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Contrôle avec gel d'agarose de la fixation de l'ADN endommagé sur les billes magnétiques. 231 Chromatogrammes et spectres typiques obtenus lors de la quantification des lésions de l'ADN par HPLC-. Enfin, nous discuterons de l'utilisation des deux microsystèmes susmentionnés ainsi que d'autres approches disponibles dans notre laboratoire pour mener une étude pilote axée sur le rôle de la protéine DNA Damage-binding Protein 2 (DDB2) dans le traitement des lésions déformant l'ADN ( photoproduits et adduits de platine).

L ES AGENTS ANTICANCÉREUX DÉRIVÉS DU PLATINE

Généralités sur les principaux dérivés du platine

Le cisplatine, complexe coordonné du platine historique

Il est également fréquemment utilisé (avec moins de succès) contre le cancer des bronches à petites cellules, ORL, des ovaires et de la vessie (Kartalou & Essigmann, 2001b ; Rabik & Dolan, 2007). Pour le cancer ORL, le cisplatine est utilisé en association avec le 5-fluorouracile (5-FU, antimétabolite analogue de l'uracile qui interfère avec la synthèse de l'ADN et de l'ARN) dans le cadre de traitements néoadjuvants visant à préserver la fonction des organes affectés comme le larynx, le pharynx et langue.

Figure  1 :  La  molécule  de  cisplatine,  composée  d’un  noyau  métallique  de  platine  (bleu), ainsi que de deux ligands chlore labiles par aquation (rouge) et deux ligands  amine transporteurs (vert) en configuration cis.
Figure 1 : La molécule de cisplatine, composée d’un noyau métallique de platine (bleu), ainsi que de deux ligands chlore labiles par aquation (rouge) et deux ligands amine transporteurs (vert) en configuration cis.

Autres exemples de dérivés du cisplatine

Cependant, leur faible solubilité dans l’eau a conduit à des améliorations sur ce point précis, conduisant à l’oxaliplatine (Stordal et al., 2007). Pour les mêmes raisons, la molécule réagit peu avec les protéines plasmatiques, ce qui contribue à augmenter sa biodisponibilité (Bell et al., 2008).

Figure 5 : Structure de l’oxaliplatine.
Figure 5 : Structure de l’oxaliplatine.

Stratégies originales faisant appel à des dérivés du platine

L'activité de plusieurs isozymes de la GST est efficacement inhibée après exposition des cellules tumorales pulmonaires à l'étacraplatine, confirmant l'intérêt d'une telle molécule. Après stockage dans la particule (Figure 9), le cisplatine peut être spécifiquement délivré dans les cellules exprimant le récepteur des facteurs de croissance épidermiques humains 2 (HER2) reconnu par l'anticorps, et initier une cytotoxicité supérieure à celle du cisplatine (Cheng et al., 2009). .

Figure  8 :  L’utilisation  d’un  complexe  œstradiol-platine  (IV)  permet  de  cibler  préférentiellement  des  cellules  tumorales  mammaires  surexprimant  des  récepteurs  aux œstrogènes (adapté de Barnes et al., 2004)
Figure 8 : L’utilisation d’un complexe œstradiol-platine (IV) permet de cibler préférentiellement des cellules tumorales mammaires surexprimant des récepteurs aux œstrogènes (adapté de Barnes et al., 2004)

Données pharmacologiques sur les dérivés du platine

  • Données pharmacocinétiques
  • Pénétration à l’intérieur de la cellule
  • Activation intra-cytoplasmique
  • Formation d’adduits sur l’ADN génomique
  • Proportions des différentes lésions de l’ADN
  • Répercussions des lésions sur la structure de l’ADN
  • Cytotoxicité des différents types de lésions

Sept ans après la mise sur le marché de la molécule, différentes formes d'adduits du cisplatine sur l'ADN ont été identifiées (Fichtinger-Schepman et al., 1985). Des données déjà anciennes parlent d'un plus grand pouvoir mutagène de la lésion 1,2-d(ApG) par rapport à la lésion 1,2-d(GpG) (Burnouf et al., 1990).

