II. MATERIAIS E MÉTODOS 29 !
5. DESCRIÇÃO DAS VARIÁVEIS 33 !
Si Grize met en évidence une évolution notable de la logique classique, M. Meyer
montre les conséquences de cet état de fait sur le langage. Grize a montré que, vers 1880, les
rapports entre la logique et les mathématiques ont changé et que Frege a fait en sorte que la
logique prenne le pas sur les mathématiques. Il remplace sujet et prédicat par fonction et
argument (ou variable). Dès lors les jugements mettent en œuvre des relations ou des
conditions389. Nous en voyons la conséquence : une généralisation de l’emploi du langage
mathématique et de ses structures. M. Meyer fait remarquer à quel point le langage a envahi
les sciences humaines et la philosophie, pour répondre à l’essor prodigieux des sciences et
de l’idéal qui l’accompagnait390. Il constate que la logique, la philosophie du langage, la
linguistique ont fait des progrès considérables en étudiant les rapports entre logique et
langage. Ainsi, le langage n’a cessé de préoccuper la philosophie : les langages formels tout
d’abord, comme les mathématiques, et ensuite le langage naturel. Or il constate que le
langage mathématique n’est pas appréhendable par la « vieille structure aristotélicienne ».
387
Sur la vision négative donnée aux sophistes par la tradition, voir les travaux « ethno – logiques » de
de Meyer : Vers l’invention de la rhétorique : une perspective ethno-logique sur la communication en Grèce
ancienne.- Louvain-La-Neuve : Peeters,
1997.-388
Une rhétorique qui veut plus « convertir » que « convaincre » dans les sciences humaines, selon le
point de vue repris par Gardin. « Tout se passe comme si la fonction de telles œuvres était moins de
convaincre que de convertir » Gardin 1987 : 8-10
389
Grize 1967 : 140
390Le domaine dans lequel s’insère M. Meyer est la philosophie. Il revient sur l’histoire
de la rhétorique classique avec le travail de direction de l’ouvrage sur l’Histoire de la
rhétorique des Grecs à nos jours391. Il élabore d’autre part sa propre théorie (dans la
continuité des travaux de Perelman), dont la notion centrale est « ce qui pose problème ». Il
cherche lui aussi de nouveaux fondements : selon lui, depuis la fin du siècle passé, la pensée
et la raison, ainsi que la pensée comme raison, sont en crise. Il constate lui aussi (nous
voyons qu’il est loin d’être le seul) que le fondement même de la rationalité se trouve remis
en question. Il cherche à donner une définition au raisonnement et à lui trouver des
fondements philosophiques nouveaux pour remplacer ceux qui sont devenus obsolètes. Il
nous intéresse lorsqu’il étudie les rapports entre penser, dire, et raisonner392. Ces questions
sont au cœur de la définition du discours scientifique, lorsque l’on considère celui-ci comme
une partie d’un tout plus vaste qui est la communication scientifique.
Comme Toulmin et Perelman, Meyer voit les choses sous un angle éminemment
pratique : il s’efforce de trouver « ce qui permet de résoudre les questions qui se posent à
nous, un principe de résolution qui autorise la décision ». Or la décision a toujours été
considérée comme hors-question dans les problèmes de l’argumentation. La réintroduire
comme une composante indissociable de la communication scientifique nous semble
pertinent dans le cadre de notre objet d’étude. Les publications scientifiques doivent
transmettre des connaissances et des méthodes, mais argumenter aussi sur le choix des unes
en opposition à d’autres et ainsi fonder la vision du monde qui constituera, qui signalera les
caractéristiques du paradigme dans lequel elles sont produites.
Pour Meyer, la rhétorique se définit comme art de parler et de faire preuve
d’éloquence devant un public pour le gagner à sa cause. Cela va de la persuasion à la
volonté de plaire. Il note que le caractère argumentatif est présent depuis le début : on
justifie une thèse par des arguments, mais l’adversaire en fait tout autant. Lorsque Meyer
définit la rhétorique comme « procédure rationnelle de décision en situation d’incertitude,
de vraisemblance, de probabilité393 », il donne, selon nous, sa vision du raisonnement, d’un
mode de pensée qui traite de thèses discutables et qui s’affrontent, jusqu’à ce que des
arguments emportent la conviction par le jeu d’une dialectique.
