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3.7 Procedimentos de implementação da Checklist

3.7.4 Ambiente e Conservação

S'il est une personnalité qui a symbolisé la lutte activiste, c'est bien celle de Borms. C'est pourquoi son cas mérite un chapitre distinct.

Premières années, premiers combats

August Borms naît à St Nicolas le 14 avril 1878, au sein d'une famille en pleine ascension sociale. Par son mariage avec la fille d'un fabricant de tabac, le père Borms passe du statut d'ouvrier d'usine à celui de voyageur de commerce, puis de fabricant de tabac, avant de terminer sa carrière comme commerçant en vins et liqueurs. Ses enfants (il a six fils issus de deux mariages) font des études: Karel est médecin, August est philologue, Jan est musicien. Dès sa jevinesse, August est attiré par les milieux flamingants; lycéen, ü est membre de l'organisation estudiantine De Blauwvoeterie.

11 fait des études en philologie germanique à l'université de Louvain (1896-1901).

En 1903-1906, il part avec sa femme au PÈrou en tant que coopérant poiu: aider à l'organisation de l'enseignement secondaire. Il est firappé par la domination de l'espagnol aux dépens de la langue inca. Il y voit probablement un parallèle à tirer avec la situation du flamand en Belgique.

Revenu en Belgique, ü devient professeur à l'athénée d'Anvers, ü s'engage en même temps dans le mouvement flamand et en devient un infatigable propagandiste à travers la Flandre et la Flandre française.

Ses talents d'orateur lui valurent le surnom de "Klok van Vlaanderen". ^

Mais les débuts n'ont pas été brillants pour ce professeur en redingote, venu apporter la bonne nouvelle dans les lointaines campagnes de la Flandre profonde.

Il faut hre le récit délicieux que fait Ernest Claes, avec son style si vivant et sa verve habituelle, de leur expédition commune dans un village pour y défendre la flamandisatîon de l'université de Gand, face à de braves paysans qui n'ont jamais entendu parler de lutte flamande et pour lesquels le français reste un moyen d'ascension sociale.

"Toen ik (=Claes) met het oude deuntje afkwam van 'met Frans alleen kunt ge in het leger generaal worden, met Vlaams alleen wordt ge nog geen kaporaal', schoten ze allen in een lach en knikten, om me te doen verstaan dat ze dit een

G. DURNEZ, "Ik denk dat mijn levensoffer nodig is... ”, De Standaard, 12/13.4.1986. Bonns, EVB, pp.217-219, notice par A. Baeyens.

L. WILS, Flamenpolitik en aktivisme. Vlaanderen tegenover Belaiê in de eerste Wereldoorloa. Louvain, Davidsfonds, 1974, ppi94-101.

formidabéle grap vonden, en dat die kaporaals dan maar gauw moesten Frans leren om generacd te kunnen uiorden. "

Borms est tellement intimidé devant pareille assemblée qu'ü n'ose pas tenir son discours. Il n'apparaît même pas dans la salle de réunion, laissant le pauvre Ernest Claes tenir seul tête à l'assistance. ^

Néanmoins, ü parviendra rapidement à surmonter sa nervosité qui lui fait monter des podiums branlants, livide d'anxiété. Il apprendra à abandonner les envolées lyriques et rhétoriques trop savantes pour parler clairement et simplement à un peuple bon enfant, peu politisé. C'est ainsi qu'ü se forge une réputation d'excellent orateur. ^

Peu à peu, sa renommée grandit au sein du mouvement flamand, grâce à sa voix qui en a enflammé plus d'un, comme se le rappelle Rousseeu:

" f...) hij [wasj voor mij DE Messias, die ik reeds zolang voor Vlaanderen gedroomd had. Die samenwerking is blijven bestaan tôt het einde. Bij ailes ivat tue ondemamen waren tue dis gelijken; inzake beslissingen en bij grote daden heeft hij me vooraf meermaols om rrdjn oordeel gevraagd. Ik had in hem een blind uertrouwen en ik meen te mogen verzekeren dat dit vertrouwen wederkerig tuas. Wat de éne deed werd door de andere bij voorbaat aanuaard.

Rousseeu s'est toujours flatté d'avoir été l'homme de confiance de Borms pour lequel ü est éperdu d'admiration, ainsi que le laissent transparaître ses souvenirs personnels.

Son engagement activiste

Engagé dans l'activisme pour défendre les droits des Flamands et pour atteindre cette autonomie à laquelle rêvent certains, Borms occupe des fonctions au sein du Conseü de Flandre et devient ministre dans la nouvelle administration séparée mise en place avec l'aide des Allemands.

