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Les voltampérogrammes présentés à la Figure 4-6 ont été obtenus au cours d'une série

de balayages cycliques successifs à 5 mV S'L Sur cette figure comparative, nous nous

sommes concentrés sur la région I, comprise entre 0.650 V et 0.100 V.

D'emblée, nous remarquons des changements inhabituels dans l'allure des courbes :

ces variations de position en potentiel et d'intensité des pics se produisent

graduellement avec le balayage progressif de la surface.

Dans le but de mieux visualiser les effets de ce balayage, différentes zones ont été

agrandies à partir de la Figure 4-6 a qui présente l'évolution des pics situés dans la

région I en fonction du nombre de cycles de balayage (Figure 4-6 b et c). Examinons les

différentes transformations qui s'y produisent.

Chapitre 4 : Dépôts de films minces par électrodéposition en sous-tension 72

0.48 0.50 0.52 0.54 0.56 0.58 0.60 0.62 0.64 E (V VS Ag*/Ag®)

Figure 4-6 : Voltampérogrammes cycliques de l'UPD de Ag sur Au(111), après le passage à la

flamme. Série de 12 cycles (légende dans la figure), a. Domaine de potentiel complet. Ketc Mise en

évidence de la région 1, comprenant les pics H/H' et 1/F pour b et les pics ]/]', A/A', B, C/C' pour ç.

Milieu : H2SO4 O.IM + Ag/ 10-^M. Vitesse de balayage : 5mV s-^. Température : 298 K.

(1) L'observation majeure est l'absence de pics C et C au cours des premiers cycles

(courbe rouge. Figure 4-6 a et c). On remarque également la présence de petits pics très

étroits, J/J' proches des pics A/A'. Leur intensité va progressivement décroître jusqu'à

leur disparition complète au 12^ cycle. Notons que la présence de ces pics ne peut être

observée qu'au cours du dépôt de Ag sur une surface d'or (111) de très borme qualité.

Ceci a d'ailleurs déjà été mentioimé par Ogaki et al. [19],

(2) Une autre constatation importante est le "dédoublement" du pic situé vers 0.53 V

en deux pics distincts A et B à 0.525 V et 0.536 V respectivement (Figure 4-6 c).

L'intensité du pic A diminue au profit du pic B qui prend de l'importance (3^ cycle) et

qui finit par présenter, au 12^"* cycle, une intensité comparable à celle du pic C. Par

contre, le pic A' semble associé aux pics de dissolution A et B car aucun dédoublement

de A' n'a pu être enregistré.

(3) D'autre part, les pics G/G* diminuent également d'intensité, et leur forme étroite

et effilée se transforme progressivement en pics plus arrondis et moins bien définis

(Figure 4-6 a). Notons encore le déplacement très net, d'environ 20 mV, des pics H/H'

vers les potentiels plus positifs (Figure 4-6 b). Ils diminuent ensuite d'intensité

(comparer le 7^^^ avec le 12^"'® cycle), de la même façon que les pics I/F. Le pic 1 par

contre, ne subit qu'un déplacement en potentiel relativement faible.

Reprenons à présent le cas des pics C et C'. Au vu des voltampérogrammes de la

Figure 4-6, l'apparition de ces pics est étroitement liée à la procédure de balayage

progressif en potentiel. A ce stade cependant, l'intensité du pic G' est toujours inférieure

à celle du pic C et son apparition se produit bien après celle du pic C (7^"^® cycle).

Le résultat présenté à la Figure 4-7 est obtenu en poursuivant le traitement de

balayage. Les intensités des pics A' et B ont fortement diminué, ainsi que celle du pic E

(comparer avec le l®"" cycle de la Figure 4-6). Par contre, les pics C/C' sont devenus plus

étroits et plus intenses dominant ainsi le voltampérogramme. Remarquons aussi la

disparition complète des pics A, H/H', 1/1' et J/J'.

Figure 4-7 : Voltampérogramme cyclique du dépôt en sous-tension de Ag sur Au(lll) correspondant au

60^f cycle après le passage à la flamme. Milieu : H2SO4 O.IM + Ag-^ 10-^M.

Vitesse de balayage : 5 mV s Température ; 298K.

En enregistrant les cycles les ims après les autres, nous venons de montrer l'effet d'un

balayage en potentiel, exécuté à faible vitesse et de façon successive. Une autre

procédure peut également entraîner les mêmes modifications dans la morphologie des

pics. Il s'agit de réaliser un traitement de balayage de la surface en continu (répétitif) à

une vitesse plus élevée (0.5 V S'^ à 3 V s ^) et pendant une durée déterminée. Après ce

traitement, on enregistre un voltampérogramme à 5 mV s'L Les résultats montrent une

évolution des pics très similaire à celle que nous venons de décrire.

