisant 8 % des zones actives, regroupe très probable-ment des pièces ayant servi en boucherie (découpe, percussion) et pour le travail de bois végétaux durs ou la peau sèche (perçage, raclage).

Le travail de matière dure indéterminée (organique ou minérale) est représenté par une seule pièce pour laquelle il n’est pas possible de proposer une activité.

La percussion de matière indéterminée mais de dureté moyenne ou élevée, comptabilisant 4 % des zones actives et correspondant en fait à 15 hachereaux, pourrait tout aussi bien correspondre à un travail de boucherie en force qu’au travail du bois.

Enfin, pour quatre pièces, la nature et la dureté de la matière travaillée sont totalement indé-terminées, tout comme l’activité pouvant y correspondre.

Au final, différentes activités ont été identifiées, même si une partie non négligeable des zones actives (67) n’a pas pu être rattachée à une activité particulière (tableau 51, figure 211 ;Partie II, chapitre 4).

Les activités de boucherie sont largement majoritaires, puisqu’elles comptabilisent 279 zones actives soit 57 % d’entre elles. La découpe domine nettement ; elle regroupe 255 zones actives dont 74 pièces portent les micro-polis caractéristiques de la découpe de matières carnées. Quelques pièces portant des traces de découpe ont aussi fonctionné en raclage (26 pièces de Coudoulous). 111 zones présentent des esquillements typiques de la boucherie, c’est-à-dire de la découpe de matière tendre avec des contacts accidentels avec des matières plus dures comme les os ou le car-tilage (découpe de matière tendre à mi-dure). 64 portent des esquillements de découpe de matière tendre mais aucun émoussé (découpe de la viande plutôt que de la peau), et enfin six présentent de nombreux esquillements de grandes dimensions pouvant correspondre à une boucherie lourde impliquant des contacts répétés et intenses avec les matières dures telles que l’os ou le cartilage (cf. figures 172-175). L’exploitation de carcasses en percussion a été reconnue sur 22 zones. Les macro-traces sont comparables à celles observées sur les outils expérimentaux ayant servi comme hachoirs pour désarticuler en force, ou encore pour briser les côtes au niveau du sternum ou de la colonne vertébrale. Enfin un petit nombre de pièces présentent des esquillements qui pourraient témoigner d’actions de découpe et de percussion sur un même bord. Si l’on considère les pièces pour lesquelles l’interprétation des traces est incertaine (Annexe 5 ; tableau 48), le nombre de zones actives reflétant les activités de boucherie pourrait être grandement augmenté, puisque 62 zones actives supplémentaires pourraient avoir servi en découpe et huit en percussion (Annexe 5 ;

tableau 48). De plus, une partie des zones actives ayant fonctionné en raclage sur des matières dures (41 pièces, soit 8 %) pourrait être attribuée à l’activité de boucherie, mais leur identification nécessite la prise en compte des données issues de l’étude des restes fauniques sur les différents sites concernés. Des photographies des traces d’utilisation correspondant ou pouvant correspondre à l’activité de boucherie sont disponibles pour les différents sites aux figures 172-175 (découpe),

176-177 (percussion), et 180-181 (raclage). Les outils concernés sont quant à eux en partie illustrés aux figures 217-232 (Partie II, chapitre 4).

La seconde activité identifiée en termes de fréquence est le travail de matière mi-dure comme

le bois, qui représente 14 % des zones actives (68). Il faut souligner que seules 11 pièces, provenant

de Coudoulous, portent des micro-polis caractéristiques du travail du bois, en raclage et en sciage. Le reste des pièces, soit 57, ont été attribuées au travail du bois d’après les caractéristiques des esquillements, indiquant le travail d’une matière de dureté moyenne, équivalente à celle du bois (figures 178-179). Des actions longitudinales, transversales et de la percussion ont été identifiées, pouvant correspondre à une étape d’acquisition (percussion, sciage) et de façonnage (raclage) d’objets domestiques ou cynégétiques en bois. Le perçage de bois n’a pas clairement été attesté et