Partisan des jeunes radicaux de Jong Vlaanderen, Borms approuve la proclamation d'indépendance de la Flandre, proclamation qui suscitera à la fois la fureur des patriotes belges et l'opposition ferme et définitive des Allemands. Il fera de la propagande dans les camps de prisonniers en Allemagne et participera au voyage à Berlin tant décrié. ^

2 E. CLAES, Voordrachters 2din avonturiers. Anvers-Amsterdam, Standaard-Boekhandel, 1962, pp.50-51.

^ ibidem.

J. DIERICKX, Borms. Were Di, s.d., p.5.

^ Broederband, maandblad van Broederband en "onze vriendenkring", Boechout, Breugelmans, n° spécial "Vlasmderen idealisten", 2.1968, p.47.

^ H.J. ELIAS, Viifentwinlia Jour Vlaamse Beweaina, 1914-1939. Anvers, De Nederlandsche Boekhandel, 1969, T.2, p.l79.

Borms, een leven van liefde en trouw. Bruxelles, KoUectie Den Vaderlandt getrouwe. Boekengilde Brederode, 1951, p.47.

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Personnage important au sein de l'activisme, rien d'exceptionnel dans sa personnalité ou dans ses gestes ne le prédispose ~ à" dëvénir cette' fîgure de légende qui domine la mythologie nationaliste flamande.

"Borms was met de leider noch de voomaamste figuur ervan /= de l'activisme]. Er waren er anderen met meer politiek doorzicht en staatsmankunde. Er waren er met meer theoretische onderlegheid, zoals de onuergelijkelijke Dosfeî, en er waren grotere géleerden en wetenschapsmensen, zoals Prof, de Vreese, Prof. Rudelsheim e. a.

Evenmin was Borms de leidende politicus in de twee Vlaamse "regeringen" die na 1917 in functie waren. Voorzitter van de eerste commissie van "gevolmachtigden" -en dus een soort minister-president- was Prof. W. de Vreese. Voorzitter der tweede commissie van "zaakgelastigden" was Prof. J. De Decker. " ^

Et pourtant, dés son arrestation, sa vie devient un martyre; son attitude, un sacrifice exceptionnel; ses dires, paroles d'évangile. Il devient :

"de reddende engel, wuivend met de palm van noodzakelijke Vlaamse solidariteit " ^

Si pour certains il représente la plus noble personnalité du mouvement flamand, s'il en est le fanal étincelant, l'exemple gratifiant, le modèle exaltant, poussant son idéal jusqu'au sacrifice suprême d'autres, même parmi ses amis, ne le considèrent que comme un romantique impulsif, en aucun cas comme un leader politique dont on peut attendre une direction intellectuelle. ^

Ernest Claes lui-même le reconnaît et admet les limites de son ami.

"Een leider is hij nooit geweest, en hij heeft zich nooit aan een leiding onderworpen. Hij stond alleen, volgde zijn eigen idealen of waanbeelderu Het gebeurde vaak dot zijn onoverwagen optreden het andere voormannen lastig maakte. Hij was in de eerste plaats de propagandist van zijn gedachten en opvattingen. Maar door zijn oprecktheid, zijn onbaatzuchtigheid, en door wat hij voor zijn overtuiging geofferd had, ging er van deze dynamische en haast onevenwichtige zu/oeger een grote invloed uit op de Vlaamse jeugd. (...) Gust Borms was een kind, een naïeve dweper op politiek terrein. (...) Men kan niet beweren dot hij een klaar doorzicht bezat van wat de evolutie in Vlaanderen

J. DIERICKX, Borms., op. cit., pp.7-8.

Borms, een leven van liefde en trouw. op. cit., p.9.

R.P. OSZWALD, Deutsch-Niederlândische Sumphonie. Scharbeutz, Wolfshage, 1937 (livre dédié à Raf Verhulst pour son 70e anniversaire), pp. 18-24.

Zo waren ze. TV. Herman Vos, 't Padlieterke, 7.2.1980. Opinion de Herman Vos au sujet de Borms.

zÿn kon, het was ailes voor hem eenvoudig, ongecompliceerd, rechtdoor, zoals hÿ zélf tuas."

D'autres sont plus sévères et même cinglants, tel Mamix Gijsen qui le considère comme un professeur Umath perdu dans la politique ou Roger Avermaete qui l'épingle cruellement :

"J'avais eu Borms comme professeur à l'athénée d'Anvers, et ce brave homme, incapable de maintenir l'ordre parmi une trentaine de garnements, était devenu le grand homme du mouvement activiste, surnommé par d'aucuns, non sans hyperbole, "le roi non couronné de la Flandre". Comment prendre au sérieux un mouvement ayant pour chef pareille chiffe?" ^2

Ses ennemis ne voient en lui qu'im traître et un ambitieux qui a collaboré avec les Allemands à l’heure où ses compatriotes souffraient et mouraient.

