• Nenhum resultado encontrado

La richesse spécifique, la diversité et de l'équitabilité sont devenues dans la pratique

des écologistes des indices utilisés pour comparer différents peuplements ou différents

états (variations dans le temps) d'un même peuplement. Bien que, pour Barbault (1997), la

signification fonctionnelle de ces trois composantes soit loin d'être évidente, nous les avons

néanmoins considérées pour mesurer les caractéristiques des groupements étudiés dans ce

travail.

2.7.4.1. Richesse spécifique

La richesse spécifique (S) d'une communauté ou d'un peuplement est simplement le

nombre d'espèces que comptent cette communauté ou ce peuplement. Cette mesure est

jugée insuffisante puisqu'elle ne permet pas de différencier des communautés qui

comporteraient un même nombre d'espèces mais avec des fréquences relatives très

différentes. En effet, on conçoit par exemple qu'une communauté de 15 espèces ayant

toutes les mêmes fréquences (ou les mêmes recouvrements) ne puisse pas être assimilée à

une autre comportant également le même nombre d'espèces mais dont 10 seraient rares: les

deux communautés n'ont pas la même diversité spécifique.

2.7.4.2. Diversité spécifique et équitabilité

Tout en constituant un élément essentiel de la description de la structure d'un

peuplement, la richesse spécifique ne suffit pas à la caractériser de façon satisfaisante. En

effet, l'abondance relative des espèces intervient aussi car seuls quelques pour cent de ces

dernières sont réellement abondants qu'ils soient représentés par leur densité, leur

biomasse, leur productivité ou tout autre critère d'évaluation de leur importance relative. A

l'opposé, la fraction largement majoritaire est constituée par des espèces peu commîmes,

rares ou très rares (Ramade, 1994)

La diversité spécifique a été mesurée par différents indices (= indices

d'hétérogénéité) qui prennent en compte le nombre total d'espèces et la distribution des

abondances des effectifs spécifiques (Danais, 1982). Selon Ramade (1994), lorsqu'il s'agit

de comparer des peuplements comportant des espèces de taille très variées, l'utilisation des

biomasses et/ou des poids secs par unité de surface représente une estimation plus précise

de l'abondance. Il précise que les peuplements végétaux peuvent être étudiés en évaluant

l'abondance des diverses espèces qu'ils comportent à partir du pourcentage de la surface du

sol couvert par les individus de chaque espèce. Eu égard à ce qui précède, nous avons

utilisé le recouvrement moyen des espèces à la place de leur abondance ou fréquence

relative.

1- Indice de diversité de Shannon et Weaver (1949)

cité par Frontier et Pichod-Viale (1995); Barbault (1997)

Cet indice est de la forme H = - Epi log

2

pi; pi (compris entre 0 et 1) étant la proportion

relative du recouvrement moyen de l'espèce i dans le groupement (pi = ni/Eni ; avec nj

comme recouvrement moyen de l'espèce i et Eni comme recouvrement total de toutes les

espèces). Cet indice de diversité varie à la fois en fonction du nombre d'espèces présentes

et en fonction de la proportion relative du recouvrement des diverses espèces. Il s'exprime

en "bits par individu". D'après Frontier et Pichod-Viale (1995), les indices de diversité

communément rencontrés dans les échantillons ou les inventaires, quel que soit le groupe

zoologique ou botanique étudié, sont compris entre moins de 1 bit par individu (0,5 est un

indice de diversité faible), et 4,5 bits environ, ou exceptionnellement plus, dans le cas

d'échantillons de grande taille de communautés complexes. Selon le même auteur, l'indice

de diversité maximal (ou entropie maximale) Hmax pour des échantillons comprenant 100 à

200 espèces serait de l'ordre de 8 à 9. La diversité maximale n'est jamais atteinte car, dans

un assemblage d'espèces, il y a toujours un contingent d'espèces rares.

Selon Ramade (1994), bien que l'indice de Shannon varie directement en fonction

du nombre d'espèces, les espèces rares pèsent d'un poids beaucoup plus faible que les

espèces communes. Cet indice qui penche en faveur des espèces rares (Odum, 1976)

convient bien à l'étude comparative de peuplements parce qu'il est relativement

indépendant de la taille de l'échantillon (Ramade, 1994).