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 172 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées à la boucherie, résultant d’une utilisation pour la découpe de

la viande, de matière tendre et tendre à mi-dure probablement carnée, observées sur le matériel de Bayonne le Prissé et Chez-Pinaud (clichés : É. Claud).

a - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Bayonne le Prissé PM1, silex, éclat brut (21737)

b - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Bayonne le Prissé PM1, silex, biface (22302)

c - Esquillements liés à la coupe de matières carnées résistantes, Chez-Pinaud, silex, pointe pseudo-Levallois (CPN E16 538)

d - Esquillements liés à la coupe de matière tendre, Chez-Pinaud, silex, éclat de façonnage (CPN E15 164)

e - Esquillements liés à la coupe de matière tendre, Chez-Pinaud, silex, biface (CPN E19 374)

f - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Chez-Pinaud, silex, racloir (CPN F15 239)

g - Micro-poli lié à la coupe de matière carnée et/ou cutanée, Chez-Pinaud, silex, éclat brut (CPN E15 357)

h - Micro-poli lié à la coupe de matière carnée, Chez-Pinaud, silex, biface (CPN E15 324)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

a - Esquillements liés à la coupe de matière tendre, Combe Brune 2, silex, biface (CB 2 06 61010)

c - Corrosion et stries liées à la boucherie (découpe et raclage), Coudoulous, quartz (COU I J10 6b 6)

b - Corrosion et stries liées à la boucherie, Coudoulous, quartz (Cou 4 #65)

d - Esquillements liés à la coupe de matières carnées résistantes, Fonseigner, racloir (Fons 77 22 Dsup 13)

e - Micro-poli lié à la coupe de viande, Fonseigner, silex, biface (Fons Dsup 32)

f - Micro-poli lié à la coupe de matières carnées résistantes, Fonseigner, racloir (Fons 77 A5 65 Dsup)

Figure 173 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques

attri-buées à la boucherie, résultant d’une utilisation pour la découpe de matière tendre et de viande, observées sur le matériel de Combe Brune 2, Coudoulous et Fonseigner (clichés a, d-f : É. Claud ; b-c : F. Venditti).

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 174 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées à la boucherie, résultant d’une utilisation pour la découpe

de matière tendre à mi-dure, observées sur le matériel des Fieux, de la grotte du Noisetier et de Mauran (clichés a-b, e : A. Coudenneau ; c-d : É. Claud)

Figure 175 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées à la boucherie, résultant d’une utilisation pour la découpe de

matière tendre à mi-dure, observées sur le matériel de Saint-Césaire (clichés : É. Claud). a - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure,

les Fieux, silex, pointe brute (K35610, face supérieure)

a - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Saint-Césaire, silex, éclat brut (H6 (IV) Egpf 29)

c - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Saint-Césaire, silex, denticulé (G5 (II) Egpf 27 269-76-73 3)

b - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Saint-Césaire, silex, éclat brut (I5 (I) Egpf 27)

d - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Saint-Césaire, silex, denticulé (F6 (IV) Egpf 29 30 285-43-48 9) c - Esquillements liés à la coupe de matière

tendre à mi-dure, grotte du Noisetier, schiste, éclat brut (NS 13 E11 c1 142)

e - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, Mauran, silex, denticulé (M81 SV 118, face inférieure)

b - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, les Fieux, silex, pointe brute (K35610, face inférieure)

d - Esquillements liés à la coupe de matière tendre à mi-dure, grotte du Noisetier, quartzite, éclat brut (NS 05 D13 c1 134)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

la catégorie « perçage de matière mi-dure » comprend probablement à la fois des pièces ayant percé du bois et des pièces ayant percé de la peau. Néanmoins, sur l’ensemble des pièces attribuées à une action de perçage, trois pièces auraient plutôt servi pour le travail du bois que de la peau (Mauran, les Fieux et Payre). Des photographies des traces d’utilisation correspondant ou pouvant corres-pondre au travail du bois sont disponibles pour les différents sites en figures 180-181. Les outils concernés sont en partie illustrés sur les figures 212-216 (Partie II, chapitre 4).