"In werkeHjkheid was hij een ellendige nietdeug, die zich als de trawant van den verdrukker ontpot heeft, die al zÿn hoop plaatste in de onderdrukking van zijn vaderland, die de moffen verontschuldigde, en met hen feestte, teerde en smeerde op bieravonden, terwijl de marteling van meer dan 100.000 uwer broeders den hemel om xmaak riep."

"A. Borms (...) est certes celui des traîtres qui a déployé le plus d'activité, qui s'est dépensé le plus pour le succès de sa mauvaise cause.

On le rencontre dans toutes les manifestations de l'actiinsme depuis les débuts juscju'après l'armistice; il participe à tous les attentats perpétrés par les

activistes contre l'intégrité du territoire belge. (...)

Disons, toutefois, qu'au cours de l'occupation étrangère cet homme avait gagné cjuelcjues sympathies individuelles de nature à flatter son orgueil et sa gloriole.

(...)

Tout cela flattait l'ambition incommensurable de ce comédien cjui déclarait (...) refuser toute amnistie et clamait fen septembre 1918] qu'il triompherait ou mourrait glorieusement sur la barricade. "

Pêle-mêle, on lui reproche d'avoir fait le voyage à Berlin, perçu comme un acte d'allégeance à l'occupant, d'avoir fait de la propagande dans les camps de prisonniers belges en Allemagne, d’avoir attaqué le cardinal Mercier et même d'avoir dénoncé les sermons

E. CLAES. Voordrachters .... op. dt., pp.41-42.

11 M. GIJSEN. De leerjaren van Jan-Albert Goris. V.W.. 106, 1975,

1^ R. AVERMAETE, L'aventure de Lumière. Bruxelles, Arcade, 1969, pp.13-14.

10 AMVC, Dossier Borms, D, Boims en de ontvoerinQ der Belgische Werklieden. tract signé De Oorlogsvrijwilligers van den veldtocht 1914-1918, Afdeling Antwerpen, s.d.

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patriotiques de certains prêtres, d'avoir poursuivi une oeuvre de défaitisme en

encourageant les soldats flamands à déserter. 15 --

--C'est pourtant autour de cette personnalité controversée jusque dans son propre camp, que va se développer un culte inimaginable, dépassant toute mesvu-e ou toute retenue, souvent de mauvais goût, qui va jusqu'à comparer le pauvre prisonnier au Christ cloué sur la croix.

Son arrestation et son procès

Lors de l'effondrement de l'Allemagne et de l'avance des troupes alliées, Bonus a d'abord fui; ensuite, il est revenu se cacher à Bruxelles - ce retour à Bruxelles étant célébré plus tard comme le retour du berger au milieu de son troupeau affolé.

Ce retour est en fait lié aux difficultés que pouvait rencontrer en exü une famille ayant six enfants à charge. Karel Fossey, autre activiste en fuite, se souvient avoir rencontré, dans un hôtel de Dusseldorf, en octobre 1918, Borms, sa femme et leurs six enfants. Le manque de moyens financiers force Borms à confier sa famille à la Katholisches Gesellen Haus de Cologne. Le retour en Belgique s'impose. Durant deux jours, Fossey et Borms partent à la recherche des papiers nécessaires à ce départ. Finalement, le conseil de soldats et d'ouvriers - l'Allemagne est en pleine révolution spartakiste- de Düsseldorf leur délivre l'indispensable passeport. Le 14 novembre 1918, la famille quitte l'AUemagne pour Bruxelles.

Certains émettent l'hypothèse que les Allemands avaient choisi Borms pour continuer l'agitation activiste censée affaiblir la Belgique.^®

C'est l'avis de la brochiure "Borms" éditée par Antverpia qui y retrace les méfaits de Borms durant la guerre.

On y évoque le retour de Borms en Belgique afin de continuer sa campagne d'agitation et d'excitation - plus particulièrement au sein des milieux militaires. A cette, fin il aurait reçu de l'argent de Léo Meert, le trésorier du Vlaamsch Comité.

Nulle part, je n'ai trouvé trace de confirmation de cette hypothèse dans les documents consultés. Ainsi lorsque De Smet parle de l'agitation à semer au sein des soldats, il n'est

Hef Vb/fc, 12.2.1919.

Borms, een leven van liefde en trouw. op. cit., p.59. Volk en Staat, 27.06.1943, témoignage de K. Fossey.