L'évaluation de la diversité spécifique peut, selon Ramade (1994), se réaliser à des

échelles d'organisation spatiale différentes. On distingue trois types de diversité spécifique,

respectivement dénommées diversité a, P et y. La diversité a, encore dénommée diversité

intrabiotique, se calcule en appliquant l'indice de Shannon (Ha) au peuplement (=

groupement dans notre contexte) correspondant. La diversité y, encore dénommée diversité

sectorielle, correspond au calcul de l'indice de Shannon pour un ensemble de peuplements

pris en mélange qui appartiennent à des biotopes présents dans un même secteur

géographique. La diversité p constitue un indice de similitude interbiotope et permet de

mesurer la différence entre peuplements de deux biotopes voisins. L'indice de similitude

Hp est donné par l'expression: Hp = Haab - 0,5 (Haa + Hab); avec Haab, comme indice de

diversité a des peuplements a et b réunis. L'indice Hp varie entre 0, lorsque les

peuplements sont identiques, et 1 quand ils sont entièrement différents (aucune espèce en

commun).

2- Indice d'Equitabilité'° de Piélou ( 1966)

cité par Frontier et Pichod-Viale (1995); Barbault (1997)

R = H/Hmax =H/ log

2

S

L'équitabilité ( "eveness" sensu Piélou, 1966) ou régularité (sensu Frontier et

Pichod-Viale, 1995) est une mesure du degré de diversité atteint par le peuplement, et

correspond au rapport entre la diversité effective (H) et la diversité maximale théorique

(Hmax)- La diversité maximale ou l'équirépartition (Ramade, 1994) ou l'équifréquence

(Frontier et Pichod-Viale, 1995) correspond au cas où toutes les espèces sont représentées

chacune par le même nombre d'individus ou ont le même recouvrement (le contexte

actuel), et est alors égale au log de base 2 du nombre de taxons, soit log

2

S. L'équitabilité

varie entre 0 et 1, elle tend vers 0 quand la quasi-totalité des effectifs correspond à une

seule espèce du peuplement et tend vers 1 lorsque chacune des espèces est représentée par

le même nombre d'individus ou le même recouvrement. Selon Frontier et Pichod-Viale

(1995), pour aboutir avec 200 espèces à un indice de Shannon ne dépassant pas 4,5 bits, il

faut que la régularité soit de l'ordre de 0,6, ce qui est faible (les régularités courantes sont

de l'ordre de 0,8 et 0,9). Il faut donc que les inventaires comprennent un bon nombre

d'espèces rares.

Par ailleurs, pour qu'une espèce apporte une contribution maximale à l'entropie de

l'ensemble, il faut que sa probabilité soit voisine de 0,37, soit environ 0,53 bits.

Traduction du terme d'eveness propre pour Piélou. Frontier et Viale (1992) suggèrent de dénommer ce paramètre

3- Indice de Simpson (1949)

D = Z(Pi)^ avec pi = n/Eni

Cet indice cité par Danais (1982) mesure la probabilité pour que deux individus

extraits au hasard du peuplement appartiennent à la même espèce.

L'indice de Simpson, selon Odum (1976), est un indice de dominance car d'une part

sa valeur maximale est atteinte lorsqu'il n'y a qu'une seule espèce présente (dominance

complète) et, d'autre part, on obtient des valeurs qui tendent vers 0 lorsqu'il y a un grand

nombre d'espèces, chacune de ces espèces ne représentant q'une très petite fraction du total

(absence de dominance). Pour faire de l'indice de Simpson un indice de diversité,

autrement dit lorsqu'on pense en terme de diversité, il est plus commode de calculer

l'indice réciproque 1 - D = 1 - S(pi)^ (Gini, 1912; Greenberg, 1956) de telle sorte qu'un

indice élevé reflète une diversité élevée, ou l'inverse 1/D = l/Z(Pi)^ (Williams, 1964; Mac

Arthur, 1972). Cette dernière s'est avérée depuis plus correcte dans un souci de cohérence

avec d'autres mesures de la diversité (Hill, 1972; Daget, 1980).

Piélou (1966) signale que ces indices ne sont utilisables, en principe que dans le cas

d'un population échantillormée de manière exhaustive (échantillon "infini")...ce qui est le

cas rare. Pour une mesure "finie" (au sens mathématique), l'indice de Simpson L devient :

L = ni(ni - 1)/N(N - 1) = ni(ni - 1)/ (Zni)( Zni - 1) avec ni: recouvrement de l'espèce i et

Eni somme des recouvrements.

Dans ce travail, après avoir appliqué à certains de nos données cette dernière

expression et l'indice s'écrivant sous la forme D = Z(pi)^, et après avoir constaté que la

différence entre les deux expressions n'est pas significative (0,940 contre 0,947 pour un cas

étudié), nous avons porté notre choix sur l'indice de Simpson ayant pour expression D =

Z(Pi)^, car elle est la plus fréquemment utilisée; et en terme de diversité, nous avons utilisé

l'indice réciproque 1 - D.

Documentos relacionados