Le travail de la peau, qui comptabilise 34 zones actives, représente seulement 7 % des zones actives. La quasi-totalité des pièces présente des micro-polis et des micro-émoussés caractéristiques de la peau ; seules trois pièces utilisées en perçage (deux) et en raclage (une) portent uniquement des macro-traces (figures 176-177).L’état de la peau est difficile à déterminer avec certitude. D’une part, il existe un continuum entre peau fraîche et peau sèche et d’autre part, un grand nombre de facteurs influencent les caractéristiques des traces comme la présence éventuelle d’additifs (cendres, colorants, …) et les types de supports éventuellement utilisés (sol, pierre, cadre en bois, … ; Unrath et al., 1986 ; Gassin, 1996). Néanmoins, des différences en termes de luisance ou d’étendue du poli ou encore d’intensité de l’émoussé pourraient témoigner du traitement de peaux à des états différents : peau sèche à la grotte du Noisetier, peau sèche et à l’état intermédiaire à Coudoulous et à Fonseigner, et peau fraîche ou humide et peau à l’état intermédiaire Chez-Pinaud.

Les actions de découpe dominent, avec 21 zones actives, suivies du raclage, du perçage et des actions mixtes (combinaison de découpe et de raclage sur une pièce). Trois bifaces de Chez-Pinaud portant des traces de découpe de peau pourraient, d’après les caractéristiques des traces et la morphologie des pièces, avoir servi pour le dépouillement de l’animal et donc participer à l’acti-vité de boucherie, plutôt qu’à un travail à proprement parler de la peau. Les autres pièces utilisées en découpe présentent des caractéristiques morphologiques et des usures compatibles avec une activité d’écharnage (coupe tangentielle), de régularisation du contour des peaux ou encore de fabrication de lanières.

Concernant les pièces ayant servi en raclage, il est difficile de les rattacher à une étape précise de la chaîne opératoire de traitement des peaux. Néanmoins, la faible intensité des usures pourrait être en lien avec un ravivage fréquent des outils, impliquant un fonctionnement nécessitant des fronts toujours bien acérés. De plus, le caractère brut et aigu de la plupart des tranchants (les racloirs de Fonseigner ayant notamment servi sur leur bord brut, cf. Partie II, chapitre 4) paraît plus approprié à certaines tâches nécessitant un bord coupant, comme l’écharnage, l’amincissement par drayage (mise au jour du derme) ou encore l’effleurage (suppression de l’épiderme ; Wiederhold, 2004).

De la même manière que pour l’activité de boucherie et le travail du bois, des figures regroupant les traces d’utilisation en lien avec le travail de la peau (figures 182-184) et les outils (figures 235-238, Partie II, chapitre 4) sont disponibles.

Deux pièces seulement ont clairement été attribuées à une activité de chasse. Il s’agit de deux éclats en quartz présentant des traces d’impact. Elles sont présentées dans le chapitre suivant, ainsi que les éléments portant des traces compatibles avec cette activité mais qui n’ont pas été considérées comme suffisamment diagnostiques pour l’affirmer avec certitude.

Aucune trace clairement liée au travail des matières végétales non ligneuses n’a été détectée dans les séries étudiées.

Étant donné que la découpe de céréales, sauvages ou cultivées, produit des micro-polis caracté-ristiques, bien développés (cf. Partie I) et facilement différentiables des altérations naturelles, on peut raisonnablement envisager que cette absence n’est pas liée à un biais taphonomique, au moins pour les séries les mieux préservées ou ayant livré des micro-traces d’utilisation. L’utilisation de tranchants n’est pas indispensable à la récolte des épis comestibles qui peut tout aussi bien se faire à la main (Harlan, 1992), tout comme les herbacées sauvages aussi souvent ramassées à la main dans le registre ethnographique (Hayden, 1977 ; van Gijn, 1989a).