Meyer revient sur les trois aspects de la rhétorique, sur ce qu’Aristote avait posé dès
le départ puisqu’il l’avait bien vue dans le sens d’une relation, comme un triptyque qui
unirait un orateur, un auditoire et un message. Ces trois aspects étaient appelés en Grèce
ancienne : ethos, pathos et logos. Ainsi la rhétorique se laisse définir comme un rapport
intersubjectif entre unlocuteur (ethos) et un auditoire (pathos) via un ou du langage (logos).
C’est une conception unitaire de la rhétorique sur laquelle il insiste et qui prend autant en
compte le logos, que l’ethos et lepathos, et leur interaction. Ce qui a été développé dans le
style (organisation du discours) est de l’ordre dulogos; ce qui est de l’intention de l’orateur,
de l’ethos; et ce qui peut être manipulation, charme, envoûtement, verbiage sans fond sur ce
qui plaît ou émeut relève dupathos. Pour lui les trois sont indissociables394.
De l’analyse de l’ancienne rhétorique et de son renouvellement par Toulmin et
Perelman, Meyer tire une nouvelle manière de fonder l’argumentation, avec le concept de la
problématologie. Il constate que l’argumentation a été la théorie de la raison bien avant que
391
Meyer (dir.) [1999] Histoire de la rhétorique des Grecs à nos jours.- Paris : LDP, 1999.- (Essais ;
4238)
392Meyer 1983
393
Meyer 1993 : 13
394Meyer 2005 : 11
la philosophie ou que la science ne s’en emparent. Avant de s’effacer en l’une ou sous
l’autre. Le raisonnement deviendra alors formel, et plus tard mathématique. Ce ne sera
qu’au XXe siècle que la rhétorique resurgira en propre grâce à l’étude du langage et comme
phénomène de langage [Meyer 2005]. Meyer définit la rhétorique comme « négociation de
la distance entre les individus à propos d’une question ». Dans le cadre de la communication
scientifique et du jeu des divers paradigmes qui doivent affirmer leur identité et leurs
présupposés et les justifier, cette conception semble tout à fait recevable. Elle vient ainsi
enrichir la définition que l’on peut donner au discours scientifique et aux caractéristiques
qui en sont attendues.
Après avoir étudié les fondements possibles de l’argumentation par le passé et dans
le présent, Meyer conclut qu’il il est aujourd’hui peu probable qu’une nouvelle
métaphysique puisse écarter à nouveau la rhétorique et faire revivre la nécessité
mathématique comme modèle de discours et de pensée395.Après avoir étudié le positivisme
qui a fait de la science existante au XIXe siècle, avec ses réponses, le modèle de toute
réponse possible, il estime que celui-ci fournit une réponse qui n’est pas elle-même
scientifique : car elle n’est vérifiable ni logiquement ni expérimentalement, ce qui prouve
que le positivisme est lui-même infondé aux yeux de ses propres normes.
Il montre ainsi que les sciences humaines, et pas seulement la philosophie, se sont
découvertes marquées par la rhétorique. On lui a donné des noms divers comme
« herméneutique » ou « interprétation du passé » (pour l’analyse des messages plurivoques
qu’il nous transmet). On a aussi appelé ça « analyse poétique » ou « esthétique » ou encore
« analyse du discours » quand on s’est rendu compte que le sens de nos propos était toujours
multiple en principe et que notre logique avait non une rigueur naturelle, mais construite.
Pour mener à bien l’usage du raisonnement dans les publications scientifiques, il reste ainsi
qu’il est nécessaire de traiter l’argumentation comme une composante incontournable.
Conclusion
Le milieu du XXe siècle apparaît comme un tournant où certains renversements
commencent à s’opérer dans l’approche du discours dans les sciences humaines. Les travaux
s’attachent à étudier ce qui peut fonder le raisonnement spécifique qui va s’y déployer.
Entre logique et rhétorique, l’argumentation constituerait-elle un moyen terme ?