Figure  10 :  Mécanisme  envisagé  pour  le  transport  actif  du  cisplatine  à  travers  la  membrane  plasmique  via  le  transporteur  du  cuivre  CTR1  et  un  phénomène  de  transchélation (adapté de Holzer et al., 2006).
Figure 10 : Mécanisme envisagé pour le transport actif du cisplatine à travers la membrane plasmique via le transporteur du cuivre CTR1 et un phénomène de transchélation (adapté de Holzer et al., 2006).

Conséquences biologiques de la présence d’adduits du platine sur l’ADN

Conséquences directes

Enfin, l'inhibition de la transcription peut entraîner une augmentation de la rigidité des nucléosomes suite à la formation d'adduits du platine sur l'ADN. La présence de lésions sur l'ADN inhibe l'activité de la protéine CDK, entraînant

Figure  13 :  Trois  mécanismes  participant  à  l’inhibition  de  la  transcription  par  les  adduits  du  platine :  (A)  le  blocage  physique  de  l’ARN  polymérase  II  lors  de  la  transcription ;  (B) le  détournement  de  facteurs  de  transcript
Figure 13 : Trois mécanismes participant à l’inhibition de la transcription par les adduits du platine : (A) le blocage physique de l’ARN polymérase II lors de la transcription ; (B) le détournement de facteurs de transcript

Réparation des lésions

La présence d'un mésappariement en face de l'adduit (introduit par synthèse translésionnelle) amplifie la déformation de la double hélice et augmente l'efficacité de la réparation par le système NER (Moggs et al., 1997). L’un des mécanismes modulateurs de la réparation des adduits de platine est l’effet protecteur des lésions (repair blinding) par certains facteurs, notamment les protéines HMG box (high Mobility Box).

Figure  14 :  Les  étapes  principales  des  deux  voies  de  la  réparation  par  excision  de  nucléotides
Figure 14 : Les étapes principales des deux voies de la réparation par excision de nucléotides

Induction de l’apoptose

Les modifications post-traductionnelles des histones (épigénétiques) affectent cette accessibilité et donc aussi le fonctionnement de la voie NER (Jung & Lippard, 2007). Nous verrons que les voies menant à l’induction de l’apoptose n’impliquent pas toujours des dommages à l’ADN, mais aussi une modification directe des mitochondries par des dérivés du platine.

Figure  16 :  La  complexité  des  voies  biochimiques  d’enclenchement  de  l’apoptose  suite  à  la  détection  de  dommages  induits  par  le  cisplatine  sur  l’ADN  (adapté  de  Siddik, 2003).
Figure 16 : La complexité des voies biochimiques d’enclenchement de l’apoptose suite à la détection de dommages induits par le cisplatine sur l’ADN (adapté de Siddik, 2003).

Bases moléculaires de la résistance aux dérivés du platine

Mécanismes empêchant les dérivés du platine d’atteindre l’ADN

Le mécanisme exact d’entrée du cisplatine dans la cellule n’a pas encore été clairement élucidé, comme nous l’avons vu lors de la description de cette étape. L’existence d’autres rôles du glutathion dans la médiation de la toxicité du platine doit être envisagée.

Mécanismes intervenant après la formation des lésions

La contribution de la voie NER à la résistance au cisplatine est modeste (Siddik, 2003), mais peut néanmoins être suffisante pour provoquer l'échec du traitement chimiothérapeutique (Aebi et al., 1996). L'acquisition de capacités de résistance par les cellules tumorales ovariennes et colorectales pourrait être attribuée à la perte de MMR, et notamment de MLH1 (Aebi et al., 1996).

Figure  17 :  Les  mécanismes  moléculaires  majeurs  associés  à  la  résistance  aux  dérivés du platine, de leur entrée dans la cellule jusqu’à l’enclenchement de la mort  cellulaire.
Figure 17 : Les mécanismes moléculaires majeurs associés à la résistance aux dérivés du platine, de leur entrée dans la cellule jusqu’à l’enclenchement de la mort cellulaire.

I NTERACTION DES ADDUITS PLATINÉS AVEC DES PARTENAIRES PROTÉIQUES

Interaction avec les protéines de réparation

  • Interactions avec les protéines de la voie NER
  • Interactions avec les protéines de la voie MMR
  • Interaction avec les protéines de réparation des cassures simple-brin
  • Interactions avec les protéines de la réparation des cassures double-brin

Les bases flanquantes de la lésion semblent n'avoir aucune influence sur la capacité de reconnaissance de DDB2 (Scrima et al., 2008). De plus, l'expression de DDB2 est maximisée pendant la transition G1/S, ce qui est cohérent avec un mécanisme de contrôle de l'ADN génomique avant sa réplication (Nag et al., 2001).

