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Caso de Estudo – Ponte de Lanheses sobre o Rio Lima

ANÁLISE SÍSMICA

3.7 Caso de Estudo – Ponte de Lanheses sobre o Rio Lima

(a)

(b)

Figure4.31 –(a) Evolutions spatio-temporelles de la morphologie de la falaise et du fond de type

T41 instationnaire avec variation sinusoïdale du niveau d’eau d’amplitudeA

m

=1cmet de période

(b) T

m

= 90 min. (b) Elévation de plan d’eau, série temporelle de la position de la crête de la

barre externe et spectre de Fourier associé.

Nous pouvons déduire que la variation du niveau d’eau n’empêche pas l’oscillation

auto-entretenue du système morphologique, mais au contraire elle la force.

4.7 Conclusions

Dans ce chapitre, une cartographie des régimes du fond a été établie. Nous avons

ainsi proposé une méthodologie pour déterminer différents types de fond que nous avons

cherché à caractériser en fonction du forçage de houle(F,ξ). Nous avons montré que cette

caractérisation est plus pertinente lorsque nous considérons la hauteur des vagues au point

de déferlement H

b

plutôt qu’au large H. Quatre principaux types de profil du fond ont

été identifiés. Cette typologie des fonds dépend uniquement du paramètre de similitude de

“surf” au point de déferlementξ

b

. De la même façon, les types de fond dépendent également

du nombre de Dean Ωet corrobore la classification des types du fond de Wright & Short

(1984). En effet, nous observons des profils du fond de type “réfléchissant” et intermédiaire

(à barre ou à terrasse) qui correspondent aux profils de la classification de Wright & Short

(1984).

Cependant, en modifiant la taille des grains de sable, les limitations des différents

types de morphologie du fond sont déplacées par rapport au nombre de DeanΩ. Pour du

sable plus fin (resp. grossier), les limites entre les zones des différents types du fond sont

116 CHAPITRE 4. MORPHODYNAMIQUE DU FOND

(a)

(b)

(c)

(d)

Figure4.32 –Profil du fond de type T41 instationnaire. (a)-(b) sans et (c)-(d) avec marée(A

m

=

1 cm, T

m

=90min), lorsque la barre externe est située (a)-(c) près de la côte et (b)-(d) vers le

large.

déplacées vers des grands (petits) nombres de Dean Ω. De plus, plus le sable est fin, plus

les différents types de fond dépendent également du nombre de Shields.

La plupart des morphologies du fond sont stationnaires, cependant certains profils sont

instationnaires et peuvent présenter une oscillation auto-entretenue de la morphologie du

fond. Cette instationnarité semble exister pour des forts flux d’énergie des vagues au large

F correspondant à des hauteurs de vagues au large H ≥4, 5cm. La dynamique de cette

oscillation est très variable et peut faire apparaître différents types de morphologie du

fond. La période d’oscillation de la barre externe T

o

peut varier de 36 minà 200 minet

semble augmenter avec la période des vagues T.

Lorsque nous faisons varier le plan d’eau (marée), les cas stationnaires réagissent à

l’effet de la marée par une oscillation du fond à la fréquence de la marée. Cependant, la

morphologie du fond d’un cas instationnaire présentant une oscillation auto-entretenue

du fond, soumis à l’effet de la marée, conserve sa dynamique d’oscillation. La fréquence

de la marée semble moduler la fréquence d’oscillation.

5

Volume de sédiment érodé : Quel

effet sur le système ?

Dans les deux chapitres précédents, les résultats présentés concernent des expériences

pour lesquelles le volume de sable qui compose la falaise est constant, fixé par la

géométrie initiale de la falaise. Le système met en jeu un certain volume mobile de sable

avant de se stabiliser. La question ici est de savoir comment réagit le système à une

variation du volume mobile de sable.

Nous choisissons de faire varier le volume total de sable pour en estimer l’influence

sur la dynamique du système. Pour cela, nous avons fait varier ce volume de sable dans le

système de deux manières. Nous avons prélevé périodiquement le sable composant la barre

externe d’un profil du fond, le volume total de sable dans le système est donc réduit. Le

but est d’estimer le rôle du volume de la barre externe sur la vitesse de recul de la falaise.

La deuxième manière de faire varier le volume total de sable est de modifier la hauteur

de la falaise. Les objectifs sont ici de savoir si le recul de la falaise et le volume de sable

érodé sont plus importants pour une falaise de petite ou de grande hauteur, et comment

la morphologie du fond est modifiée. Nous cherchons également à savoir comment les

profondeurs des évènements d’effondrement varient en fonction des profondeurs critiques

de l’encoche afin d’en estimer la cohésion de la falaise. Comme les fonds instationnaires

ont été observés pour des forts flux d’énergie des vagues incidentes pour h

f

= 8 cm,

nous souhaitons finalement les analyser en fonction du forçage des vagues incidentes pour

différentes hauteurs de falaise. Nous analysons donc l’influence de la hauteur de falaise sur

la morphodynamique du fond, sur le recul de la falaise et sur le volume de sable érodé.

Nous analysons également les profondeurs des évènements d’effondrement en fonction de

la hauteur de falaise et estimons la cohésion de la falaise. Nous estimons finalement la

relation entre les volumes de sable érodé par la houle et la hauteur de falaise pour des

fonds instationnaires à paramètres de houle incidente fixés.

5.1 Prélèvement de la barre sédimentaire

Durant une expérience où un profil du fond de type T42 se développe pour un forçage

de houle(F,ξ)≈(1, 2W/m; 0, 39), la barre externe est prélevée périodiquement quelques

minutes après chaque effondrement. La période de prélèvement de la barre varie ainsi entre

7 et 15 min. D’un point de vue pratique, pour chaque prélèvement, le batteur à houle est

arrêté, le canal vidé, le sable de la barre prélevé, puis le canal est rempli à nouveau et le

batteur réactivé.