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 176 - Traces d’utilisation macroscopiques liées à la percussion contre une matière dure organique, probablement dans

le cadre de la boucherie, observées sur le matériel de Olha I, Chez-Pinaud et El Castillo (clichés : É. Claud). a - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure

organique, Abri Olha I, ophite, hachereau (no 2916)

d - Esquillements liés à la percussion contre une matière mi-dure à dure organique, Chez-Pinaud, silex, racloir (CPN D19 928)

f - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure organique, El Castillo, quartzite, hachereau (A 112)

b - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure

organique, Abri Olha I, quartzite, hachereau (no 1)

e - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure organique, Chez-Pinaud, silex, couteau à dos naturel (CPN E15 63)

g - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure organique, El Castillo, quartzite, hachereau (A 36)

c - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 177 - Traces d’utilisation macroscopiques liées à la percussion contre une matière dure organique, probablement dans le cadre

de la boucherie, observées sur le matériel de la grotte du Noisetier, des Fieux et Saint-Césaire (clichés a, c-e : É. Claud ; b : C. Thiébaut). a - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure

orga-nique, grotte du Noisetier, schiste, éclat brut (65NS 16 D 1b 292)

c-d - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure organique, Saint-Césaire, silex, éclat brut (D7 (I) Egpf 32 33 8)

e - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure organique, Saint-Césaire, silex, éclat brut (H5 (II) Egpf 27)

b - Esquillements liés à la percussion contre une matière dure organique, les Fieux, silex, denticulé (K 30276)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 178 - Traces d’utilisation macroscopiques liées au raclage de matières dures organiques ou mi-dures à dures organiques (probable

boucherie ou préparation de la surface des retouchoirs) observées sur le matériel de Bayone le Prissé, Chez-Pinaud et Fonseigner (clichés : É. Claud).

a - Esquillements liés au raclage de matière mi-dure à dure organique, Bayonne le Prissé PM2, silex, racloir (30010)

c - Esquillements liés au raclage de matière mi-dure à dure organique, Chez-Pinaud, silex, éclat (CPN D19-1422)

e - Esquillements liés au raclage de matière dure organique, Chez-Pinaud, silex, biface (CPN03 D17s47s 5,15-5,20)

b - Esquillements liés au raclage de matière dure organique, Chez-Pinaud, silex, éclat (CPN D18-86)

d - Esquillements liés au raclage de matière mi-dure à dure organique, Chez-Pinaud, silex, racloir (CPN E12-346)

f - Esquillements liés au raclage de matière dure organique, Fonseigner, silex, racloir (Fons 77 Z3 Dsup 03 28)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 179 - Traces d’utilisation macroscopiques liées au raclage de matières dures organiques ou mi-dures à dures organiques

(probable boucherie ou préparation de la surface des retouchoirs) observées sur le matériel de la grotte du Noisetier, des Fieux et de Saint-Césaire. L’attribution à une origine fonctionnelle n’est pas certaine pour les traces observées à la grotte du Noisetier (possible convergence taphonomique) (clichés a-b, d-e : É. Claud ; c-d : A. Coudenneau).

a - Esquillements d’origine indéterminée, peut-être liés au raclage d’une matière mi-dure à dure, grotte du Noisetier, quartzite, denticulé (NS07 D12 c1 208, face supérieure)

c - Esquillements liés au raclage d’une matière dure, les Fieux, silex, pointe pseudo-Levallois (K32011, face supérieure)

e - Esquillements liés au raclage de matière mi-dure à dure organique, Saint-Césaire, silex, éclat (H6 (IV) Egpf 29, face supérieure)

b - Esquillements d’origine indéterminée, peut-être liés au raclage de matière dure, grotte du Noisetier, quartzite, éclat (NS65 D17 c1 160, face supérieure)

d - Esquillements liés au raclage d’une matière dure, les Fieux, silex, denticulé (K 34280, face supérieure)

f - Esquillements liés au raclage de matière mi-dure à dure organique, Saint-Césaire, silex, éclat à dos débordant (D4 (II) Egpf 27 265 77 79 90, face supérieure)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 180 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées au travail du bois, de manière certaine (Coudoulous) ou probable