Chapitre 4 : Dépôts de films minces par électrodéposition en sous-tension 74

Si l'on poursuit le traitement au delà de la situation dépeinte par la Figure 4-7, on

observe la disparition totale des pics B et A' ainsi que celle des pics E et E'. Seuls les

pics C/C situés aux potentiels les plus positifs dominent ces courbes. Lorsque cette

situation est atteinte, l'allure du voltampérogramme n'évolue plus. La morphologie de

cette courbe est très similaire à celle observée par les auteurs dont les résultats sont

présentés à la Figure 4-3 (série B).

Notons également important que la densité de charge totale associée à la courbe de

dépôt sur le domaine compris entre 0.650 V et 0.000 V décroît progressivement avec le

balayage en potentiel. Ce sujet est abordé dans le paragraphe suivant.

Densité de charge et taux de recouvrement

Au cours du dépôt en sous-tension de l'argent sur une surface propre et bien définie

de Au(lll), nous observons plusieurs sauts de charge (Figure 4-8, courbe noire) qui

correspondent aux différentes étapes du processus de dépôt/dissolution du film

d'argent. La valeur de densité de charge portée sur ce graphique comprend l'ensemble

des contributions : double couche, dépôt d'argent, ....

Sur la Figure 4-8, nous avons porté différentes courbes de densité de charge totale

associées au dépôt de Ag sur Au(lll) à différents stades de l'évolution des pics.

Figure 4-8 : Comparaison des courbes de densité de charge totale, sans correction, associées au dépôt de

Ag sur Au(lll) à différents stades de l'évolution des pics. Température : 298 K.

Pour interpréter correctement les courbes de voltampérométrie, il faut avoir une idée

des corrections qu'il est nécessaire d'appliquer à ces valeurs.

Une étude détaillée de Swathirajan & Bruckenstein [118] sur la thermodynamique et

la cinétique des dépôts en sous-tension de monocouches métalliques sur des substrats

polycristallins nous apporte des informations sur le système plus particulier de

Ag/ Au(poly). Rappelons que les propriétés de la double couche sont influencées par le

processus de dépôt en sous-tension.

Au cours d'une expérience de dépôt par UPD, il se produit en général un

déplacement négatif du point de charge nulle du substrat (du pcn de l'or vers celui de

l'argent dans notre cas). Puisque le potentiel imposé est balayé négativement, les

courants de charge engendrés par le déplacement du pcn seront de signe opposé à ceux

qui sont associés au balayage vers les potentiels plus négatifs. Il en découle ime

compensation des courants de charge.

Dans le cas du système argent/or, ces auteurs montrent que soustraire le courant

résiduel du courant total mène à des conclusions erronées concernant le transfert de

charge partiel et le taux de recouvrement des espèces déposées en sous-tension. En

effet, ayant déterminé une valence d'électrosorption associée à l'UPD de Ag égale à

l'unité, Y = 1, ils ont prouvé qu'en soustrayant le courant résiduel du courant total, la

valeur de y tombe à ~ 0.8.

Ce résultat est corroboré par celui de Seo & co. [17]. qui ont étudié le système

argent/or par la technique de EQCM combinée à la méthode de détection piézo­

électrique de la variation d'énergie superficielle du métal. Ils comparent les données

obtenues en milieu électrolytique seul avec celles déterminées dans un milieu identique

additionné d'ions Ag+ (10-^ M). Ils observent également un déplacement du pcn du

substrat d'or vers les potentiels plus négatifs, provoqué par l'argent (Tableau 4-1).

Ils considèrent qu'il n'est pas nécessaire de soustraire la charge électrique résiduelle,

déterminée en milieu exempt d'ions Ag+ (valeur très faible) pour évaluer la charge

associée au dépôt d'argent.

Nous pouvons également ajouter que le calcul de la contribution de la double couche

à partir des voltampérogrammes effectués en milieu électrolyte seul ne reflète pas

exactement le comportement à l'électrode des anions sulfate dans le milieu contenant

les ions métalliques.

En effet, Uchida & co. [20] présentent un graphique de la quantité d'anions sulfate

présents à la surface de Au(lll) en milieu électrolyte seul et au cours du balayage en

présence d'ions Ag+ en fonction du potentiel. Ils montrent que cette valeur ne varie pas

de la même façon dans les deux milieux. Aux potentiels inférieurs à 0.19 V (0.88 V vs

RHE), les anions ont tendance à se désorber d'une surface sans Ag alors qu'en présence

d'argent un grand nombre de ces anions restent adsorbés sur la couche d'argent.

