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A diversidade e complementaridade dos transportes

non-équilibre

Une analyse complète des fluctuations au sein des systèmes loin de l’équilibre ther­

modynamique par le formalisme de la mécanique statistique constitue encore un

problème ouvert. Seuls quelques exemples simples ont pu être envisagés [46]. Un for­

malisme probabiliste où l’évolution du système est vue comme un processus stochas­

tique s’avère plus adéquat.

Un processus stochastique est caractérisé par une variable (scalaire ou vec­

torielle) aléatoire dépendant du temps X(t), dont on peut mesurer les valeurs

Xi,X2,X3,... aux temps ti,t2,t3,... . Ces valeurs successives Xj de X sont appelées

événements. Le caractère aléatoire de la variable suggère d’introduire une densité

de probabilité p(x, t) non-négative et normalisée (/p{x,t)dx = 1). A tout instant t

la probabilité que la variable X prenne une valeur située dans l’intervalle [x, x -f dx]

est donnée par p(x, t)dx. Pour tenir compte de l’évolution temporelle du système,

on introduit également un ensemble de densités de probabilité jointes :

p(xi, U; X2, t2‘i ...) (2.13)

Dans le cas où les événements sont indépendants les uns des autres (la valeur de X

au temps t est indépendante de ses valeurs antérieures), la densité de probabilité

jointe se factorise :

p(xi,U;x2,/2) = p(xi,U)p(x2,/2) (2-14)

définit la densité de probabilité conditionnelle comme :

(2.15)

La dépendance en les événements précédents peut être très complexe. Cependant

parmi les processus stochastiques dont les événements ne sont pas indépendants,

il existe une classe importante et relativement simple constituée par les processus

markoviens.

2.3.1 Processus markoviens

Pour les processus de Markov, la distribution de probabilité d’un événement ne

dépend que de la distribution de probabilité de l’événement précédent. Cette hy­

pothèse relève bien souvent d’une approximation, qui s’avère néanmoins valable dans

de nombreuses situations, et qui permet de simplifier sans mesure le formalisme

probabiliste. Dans ce paragraphe, nous décrivons brièvement les propriétés proba­

bilistes de ces processus. La justification physique de l’approximation markovienne

sera discutée dans le paragraphe 2.3.2.

Soit un processus décrit par la densité de probabilité conditionnelle

p(Xi, , X2, f2) •• •) J |yi 5 D ) y2 J ^2) ) (2.16)

où on ordonne le temps selon :

ti > t2> ... > >

Tl > T2 > ... >

Tm (2.17)

On dit que le processus est markovien si la densité de probabilité conditionnelle

(2.16) est égale à ;

p(Xi, f 1, X2, f2 ) 5 |yi 5 D ) (2.18)

Sachant que

(2.19)

on peut alors écrire pour un processus markovien:

p(Xi,fi;X2,f2;-;X„,f„;yi,Ti) = p(Xi,fi|X

2

,f

2

)p(X

2

,f

2

|X

3

,t

3

)

• ■■p(x„,f„|yi,Ti)p(yi,ri) (2.20)

et

p(Xi,fi;X

2

,f

2

;---;X„,f„|yi,Ti) = p(Xi,fi|X2,f2)p(X2,f2|X3,<3)

Le processus markovien est donc entièrement défini par une distribution à un temps

P(yi,7-i) et un ensemble de probabilités conditionnelles p(x„_i, |x„, remplis­

sant le rôle de loi d’évolution.

La relation de consistence

p(xi,ti|x3,<3) = ydX2p(Xi,ti;X2,t2|X3,t3) (2-22)

devient, en vertu de l’hypothèse de Markov :

p(xi,ti|x3,t3) = y dX2p(Xi,ti|x2,t2)p(X2,t2|X3,i3) (2.23)

Cette équation est connue sous le nom à'équation de Chapman-Kolmogorov. Re­

marquons que dans le cas d’une variable discrète l’intégrale sur dx2 est à remplacer

par une somme sur X2.

2.3.2 Equation différentielle de Chapman-Kolmogorov

Comme la forme intégrale 2.23 est peu manipulable en raison de son caractère non-

linéaire, il est intéressant de dériver sa forme différentielle, qui s’avère linéaire. A

cette fin définissons trois grandeurs : la probabilité de transition par unité de temps

I4^(x|z,f), le vecteur de dérive A et la matrice de diffusion B :

W{x\z,t) = + At\z,t) pour |x — z| > e (2.24)

lim ^ / dx{xi - Zi)p{x,t + At\z,t) = A,{z,t) + 0{e) (2.25)

At-*0 Af j\x-z\<e

lim — [ dx{xi — Zi){xj — Zj)p{x,t + At\z,t) = Rq(z, f)-f 0(e) (2.26)

At^O At J\x-z\<t

On peut montrer que pour autant que ces grandeurs soient bien définies, les moments

d’ordre supérieur à deux tendent vers zéro et n’ont donc pas besoin d’être définis.