(travail de matière mi-dure), observées sur le matériel d’Olha I, Chez-Pinaud, Coudoulous et El Castillo (clichés : É. Claud). a - Esquillements liés à la percussion contre une matière mi-dure,

abri Olha I, hachereau en ophite (no 2806, face inférieure)

c - Esquillements liés à une action longitudinale sur une matière mi-dure, Chez-Pinaud, éclat en silex (CPN E16 677, face sup.)

e - Corrosion et stries liées au raclage de bois frais, Coudoulous, quartz (COU 79 4 2050, éclat)

b - Esquillements liés à la percussion contre une matière mi-dure, Chez-Pinaud, racloir en silex (CPN D16 912, face supérieure)

d - Corrosion et stries liées au sciage de bois sec, Coudoulous, quartz (Cs 79 Ext H8 c4n4 5162, éclat)

f - Esquillements liés à la percussion contre une matière mi-dure, El Castillo, hachereau (A225, face supérieure)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 181 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées à un probable travail du bois (travail de matière mi-dure)

obser-vées sur le matériel de Fonseigner, la Graulet et des Fieux (clichés a-b : É. Claud ; c-d : A. Coudenneau).

a - Esquillements liés au raclage de matière mi-dure, Fonseigner, éclat en silex (Fons Z3 Dsup 33, face inférieure)

b - Esquillements liés à la percussion contre une matière mi-dure, la Graulet, biface en silex (1047, face supérieure)

c - Esquillements liés à une action punctiforme sur une matière mi-dure à dure, les Fieux, denticulé en quartzite (K30795, face inférieure)

d - Esquillements liés au raclage d’une matière mi-dure, les Fieux, pointe pseudo-Levallois en silex (K31356, face supérieure)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 182 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées au travail de la peau, observées sur le matériel de Chez-Pinaud

et Coudoulous (clichés a-d : É. Claud ; e-f : F. Venditti).

a - Micro-émoussé et poli liés à la découpe de peau, Chez-Pinaud, biface en silex (CPN 03 D18 s4 7s 5,5-5,6)

c - Micro-émoussé, poli, stries et cratères liés à la découpe de peau, Chez-Pinaud, racloir en silex (CPN E16 641, face inférieure)

e - Micro-émoussé et corrosion liés au raclage de peau, Coudoulous, éclat en quartz (CS 79 G9 5102, face supérieure)

f - Stries et corrosion liés à la découpe de peau sèche, Coudoulous, racloir en quartz (COU I 4 2006)

b - Micro-émoussé, poli et cratères liés à la découpe de peau, Chez-Pinaud, biface en silex (CPN D16 275)

d - Micro-émoussé, poli, stries et cratères liés à la découpe de peau, Chez-Pinaud, éclat en silex (CPN E12 800, face supérieure)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 183 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées au travail de la peau, observées sur le matériel de Fonseigner

(clichés : É. Claud).

a - Micro-émoussé, polis et stries liés à la découpe de peau, Fonseigner, racloir en silex (Fons 77 Z1 192 Dsup 19, face inf.)