Figure  18  :  Structure  du  complexe  UV-DDB  fixé  sur  une  lésion  de  type  (6-4)-PP
Figure 18 : Structure du complexe UV-DDB fixé sur une lésion de type (6-4)-PP

Autres acteurs de la reconnaissance des lésions platinées

  • Le facteur de transcription p53
  • Protéines à boîtes HMG
  • Histone H1
  • TBP
  • YB-1
  • M ÉTHODES D ’ ÉTUDE DES INTERACTIONS ENTRE ADN LÉSÉ ET PROTÉINES

XPC-HR23B Cisplatine, carboplatine, oxaliplatine, satraplatine Reconnaissance des lésions déformant l'ADN (Sugasawa et al., 1998). RPA Cisplatine Protection du fragment simple brin pendant la NER (Clugston et al., 1992).

Figure 19 : Modes de liaison des domaines HMG A et B de la protéine HMGB1 sur  l’ADN déformé par un adduit 1,2-intrabrin GpG du cisplatine (He et al., 2000b).
Figure 19 : Modes de liaison des domaines HMG A et B de la protéine HMGB1 sur l’ADN déformé par un adduit 1,2-intrabrin GpG du cisplatine (He et al., 2000b).

Caractérisation d’une interaction simple : une protéine/une lésion

Retard sur gel (EMSA)

La confirmation de l'interaction peut être obtenue, par exemple, en ajoutant un concurrent spécifique qui annulera l'interaction. Enfin, l'introduction d'un concurrent spécifique non radiomarqué (piste 4) permet de supprimer partiellement l'interaction (barre rouge clair).

Figure  21 :  Schématisation  d’une  expérience  d’EMSA.  L’oligonucléotide  (ODN)  radiomarqué portant la lésion (en bleu) est mis en contact avec une protéine (en vert)
Figure 21 : Schématisation d’une expérience d’EMSA. L’oligonucléotide (ODN) radiomarqué portant la lésion (en bleu) est mis en contact avec une protéine (en vert)

Autres techniques faisant appel à de l’ADN en phase homogène

Cela a par exemple permis de confirmer le mode de liaison du domaine HMG A de la protéine HMGB1 à la majorité des adduits cisplatine (Ohndorf et al., 1999). A titre d'illustration, la liaison de la protéine bactérienne MutS (analogue bactérien de hMutα) à divers dommages à l'ADN a été étudiée à l'aide d'une technique de fluorescence induite par transfert d'énergie (Lopez-Crapez et al., 2008).

Figure  23 :  Détection  de  la  fixation  de  MutS  sur  une  lésion  par  émission  de  fluorescence  grâce  au  transfert  d’énergie  par  résonance  (RET ;  adapté  de   Lopez-Crapez et al., 2008)
Figure 23 : Détection de la fixation de MutS sur une lésion par émission de fluorescence grâce au transfert d’énergie par résonance (RET ; adapté de Lopez-Crapez et al., 2008)

Techniques faisant appel à de l’ADN immobilisé (analyses en phase hétérogène)

C'est le minimum de la courbe de réflectivité représentée en fonction de l'angle d'incidence du rayonnement (figure 24). La première est la visualisation en temps réel sur un écran de l’ensemble de la surface de travail.

Figure  24 :  L’angle  de  résonance  des  plasmons  de  surface  définit  le  minimum  de  la  courbe de réflectivité, lorsque toute la lumière est absorbée par la couche de métal et  convertie en ondes plasmons (adapté d’un document commercial GenOptics)
Figure 24 : L’angle de résonance des plasmons de surface définit le minimum de la courbe de réflectivité, lorsque toute la lumière est absorbée par la couche de métal et convertie en ondes plasmons (adapté d’un document commercial GenOptics)

Identification d’un interactome

  • Ligand fishing : principe et exemples
  • Ligand fishing : améliorations récentes
  • Puces à protéines
  • M ATÉRIEL & M ÉTHODES

Cependant, une certaine surreprésentation des protéines impliquées dans la réplication et la réparation de l'ADN (AGT, XRCC1, PARP-1, Ku70/80, Ref-1) a été notée, démontrant l'efficacité du piège. Seules quelques études de ce type ont encore été réalisées en ce qui concerne les dommages à l'ADN.