Nous avons comparé les évolutions spatio-temporelles des profils du fond et de falaise

de deux expériences réalisées pour un même forçage de houle (F,ξ)≈(1, 2W/m; 0, 39),

118CHAPITRE 5. VOLUME DE SÉDIMENT ÉRODÉ : QUEL EFFET SUR LE SYSTÈME ?

(a)

(b)

Figure 5.1 –Evolution spatio-temporelle de la morphologie de falaise et du fond pour (F;ξ) ≈

(1, 2W/m; 0, 39) (a) sans et (b) avec prélèvement de la barre sédimentaire. L’échelle de couleur

représente l’élévation de sable (en cm) ; l’échelle temporelle a été dilatée pour le cas (b).

l’une avec et l’autre sans prélèvement de la barre sédimentaire (Fig. 5.1). Il apparaît

clairement que le recul de la falaise est plus important quand la barre sédimentaire est

prélevée (Fig. 5.1b). La falaise est fortement érodée (x

f

≈ 7 cm à t = 1, 2h) alors que

le cas sans prélèvement présente une position stable de la falaise à x

sf

≈ 16 cm (Fig.

5.1a). La présence de la barre entraîne une érosion de la falaise plus faible, l’attaque des

vagues est ainsi réduite. La barre sédimentaire a donc un rôle important de dissipateur

d’énergie de la houle. Nous pouvons également observer qu’à chaque prélèvement de la

barre sédimentaire, une nouvelle barre se forme sur la plateforme rigide et s’éloigne de la

côte à la même vitesse (de l’ordre du cm/min) à chaque migration.

Les évolutions temporelles de la position de la falaise avec et sans prélèvement de

la barre sont représentées pour deux valeurs du flux d’énergie (F ≈ 1, 2 W/m et

F ≈ 0, 7 W/m) sur la Figure 5.2a. Nous pouvons observer pour les deux valeurs du

flux d’énergie, que dans le cas où la barre est prélevée, la position du front de falaise

di-5.1. PRÉLÈVEMENT DE LA BARRE SÉDIMENTAIRE 119

(a) (b)

Figure 5.2 – Evolution temporelle (a) totale et (b) agrandie pour 0ht ≤ 2, 5h de la position

de la falaise x

f

avec et sans prélèvement de la barre pour deux flux d’énergie F. () et (- - -)

représentent les droites d’interpolation des évolutions temporelles de la falaisex

f

avec prélèvement

de la barre d’équations x

f

(t) =−19t+27pour (F,ξ) = (1, 25 W/m; 0, 39)et x

f

(t) =−11t+28

pour(F,ξ) = (0, 73W/m; 0, 39).

minue en évoluant linéairement en temps (Fig. 5.2b). La vitesse de recul est donc presque

constante. Ainsi, en interpolant ces courbes par des droites (Fig. 5.2b), nous pouvons

estimer la vitesse de recul de la falaise.

Nous remarquons que les droites interceptent les courbes pour x

f

≤25 cm (Fig. 5.2b)

ce qui correspond à un recul de R

f

≥ 15 cm. Nous avons observé dans le Chapitre

3-Section 3.2, que les courbes d’interpolation en décroissance exponentielle de l’évolution

temporelle de la position de la falaise x

f

(t) convenaient pour un recul de la falaise de

R

f

≥ 14 cm. Cela pourrait également signifier que tant que le recul de la falaise R

f

est

inférieur à 15 cm, ce sont les mécanismes initiaux du processus d’érosion de falaise qui

agissent (Section 3.1). Puis, lorsque le recul de la falaise est supérieur à 15 cm, le volume

de la plateforme sableuse dissipe suffisamment l’énergie de la houle pour que le mécanisme

d’érosion par jet de rive perdure jusqu’à la fin de l’expérience. Le premier prélèvement de

la barre externe est effectué bien après la période des mécanismes initiaux du processus

d’érosion de falaise.

Nous pouvons cependant déduire les vitesses de recul de la falaise en fonction du flux

d’énergie. PourF =1, 25W/m, la vitesse vautv

r

≈ −19cm/h, elle vautv

r

≈ −11cm/h

pour F = 0, 73 W/m et elle vaut v

r

= 0 pour F = 0, la vitesse de recul de la falaise

semble donc être proportionnelle au flux d’énergie de houle F (Fig. 5.3). Elle s’écrit :

v

r

≈15F (5.1)

Damgaard & Dong (2004) ont réalisé des expériences d’érosion de falaise de sable

mouillé par des vagues à incidence oblique dans un bassin à houle. Ils ont observé que

des vagues obliques provoquaient une vitesse de recul de la falaise constante. Dans notre

étude, les vagues impactent la falaise à incidence normale, l’évacuation du sédiment ne peut

donc se faire que perpendiculairement à la côte vers le large. Le prélèvement périodique

de la barre sédimentaire permet de reproduire de façon discrète l’évacuation du sédiment

parallèlement au rivage. Nos résultats sont donc similaires aux résultats de Damgaard &

120CHAPITRE 5. VOLUME DE SÉDIMENT ÉRODÉ : QUEL EFFET SUR LE SYSTÈME ?

Figure5.3 –Vitesse de recul de falaisev

r

en fonction du flux d’énergie des vaguesF avecξ=0, 39

pour des cas avec prélèvement de la barre.

Dong (2004). La vitesse de recul semble proportionnelle au flux d’énergie F, soit en H

2

,

ce qui est légèrement différent de l’estimation de Damgaard & Dong (2004), en H

2,5

.