1. L ER O A BSURDO 67
3.3. A LGUMAS P ECULIARIDADES DOS D RAMAS 109
Historiquement et dans la plupart des applications pratiques, les méthodes Monte
Carlo ont pour cadre l’ensemble canonique. Afin de réduire les notations, la présentation
générale de la méthode y sera limitée. Dans ce cadre, certaines grandeurs macroscopiques
(comme la pression, l’énergie interne) s’expriment comme des moyennes sur la distribution
d’équilibre canonique. Considérons l’observable A, définie sur l’espace des configurations
G La moyenne canonique, après intégration sur les impulsions, est donnée
par ;
J ■ ■ • J exp{—0U{x^^))
où U{x^^) est l’énergie potentielle de la configuration x^^.
La méthode Monte Carlo est un algorithme d’intégration numérique très général.
Dans le cadre de la mécanique statistique d’équilibre, elle permet d’évaluer des rapports
d’intégrales sur l’espace des configurations du type de l’équation (6.1).
Le principe de la méthode est simple. L’espace des phases du système est échantillonné
aléatoirement : les n points de l’échantillon {xj^, x^^, xl^,..., x^^} permettent d’obtenir
une estimation de < ^4 > :
< A >MC= (6.2)
La méthode fournit des résultats asymptotiquement corrects. La précision de l’estimation
est proportionnelle à 1/y/n, indépendamment de la dimension de l’espace. L’efficacité des
méthodes Monte Carlo en tant que méthodes d’intégration numérique dépasse celle des
autres méthodes (Simpson,...), dès que la dimension des intégrales dépasse 8 (Sokal, 1989).
Pour des intégrales de type (6.1), un échantillonnage uniforme de l’espace est cependant
peu efficace, étant donné les variations abruptes de l’intégrant. En pratique, seule
une fraction minime de l’espace contribue de manière significative à l’intégrale. L’idée
maîtresse de la méthode consiste à échantillonner uniquement la fraction déterminante
de l’espace des phases en choisissant une distribution d’échantillonnage appropriée. La
solution la plus naturelle est précisément de choisir la distribution canonique ;
3;^ _ exp{-pU{x^^))
^ ‘ Q{N,T,V) (6.3)
où Q{N,T,V) = / •••/dx^^ exp{-(3U{x^^)). Le biais introduit par un échantillonnage
non uniforme de l’espace est corrigé en pondérant la somme i'6.2) :
< A> MC ie:.,;Sî.oexp(-/3y(xî"))n(j:;''') ‘oA(4n (6.4)
1
i Z -Mr:)
"■ u=Q
La moyenne d’ensemble devient une simple moyenne arithmétique sur les configurations.
Le choix de la distribution d’échantillonnage (6.3) complique quelque peu la méthode.
En général, Q{N,T,V) n’est pas connu et la distribution d’échantillonnage n’est pas
entièrement spécifiée. Seul le rapport des poids statistiques de deux configurations
est déterminé. Un échantillonnage indépendant des configurations est impossible. La
méthode d’échantillonnage des configurations repose sur une chaîne de Markov.
Une chaîne de Markov est une séquence de vecteurs aléatoires ...,Xf^,...,
représentant l’état du système aux divers instants, telle que les transitions X^^
sont statistiquement indépendantes et indépendantes de t.
Pour simplifier les notations, repérons les états du système par z = 1,2,... et considérons
que l’ensemble des états du système £ = (z, z = 1,2,...} est discret. Une chaîne
de Markov est spécifiée par la matrice de probabilité de transition, P = {pij,i,j G
£} avec pij = P = j \ Xf^ = z). Pij représente la probabilité que le système se
trouve dans l’état j à l’instant t + 1, étant donné qu’il est dans l’état z à l’instant t
{Pij > O.Vzj et ZjPij = l,Vz).
Une chaîne est irréductible (ergodique) s’il est possible, à partir de chaque état, de
visiter n’importe quel autre état. Une chaîne est apériodique si l’ensemble des états ne
peut être partitionné en sous-ensembles d’états visités cycliquement par le système. Enfin,
une distribution d’états tTj, j G £ est dite stationnaire ou d'équilibre pour la chaîne de
Markov si :
= 7r„Vz (6.6)
S’il existe une distribution ttj satisfaisant à (6.6), alors, quel que soit l’état initial, une
chaîne irréductible et apériodique visitera l’espace des états avec une distribution de
probabilité asymptotique itj, j G £.
La méthode consiste à définir une chaîne de Markov irréductible et stationnaire
admettant la distribution d’équilibre souhaitée. La condition de stationnarité (6.6) ne
dépend que des rapports T^j/iTi, et est donc indépendante du facteur de normalisation de
la distribution. Cette caractéristique permet de lever la difficulté mentionnée ci-dessus.
L’irréductibilité d’une chaîne de Markov est difficile à montrer formellement et est souvent
heuristiquement admise.
La stationnarité est souvent introduite en remplaçant la condition nécessaire et suffisante
(6.6) par la condition suffisante dite de réversibilité ou encore balance détaillée” :
TTi Pij = TXj pji, V i, j (6.7)
La mise en oeuvre de l’algorithme se fait en deux étapes.