Figure  29 :  Analogue  photoréactif  du  cisplatine  contenant  un  groupement  benzophénone (Guggenheim et al., 2009)
Figure 29 : Analogue photoréactif du cisplatine contenant un groupement benzophénone (Guggenheim et al., 2009)

Construction et utilisation du système de ligand fishing

Principe général

Contrairement aux systèmes que nous avons décrits lors de l'analyse bibliographique, notre piège est composé d'ADN plasmidique. La partie responsable de l'activité exonucléase 5' → 3' est éliminée par traitement avec la sérine protéase subtilisine, ce qui donne une polymérase fonctionnelle qui est le fragment de Klenow.

Figure 32 : Linéarisation du plasmide pBlueScript II SK (-) et insertion d’un ATP  biotinylé à l’un de ses extrémités.
Figure 32 : Linéarisation du plasmide pBlueScript II SK (-) et insertion d’un ATP biotinylé à l’un de ses extrémités.

Protocoles détaillés

Les premiers tests de platination de l'ADN impliquaient l'exposition des plasmides après fixation sur billes magnétiques à une concentration de 33 µM de cisplatine (poudre lyophilisée diluée à 15 mg/ml dans du DMSO, Sigma) pendant 2 h à 37 °C à l'abri de la lumière et sous agitation vigoureuse ( 1 100 tr/min). Un contrôle de la fixation efficace de l'ADN est réalisé en déposant les différentes solutions d'incubation et de rinçage sur un gel d'agarose.

Tableau  5 :  Composition  des  différents  tampons  d’interaction  évalués  par  la  méthode de ligand fishing (concentrations finales)
Tableau 5 : Composition des différents tampons d’interaction évalués par la méthode de ligand fishing (concentrations finales)

Analyse des protéines

Coloration au nitrate d’argent

La préparation des échantillons destinés aux analyses protéomiques a suivi un protocole similaire, avec les variantes suivantes : l'échantillon représentatif de chaque condition est constitué de la combinaison de trois échantillons identiques préparés simultanément selon la méthode décrite ci-dessus pour augmenter la quantité de protéine ; l'élution par tampon dénaturant est réalisée à l'aide d'un tampon de type Laemmli (concentrations finales : Tris-HCl 25 mM pH 6,8 2% dodécylsulfate de sodium 4% glycérol 5% β-mercaptoéthanol 0,0008% bleu de bromophénol) préparé au Laboratoire d'Etude du Protéome Dynamique (LEDyP); L'élution par une nucléase suit le même protocole que décrit précédemment, les protéines étant finalement dénaturées à l'aide du tampon de type Laemmli préparé avec LEDyP.

Immunodétection (Western blotting)

La membrane est ensuite bloquée dans une solution de lait lyophilisé 0,5% TBS 0,5% Tween-20 5% pendant 1 heure et l'incubation avec l'anticorps primaire dilué dans la même solution est réalisée pendant une nuit à 4°C sous agitation douce. Tween-20, puis incubation avec l'anticorps secondaire couplé à la peroxydase de raifort est réalisée dans la même solution pendant 1 heure.

Tableau 6 : Références et dilutions de travail des anticorps utilisés.
Tableau 6 : Références et dilutions de travail des anticorps utilisés.

Protéomique

Protocole d'analyse des échantillons de protéines – Les échantillons sont concentrés par SDS-PAGE en bandelette de 2 mm (stack migration) sur gels NuPAGE préfabriqués (Invitrogen) par migration (durée < 2 minutes) à 200 V dans un MES 50 mM 50 mM Tris 0 tampon, 1 % SDS 1 mM EDTA. Les protéines sont ensuite fixées par un bain de 30 minutes dans un tampon acide (acide acétique 7,5%, EtOH 30%) et colorées par un bain de 30 minutes dans une solution de bleu de Coomassie (Bio-Rad).

