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CAPÍTULO IV – APRESENTAÇÃO E DISCUSSÃO DOS RESULTADOS

4.2. Perfil do professor

4.2.3. Desenvolvimento profissional e pessoal

Pour saisir la temporalité des transformations de l’expertise de l’Est, il faudra distinguer différents niveaux d’analyse, pour mieux les articuler ensuite : l’approche épistémologique, l’approche individuelle et l’ancrage dans les changements territoriaux et politiques régionaux. Ces trois approchent s’imbriquent et traversent notre étude.

(1) Une approche centrée sur les pratiques individuelles de

l’expertise et leur temporalité

En cohérence avec la lecture de l’expertise selon sa fonction sociale, nous avons choisi des experts à partir de leur ancrage institutionnel. Ils occupent une fonction de miroir grossissant de la culture politique contemporaine. Les profils retenus sont ceux de chercheurs qui mettent leurs connaissances et leur méthode au service de leurs convictions ou au service d’une institution de conseil politique. En traitant des experts qui se caractérisent par une subordination à un cadre politique, une volonté individuelle d’affirmation et d’influence intellectuelles, ce n’est donc pas une prosopographie d’un groupe social homogène ou d’une génération que nous proposons ici, mais celle d’un groupe qui est défini par une activité sociale, dans une perspective à la fois transnationale et comparatiste. Ce groupe se différencie de la prise de position publique ou du dialogue avec l’administration et la diplomatie des universitaires d’avant 1918, mais hérite de cette pratique gagnant une légitimité nouvelle avec les besoins de la vie publique dans les États allemands et polonais après 1918, dans l’organisation des débats internes et internationaux. L’expertise naît de l’institutionnalisation de cette activité au cours des années 1920, avec d’importantes restructurations, après 1926 en Pologne, et 1933 en Allemagne. Les institutions allemandes connaissent une forte croissance durant la guerre, contrairement aux institutions polonaises, mais les pratiques perdurent un temps hors du cadre institutionnel, preuve de leur pérennisation.

L’historiographie, le renouvellement des générations aidant, s’est intéressée à ceux des

Ostforscher actifs après 1945, qui avaient été formés durant ou après la 2e Guerre mondiale. Cette évolution accompagne la recherche menée sur le domaine dans son ensemble, et sa fonction

politique98. L’approche à l’échelle individuelle permet d’éclairer d’un autre jour les évolutions de la

production, de la diffusion et l’utilisation des connaissances sur l’Est et d’illustrer la palette de

réactions possibles à la brutalité du XXe siècle et surtout les différentes temporalités de cette réaction.

C’est pour mieux comprendre quelles ont été les démarches qui ont été déployées par les experts avant que le cadre juridique et international de l’ère des accords d’Helsinki (1973-1975) n’entre en vigueur, que nous nous concentrons sur la période précédant la ratification des traités de Moscou et de Varsovie (1970-1972). Cette période de relative isolation, et d’incertitude face à l’avenir des frontières européennes, offre le meilleur cadre pour observer les efforts à l’échelle individuelle et collective pour la révision des conceptions traditionnelles de l’Est polonaises et allemandes.

L’autre temporalité qu’il faut interroger est celle des experts eux-mêmes. En effet, contrairement à d’autres activités publiques, comme celles de responsables politiques99, l’expérience des experts n’est pas un élément explicité dans les textes, alors qu’il est présent à l’esprit de leurs interlocuteurs : par exemple, dans la réputation d’expert de l’Est, du fait d’origines familiales, ou d’une expérience de guerre connue des contemporains de l’expert. Un expert venant de l’Est peu également être porteur d’un accent immédiatement identifié mais perdu dans les traces écrites. Les manières que ces experts ont de maintenir l’équilibre entre la réputation de connaissance de l’Est et les gages de loyauté qu’ils offrent aux sociétés auxquelles ils s’adressent, ou encore, d’adapter leurs discours et les références utilisées selon les cercles dans lesquels ils agissent, indiquent les évolutions collectives de leurs rapports aux sociétés et pouvoir étatique, qu’ils ont pour mission d’éclairer. Christian Ingrao, dans son analyse du rôle hybride des intellectuels de la SS, entre conception et action, place sa problématique à la croisée de la pratique experte, de la mythologie politique nazie et de l’expérience individuelle et collective de la génération de ce qu’il appelle les enfants de 1914-1918. Selon lui, l’analyse du discours

est « loin d’être un parler vide »100, il faut articuler le discours idéologique avec les comportements

pratiques. Transposé à l’étude de l’expertise de l’Est, il s’agirait d’articuler les pratiques de production de textes d’expertise, avec d’une part, l’expérience de ces experts de leur objet d’étude et le discours social sur leur objet d’étude.