Le tableau ci-dessous reprend quelques-unes des données provenant de la littérature

concernant les paramètres liés à l'interprétation des voltampérogrammes cycliques.

Au vu des résultats de la littérature (Tableau 4-1), il semble que l'application d'ime

correction à la valeur de densité de charge, reste un problème complexe. Ceci nous

persuade d'être prudent avec les conclusions que l'on peut tirer des valeurs de charge

calculées en tenant compte d'une correction.

Chapitre 4 : Dépôts de films minces par électrodéposition en sous-tension 76

Référence Technique

de mesure

Correction Charge

/

taux de

recouvrement total

Valence d'électrosorption / pcn

Bruckenstein

& co.[118]

Non Y

=

1

Seo

& CO.

[17] EQCM Non y

=

1.00 ± 0.05;

Au

;

Epen

=

0.15 V vs SHE

Ag

:

Epen = -0.70 V vs SHE

(Na

2

S

04

0.1 M + H

2

SO

4

10-3 M)

Corcoran &

CO.

[16]

Coulométrie Non à AE = 0.075 V,

6 = 0.8 me

Chen

& CO.

[12]

Coulométrie Oui

O

= 223 pC cm-2

Mrozek & co.

[18]

Coulométrie

AES

Oui

:

D.C.^

(20 pFcm2)

pic à 0.51V,

Ocoui. =

0.52 me

Oaes=

0.56 me

Itaya

&

co.

[19]

Coulométrie Oui

:

30 pCcm-2

(

2

èine et 3^ pics

d'UPD)

a =270-285 pCcm-2

(à AE

=

0 V,

CTtotai. =

~350 pCcm-3)

Garcia

&

co.

[29]

Coulométrie,

TTL

Non2 à AE

=

0.020 V,

o

=

160 fiC cm-3

y

=

1

=

z;

Au(lll)

;

Epen

=

0.470 V vs Ag

Ag(lll)

;

Epen

=

-0.478 V vs Ag

Kolb &co.

[30]

Coulométrie Oui3

;

D.C.ï

O =

380 pC cm-2 A pcn entre Au et Ag

:

1 V

' Double Couche.

2 Ces auteurs considèrent que la coulométrie est représentative du dépôt/dissolution de Ag et ne nécessite aucune

correction.

3 Charge anodique due au déplacement de p.c.n. : 50

fiC

cm-2.

Tableau 4-1 : Données provenant de la littérature sur la densité de charge, le taux de recouvrement du

dépôt de Ag par UPD sur Au(lll), la valence d'électrosorption et les pcn.

La courbe corresportdant au dépôt d'argent sur une surface de Au(lll) propre et bien

ordonnée (courbe noire de la Figure 4-8) fournit les informations suivantes :

♦ La formation du film d'argent se déroule en plusieurs étapes dont la première est

associée aux pics A' et J' et se traduit par un premier saut de charge.

♦ La densité de charge associée à la région comprise entre 0.65 V et 0.45 V vaut

c = 94 pC cm-2 (après soustraction de a = 8 jitC cm-^ associée au courant résiduel sur ce

domaine), ce qui correspond à 0 = 0.42 me (en se basant sur la densité de charge

théorique de 222 pC cm-2).

♦ Nous trouvons a = 65 pC cm-2 pour le domaine compris entre 0.45 V et 0.05 V (pics

r, H', G' et F'), c'est-à-dire 0 = 0.30 me.

♦ Le dépôt d'argent effectué entre 0.650 V et 0.050 V, juste avant le pic E', ne

correspondrait qu'à un recouvrement de 0.72 me (159 pC cm-2).

♦ Le pic E' quant à lui, est associé à lui seul, à une densité de charge de 223 pC cm-^

Pour expliquer la différence de densité de charge dans la région 1 (159 /iC cm'2) avec

la valeur théorique (222 pC cm-^), nous nous basons sur l'hypothèse suivante. Etant

donné la différence de pcn entre les surfaces de Ag(lll) et Au(lll), d'environ 1 Volt [17,

29, 31], le pcn du substrat après le dépôt de la première monocouche diffère fortement

de celui d'une surface de Au(lll) et se rapproche graduellement de celui d'une surface

de Ag(lll). Il en découle qu'une charge anodique supplémentaire va circuler au cours

du dépôt de cette monocouche. Kolb & co. [31] ont estimé qu'elle était de l'ordre de

50 pC cm-2. Ceci peut expliquer le déficit apparent que nous observons (63 pC cm-^).