Dérivant l’équation 2.23 par rapport au temps et développant la probabilité en série

de Taylor, on peut exprimer l’équation différentielle de Chapman-Kolmogorov sous

la forme :

^p(z,f|y,0 = J dx[W{z\x,t)p{x,t\y,t')-W{x\z,t)p(2,t\y,t')]

- J2-^\M^^t)p{z,t\y,t')]

+ (2-27)

Cette équation contient trois termes différents, correspondant chacun à un type

particulier de processus, appelés respectivement le saut, la dérive et la diffusion.

2.3.3 Equation maîtresse

Dans le cas où le vecteur A et la matrice B sont nuis, l’équation 2.27 se ramène

à une équation maîtresse :

^p(z,t\y,t') = J dx[W{z\x,t)p{x,t\y,t') - W{x\z,t)p{z,t\y,t')] (2.28)

Deux termes contribuent à l’évolution de la probabilité p(z, t|y, <'), un terme de gain

correspondant à la transition y ^ z et un terme de perte associé à z —>• x. Pour

une condition initiale déterministe,

p(z,t|y,t) = ù(y-z), (2.29)

l’équation 2.28 peut être résolue au premier ordre en At. La solution prend la forme:

p(z,t + At\y,t) = 8{y - z)[l - j dxW{x\y,t)At] + W{z\y,t)At. (2.30)

Pour tout At il y a une probabilité finie, donnée par le coefficient de ê{y — z) que le

système reste dans l’état y. La distribution des états autres que y vers lesquels le

système peut transiter s’exprime en terme de W{z\y, t). Typiquement cette solution

peut être associée à un processus de saut: les réalisations présentent une sucession

de plateaux entrecoupés de sauts. Notons que dans le cas d’une variable discrète,

l’équation maîtresse se ramène à

— P(n, t|n', t') = [f^(nlm,t)P(m,t|n',t') — W{m\n,t)P{n,t\n',t')] (2.31)

miin

Si la variable discrète est à valeur entière, elle évolue par quantités elles-mêmes

entières. Ce type de variable est particulièrement bien adaptée à la description de

population, au sens large du terme. Lorsque le saut est positif on parle de processus

de üze, lorsqu’il est négatif, on parle de mort, d’où le nom de processus de vie et de

mort.

2.3.4 Equation de Fokker-Planck

Dans le cas où la probabilité de transition par unité de temps Vl^(z|x, t) s’annule,

seuls les termes de dérive et de diffusion subsistent dans l’équation 2.27 :

O

—p(z,t\y,t')= - [A.(z,t)p(z,t|y,t')]

+ (2.32)

Pour une condition initiale déterministe

p{z,t,y,t) = S(z-y), (2.33)

la solution de l’équation 2.32 est une distribution gaussienne dont le maximum dérive

avec une vitesse A(y, f), et qui s’étale au cours du temps par l’intermédiaire de la

matrice de diffusion B(y, t):

p(z,t + A<|y,t) = (27T)"'^^y^^5exp[-^(z - y - AAt)^B"^(z - y - AAf)]

(2.34)

Ce type d’équation décrit des processus continus (mais non-différentiables), mais

peut également s’avérer très utile dans l’approximation de processus discrets. En

effet, nous verrons plus loin comment un processus de saut décrit par une équation

maîtresse peut être ramené à un processus continu de diffusion.

2.3.5 Equation de Liouville

VE(z|x, f) = Bij(z,t) = 0

Le dernier cas particulier que nous citerons est celui de l’équation de Liouville :

^p(z, f |y, = (2.35)

Pour une condition initiale déterministe, p(z, t, y, t) — 6(z — y), on vérifie facilement

que la solution de 2.35 est donnée par

p(z, t + At|y, t) = S(z - x(y, t)) (2.36)

où x(y,t) est solution de l’équation déterministe :

^x(y,f) = A(x(f),f) (2.37)

En d’autres termes la distribution de probabilité suit la trajectoire déterministe, sans

étalement. En effet, si la matrice de diffusion B est nulle, cela revient à négliger les

fluctuations.

2.3.6 Lien entre les descriptions déterministe et stochas­

tique

Etablissons à présent dans quelles limites la description stochastique rejoint la de­

scription déterministe basée sur les équations phénoménologiques.

Dans certaines situations, la distribution de probabilité est centrée autour d’une

valeur bien définie. Dans ce cas le premier moment est proche du maximum de

la distribution et décrit relativement bien l’évolution des variables macroscopiques.

Malheureusement ce cas est idéal et, en général, la moyenne diffère significativement

du maximum et donc de la grandeur macroscopique correspondante. Ceci provient

de ce que le système est soumis à des fluctuations. En effet, de (2.37) on peut

déduire que:

^-^^=<A(x,0> (2.38)

La fonction A(x,t) étant en général nonlinéaire, on ne peut pas écrire

< A(x, t) >= A(<

X

>, t) (2.39)

On voit donc que l’équation pour les moyennes, A(< x >,t), diffère des équations

phénoménologiques auxquelles obéissent les variables macroscopiques. L’évolution

de <

X

> est donc déterminée à la fois par sa moyenne mais aussi par les fluctuations

autour de cette moyenne. L’approximation macroscopique consiste à ignorer les

fluctuations et à ne garder que les termes du premier ordre. On a donc dans cette

approximation l’équation déterministe:

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