L. VANDEWEYER. De politieke roi van Borms tussen 1918 en 1933. Verschaeviana, jb 1989, p.83.

1^ Borms. Anvers. Antverpia. s.d., p.9.

Nous avons vu précédemment que les Allemands ont effectivement débloqué un fond spécial pour Borms qui devait lui parvenir par L. Meert. Mais nulle part nousavons trouvé trace du transfert effectif de cet argent à Borms.

jamais question du rôle qu'aurait pu ou qu'aurait dû jouer Borms. Ce dernier n'évoque pas non plus cette mission dans ses souvenirs. Il précise simplement-qu'il a-soustrait à la police, en les mangeant, des papiers compromettants venant de Hollande.

Malgré ses précautions (ü se cache, se rase la barbe), il est arrêté le 8 février 1919, à Bruxelles, chez les Wostijn qui l'herbergent.

Dans son livre de souvenirs, Borms raconte qu'ü avait eu le pressentiment de cette arrestation et que d'ailleurs il estimait qu'ü était temps poiur lui de servir de bouclier aux activistes moins importants. Dans une lettre ultérieure à son confident Rousseeu, ü reviendra sur ce devoir qu'ü tenait à assumer et à l'effet de propagande que devait jouer le procès d'un leader de l'activisme. Il envisageait même les procès d'autres chefs.

"Ik Weet nu niet of misschien nog een leider zal verschijnen voor een der volgende reeksen (processen): ik heb erop gedrukt dat het aîleszins iemand moet zijn die stevig onderlegd is, zich flink kan verdedigen en een sterke gezondheid heeft, om desnoods enkele jaren gevangenschap te kunnen doorstaan.

Il est aussitôt transféré à la prison de Forest où d'autres activistes viendront le rejoindre comme Pol Jacquemijns, Frans Van den Bossche et Jan Boon. Ce dernier apprenant le voisinage du grand homme, manqua d'en défaillir! Ebloui et bouleversé, ü raconte sa première rencontre, à la chapeUe, avec celui que les nationalistes vénèrent et qui daignera lui adresser la parole.

"Voor mij stapt een kranig mon, een trotsche Vlaming, het hoofd Moek omhoog, de kleren goed verzorgd, een zware stap. Op een trop keert hij zich plots om naar mij met een hreeden - gullen glimlach en stralende oogen. Dan stapt hij recht voor zich en zegt half-luid : "Makker Boon, proficiat! - Kloeken moedl" Dank u, Borms". We zijn in de kapel. (...) Naast mij bidt dus... Borms, "de klok

van Vlaanderen", de sterkste held der Vlaamse beweging. Hoe romantisch is dat niet! Heb ik dat wel ooit gedacht, dat ik eenmaal naast dien mensch in het gevang zou zijn... 'k ben sterk ontroerd."

Si la vie en prison que décrit Borms est si pénible qu'ü lui semble être enterré vivant eUe est aussi source de joie pour celui qui souffre pour son idéal. ^5

A. BORMS, Tien iaar in den Belgischsn kerker. Anvers, Regenboog, 1930, p.ll. ibidem, p.7.

AMVC, Dossier Borms, B, Lettre de Borms à Rousseeu, 4.3.1920.

KADOC, Archives Jan Boon, cahier personnel de J. Boon, 15 et 16 mars 1919. A. BORMS, Tien iaar.... op. cit., p.27.

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Borms, le martyr

Bonus, avix yevix de ses partisans, sort grandi de son procès. La figure romantique de cet orateur qui déploie tout son talent au cours du procès et la peine jugée trop lourde qui le frappe en font un s

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nnbole. 27

Borms assume d'ailleurs pleinement ce rôle de s

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Tnbole et le revendique même au titre de chef de l'activisme. 11 se dit prêt à aller jusqu'au sacrifice suprême.

"Ofschoon het brutacd klinkt, met het oog op t Vlaamsch belang, zouden wij die strafuitvoering (=condamnation à mort) moeten wenschen. Ofschoon aan urouw en kinderen met vaste banden gehecht, voél ik toch dat ik de kracht zou hebben om moedig naar den strafpaal te gaan en met de kreet : "Ailes uoor Vlaanderen" de eeuuAgheid in te treden. " 28

11 aura l'occasion d'aller jusqu'au bout de ses idées lors de sa deuxième condamnation à mort en 1946, pour laquelle il refusa toute demande de grâce, persuadé que son sacrifice est nécessaire pour le salut de la Flandre.

