Marché du travail : 3 expériences
européennes Paris 6 juillet 2017
Nos valeurs : l'ouverture, la loyauté, l'engagement, l'esprit d'équipe
Marché du travail : l’expérience
allemande Paris
06 juillet 2017
L’Allemagne a-t-elle vraiment atteint le plein emploi ?
Allemagne
3 6 juillet 2017
Taux de chômage : 3,9% au sens du BIT (mai 2017) et 5,7% au sens national (juin 2017)
42 millions d’actifs en 2016: 36 millions de salariés, près de 2 millions de chômeurs et 4 millions d’indépendants (Eurostat)
L’activité à temps partiel représente près de 40% de l’emploi salarié :
Source : Agence pour l’emploi, décembre 2016.
63%
24%
13% emplois salariés classiques à
temps plein
emplois salariés classiques à temps partiel
mini-jobs exercés en activité principale
Près de la moitié des femmes salariées en 2015 travaillent à temps partiel (y compris mini- jobs), et ce dans tous les secteurs.
Répartition des « mini-jobeurs » en activité principale par statut d’occupation en 2010
Source : Körner T. (2013), « Wer sind die ausschließlich geringfügig Beschäftigten? Eine Analyse nach sozialer Lebenslage », Destatis.
Temps partiel et mini-jobeuses
Allemagne
4 6 juillet 2017
10%
6%
52%
32% 28%
16%
2%
7%
5%
30%
2%
9%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Enseignement primaire
Enseignement primaire
Enseignement secondaire
Enseignement secondaire
Enseignement supérieur
Enseignement supérieur
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes
Temps plein Temps partiel
% d'emploi total par sexe Source : Eurostat
Emplois à temps plein et à temps partiel (y compris mini-jobs) en 2015 selon le niveau d’éducation
Mini-jobs exercés en activité principale par branche et par sexe en juin 2015
Champ : population active (15-65 ans), proportion en % ; Source : Agence pour l’emploi.
Ensemble Santé et action sociale Education et enseignement Services aux ménages et autres services Services publics Hébergement-restauration Activités financières Commerce, entretien et réparation
Services marchands Information et communication Agriculture, sylviculture, pêche Industrie manufacturière Transport et stockage Industrie minière, énergie, eau Construction
Total (millions)
Femmes Hommes
Quels sont les freins au travail à temps plein de la femme ?
Allemagne
5 6 juillet 2017
La femme elle-même : l’activité à temps partiel demeure majoritairement choisie
Des difficultés parfois culturelles, mais aussi objectives à concilier la vie professionnelle et familiale
Une absence de politique publique incitative, notamment du point de vue fiscal
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Proportion des temps partiels involontaires en Allemagne
hommes femmes population active totale Source : Eurostat; Champ : 15-64 ans
60 62 64 66 68 70 72 74
20 25 30 35 40 45 50
1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015
Part du travail des femmes en France et en Allemagne
Allemagne - Temps partiel France - Temps partiel
Allemagne - Taux d'activité (ech. D.) France métropolitaine - Taux d'activité (ech. D.)
% d'emploi ; Source : Eurostat % de la population 15-64 ans
Le désir des femmes de travailler plus = 1 Million d’ETP
Allemagne
6 6 juillet 2017
Une majorité de femmes aimerait travailler davantage sans pour autant désirer occuper un emploi à temps plein.
E. Spitznagel et S.Wänger (2012) estiment que le potentiel d’emploi supplémentaire pourrait représenter 1 million d’emploi ETP.
Trois quarts des emplois déclarés vacants requièrent une qualification professionnelle et relèvent du secteur des services.
21 17 19 20 18 19
57
66 62 58 62
65 22
17
19 22
20
16
0 200 400 600 800 1000 1200
2010 2011 2012 2013 2014 2015
Emplois vacants selon le niveau de qualification requis
Diplôme universitaires / "Fachhochschule" (école appliquée) Formation professionnelle
Sans qualification professionnelle en milliers ; proportion en %
Source : IAB
0 200 400 600 800 1000 1200
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Adm. Publique Autres services (héb.-rest., loisirs, santé, éducation) Immobilier et Services aux enteprises Services financiers
Information et communication Transport
Commerce Construction
Industrie manufacturière Industrie minière et énergie
Agriculture Ensemble
en milliers ; proportion en % Source : IAB
Evolution des emplois vacants selon le niveau de qualification requis Evolution des emplois vacants par branche
Source : IAB.
Italie
Le Jobs Act : un bilan d’étape
Réformer le marché du travail en Italie : quels objectifs ?
Le Jobs Act, 2 ans après
8 13 juillet 2017
Parmi ces réformes structurelles, celle du marché du travail :
Introduire la flexi-sécurité en Italie en fluidifiant le marché du travail, ce qui implique d’atténuer les freins à la mobilité des salariés (CDI très protecteur du salarié, faible indemnisation du chômage).