La densité de charge correspondant à l'ensemble des pics d'UPD de Ag vaut

382 pC cm-2. Ces résultats sont tout à fait en accord avec ceux de la littérature. Dans le

Tableau 3-3, nous constatons par exemple que Kolb & co. [31] trouvent des valeurs très

similaires (pics Ci, C

2

et C

3

valant respectivement 100, 60 et 220 pC cm-2, c'est-à-dire

380 pC cm-2).

Nous pouvons en conclure que la formation d'un film d’argent par UPD sur une

surface de Au(lll) de bonne qualité, se produit via le dépôt de deux monocouches

complètes et successives dont la première est réalisée en différentes phases et la seconde

en une seule étape.

Détermination du taux de recouvrement par spectroscopie des électrons Auger (AES)

Dans le troisième chapitre, nous avons décrit l'installation réalisée au cours de ce

travail et permettant de coupler les expériences électrochimiques et les techniques de

préparation et d'analyse sous UHV. Les résultats présentés ici ont été obtenus dans une

installation similaire.

La détermination du taux de recouvrement de l'argent 0Ag par AES s'obtient de la

façon suivante. Dans la cellule électrochimique, le balayage de la surface de Au(lll) est

poursuivi jusqu'à une valeur de potentiel déterminée. L'électrode est maintenue à ce

potentiel jusqu'à son émersion complète de la solution. Après avoir rincé

soigneusement le cristal à l'eau Milli-Q, nous pouvons le transférer dans la chambre

d'analyse sous UHV.

Le tableau ci-dessous reprend quelques données concernant le taux de recouvrement

0Ag d'un dépôt d'argent obtenu par UPD sur une surface de Au(lll), à différentes sous-

tensions (Tableau 4-2). Par électrochimie, 0 est calculé à partir des densités de charge

correspondant aux courbes de voltampérométrie cyclique et par spectroscopie Auger,

on mesure le rapport entre l'intensité du signal de l'argent et celui de l'or. Connaissant

la valeur du rapport Ug/Uu associé au dépôt d'ime monocouche^ il est aisé d'obtenir la

valeur de 0.

Potentiel (sous-tension)

Oaes Oec

AE = 0.30 V 0.74 ± 0.05 me 0.70 ± 0.07 me

AE = 0.10V 0.84 ± 0.05 me 0.89 ± 0.07 me

Tableau 4-2 : Comparaison des taux de recouvrement de l'argent obtenus par voltampérométrie cyclique,

ft:c et par spectroscopie AES,

Oaes,

pour un dépôt de Ag/Au(lll) effectué par UPD, en milieu

H2SO4 0.1 M et AgClOi 10-^ M, à une vitesse de 10 mV s-^ et à 298 K.

Chapitre 4 : Dépôts de films minces par électrodéposition en sous-tension 78

Ces résultats montrent que les valeurs de taux de recouvrement obtenues par deux

techniques très différentes sont en bon accord. Ils mettent en évidence la fiabilité d'un

tel système de couplage des techniques.

Les dormées obtenues par spectroscopie des électrons Auger permettent de

corroborer l'interprétation des résultats qui découlent des mesures par

voltampérométrie cyclique puisque les valeurs sont fort similaires.

Densité de charge et processus prolongé de balayage en potentiel

Comme nous l'avons vu en détail, le processus de balayage répétitif d'une surface en

présence d'argent modifie progressivement l'allure des voltampérogrammes. Dans la

région des potentiels les plus positifs, les pics A/A', J/J' initialement présents se

transforment et donnent lieu à de nouveaux pics C/C. La figure ci-dessous reprend les

situations intermédiaires de ce processus (Figure 4-9). Notons que les valeurs de densité

de charge présentées sur cette figure ont été corrigées en soustrayant la valeur estimée

pour le courant résiduel.

Les valeurs de densité de charge associées à la première étape du processus de dépôt

et de dissolution de l'argent sont quasi identiques. Ceci signifie qu'il y a une

redistribution de la charge entre les différents pics. Nous pouvons en déduire que les

sites d'adsorption ou de réaction présents à la surface sont modifiés. Etant donné que la

charge associée au pic de dépôt A' est équivalente à celle associée aux pics de

dissolution A, B et C, nous estimons que ce processus se déroule sur une échelle de

temps de l'ordre du balayage en potentiel. Les sites de surface associés au pic A'

disparaissent au cours du balayage lors de la dissolution d'argent et de nouveaux pics,

B et C sont générés à des potentiels plus positifs. De plus, la comparaison entre les

courbes des Figure 4-9 a et b, indique que la densité de charge associée à un même

domaine de potentiel décroît au cours du temps.