"Ik acht mij een werktuig in de handen der uoorzienigheid en denk dat mijn levensoffer nodig is om de volkszaak waar ik mij sedert mijn jeugd aan gewijd heb, te doen zegeiÂeren",

écrit-il à sa femme la veille de son exécution. 2^

Après sa condamnation, ü est définitivement transféré à Louvain où ü occupe la cellule 310 qui sera célébrée comme le tabernacle sacré, le Saint des Saints, par les propagandistes, apôtres zélés.

Suivent alors une série de visites d'amis et de la famille, d'envois de lettres plus ou moins clandestins, de contacts secrets entre celui qui incarne la Flandre martyre et ses amis politiques qui poursuivent la lutte au dehors.^® Le plus jeune fils de Borms, Edmond conserve le souvenir de cette période où sa mère se trouva seule pour élever six enfants mineurs. La vie était r

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dhmée par la visite hebdomadaire à la prison. Parfois la visite était supprimée, mesure sanctionnant la transmission clandestine de mots d'ordre ou de nouvelles vers l'extérieur. ^ ^

cf. chap. sur répression

27 L. VANDEWEYER, De politieke roi van Borms .... op. cit., p.84.

28 AMVC, Dossier Rousseeu , H, cahier de souvenirs (Deel IX), décleuation de Borms à Rousseeu, p.708.

2^ G; DURNEZ, "Ik denk dat mijn levensoffer nodig is... ", De Standaard, 12/13.4.1986. L. DE LENTDECKER, Tussen twee vuren. Louvain, Davidsfonds, 1985, p.61. 80 AMVC, Dossier Rousseeu, H, cahier de souvenirs (Deel X), p.792.

AGR, Papiers P. Poullet, Dos. 228, Demandes de visites au min. de la Justice Tschoffen pour Mme Kries, H. Vos, Vanopdenbosch (1925).

Des amis zélés envisagent, au début de la captivité de Borms, une tentative d'enlèvement. Certains nationalistes enthousiasmés par l'exemple irlandais et admirateurs des coups de force du Sinn-Fein, envisagent sérieusement de libérer Borms par la violence.

Les Irlandais avaient même offert leur aide pour épauler les Flamands. C'est ainsi que le futur ministre des Affaires étrangères de l'Eire, Desmond Fitzgerald, ne comprend pas qu'ü faüle attendre l'amnistie pour libérer Borms alors qu'ü serait si simple de le sortir par un coup de main audacieux. En fait, ce projet n'aboutira jamais, car, d'une part, ce sont des moeurs plutôt étrangères à la vie politique belge, d'autre part, Borms lui-méme n’est pas favorable à une telle tactique qui 1'obUgeait à fuir l'étranger, ce qui rendait son sacrifice nul et son geste sans suite. Bien plus, ü estime très aléatoire la réussite d'une telle action et craint un échec désatrevix pour le mouvement flamand.

Il reste donc en prison, et tous les ans, les journaux nationalistes flamands célèbrent son arrestation et son emprisonnement en commémorant les dates anniversaires.

En 1921, De Ploeg, le journal de Herman Vos, glorifie le martyr de la Flandre, celui dont la souffrance personnifie l'amour total pour son idéal. D'autant plus qu'ü a refusé la mise en Hberté conditionnée par l'abandon de la politique.

L'année suivante, le parti frontiste organise une manifestation en l'honneur de Borms, ce que désapprouve fortement le journal catholique Gazet van Antwerpen qui estime que Borms est un mauvais berger pour avoir servi son idéal par des moyens malhonnêtes. De Ploeg, lui, ne voit dans ces manifestations que le flot grossissant des Flamands prêts à se libérer de leurs chaînes. Het Zelfstandige Vlaanderen, journal édité par Jef Van extergem, publie un numéro spécial de quarante pages en l'honneur de "Vlaanderen's grootste en edelste zoon", célébrant "het apostolaat van Dr. Borms voor Vlaanderen!'. Les articles sont signés Roza de Guchtenaere, C

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aiel Rousseeu, Léo Augusteyns, et côtoient les poèmes de René Declercq et de Geert Grub.'^®

En 1923, povu réveiller les ardeurs assoupies. De Ploeg publie une lettre de Borms depuis sa prison, où ü justifie son combat et où ü se défend avec force de n'avoir jamais été au

32 J. VINCK, Borms. op. ait., 138.

AMVC, Dossier Vlaanderen, B, Lettre de G. Bessens à R. De Smet, 1.3.1926. 33 A.W. WILLENSEN, Geul en Vlaanderen, Ons Erfdeel, sept. 1967, p. 17. 34 J.VINCK, op. cit., pp. 177-178.

33 AMVC, Dossier Borms, B, Lettre de Borms à Rousseeu, 2.11.1919.

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