L’argumentation apparaît centrale dans les préoccupations des sciences humaines depuis le
milieu du XXe siècle. Serait-elle ainsi à l’intersection entre les sciences dures et les sciences
humaines ? C’est pour nous le problème fondamental qui doit permettre de nous approcher
notre objet d’étude et sa spécificité : les publications scientifiques.
Dans le manuelFrançais : méthodes & techniques, on note : lorsqu’un auteur a pour
objectif de prouver à son destinataire le bien-fondé d’une idée, de montrer que sa prise de
position est la bonne, il écrit un texte argumentatif396. Nous pouvons donc penser que les
discours scientifiques sont des textes argumentatifs. Ils peuvent avoir diverses fonctions : un
fonction persuasive ou une fonction polémique. Dans leurs caractéristiques d’organisation,
on voit apparaître une stratégie de démonstration. Son organisation est donc subordonnée à
cette stratégie. On peut observer une relation au point de vue adverse : l’auteur va tenir
compte ou non du point de vue adverse, et cela d’une manière explicite ou implicite. On
395
Meyer 1993 : 8-9
396
Crépin, Loridon & Pouzalgues-Damon [1992] Français : méthodes & techniques.- Paris : Nathan,
1992.- p. 73
verra le développement d’un raisonnement. Des relations entre théorie et exemple
apparaîtront. Tous ces éléments sont à considérer comme faisant partie du système de la
communication scientifique dans laquelle s’insèrent les publications scientifiques.
Les discussions sont engagées sur la définition et la forme du raisonnement.
Plusieurs conceptions s’affrontent, qui peuvent aller du choix d’une démonstration pure à
des formes d’argumentation plus ou moins formelles. Dans une conception héritée de la
logique mathématique et du logicisme il sera vu comme un calcul. Cette conception semble
découler des travaux de Boole qui a donné une forme mathématique aux expressions de la
logique formelle. Il s’en dégage deux notions importantes : celle de proposition, qui
formalise les énoncés et celle d’inférence, qui établit des liens formels entre les
propositions. Dans cette conception, les démonstrations visent à une objectivité presque
absolue et il n’y est pas question de sujets mais d’objets qui sont détachés des observateurs.
La conception logiciste s’approche de celles des mathématiques : en mathématique les
théorèmes y sont comme vrais par eux-mêmes, en ce sens que leurs démonstrations ne sont
pas l’occasion d’actes de paroles mais des suites d’expressions bien formées. La logique
mathématique sépare absolument la forme de la matière397.
Opposées au logicisme, des études ont approfondi le rôle et la signification que l’on
pouvait attribuer à l’argumentation, et ses liens avec le syllogisme, la démonstration,
l’emploi des arguments selon le champ où ils sont employés, et le contexte de son
énonciation. Il s’agit alors d’une logique naturelle, d’une théorie de l’argumentation, d’une
nouvelle rhétorique ou d’une problématologie qui se distinguent de la logique
mathématique. Dans tous les cas il y est question d’une argumentation : elle construit
progressivement ses objets au lieu de se les donner d’entrée de jeu entièrement déterminés
par des axiomes. De plus, on y tient compte de sujets, de locuteurs, qui restent toujours
présents à leur construction. Le résultat peut être appelé une « schématisation » [Grize 1983]
dont les auteurs assument explicitement les énoncés. Tandis que les énoncés de la logique
mathématique ne sont pris en charge par personne.
Les nuances qui vont de la démonstration à des formes d’argumentation dans la
langue dans la langue elle-même sont subtiles. Une expression issue de la logique classique
est primordiale et a connu un succès illustré par l’Encyclopédie : c’est la logique
classificatoire. C’est un des fondements des processus qui président à l’activité scientifique.
Elle reste dans les esprits comme représentative d’un fonctionnement évident et
incontestable de la logique. Sa représentation la plus évidente. Le raisonnement pourra être
considéré sous un angle essentiellement dialogique. L’élaboration d’une argumentation vise
à convaincre l’auteur lui-même qui rassemble des arguments et les enchaîne, mais aussi un
auditoire qui est supposé recevoir le discours ainsi élaboré.
