6 A avaliação do porAlentejo e do processo de Desenvolvimento Local no Concelho da
6.2 Os projectos no âmbito do porAlentejo
6.2.1 Caracterização e Tipologia
Dans ce chapitre, nous avons montré que nos travaux avaient pour ambition de proposer et d’expérimenter des méthodes d’évaluation environnementale pour encourager les acteurs territoriaux à réduire les pressions qu’ils exercent sur l’environnement. Cet objet de recherche se situe à l’interface entre la création de connaissances scientifiques et l’observation, voire la modification des pratiques. La plupart de nos travaux se positionnent ainsi dans une démarche de recherche-intervention. Nous nous intéressons, plus particulièrement, à la « recherche sur la vie quotidienne » des organisations professionnelles, c’est à dire au fonctionnement quotidien d’organisations professionnelles, qu’elles soient privées (PME, grandes entreprises) ou publiques (service décentralisé de l’Etat, Parc National, collectivités territoriales).
Réfléchir en termes de durabilité implique d’élargir le spectre de la comptabilité environnementale dans trois domaines :
• Le périmètre, en termes de responsabilités : nous avons essayé de prendre en compte
les impacts directs mais également indirects.
• Le champ thématique des enjeux : en amenant les décideurs à prendre en compte des
thèmes dont ils n’ont pas spontanément conscience (impact sur la biodiversité, par exemple).
• La dimension temporelle : le défi étant d’allier réflexion de court et long termes.
Nous privilégions les approches de comptabilité environnementale basées sur les consommations, afin d’aborder les enjeux liés à la mondialisation de la production. Nous avons ainsi développé deux axes méthodologiques complémentaires de recherche :
• le développement d’outils à base d’indicateurs inspirés soit des méthodologies d’analyse
de risque (dans le cadre de la mise en place d’un système de management environnemental sur le projet de 2*2 voies de la RN7-RN82, au sein du Service Transports et Infrastructures de la DDE de la Loire, par exemple), soit des méthodes d’analyse multicritère. L’approche multicritère s’est d’abord traduite par des outils d’évaluation qualitative à base d’indicateurs dans le cadre du développement de méthodologies de diagnostic et d’accompagnement de la mise en place de la responsabilité sociétale dans les PME / PMI. Nous avons également développé des outils inspirés de cette méthodologie, mais pouvant être utilisés par des collectivités locales. A titre d’exemple, la zone d’activité stéphanoise de Molina La Chazotte nous a servi de terrain d’études dans le cadre de plusieurs projets. Nous avons ensuite approfondi le thème plus précis de l’efficacité énergétique afin de gagner en compétences sur une thématique qui, bien que traitée par ailleurs par de nombreux acteurs, nous semble aujourd’hui centrale au sein des problématiques liées à la soutenabilité. Deux projets ont par ailleurs mis en œuvre des méthodes quantitatives d’analyse multicritère. Le premier portait sur l’évaluation des impacts environnementaux liés aux activités d’une station d’épuration. Le second concernait l’évaluation a priori des impacts, éventuellement contradictoires, des actions RSE proposées par une entreprise de grande distribution.
• le développement d’outils d’évaluation basés sur les flux biophysiques, et en particulier
selon les méthodologies d’ACV et de l’empreinte écologique. Nous avons d’abord abordé l’ACV de façon qualitative dans le cadre d’une thèse sur l’écodesign. Nous l’avons ensuite
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utilisée pour proposer une méthodologie permettant conjointement l’expression des impacts environnementaux locaux et planétaires, incluant ainsi les impacts directs d’une activité, mais également les impacts générés par la fabrication des biens et services utilisés par l’activité étudiée (application aux services informatiques d’une grande
entreprise). C’est également la méthodologie d’ACV qui a été utilisée pour proposer une
méthode d’évaluation environnementale des besoins de mobilité des grandes aires urbaines en France puis évaluer, selon 9 indicateurs classiquement utilisés en ACV, les résultats de simulation des mobilités fournis par le modèle transport-urbanisme SIMBAD sur le Grand Lyon. Nos travaux de recherche sur l’empreinte écologique ont quant à eux plus particulièrement visé à transposer les méthodes d’estimation de cet indicateur du niveau "macro" des nations, pour lequel la méthodologie a été pensée et affinée, vers le niveau "micro" des organisations (administration du Parc National de la Vanoise, par exemple) ou le niveau infranational (zones d’études et d’aménagement du territoire).
