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L’attractivité de la profession a été traitée sous l’angle des éléments qui ont motivé les participants à choisir la profession d’éducateur social.

Avant de se centrer sur l’attractivité de la profession d’éducateur social, il est important de noter que près de deux-tiers des participants ont changé de trajectoire professionnelle au cours de leur vie. C’est après une première carrière de « professeur de musique », « dessinateur en bâtiment », « mécanicien de précision », « employé de commerce », « fleuriste », « boulanger-pâtissier » ou dans l’« accueil extrascolaire » que ces personnes se sont lancées dans des études en travail social, à l’exception d’un participant, pour qui cette réorientation s’est faite durant la première formation.

Selon les témoignages des éducateurs sociaux, les motivations du choix professionnel se différencient en trois catégories.

§ Les motivations relationnelles

La principale source de motivation dans le choix de la profession d’éducateur social pour tous les participants est la « relation » (« échanges », « contact ») avec les personnes.

« Pour moi c’était vraiment cette réciprocité, cet échange, d’être dans…oui, dans le vrai, pas dans une

idée de devoir se faire de l’argent parce qu’il faut vendre. » (Entretien ES22)

Quelques termes reviennent souvent pour évoquer l’attrait pour le rapport à l’autre : « envie de », passion », « amour de l’autre ». Un participant précise même que cela « ne me paraissait pas supportable de faire quelque chose qui n’était pas directement en lien avec la relation » (entretien ES6).

La relation avec les personnes se traduit en premier lieu par la possibilité d’« aider », « accompagner » ou « soutenir » les autres, notamment les « personnes qui en ont besoin ».

« En fait, au tout départ, j’avais vraiment envie de faire un travail pour aider les gens en fait. Pour

moi c’était important d’aider les personnes qui ont plus besoin que nous en fait. » (Entretien ES2) La motivation pour l’éducation sociale réside également dans le fait qu’il s’agit d’un métier de contact. L’opposition entre travailler avec des êtres humains et travailler avec des machines est

évoquée à plusieurs reprises : « c’est différent de travailler avec des objets ou avec des personnes » (entretien ES13) ou « je ne me voyais pas derrière un ordinateur » (entretien ES22). Un aspect favorable de la profession relevé par une participante est la quotidienneté de la relation à l’usager :

« […] c’était vraiment dans l’ici et maintenant, dans la vie de tous les jours que beh ça rendait encore

le métier plus intéressant, de pouvoir échanger là-dessus, d’être en contact avec l’autre,…de pouvoir l’accompagner…l’aider dans certaines mesures…d’être avec. » (Entretien ES22)

Finalement, certains éducateurs sociaux relèvent l’existence d’un attrait pour la population-cible. D’une part, est évoquée la possibilité de travailler avec un public spécifique pour lequel le professionnel a toujours porté de l’intérêt, par exemple, les personnes avec un « handicap », les personnes avec un « trouble de la personnalité », les « personnes toxicomanes », les « ados », les « gens un petit peu…qui ont des problèmes mentaux, etc. un handicap quelconque » (entretien ES10), les « jeunes ». Cet attrait particulier pour un public-cible peut s’associer à des motivations liées au parcours de la personne :

« Mais je pense que dans un premier temps j’ai eu envie de me diriger vers ce type de problématique

parce que ça me touchait dû à mon vécu ou parce que des personnes concernées par cette problématique étaient touchées. » (Entretien ES16)

D’autre part, l’aspect généraliste de la formation et la diversité du métier avec ce que cela implique en termes de perspectives professionnelles peuvent également intervenir dans le choix de devenir éducateur social.

« C’est vrai que la formation d’éducateur elle est très large, généraliste et puis ça, ça me ressemble.

Alors ça me permettait…ça ouvre à beaucoup d’horizons et puis beaucoup de manières d’être avec les gens. Donc ça c’était un des atouts et un des arguments et puis, oui, c’est ça, d’être très généraliste. […] Et puis cela me donne de la liberté…et puis on dit que changer de poste de travail des fois c’est presque changer de métier donc…en éducation donc, il y a peu de métiers qui permettent ça. » (Entretien ES6)

« Et puis je pourrais faire ça partout où j'irais ». (Entretien ES9)

Les motivations relationnelles vont souvent de pair avec des motivations plus personnelles. Par exemple, la motivation à aider les autres peut s’associer à la « solidarité », c’est-à-dire à une sorte de compensation pour avoir connu une trajectoire de vie plutôt « facile » ou encore à la motivation d’exercer un métier utile :

« Si je dois choisir un métier dans cette société, je ne veux pas forcément fabriquer des choses, ça ne

d’aider ceux qui en ont besoin ou d’être en tout cas dans le relationnel, dans l’humain. » (Entretien

ES21)

De même, certains participants évoquent la possibilité de combler certains lacunes et besoins personnels (« besoin de communication, d’échanges avec les gens » (entretien ES13), « besoin du contact avec l’autre ») à travers l’exercice du métier d’éducateur social.

§ Les motivations personnelles

Une autre catégorie regroupe les motivations en lien avec ses propres intérêts ou le développement personnel de l’individu. Il s’agit notamment du choix d’exercer un métier qui correspond à ses propres « valeurs »,

« Au début, cette espèce d’éducateur un peu sauveur, aidant, etc. Au début c’était quand même…j’étais

quand même vite, comment dire, content de ça c’est-à-dire d’être du bon côté entre guillemets. »

(Entretien ES5)

… qui donne le sentiment de « se sentir utile » ou encore qui permet « d’en apprendre plus sur moi-même, sur l’autre » (entretien ES22) et d’évoluer au niveau personnel avec l’usager.

« […] progresser ensemble avec quelqu’un, aller de l’avant, essayer de, autant en étant éduc ou en

étant animateur, autant soi-même, aller plus loin et autant amener ceux avec qui on est en relation aussi plus loin. […] on a tout autant de choses à apprendre, d’évolution à avoir dans nos vies, dans nos…que celui avec qui on travaille. » (Entretien ES5)

Cela peut également être l’orientation vers une profession qui représente une sorte de défi personnel.

« Qu’est-ce qui m’a poussé…? L’envie de changer, l’envie de faire quelque chose d’autre, l’envie

de…Et puis une espèce de pari fou parce que c’était…moi je ne pensais pas que j’allais réussir à faire ça parce qu’au niveau de l’écrit moi j’étais très… » (Entretien ES10)

§ Les motivations expérientielles

Finalement, l’expérience et le parcours de vie peuvent également intervenir dans le choix de la profession d’éducateur social. Pour certains participants, il s’agit d’expériences liées à leur histoire personnelle, telle que le fait d’avoir grandi dans un lieu de « contact avec les gens » durant toute son enfance en raison du travail des parents ou encore le fait d’avoir vécu soi-même des expériences de vie difficiles. D’autres participants évoquent des expériences non professionnelles de la relation d’aide comme ayant joué un rôle sur l’orientation vers l’éducation sociale, par exemple, un entourage composé de personnes ayant besoin d’aide (« j’ai habité

pendant 16 ans dans la même maison qu’une personne trisomique » (entretien ES3)) ou de professionnels de l’éducation sociale, ou encore des expériences de « moniteur de colonies de vacances ». Pour d’autres, ce sont des expériences professionnelles antérieures qui les ont poussés à choisir la profession d’éducateur social, par exemple, un premier métier qui ne plaisait plus ou encore des périodes de stages et des rencontres professionnelles enrichissantes.

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