La forme du raisonnement qui s’est diffusé dans les sciences dures – celles-ci
constituant un paradigme donnant des règles de méthodes, de théories et de rédaction du
discours - a servi de modèle à tel point que les sciences humaines apparaissent en regard
comme « non-scientifiques ». Le modèle du raisonnement est fondé sur des critères de
rationalité et d’expérimentation qui trouvent en partie leur origine dans le doute de
Descartes qui, pour retrouver des propositions vraies, doit user d’une méthode qui emprunte
aux mathématiques « la certitude et l’évidence de leurs raisons398 ». Nous pouvons noter au
passage le rôle d’un élément « arbitraire », comme le note Kuhn, dans l’établissement et la
397
Grize 1983
3981995.-diffusion de la méthode de Descartes. C’est qu’au moment où le Discours de la méthode a
été rédigé, « il se plaisait alors surtout aux mathématiques ».
Descartes apparaît comme le point de repère du passage d’un système, d’une
conception même de l’application de la logique à une autre. A tel point que l’on assimile
même dans le langage courant les deux termes : être « cartésien » équivaut à être
« logique ». Descartes a affirmé que « la raison était la chose du monde la mieux partagée ».
Au point que « être rationnel » équivaut à utiliser uniquement de la déduction et dans cette
déduction, uniquement des faits observables, considérés comme « objectifs ».
Philippe Roqueplo note comme un fait d’importance cette démarche qui s’est
installée avec Descartes, Leibniz et Kant399. La « philosophie pratique » de Descartes a eu
un retentissement sur notre manière de penser et sur notre connaissance en tant que telle, qui
a permis à la technique de s’instaurer comme la pierre de touche de la vérité. La philosophie
de Descartes va de la conscience à l’extériorité physique : c’est la connaissance scientifique
qui permet à l’homme de se concevoir « maître et possesseur de la nature ». Poursuivie
inlassablement depuis trois siècles, cette méthode qui fonde la science moderne a engendré
comme conséquence que l’homme occidental a entièrement soumis la Nature par la
technique et totalement évacué une vision où celle-ci était dépendante des dieux ou
autonome. Un résultat de cette appréhension du réel est de créer une nouvelle
« susceptibilité épistémologique », nous dit Roqueplo, où la vérité est dépendante de
l’expérience manipulatrice et non plus de l’intuition, par exemple. La vérité de la science est
ainsi depuis ce moment soumise aux conditions expérimentales – elles-mêmes fondées sur
des techniques – et à la réussite ou à l’échec des conditions d’expérimentation. La vérité se
transcrit ainsi en réussite et efficacité techniques. Ainsi, la démarche de mécanisation va
prévaloir durant une bonne partie du XXe siècle, en continuation des travaux des logiciens et
des mathématiciens du XIXe siècle.
Cette approche technologique va devenir d’autant plus prégnante que la logique
mathématique aura permis la naissance des calculateurs après que Turing a conçu sa célèbre
machine. L’ordinateur, et d’autres systèmes techniques comme les centrales nucléaires par
exemple nous dit P. Roqueplo, constituent les manifestations matérielles des connaissances
qui les ont rendus possibles400. Les systèmes informatisés, comme « systèmes logiques »,
semblent donc posséder une autorité et une justification intrinsèques que personne ne songe
à mettre en cause. Puisqu’ils sont des systèmes logiques, ce que l’on peut formaliser par leur
intermédiaire pourrait aussi être, de manière quasi automatique, justifié puisqu’ils résultent
d’une validité formelle a priori. Ce phénomène s’étend ensuite au contenu, et la
structuration du discours ainsi engendrée par un système informatisé semble ainsi devenir
« logique » par essence, ce que nous pourrons étudier plus en détail le chapitre suivant.
399
Roqueplo [1981]L’empreinte emprise de la technique in Culture technique, Cahier spécial
ethnotechnologie no.2, 1981 pp. 155-165
400
CHAPITRE 3
L’ENONCIATION EDITORIALE :
Organisation de la forme
Introduction
Nous avons parcouru l’« intérieur » du discours et nous avons examiné le rôle que
jouaient principalement les techniques intellectuelles pour la structuration de son contenu.