Dans un premier temps, étant donné que le système est dans un état i à l’instant t, on
propose une transition. Soit la probabilité de proposer la transition i j. La matrice
{Çtj) h 3 ^ est appelée matrice de proposition.
Dans un deuxième temps, cette transition est acceptée ou rejetée avec des probabilités
respectives üij et 1 — a^. Ojj est déterminée de manière à satisfaire la condition de
stationnarité (6.7) :
^ ^ (6.8)
La solution proposée par Metropolis (1953) est la suivante :
üij = min(l, ^^i^) (6.9)
On observe que les probabilités d’acceptation ne dépendent de tTj et tTj que par le rapport
nj ■
On peut construire autant de variantes de l’algorithme qu’il n’y a de matrices de
proposition.
Pour l’ensemble canonique, l’échantillonnage de l’espace des configurations spatiales
est facilement implémenté. Un état A est caractérisé par l’ensemble des vecteurs position
de toutes les particules ;
A = {fi,f2,...,f„,...,f^}
Considérons B l’ensemble des états obtenus à partir de .4 en déplaçant la particule m.
S = {n, ^2, • • •, r'm, • • ■, r/v; r’m e L'}
Pratiquement, un état B e B est généré aléatoirement en déplaçant la particule de à
r'rn ~ "b (^1) ^2) ^s) Ç (6.10)
OÙ Si-.s-iiSa sont des nombres aléatoires distribués uniformément sur [—0.5,0.5], et ^ un
paramètre ajustable.
La transition est acceptée avec une probabilité üab = mm(l, exp(—/?(17a — Ua))) où
Ua, Ub sont les énergies des états A et B respectivement.
On peut montrer aisément que la condition de stationnarité (6.6) est satisfaite. En effet,
la matrice de proposition correspondant au déplacement de la particule m est donnée par :
Q(m) ^
avec
^ sijeB avec maXa.=1,2,3(kam - ^
0 sinon
(6.U)
(6.12)
(6.13)
Le déplacement de la particule m est obtenu en générant aléatoirement et uniformément
un point dans un cube de volume centré en fm- La probabilité que la particule se
retrouve dans un volume infinitésimal dV centré autour de r'm est égale à Tout autre
état est inaccessible à partir de >1. La matrice de transition sera donnée par :
p(m)
avec
I «À”*®''! si J # /I
[ Ew/t- “Ji) + <Ia'Aaa sij=A
(6.14)
(6.15)
(6.16)
On répète séquentiellement ces opérations pour les particules 1,2, ... N. La matrice de
transition correspondant à ces N transitions successives est simplement donnée par :
P = pW . p(2) . Il n’est pas difficile de montrer que cette matrice vérifie la
condition (6.6). La chaîne de Markov ainsi générée visitera l'espace des états avec des
probabilités données par la distribution canonique : tt/ oc exp( —/?C//).
D’un point de vue statistique, les méthodes Monte Carlo fournissent des résultats
asymptotiquement corrects. Pour des raisons d’économie, les simulations sont limitées
à quelques millions de configurations. Les résultats présentent d’inévitables erreurs
statistiques. Dans le cas d’un échantillonnage indépendant de l’espace des phases, le
théorème limite centrale garantit que l’erreur d’échantillonnage décroît en L’erreur
standard A<^> sur la moyenne d’ensemble de A peut être estimée par :
Dans le cas de la simulation d’une chaîne de Markov, le problème de l’estimation
de la moyenne d’équilibre et de l’erreur d’échantillonnage est plus complexe. Un
premier problème est lié à la convergence de la chaîne de Markov vers la distribution
stationnaire. Un second résulte de la corrélation des configurations successives. On
tient compte du premier en observant l’équilibration de la chaîne et en déterminant
le moment de l’instauration d’un régime stationnaire : les premières configurations
correspondant au régime transitoire sont abandonnées dans le calcul des moyennes.
Le second, l’autocorrélation des configurations, complique sensiblement l’estimation des
erreurs statistiques sur les moyennes et nécessite en principe une analyse dynamique
des résultats. La présence de corrélations dans l’échantillonnage réduit le nombre
des configurations ” utiles” dans le Monte Carlo. Grossièrement, l’erreur statistique se
comporte cette fois comme , ^ en définissant Tcorr comme le temps de décorrélation
^ n/Tcorr
des configurations. L’estimation précise est impossible. On peut toutefois obtenir une
borne inférieure en déterminant la portée des fonctions d’autocorrélation temporelle des
grandeurs thermodynamiques calculées dans la simulation (Sokal, 1989).
En pratique, on évite ces difficultés en subdivisant la chaîne de Markov en sous-
blocs Bi, B2,... T Bj, suffisamment longs pour être considérés comme indépendants
(couvrant des périodes plus longues que Tcorr)- Les moyennes pour chacun de ces
blocs < A >Bi,< ^ ^ >Bj sont indépendantes et une estimation classique de
l’erreur A</i> est donnée par :
" J(j~l) S(< ^ >S; - < ^ (6-18)
où :
1
< A >MC= 7 ^ < "4 >Bj (6.19)
'J j=i
No documento
Diálogos absurdos : o silêncio traduzido em gritos pelos monstros de Samuel Beckett
(páginas 109-129)