b - Émoussés macroscopiques liés au raclage d’une matière tendre abrasive comme la peau sèche, Fonseigner, racloir en silex (Fons A4 77 Dsup 26, face inférieure)

c - Esquillements et émoussé liés au raclage d’une matière tendre à mi-dure abrasive comme la peau sèche, Fonseigner, racloir en silex (Fons 77 A4 85 Dsup 14, face supérieure à gauche, face inférieure à droite)

d - Micro-émoussé, polis, stries et cratères liés au raclage d’une matière tendre abrasive comme la peau sèche, Fonseigner, racloir en silex (Fons 77 A4 85 Dsup 14, face supérieure)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 184 - Traces d’utilisation macro- et microscopiques attribuées au travail de la peau, de manière probable, observées sur le

matériel de la grotte du Noisetier et des Fieux (clichés a-b : É. Claud ; c-d : A. Coudenneau).

a - Macro-émoussé lié au raclage d’une matière tendre abrasive comme la peau sèche, grotte du Noisetier, éclat en quartzite (NS06 C15 c2 147, face supérieure)

b - Micro-émoussé et corrosion d’un cristal de quartz, liés au raclage d’une matière tendre abrasive comme la peau sèche, grotte du Noisetier, éclat en quartzite (NS06 C15 c2 147, face inférieure)

c - Esquillements et émoussé liés au perçage d’une matière tendre abrasive comme la peau, les Fieux, pointe pseudo-Levallois en silex (K 31712, face supérieure)

d - Esquillements liés au perçage d’une matière tendre à mi-dure comme la peau, Payre, éclat en silex (PAY LS G5 1174, face inf.)

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

L’extraction et le traitement de tubercules et de racines produit a priori des traces peu caractéris-tiques et difficilement différentiables de certaines altérations naturelles (Sievert, 1992). Toutefois, leur recherche dans la terre produit des traces intenses associant une usure très abrasive liée au creusement de la terre et un micro-poli extrêmement brillant et étendu en lien avec le contact avec les tubercules (Claud, 2008 ; Beyries in Lhomme et al., 1998). Il est donc peu probable que ce type de traces, s’il était présent dans les séries étudiées, soit passé inaperçu lors de nos analyses. Par ailleurs dans le registre ethnographique les outils coupants utilisés pour l’extraction des tubercules et des racines sont extrêmement rares (Hayden, 1977), les bâtons à fouir étant privilégiés.

3 - La question des pointes et des fractures d’impact

Malgré l’étude de nombreuses pointes ou d’éléments pointus (éclats, bifaces), les pièces iden-tifiées comme pouvant correspondre à des armatures de chasse sont rares dans notre corpus.

Seules deux pièces de Coudoulous ont été interprétées comme ayant clairement été utilisées selon ce mode de fonctionnement (figure 185). Il s’agit de deux éclats pointus en quartz, portant chacun une fracture en flexion se terminant en escalier sur leur extrémité distale, et des micro-usures abrasives ainsi que des stries caractéristiques sur les surfaces (figure 185b-e).

Des stigmates dont l’origine est incertaine mais qui pourraient également résulter de ce mode de fonctionnement ont néanmoins été identifiés dans les sites de Chez-Pinaud, des Fieux et de Mauran.

Dans le premier site, une pointe moustérienne en silex turonien (non local) présente à son extrémité distale un enlèvement burinant, postérieur à la retouche, de 7 mm de longueur, et dont la terminaison est en escalier (figure 185a). Un micro-poli est aussi présent sur une longueur de 4 cm sur chacun des bords latéraux, de part et d’autre de la pointe. Il indique un contact longitu-dinal avec des matières carnées ou cutanées. Aucun esquillement n’est associé à ces traces. La partie proximale de cette pièce a été amincie par un large enlèvement inverse. Les bords latéraux comportent, dans leur partie mésio-proximale, des esquillements abrupts directs créant une petite concavité (figure 187a) et des esquillements semi-circulaires (figure 187b) indiquant une possible contrainte transversale comme celle liée à la présence d’un manche (cf. Partie I, chapitre 2.5). La présence d’un enlèvement burinant apical a déjà été utilisée comme argument pour conclure à l’utilisation de certaines pointes comme armatures de chasse au Paléolithique moyen (Villa et al., 2009 ; Soressi, Locht, 2010 ; Lazuén, 2012a, 2012b ; Rios-Garaizar, 2016). De même, ce type de stigmate, lorsqu’il recoupe la retouche, est considéré comme diagnostique pour les pointes lithiques du Paléolithique supérieur (cf. Plisson, Geneste, 1989 ; O’Farrell, 2005 ; Sano, 2009). Néanmoins lors de l’étude du référentiel expérimental de pointes (cf. Partie I, chapitre 2.8), les enlèvements burinants n’ont pas été retenus comme caractéristiques d’un mode de fonctionnement en arme de chasse. Les autres indices présents (poli, amincissement de la base, esquillements indiquant un probable emmanchement) sont toutefois des arguments forts en faveur de l’interprétation de cette pièce comme armature. Finalement, seul son caractère unique au sein de la série nous force à la réserve et la prudence, si l’on suit les recommandations de J. Pargeter (2011), pour qui un faible nombre de pointes possiblement impactées sur un site fait suspecter une possible convergence taphonomique.