E (V VS Ag*/Ag*) E (V VS Ag^/Ag**)

Figure 4-9 : Voltampérogrammes cycliques du dépôt en sous-tension de Ag sur AuÇlll) correspondant

au : 7^ cycle (a) et 22^ cycle après le passage à la flamme. Mesure des densités de charge (après

soustraction du courant résiduel) associées à la région comprise entre 0.65 V et 0.49 V pour le dépôt et la

D'ailleurs, l'examen de la Figure 4-8 nous montre que la densité de charge totale a

chuté de façon très importante entre le premier cycle (courbe noire) et la situation

correspondant à un long temps de balayage en potentiel (courbe verte). Elle a en fait

diminué de moitié (de 500 à 250 pC cm-2).

En outre, le saut de charge associé à la première étape du dépôt se déplace

progressivement vers les potentiels plus positifs (apparition et croissance du pic C),

alors que le dépôt de la seconde monocouche reste au même potentiel (0.025 V).

L'allure globale de la courbe verte (Figure 4-8) ne présente plus du tout la même

morphologie que la courbe noire. Elle est beaucoup moins accentuée. Le mode de

croissance du film a donc tout à fait changé. Les mesures de charge nous poussent à

conclure que dans ces conditions, le film d'argent se formerait en une seule étape

(associée au picC) qui correspondrait au dépôt d'ime seule monocouche dans le

domaine de l'UPD.

Nous pourrions dès lors nous demander si la surface de cette électrode, après avoir

subi ces types de traitements, peut être réutilisée comme substrat pour d'autres

expériences. La réponse est positive. Signalons toutefois que cette électrode d'or doit

subir une procédure de nettoyage adéquate dans le but d'éliminer l'argent

éventuellement présent sur sa surface. Elle est donc lavée dans une solution d'acide

nitrique et d'eau (proportions équivalentes), rincée dans de l'eau ultra pure et ensuite

passée à la flamme oxygénée. Cette surface présentera à nouveau un

voltampérogramme typique de l'UPD de l'argent tel que le premier cycle de la Figure

4-6.

Lorsque les expériences successives de dépôt d'argent par UPD sont effectuées sans

rincer préalablement la surface dans une solution diluée de HNO

3

avant de repasser

l'électrode à la flamme, on peut s'attendre à im enrichissement progressif d'argent au

sein de la surface d'or. En effet, il est bien connu que l'argent et l'or forment des alliages

sous certaines conditions [35,39]. Dans le cas qui nous préoccupe, même si les quantités

d'argent impliquées ne sont pas importantes, elles pourraient être suffisantes pour

entraîner la formation d'un alliage de surface.

Différentes expériences ont été effectuées avec un passage à la flamme entre chacune

d'entre elles, mais sans aucun traitement d'élimination de l'argent. Nous avons pu

constater que le voltampérogramme mesuré au cours du premier cycle (sur une surface

ayant servi au préalable pour d'autres expériences d'UPD de Ag) est différent de celui

que l'on obtient pour l'argent déposé sur une surface propre et bien définie. En effet, la

Figure 4-10 a montre la présence du pic C dès le premier cycle. De plus, les plus petits

pics tels que J/J', G/G' ou H/H', caractéristiques d'ime surface de Au(lll) bien

ordonnée, sont absents.

Après un long balayage en potentiel, on observe la même évolution des pics que

précédemment (Figure 4-10 b). Ce résultat renforce l'hypothèse que nous venons de

proposer concernant le changement de mode de croissance suivi par l'argent au cours

du balayage en potentiel. En effet, dans la région II, on remarque l'absence d'un

deuxième pic de dépôt en sous-tension. Seul le pic C' est présent lors du dépôt. Il est

directement suivi par un pic situé à un potentiel proche et inférieur au potentiel

d'équilibre de Nemst.

80

Chapitre 4 : Dépôts de films minces par électrodéposition en sous-tension

Figure 4-10 : Voltampérogrammes cycliques de VU.

le passage à la flamme : a. 2" cycle après la flamme,

Milieu : H2SO4 O.IM + Ag* 10-^M. Vitesse

E (V VS AgVAg®)

PD de Ag sur Au(lll) non traité dans HNO3 avant

K cycle après un balayage de 240 min à 3V s-^.

de balayage : 5 mV s-^. Température : 298 K.

Comparaison avec les résultats de la littérature

Le voltampérogramme typique du dépôt d'argent sur un substrat monocristallin de

Au(lll) exposé à la Figure 4-6 a, est tout à fait en accord avec les résultats de la

littérature présentés dans la série A de la Figure 4-3. L'allure générale et complète de