Figure  34 :  Les  grandes  étapes  de  l’analyse  protéomique  des  échantillons  obtenus  après piègeage des protéines par les sondes plasmidiques lésées
Figure 34 : Les grandes étapes de l’analyse protéomique des échantillons obtenus après piègeage des protéines par les sondes plasmidiques lésées

Quantification des lésions de l’ADN

Protocole détaillé

Il s’agit généralement d’un des pics minoritaires indiquant une efficacité de réaction inférieure à celle du produit d’addition 1,2-d(GpG). Les transitions recherchées (description de la masse et des fragments) lors de l’analyse par spectrométrie de masse sont répertoriées dans le tableau 9.

Tableau 7 : Gradient utilisé pour la purification des standards de lésions platinées.
Tableau 7 : Gradient utilisé pour la purification des standards de lésions platinées.

R ÉSULTATS

Optimisations du système de ligand fishing

  • Préparation des sondes plasmidiques
  • Tests de capture de protéines choisies
  • Évaluation de deux méthodes de relargage des protéines piégées
  • Test préliminaire utilisant le mode de relargage total des protéines

Nous avons conclu que cela n’est pas dû à l’action directe du platine sur les billes, mais plutôt à l’ADN lui-même endommagé. Pour cela, deux endonucléases ont été évaluées sur le piège nu, c'est-à-dire l'ADN endommagé fixé sur les billes magnétiques (sans protéine capturée) : la nucléase P1 et la DNase I.

Figure 40 : Structure de l’adduit DMSO sur la molécule de cisplatine (adapté de  Fischer et al., 2008).
Figure 40 : Structure de l’adduit DMSO sur la molécule de cisplatine (adapté de Fischer et al., 2008).

Détermination de l’interactome des lésions platinées

D ISCUSSION

Malgré les efforts déployés depuis une quarantaine d’années, de nombreuses zones d’ombre subsistent quant aux conséquences biologiques des dommages à l’ADN provoqués par les dérivés du platine. Depuis un peu plus de 10 ans, plusieurs approches de pêche aux ligands ont été mises en œuvre dans le but d'identifier des protéines qui interagissent avec des lésions de l'ADN, chacune reproduisant des résultats antérieurs et/ou donnant naissance à de nouveaux candidats.

Considérations sur le protocole de piégeage des protéines

  • Structure de la sonde et nature des lésions
  • Exhaustivité de la liste de protéines identifiées
  • Limitation des protéines non pertinentes
  • Aspect quantitatif
  • Bilan

Cela peut aussi (dans une moindre mesure) être une conséquence de l’utilisation d’une sonde plasmidique. La sonde photoactivable n'est donc pas totalement représentative de l'ADN cellulaire endommagé par le cisplatine.

L’interactome des lésions platinées : protéines connues et candidats originaux

Membres de l’interactome déjà connus

L'absence d'ADN ligase III sur nos sondes cisplatine semble cohérente avec cette observation, qui montrerait le problème de représentativité de ces sondes photoactivables. Pour prendre une décision définitive, il serait donc intéressant de confirmer la capacité exacte de reconnaissance du complexe PARP-1/XRCC1/ADN ligase III.

Nouveaux membres de l’interactome

Une surexpression de la protéine a été observée dans certaines lignées tumorales (Ourliac-Garnier et al., 2009). ARF6 (ADP-ribosylation factor 6) est une GTPase qui participe à la mobilité cellulaire (recyclage endosomal de la E-cadhérine, élément des jonctions adhérentes), ainsi qu'à la régulation de la division (interaction avec le cytosquelette), notamment entre les cellules.

Figure  50 :  Les  structures  et  sites  d’interaction  de  TOX4  et  PNUTS,  membres  du  complexe PTW/PP (adapté de Lee et al., 2009)
Figure 50 : Les structures et sites d’interaction de TOX4 et PNUTS, membres du complexe PTW/PP (adapté de Lee et al., 2009)

M ATÉRIEL ET M ÉTHODES

Description générale du dispositif

La biopuce SPRi

Le plan de dépôt A (5 x 5) a été utilisé pour déterminer les conditions expérimentales les plus favorables à la construction de biopuces puis aux études d'interactions protéiques. Toutes ces sondes ont été appliquées sur la puce à une concentration unique dans la solution d'application (10 µM), paramètre affectant la densité de greffage.