Ces différents travaux nous ont apporté une prise de recul sur les limites de l’évaluation, et plus particulièrement de l’évaluation environnementale. L’évaluation ne doit pas être considérée comme une fin en soi, mais comme un outil au service d’une perspective de transition vers une meilleure durabilité écologique. Parmi les différents verrous de l’évaluation environnementale, nous retiendrons :
• La nécessité de trouver un équilibre entre approche normative et évaluative, voire constructiviste : si nous pensons nécessaire d’impliquer les différentes parties prenantes de la société pour définir un cadre normatif d’évaluation environnementale, force est de constater qu’un tel débat serait très ambitieux et n’est pas à l’ordre du jour des agendas politiques, écologiques voire citoyens… En son absence, la communauté scientifique se voit contrainte de palier à cette absence de réflexion collective en proposant elle-même le cadre normatif. Nous pensons donc qu’il est de notre devoir, en tant que scientifique travaillant sur l’évaluation environnementale, de sensibiliser les différents acteurs et le « grand public » à ces questions afin d’encourager la société à s’emparer de ces sujets.
• Le dilemme de la précision scientifique versus la simplification souhaitée par les
décideurs. Plus la quantité d’information est agrégée, plus elle est supposée être accessible au plus grand nombre, mais l’agrégation suppose la commensurabilité, et repose donc sur l’hypothèse de substituabilité dont nous avons présenté plus haut les limites…
• Les limites intrinsèques à la question-même de l’évaluation : les indicateurs écologiques contribuent à la mise en évidence et au traitement de problèmesécologiques. Les choix intrinsèques à leur construction viennent façonner la manière dont les problèmes écologiques seront ensuite formulés aux autorités, et donc pris en compte, ou non. Pour aller plus loin, nous ne pouvons rester insensibles à la remise en cause de la « quantophrénie », « c'est-à-dire cette frénésie autour du chiffre et de la quantification, "véritable pathologie de la mesure" (Jany-Catrice 2012).
Enfin, nous avons souligné que l’évaluation environnementale interroge, par son essence-même, l’approche disciplinaire classique. Cela ne nous conduit pas à remettre en cause la structuration en disciplines qui fixent un cadre intellectuel, reconnu par les pairs, à la réflexion. Mais, inscrivant nos travaux dans une approche interdisciplinaire, il nous a semblé
important de prendre du recul sur la démarche interdisciplinaire. Après avoir constaté l’émergence, tant sur le plan international que sur le plan national, d’une communauté scientifique sur les thèmes sur le thème de l’évaluation environnementale (revues spécialisées, réseaux de chercheurs, etc.), nous avons décrit quelques règles que nous nous efforçons de suivre et transmettre afin de cadrer la démarche interdisciplinaire inhérente à nos travaux de recherche. Par exemple, nous essayons de veiller à la formalisation des hypothèses de recherche. Il nous semblait également intéressant de formaliser « l’héritage intellectuel » dans lequel nous nous positionnons, à travers l’identification et le partage des « classiques » de la littérature du domaine dans lequel nous nous positionnons. Notre positionnement est également de privilégier les sujets de recherche connectés au « monde réel », définissant ainsi le cadre théorique à partir de l’observation de ce que nous observons sur le « terrain ». Il était également important d’apporter un regard critique sur nos travaux de recherche, tant sur le plan qualitatif, en essayant d’identifier les limites de nos travaux, mais également sur le plan quantitatif, en prenant conscience - et cela pour certains d’entre eux – de l’incertitude relative aux résultats présentés. Enfin, le point, qui nous parait central mais aussi peut-être le plus difficile, en tant qu’encadrante de travaux de recherche, est de stimuler la créativité des chercheurs. Cela implique de savoir accepter qu’un chercheur ne choisisse pas forcément et systématiquement le chemin initialement prévu pour développer une recherche, car il s’agit surtout de « se concentrer sur ce qui importe vraiment », afin d’éviter de se « perdre » dans un dédale non balisé et potentiellement immense. C’est sur ces bases que nous proposons les pistes de recherche présentées dans le dernier chapitre.
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