Résorber les phénomènes de dualisme sur le marché du travail entre salariés CDI et salariés en contrat précaire.
Réduire certaines fractures caractérisant le marché du travail italien : jeunes / seniors, hommes / femmes, régions du Nord / du Sud.
Un contexte macroéconomique très
défavorable - 4 années de récession : 2008-2009 et 2012-2013 - qui conduit au doublement du taux de chômage italien entre 2007 et 2014 (13% fin 2014).
Volonté de traiter par des réformes
structurelles les handicaps de l’économie italienne qui pénalisent la productivité et la croissance potentielle, et donc l’emploi.
Quelles sont les principales mesures du Jobs Act ?
Des incitations fiscales pour créer un choc d’embauches en CDI en 2015 et 2016
Simplification du maquis des contrats précaires et temporaires
Réforme de l’assurance-chômage : création d’une indemnité universelle de chômage et encadrement de la caisse d’indemnisation du chômage technique.
Mise en place d’une stratégie nationale des politiques actives de l’emploi, avec une agence de coordination et d’évaluation.
9 6 juillet 2017
Le Jobs Act : un ensemble de réformes guidées par l’objectif d’introduire la flexi- sécurité en Italie
Le CDI « à protection croissante » = une réforme du régime de sanction du licenciement injustifié (barème légal d’indemnisation fonction de l’ancienneté du salarié + suppression de la réintégration automatique du salarié) et faculté de rupture négociée du contrat.
Quels résultats, deux ans après ? (1/2)
Une nette tendance à l’amélioration de l’emploi depuis la fin de la
récession de 2012-2013 : 1 million d’emplois détruits entre 2007 et 2013, 600000 emplois créés depuis 2014…
... Avec une évolution des salaires qui reste modérée.
mais une baisse limitée du taux chômage (de 12,8 % fin 2014 à 11,5% fin 2016) en raison de la
hausse de la participation au marché du travail (hausse de 2 points du
taux d’activité entre fin 2014 et fin 2016).
10 6 juillet 2017
21800 22000 22200 22400 22600 22800 23000 23200 23400
Gen-2007 Giu-2007 Nov-2007 Apr-2008 Set-2008 Feb-2009 Lug-2009 Dic-2009 Mag-2010 Ott-2010 Mar-2011 Ago-2011 Gen-2012 Giu-2012 Nov-2012 Apr-2013 Set-2013 Feb-2014 Lug-2014 Dic-2014 Mag-2015 Ott-2015 Mar-2016 Ago-2016 Gen-2017
Italie - nombre d'emplois
(données mensuelles ISTAT désaisonnalisées)
Italie - Évolution indice des salaires horaires
Quels résultats, deux ans après ? (2/2)
Une nette hausse des signatures de CDI en 2015 avec un pic en décembre, reflet des incitations fiscales (+ 934 000
créations de CDI nettes, pour 185 000 emplois créés).
Mais un retour à la normale dès 2016
(+83000 CDI nets, malgré 250 000 emplois créés). Effets d’aubaine ?
Un dualisme du marché du travail toujours marqué : 35% de CDD et contrats atypiques.
Une baisse marquée du chômage des jeunes (-10 points) mais pas de réduction de l’écart H/F ni entre N et S
Un bilan de la flexisécurité prématuré en raison du poids des CDI ancien régime (14 M de contrats pour 23M de personnes à l’emploi)
11 6 juillet 2017
0 50000 100000 150000 200000 250000 300000 350000
janv-14 mars-14 mai-14 juil-14 sept-14 nov-14 janv-15 mars-15 mai-15 juil-15 sept-15 déc-15 févr-16 avr-16 juin-16 aout 2016 oct-16 déc-16 févr-17 avr-17
Signatures de CDI (flux bruts mensuels)
Nouveaux CDI
Et après le Jobs Act ?
12 6 juillet 2017
Deux difficultés sont plus spécialement étudiées et sont l’objet de propositions :
L’emploi des jeunes :
-> idée de créer une incitation fiscale pérenne en faveur de l’embauche en CDI des jeunes de moins de 30 ou 35 ans
La part trop élevée de contrats temporaires et atypiques :
-> réduction à 2 ans au lieu de 3 ans de la durée max des CDD
-> incitations fiscales sur l’investissement en formation des salariés en CDI ?