Figure  53 :  Assemblage  de  la  séquence  [sonde-cible  lésée]  à  la  surface  du  prisme  SPRi
Figure 53 : Assemblage de la séquence [sonde-cible lésée] à la surface du prisme SPRi

Dispositif expérimental

Une microstructuration de la surface peut alors être réalisée pour définir la zone de travail. Les signaux sont enregistrés et convertis pour produire des sensorgrammes représentatifs des événements se produisant à la surface de la biopuce (adapté de Scarano et al., 2010).

Figure  55 :  Représentation  schématique  du  système  mis  au  point  au  sein  du  laboratoire CREAB (adapté de Corne et al., 2008)
Figure 55 : Représentation schématique du système mis au point au sein du laboratoire CREAB (adapté de Corne et al., 2008)

Protocoles détaillés

  • Prismes
  • Synthèse des séquences sondes et cibles
  • Platination des cibles
  • Dépôt des sondes sur le prisme par électropolymérisation
  • Analyse SPRi
  • Régénération totale de la biopuce

A la fin de la phase de dépôt, le prisme est rincé à l'eau, séché à l'argon et stocké à 4°C sous atmosphère d'argon. Les groupes de protéines commerciales ont des concentrations différentes (270nM - 5µM), ce qui implique une dilution de la protéine lors de la préparation de l'échantillon à injecter.

Tableau 15 : Séquences utilisées lors de la construction de la biopuce SPRi.
Tableau 15 : Séquences utilisées lors de la construction de la biopuce SPRi.

Optimisation des paramètres expérimentaux

Favoriser l’hybridation des sondes

Cette fonctionnalité fait de TOX4 au sein du complexe PTW/PP l'élément potentiellement responsable de l'interaction avec les adduits. La figure 61 montre un exemple typique de signaux enregistrés lors de l'hybridation de cible sur le premier modèle de prisme avec ces conditions optimisées.

Analyse de l’interaction sondes/protéine

Comme la sonde cisplatine, la sonde simple brin présente une dissociation régulière conduisant à une perte d'1/3 du signal d'association. Cela pourrait impliquer que la dissociation observée était en réalité causée par une perte de protéines affectant les parties intactes de la sonde portant l'adduit.

Figure 62 : HMGB1 possède une affinité variable selon les sondes. (A) La protéine  (20nM) interagit plus spécifiquement avec les adduits 1,2-d(GpG) du cisplatine et de  l’oxaliplatine,  mais  la  dissociation  est  plus  marquée  pour  l’oxaliplatine
Figure 62 : HMGB1 possède une affinité variable selon les sondes. (A) La protéine (20nM) interagit plus spécifiquement avec les adduits 1,2-d(GpG) du cisplatine et de l’oxaliplatine, mais la dissociation est plus marquée pour l’oxaliplatine

Vérification de l’interaction d’HMGB1 avec les trois types d’adduits

Ensuite, différentes concentrations de la protéine HMGB1 ont été injectées séquentiellement sur la biopuce : 5 nM, 10 nM, 25 nM, 50 nM, puis à nouveau 10 nM pour assurer la reproductibilité des signaux en fin d'expérience. Grâce à la concentration en HMGB1 de 25 nM, nous avons réussi à atteindre le plateau de saturation pour toutes les sondes.

Figure  63 :  Conversion  en  image  des  signaux  d’hybridation  des  constructions  oligonucléotidiques  cibles :  (A)  [ODN  non  lésé-Zip6C] ;  (B)  [ODN   cisplatine-Zip7C] ; (C) [ODN oxaliplatine-Zip9C] ; (D) [ODN JM118-cisplatine-Zip7C]
Figure 63 : Conversion en image des signaux d’hybridation des constructions oligonucléotidiques cibles : (A) [ODN non lésé-Zip6C] ; (B) [ODN cisplatine-Zip7C] ; (C) [ODN oxaliplatine-Zip9C] ; (D) [ODN JM118-cisplatine-Zip7C]

Évaluation des capacités de fixation de TOX4 sur les adduits platinés

Pour HMGB1, des signaux d'interaction très forts ont été enregistrés pour les sondes cisplatine (3,3 %) et JM118 (3,2 %). Le changement de réflectance observé pour les sondes oxaliplatine est le plus faible (2,7%), suivi de celui mesuré pour les sondes ODN intactes (2,4%).