Nous devons maintenant nous pencher sur les effets des techniques qui ont façonné les
formes matérielles de l’écrit et son inscription sur des supports. De même que Francis Balle,
nous considérons que les techniques de l’écrit sont le point de départ d’une histoire des
médias, qui se confond avec l’épopée de l’écriture sous toutes ses formes, et en particulier
celle du livre et de la presse imprimée401. Nous voulons nous inscrire dans une chronologie
et mettre l’accent sur l’écriture, qui est la forme dans laquelle les discours se sont inscrits et
pérennisés. Nous devrons aborder ensuite l’aspect écrit et toutes les possibilités qu’il va
offrir, au travers de l’imprimerie, « creuset où se sont fondues, inséparablement, la pensée et
la civilisation modernes. Après le miracle grec il y eut, pour la démocratie, le miracle des
rotatives et des libertés ; offerte à tous, ouverte à tous les sujets »402.
Des auteurs divers ont réfléchi sur l’analyse de discours et ils ont voulu observer « la
complexité des phénomènes » dans ce domaine, selon les mots de Magid Ali Bouacha403.
Les questions sont donc des questions de méthode, affirme-t-il : quelles sont les unités ou
les catégories discursives que l’on peut dégager ? Les outils linguistiques sont-ils
susceptibles, non pas d’être étendus au discours, mais d’entrer dans la constitution d’un
complexe analytique qui rendrait raison de ces unités ou catégories ? Cela nous semble être
d’excellentes questions qui élargissent le périmètre de la réflexion au lieu de la limiter
strictement au « discours ». Nous avons vu J.-C. Gardin scruter le discours et le texte au
travers des diverses analyses qui étaient possibles à l’époque où il se posait ce genre de
questions. Ayant trouvé un certain nombre d’éléments qui alimentaient les critiques qu’il
avait originellement formulées, il a arrêté là ses recherches linguistiques. Il pose alors un
problème supplémentaire qui est le « caractère non linguistique du problème de la
représentation des connaissances404 », problème qui selon lui a été mis en évidence par
Allard, Perriault [et al.], dans l’ouvrage traitant de L’économie générale d’une chaîne
documentaire mécanisée(1967).
Il nous semble que nous pouvons trouvons des éléments de réponse intéressants aux
interrogations qui étaient restées en suspens si, au discours, nous ajoutons une dimension
supplémentaire. Nous pourrions même dire une « troisième dimension » puisque nous allons
401
Balle 1997 : 69
402Balle 1997 : 67
403Bouacha 1993
404
Gardin 1991 : 184
faire intervenir des composantes spatiales, des « mises en scène », qu’il apparaît dorénavant
possible d’analyser, avec les avancées des théories transdisciplinaires de ces dernières
décennies. Un certain éclectisme peut être observé dans ces courants : linguistique
transphrastique, théoriciens de l’énonciation, de la réflexion sur les genres discursifs, de
l’analyse des discours médiatiques, politiques, philosophiques, et littéraires. Il y a ainsi un
caractère pluridisciplinaire dans ce genre de travail. La même pluridisciplinarité correspond
aussi à la démarche des sciences de l’information et de la communication et peut ainsi être
intégrée dans notre réflexion.
Nous allons donc parcourir et utiliser des notions nouvelles, ou de nouveaux points
de vue sur des notions anciennes qui seront ainsi « reconfigurées ». La dimension spatiale
du texte, des discours, de l’imprimé et du numérique va ainsi se dessiner avec tout son
relief. Cette spatialité va nous permettre de comprendre mieux l’imbrication, jusqu’alors
assez mystérieuse, entre le fond et la forme. Nous verrons ainsi que les techniques
intellectuelles que nous avons parcourues se parent alors d’une redoutable efficacité dès lors
qu’elles sont mises en œuvre par des techniques de composition, d’ordonnancement, de
pagination, de déroulement ou de sauts, selon les cas de figures. Le support imprimé a mis
quelques siècles à s’organiser en des schémas qui sont devenus tellement inhérents à nos
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Caraterização Imagiológica de Patologia Maxilar
(páginas 59-63)