Deux éclats en silex des Fieux livrent également de possibles stigmates d’impact. L’un porte deux fractures en flexion avec une très courte languette, la fracture proximale étant combinée avec des esquillements secondaires (spin off) de moins de 6 mm (figure186a-b). Pour l’autre, un enlèvement apical inverse de petites dimensions a été observé (figure 186c). Encore une fois, même si ces traces sont compatibles avec une utilisation en armatures de chasse, l’absence de récurrence sur un plus grand nombre de pièces combinée avec le fait que ces types de fractures

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 185 - Pièces portant des stigmates résultant (Coudoulous : b à e) ou pouvant résulter (Chez-Pinaud : a) de leur utilisation en

armature de chasse. Les pointillés indiquent la localisation d’un possible emmanchement (DAO : É. Claud et M. Coutureau). ? 1 cm 1 cm 1 cm 1 cm 100 µm 100 µm 1 cm 1 mm  (clichés : EC) CPN E13 269, silex

enlèvement burinant à l’extrémité distale (a)

utilisation : coupe de matière carnée ou cutanée et possible armature

 (clichés : CL) Cou I 4 1316, quartz

fracture en flexion se terminant en escalier (b) et abrasions et stries (c)

quartz, fracture en flexion se terminant en escalier (d) et abrasions et stries (e) Cs 79 F9 c4 n4 5040 utilisation : armature a a d b d e c b utilisation : armature

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 186 - Pièces des Fieux et de Mauran portant des stigmates pouvant résulter de leur utilisation en armature de chasse

(DAO : É. Claud et M. Coutureau). 1 cm 1 cm 1 mm 1 cm 1 cm  (clichés : CT)

Objet non marqué, quartzite

associée à deux esquillements quadrangulaires sur le tranchant droit contigu à la pointe, face inférieure utilisation : possible armature

a b b  (clichés : CT et AC) K 13 XV 34265, silex K30833, silex enlèvement apical (c) utilisation : possible armature

c c

utilisation : possible armature fracture en flexion (a)

fracture en flexion avec esquillement secondaire (b)

a

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

peuvent également avoir des origines naturelles (Pargeter, 20111) nous incitent à les considérer

comme de possibles armatures et non comme des armatures de chasse avérées.

Une pièce de Mauran porte aussi de possibles macro-traces d’impact (figure 186). Il s’agit d’une pointe pseudo-Levallois en quartzite présentant une fracture par flexion inverse dont la terminaison est en escalier. Elle est associée à deux enlèvements quadrangulaires continus situés sur le tranchant droit contigu à la pointe en face inférieur. La fracture seule peut tout à fait être produite lors d’un travail de boucherie pour de la désarticulation ; cependant dans ce cas précis, elle serait associée à d’autres esquillements.