Figure 65 : Hybridation séquentielle des cibles/sondes sur la troisième version de la  biopuce  supportant  la  fixation  d’adduits  cisplatine,  oxaliplatine  et  JM118
Figure 65 : Hybridation séquentielle des cibles/sondes sur la troisième version de la biopuce supportant la fixation d’adduits cisplatine, oxaliplatine et JM118

Remarques générales sur la technique

Reproductibilité des interactions

L'hybridation des cibles sur les sondes greffées dépend de l'accessibilité de ces séquences, et est probablement réduite par l'existence de structures secondaires. De plus, réaliser l'étape d'hybridation à une température élevée (mais évidemment inférieure à la température de fusion des oligonucléotides) permet de favoriser la spécificité de l'ensemble sonde/cible et d'éviter les hybridations croisées.

Détermination des paramètres cinétiques de l’interaction

Les appareils commerciaux actuellement disponibles ne disposent pas de système de contrôle de la température. De ce fait, la concentration en protéines n’est pas égale après passage de la solution sur les sondes amont, ce qui altère l’interaction avec les sondes aval.

Utilisation de protéines recombinantes

Cependant, l'augmentation du débit a été obtenue lors de la dissociation des deux protéines, et en aucun cas nous n'avons observé de rupture de pente, caractéristique du phénomène de réassociation. En ce qui concerne la sélection de la protéine candidate, la sélection d’une protéine bloquante appropriée peut également s’avérer difficile.

Remarques générales sur les interactions observées

Affinité d’HMGB1 pour les sondes platinées

Les différences de déformation de la structure de l'ADN selon les adduits dues à l'encombrement stérique apporté par les fragments transporteurs oxaliplatine et cisplatine sont certainement responsables de cette affinité variable. Cependant, si une certaine affinité de la protéine (lot identique) pour la sonde simple brin a toujours été observée lors des expériences ultérieures (signaux supérieurs à ceux enregistrés pour les parcelles pyrrole), cette interaction ne s'est jamais révélée supérieure à celle observée pour le double brin. -sonde toronnée non endommagée par la suite.

Figure 67 : L’affinité différentielle de HMGB1 pour l’adduit 1,-2d(GpG) généré par  le cisplatine, l’oxaliplatine et le satraplatine
Figure 67 : L’affinité différentielle de HMGB1 pour l’adduit 1,-2d(GpG) généré par le cisplatine, l’oxaliplatine et le satraplatine

Affinité de TOX4 pour les sondes platinées

Dans la troisième partie, nous avons voulu appliquer ces méthodes à un autre problème : la protéine DDB2 et son rôle en tant que membre de l'interaction avec les dommages à l'ADN. ÉTUDE DE LA PROTÉINE DDB2 EN TANT QUE MEMBRE DES INTERACTOMES ADDUITS CIPLATIN.

M ATÉRIEL ET MÉTHODES

Principe général et stratégie expérimentale

Cultures des lignées et tests de cytotoxicité

Lignées cellulaires

Le milieu est changé tous les trois jours et un passage hebdomadaire est réalisé en détachant les cellules à l'aide d'une solution de PBS 0,05% trypsine 10µM EDTA (Gibco Invitrogen) et en réensemençant à 20 000 cellules/ml (volumes utilisés : 5ml par boîte de 25cm² ; 15ml pour un Boite de 75 cm² ; 35 ml pour une boite de 175 cm²). Le comptage est effectué manuellement en colorant les cellules avec une solution de bleu trypan (Sigma) puis en les plaçant dans une cellule de comptage en verre Kova (Hycor Agilent Technologies).

Test de viabilité MTT

Après avoir retiré le PBS, 1,7 ml du milieu de culture d'origine sont replacés dans chaque boîte et les cellules sont incubées dans des conditions normales pendant 24 heures. Pour ce faire, 20 µl de réactif MTT sont ajoutés dans le puits et les cellules sont incubées pendant 2 heures.

Ligand fishing et protéomique

  • Démarche expérimentale
  • Exposition des lignées cellulaires au cisplatine
  • Extraction des protéines nucléaires
  • Préparation des sondes plasmidiques UV
  • Capture et analyse des protéines

L'introduction de lésions photoinduites s'effectue par simple exposition de la solution d'ADN aux rayons UV. La vérification de l'efficacité de la fixation de l'ADN est à nouveau effectuée sur un gel d'agarose dont un exemple typique est visible dans la section.