Un contexte cependant peu propices à de nouvelles réformes à court-terme :
Coût des incitations fiscales pour les finances publiques italiennes
Peu de visibilité politique à court-moyen terme
L’acceptabilité des plans sociaux en
Suède
1/ Les partenaires sociaux sont au cœur du fonctionnement du marché du travail
Les acteurs sont d’accord sur certains principes fondamentaux (cf Accords de Saltsjöbaden 1938)
L’Etat joue un rôle subsidiaire (les négociations collectives peuvent déroger à la loi, sauf pour certaines mesures)
Le dialogue social est non conflictuel et tourné vers la préservation de la compétitivité des entreprises
Le principe du licenciement pour motif économique n’est jamais contesté, mais les modalités sont négociées
Les partenaires sociaux sont puissants
Taux de syndicalisation élevé (70%) quoiqu’en régression dans certains secteurs à la suite des réformes des régimes de chômage, et chez les jeunes Rôle actif des syndicats dans la vie politique (cf PM actuel S.Löfven)
Le fonctionnement des négociations
Les branches jouent un rôle déterminant
La priorité est accordée au secteur exportateur (depuis 1997)
Le principe d’un accord triennal sur les hausses de salaires
L’acceptabilité des plans sociaux en Suède
14 6 juillet 2017
2/ La stratégie suédoise pour le marché du travail – Inciter à l’activité
La Suède a le taux d’activité global et le taux d’activité féminine le plus élevé de l’UE, et le 2ème pour les seniors (encore + marqué pour les + 65 ans)
Les incitations
Politique familiale : congé parental 18 mois, accès des enfants aux crèches de 1 an à 6 ans (coût réduit)
Incitation à l’emploi des seniors et des jeunes (réduction des cotisations sociales)
Cumul possible d’une retraite et d’un emploi (différences avec FR s’agissant des notions de taux plein / d’âge légal)
L’acceptabilité des plans sociaux en Suède
15 6 juillet 2017
20%
40%
60%
80% Total Femmes Plus de 50 ans
Source : Eurostat
2/ La stratégie suédoise pour le marché du travail – Accroître le niveau de qualification (1)
« Transfert » de 10 points en 20 ans du niveau d’études, du moins qualifié vers le supérieur
Inférieur ou égal au premier cycle de l’enseignement secondaire: 15,7% (UE- 15 : 26,1 %) contre 25,9% en 1995 ;
Enseignement supérieur : 39,8% (UE-15 : 31,5%) contre 27,7% en 1995
Titre de la présentation
16 6 juillet 2017
2/ La stratégie suédoise pour le marché du travail – Accroître le niveau de qualification (2)
La priorité accordée à l’éducation
Pour le primaire/ secondaire: les inquiétudes sur le classement PISA
Pour le supérieur: le système incitatif du « Studentbidrag »
La Suède a le taux de recours le plus élevé à la formation professionnelle
Plus de deux tiers des Suédois de 25 à 64 ans (72% en 2011) suivent au minimum une formation au cours de l’année
Titre de la présentation
17 6 juillet 2017
0%5%
10%15%
20%25%
30%35%
40%
Total Femmes
Source : Eurostat
2/ La stratégie suédoise pour le marché du travail – Réduire la place des emplois non qualifiés
Le taux d’emplois non qualifiés (ISCO-08) est l’un des + bas
La Suède a le niveau d’emploi intensif en savoir le + élevé de l’UE
L’acceptabilité des plans sociaux en Suède
18 6 juillet 2017
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
Industrie Services
Source : Eurostat
3/ La gestion du chômage: un système peu généreux mais un accompagnement personnalisé (1) – les CSE
Un taux de remplacement peu généreux
Un système à trois étages ; des taux de remplacement élevés mais sur courte période ; des taux plus faibles ensuite (durée: 300 jours en SE ; 2 ans au DK)
Un accompagnement personnalisé
Le rôle déterminant des Conseils de sécurité de l’emploi (partenaires sociaux)
L’acceptabilité des plans sociaux en Suède
19 6 juillet 2017
Conclusions : qu’en retenir ?
Attention aux slogans / différences entre pays nordiques
Des convergences, mais aussi des stratégies différentes en réponse au licenciement : flexisécurité au DK, formation/accompagnement en SE, indemnités en FI
Tendance à l’activation et au renforcement de la flexibilité (DK, SE)
Importance des conditions initiales et des choix collectifs
Force du contrat social /dialogue social - Rôle central des partenaires sociaux
Approche positive du risque / du changement
Fonctionnement nordique du marché du travail (depuis 1954 ; 5.000 pers./mois changent de pays ; 70,000 transfrontaliers)
Forte mobilité professionnelle / capacités de reconversion. Pas de « protection » de l’individu, plutôt lui donner le maximum de chances
Défis
Intégration des non qualifiés et des arrivants (19% de chômage pour les non qualifiés et les travailleurs d’origine extra-européenne)
Services à la personne (coût élevé / demande en croissance)
L’acceptabilité des plans sociaux en Suède
20 6 juillet 2017
0,0%
0,5%
1,0%
1,5%
2,0%
2,5%
3,0% Politiques du marché du travail : dépenses d'activation vs dépenses de soutien (en % du PIB)
Activation Soutien
Source : Eurostat, Commission ezuropéenne (DG Emploi)