Dans notre corpus, les éléments interprétés comme armatures de chasse sont rares, souvent incertains, leur rareté contribuant d’ailleurs à les rendre douteux, en raison des possibles conver-gences de forme notamment mises en évidence par J. Pargeter (2011). Les recommandations de cet auteur peuvent être raisonnablement appliquées ici : en l’absence d’autres types de traces diagnostiques comme les traces microscopiques linéaires (MLIT ; Odell, 1978 ; Moss, 1983a), les fractures classiquement considérées comme diagnostiques d’un impact doivent être interprétées avec beaucoup de prudence, surtout dans le cas de supports bruts, ne correspondant pas forcément à la morphologie attendue pour une armature de chasse.

4 - De possibles traces d’emmanchement

Même si la reconstitution des modalités de préhension n’a pas constitué notre objectif premier lors des études tracéologiques, nous avons été attentifs aux éventuels indices pouvant révéler la présence d’un tel dispositif, grâce à nos propres observations expérimentales dans le cadre des référentiels du PCR et de travaux plus personnels (Lemorini, 2000 ; Coudenneau, 2004 ; Claud, 2008 ; Coudenneau, 2013). Nos référentiels comprenant peu de pièces emmanchées (pointes brutes et retouchées, éclats bruts, bifaces, denticulés ou encore hachereaux) et les traces d’emmanchement s’étant avérées très rares, nous avons lors des études archéologiques pris également en compte les critères d’observation et d’interprétation proposés par V. Rots sur la base d’un large référentiel spécifique à l’emmanchement, constitué de répliques d’outils de la fin du Paléolithique supérieur, des référentiels plus adaptés n’étant pas disponibles (Rots, 2002a, 2002b, 2004, 2005, 2010, 2015a). Cette dernière propose notamment de différencier les traces d’altération des traces liés à l’emmanche-ment sur la base des caractéristiques suivantes : limite claire entre la zone emmanchée et la zone utilisée, traces clairement organisées (sur les bords, arêtes, surfaces proches des tranchants, de la limite du manche ou du talon), polis et esquillements fréquents, polis distribués en fonction de la micro-topographie et sans décroissance du fil à l’intérieur de la pièce, esquillements de dimen-sions irrégulières et groupés, et spots brillants associés à des esquillements.

Peu de pièces présentent des traces compatibles avec un emmanchement. Si on leur applique les clefs de lecture proposées par V. Rots, leur emmanchement n’est de plus certain pour aucune d’entre elles.

La pointe moustérienne en silex turonien et présentant un enlèvement burinant de Chez-Pinaud (cf. Partie II, chapitre 2.4) fait partie des pièces potentiellement emmanchées (figure 187) : en plus de l’amincissement du bulbe, ses bords latéraux présentent, en partie mésio-proximale, des enlève-ments directs et abrupts créant deux petites concavités opposées (figure 187a). Des micro-traces de découpe de matières carnées ou cutanées, localisées de part et d’autre de la pointe, se développent symétriquement le long des bords sur 4 cm depuis l’extrémité distale. Une limite nette entre ces traces et la zone potentiellement emmanchée, matérialisée par les petites encoches, peut donc 1. « … small spin-off fracture frequencies do occur as a result of trampling and knapping… » (Pargeter, 2011 : 2886).

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PARTIE II - LES RÉSULTATS ARCHÉOLOGIQUES CHAPITRE 2

Figure 187 - Pièces de Chez-Pinaud et de Coudoulous portant des traces pouvant résulter de leur préhension par l’intermédiaire

d’une gaine (c : micro-abrasion) ou d’un manche (a, b : esquillements) (DAO : É. Claud et M. Coutureau). ?

 (dessin et cliché : FV) COU I J106b 6, quartz micro-abrasion (c)

utilisation : découpe de viande

préhension : contact avec la peau (gaine, ligature ?)

a b c 1 mm 1 mm 100 µm 1 cm 1 cm  (clichés : EC) CPN E13 269, silex

esquillements perpendiculaires au bord (a, b) utilisation : coupe de matière carnée ou cutanée et possible armature

préhension : contrainte transversale (manche ?)

a

a b

Referências

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