Figure 70 : La démarche expérimentale suivie pour l’établissement de l’interactome  des  lésions  UV  et  cisplatine  à  partir  des  cellules  MDA  MD  231
Figure 70 : La démarche expérimentale suivie pour l’établissement de l’interactome des lésions UV et cisplatine à partir des cellules MDA MD 231

SPRi

Mesure des capacités de réparation après un stress génotoxique

  • Exposition des cellules au rayonnement UVB
  • Extraction de l’ADN cellulaire
  • Quantification des lésions UV
  • Traitement au cisplatine

Le protocole de digestion de l'ADN est identique à celui déjà décrit pour la quantification des adduits de platine dans les plasmides sondes. La quantification des lésions a été réalisée de la même manière que pour les adduits de platine dans l'ADN plasmidique.

Tableau  19 :  Nombre  de  bp60  nécessaires  pour  chaque  condition  lors  du  test  de  réparation de lésions UV-induites
Tableau 19 : Nombre de bp60 nécessaires pour chaque condition lors du test de réparation de lésions UV-induites

Mesure de l’expression de gènes

  • Culture des cellules
  • Extraction de l’ARN total
  • Rétrotranscription
  • PCR quantitative

La transcription inverse de l'ARN total en ADNc est réalisée à l'aide du kit SuperScript II Reverse Transcriptase (Invitrogen). La validation du gène domestique le plus adapté parmi les quatre disponibles est réalisée à l'aide de la matrice Excel BestKeeper© version 1.0 (Pfaffl et al., 2004).

Tableau  22 :  Séquence  des  amorces  utilisées  pour  les  expériences  de  PCR  quantitative.
Tableau 22 : Séquence des amorces utilisées pour les expériences de PCR quantitative.

Vérification de l’expression de DDB2 et sensibilité des lignées aux trois dérivés du platine

Détermination préalable de la sensibilité des lignées au trois dérivés du platine

Mise au point des sondes plasmidiques UV

Évaluation préalable par immunodétection de l’interaction de DDB2 avec les sondes plasmidiques

Interactome des adduits du cisplatine

Interactome des photoproduits UV

Vérification par SPRi de l’affinité de DDB2 pour les lésions des dérivés du platine

Évaluation des capacités de réparation des adduits de l’ADN selon le statut DDB2

Détermination de la dose d’exposition aux UV par test de cytotoxicité

Mesure de la cinétique de réparation des adduits

Réparation des photoproduits UVB

Réparation des adduits majoritaires du cisplatine

Suivi de l’expression de DDB2 au cours du temps

Tests de ligand fishing effectués à partir des extraits MDA MB 231

Interactome des lésions du cisplatine

Interactome des lésions engendrées par le rayonnement UV

Cinétique de réparation des lésions

Réparation des photoproduits

Réparation des pontages générés par le cisplatine

Cinétique d’expression de DDB2 suite aux traitements génotoxiques

Réponse de nos modèles cellulaires aux tests de cytotoxicité

Figures supplémentaires

Liste des communications et publications

Imagem

Figure  2 :  Les  étapes  principales  de  la  synthèse  du  cisplatine  selon  la  méthode  de  Dhara,  utilisant  le  tétrachloroplatinate  de  potassium  (II)  comme  précurseur  (adapté  de Alderden et al., 2006).
Figure  8 :  L’utilisation  d’un  complexe  œstradiol-platine  (IV)  permet  de  cibler  préférentiellement  des  cellules  tumorales  mammaires  surexprimant  des  récepteurs  aux œstrogènes (adapté de Barnes et al., 2004)
Figure 15 : L’enclenchement des voies apoptotiques par le système MMR suite à la  détection d’adduits déformants de l’ADN (adapté de Li, 2008)
Figure  17 :  Les  mécanismes  moléculaires  majeurs  associés  à  la  résistance  aux  dérivés du platine, de leur entrée dans la cellule jusqu’à l’enclenchement de la mort  cellulaire.
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Referências

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Figure 4.7 : Comparaison mesure - modèle des variations de la fréquence de résonance en fonction du carré de la tension normalisée 106 Figure 4.8 : Modélisation de la fréquence