Comme nous venons de le voir, les différentes méthodes de modélisation d‟entreprise utilisent une démarche méthodologique similaire tout en permettant d‟appréhender des points de vue différents (décision pour GRAI, fédération des architectures informatique, organisationnelles et de production pour PERA alors que CIMOSA juxtapose les différents composants du système). GERAM (Generic Enterprise Reference Architecture and Methodology) [20][21] est une initiative issue du groupe de travail (IFAC/IFIP Task Force) sur les architectures pour l‟intégration d‟entreprises et repose sur une analyse critique de ces différentes architecture pour fournir un cadre de modélisation générique permettant de fédérer différentes méthodes et outils de modélisation.
Le cadre de travail de GERAM est composé de plusieurs entités [20] (voir figure 3).
Une architecture générique de référence pour l‟entreprise (GERA : Generic Enterprise Reference Architecture) définit le cycle de vie de l‟entreprise.
Une méthodologie générique d‟ingénierie de l‟entreprise (GEEM : Generic Enterprise Engineering Methodology)
permet de présenter les différents éléments à développer pour réaliser l‟intégration d‟une entreprise.
Des outils et langages de modélisation génériques pour la modélisation de l‟entreprise (GEML : Generic Enterprise Modelling Tools and Languages) offrent le support nécessaire pour l‟activité de modélisaiton
Des modèles génériques d‟entreprise (GEMS pour Generic Enterprise Models) : ils sont formés de méta-modèles, ontologies et de modèles d‟entreprise réutilisables. Ils constituent une base de « bonnes pratiques » qui peuvent être utilisées pour faciliter la modélisation d‟une entreprise.
Des modules génériques d‟entreprise (GM pour Generic Enterprise Modules). Ce sont des implémentations standards d‟éléments qui peuvent être utilisé dans la phase d‟intégration pour une entreprise.
Les EEMs (Enterprise Engineering Methodology) décrivent le processus de l'ingénierie d'entreprise. Pour chaque type d'activité du changement, elles décrivent des chemins d'évolution, identifient les tâches ainsi que les outils permettant ce changement.
Les EMLs (Enterprise Modelling Languages) définissent des concepts (constructs) capables de modéliser à la fois la partie humaine de l'activité de l'entreprise, les processus métier et leurs technologies de support associées. Les constructs définissent les objets qui seront utilisés dans les vues définies dans GERA.
Les méthodologies et les langues utilisées pour la modélisation d'entreprise sont supportés par les outils de modélisation d'entreprise (Enterprise Engineering Tools, EETs). Ces derniers permettent de gérer la création, l'utilisation et la gestion des modèles d'entreprise. La sémantique des langages de modélisation est assurée grâce à Generic Enterprise Modelling Concepts (GEMCs).
Les modèles d'entreprise (Enterprise Models, EMs) qui représentent l'ensemble ou une partie des opérations d'entreprise, y compris son organisation et sa gestion ainsi que ses systèmes de pilotage et d'information. Ces modèles
sont utilisés pour guider l'implémentation du système opérationnel de l'entreprise (Particular Enterprise Operational Systems, EOS). Ces modèles particuliers peuvent être construits par « instanciation » puis adaptation de modèles génériques
En fin Les modèles partiels (Partial Entreprise Model, PEMs) représentent les modèles réutilisables pour les rôles humaines, les processus ou les technologies.
Figure 3 : éléments méthodologiques de GERAM [20], page 5.
Outre ce cadre de référence, GERAM intègre aussi une démarche de modélisation basée sur un cycle de vie en sept phases [21]
présenté dans la figure 4 :
Phase d‟identification du contenu : pour une entité particulière, il s‟agit d‟identifier ses différentes activités, les limites de responsabilité et les relations avec l‟environnement.
Phase de définition des concepts de l'entité : C‟est l'ensemble d'activités qui sont nécessaires pour développer les concepts de l'entité fondamentale. Ces concepts incluent la définition de la mission de l'entité, vision, ses objectifs, ses concepts opérationnels, ses politiques, etc.
Phase de définition des besoins : Ce sont les activités nécessaires pour définir les exigences opérationnelles de l'entité de l'entreprise, ses processus et tous besoins fonctionnels, comportementaux, informationnels.
Phase de conception : Ce sont les activités qui définissent la spécification de l'entité avec l'ensemble de ses éléments qui satisfont aux exigences de l'entité. Ces activités incluent la conception de toutes les tâches humaines (tâches des individus et des entités d'organisation), et toutes les tâches automatisées.
Phase de démantèlement : Ce sont les activités qui définissent toutes les tâches qui doivent être effectuées pour déconstruire l'entité.
Phase de fonctionnement de l'entité : Ce sont les activités de l'entité qui sont nécessaires au cours de son fonctionnement pour fabriquer le produit demandé par les clients et réaliser au bon fonctionnement de l‟entité.
Phase de recyclage de l'entité : ce sont les activités nécessaires pour recycler, réaffecter ou dissoudre un composant ou une entité toute entière en fin de sa vie.
Figure 4 : Cycle de vie de GERAM [21] page 10
Le cadre fédérateur de GERAM présente l‟avantage principale de reposer sur une analyse critique des différentes architectures de modélisation d‟entreprise pour fournir un cadre de modélisation générique permettant de fédérer ces différentes méthodes et outils de modélisation. En effet GERAM est fondé sur les concepts de trois architectures (CIMOSA, GRAI-GIM et PERA) et a été définit dans un but de généricité. GERAM devrait donc être applicable à n‟importe quel type d‟entreprise [20] .
D‟autres avantages sont également présentés par GERAM (par rapport aux autres méthodes) :
GERAM permet de présenter et fédérer les différents éléments à développer pour réaliser l‟intégration d‟une entreprise.
le cadre méthodologique de GERAM couvre l‟ensemble du cycle de vie non seulement d‟un projet de modélisation mais surtout GERAM couvre la totalité du cycle de vie d‟une organisation.