98 BURLEIGH, Germany Turns Eastwards, op. cit., 1988, PETERSEN Hans-Christian et KUSBER Jan (dir.), Neuanfang im Westen: 60 Jahre Osteuropaforschung in Mainz, Stuttgart, Steiner, 2007 (Beiträge zur Geschichte der Johannes

Gutenberg-Universität Mainz), UNGER, Ostforschung in Westdeutschland, op. cit., 2007.

99 Par exemple, l’analyse de l’usage des souvenirs de la 1e Guerre mondiale chez les députés de la République

de Weimar, dans les discours politiques, par PATIN Nicolas, La catastrophe allemande: 1914-1945, Paris, Fayard,

2014, notamment le chapitre 2 : Des expériences de guerre.

(2) Interpréter les sources de l’expertise comme bornes des paradigmes

Pour reconstituer les références intellectuelles des experts, le corpus est constitué des publications des experts. Une publication implique un travail de recherche préalable, un effort fourni pour calibrer le ton et les informations aux attentes du public, plus ou moins large, plus ou moins spécialisé. Leurs textes permettent d’interroger la manière dont les experts inscrivent leurs analyses tant dans la culture scientifique contemporaine que dans la culture politique. Cette démarche est significative pour comprendre, au-delà des prises de position des experts étudiés, leurs pratique d’expertise : quelles sont les sources qu’ils mobilisent et quelle utilisation ils en font. Il n’en reste pas moins que le contexte historique de ces publications est important, et il s’agira dans la mesure du possible, de mettre en perspective les publications étudiées avec d’autres sources non publiées des auteurs. La référence primaire aux textes publiés vise à éviter les procès d’intention, la réinterprétation

a posteriori des intentions des experts reposant sur des sources non contemporaines, de type mémoires ou les sources contemporaines traduisant leurs stratégies de positionnement institutionnel,

comme la correspondance professionnelle101. Ces sources ne sont par ailleurs pas soumises aux mêmes

normes qu’un texte qui ambitionne de présenter une analyse experte. Lorsque ces sources, autres que les textes d’expertise, sont disponibles, elles restent bien évidemment utiles à l’analyse des expertises. Mais puisqu’il s’agit d’observer l’évolution des pratiques de l’expertise, comment se forment les normes de communications dans ce domaine, la sélection des sources se concentre sur celles qui considérées comme légitimes et qui offrent une lisibilité du projet politique.

Le corpus collecté est à la fois hétérogène et homogène, parce qu’il rassemble des matériaux d’une nature similaire : des archives institutionnelles, avec des rapports d’activités, réunions d’un conseil scientifique, ainsi que des textes scientifiques, articles de revue, ouvrages, venant de périodes

101 On peut prendre comme exemple ici, l’étude de Martin Burkert sur les institutions allemandes d’expertise

de l’Est et les critiques qui lui ont été adressées, sur le manque de distance par rapport aux stratégies de

concurrence institutionnelle et personnelles : Martin BURKERT, Die Ostwissenschaften im Dritten Reich,

Harrassowitz Verlag, 2000, et les recensions : Jörg HACKMANN, « Martin Burkert, Die Ostwissenschaften im

Dritten Reich. Teil 1. Zwischen Verbot und Duldung, Wiesbaden 2000: [Rezension] », Archiv für

Sozialgeschichte, 2001, 41., pp. 719-722, et Christoph KLEßMANN, « Review of Die Ostwissenschaften im Dritten Reich. T. 1: Zwischen Verbot und Duldung. Die schwierige Gratwanderung der Ostwissenschaften zwischen

1933 und 1939 », Historische Zeitschrift, 275 (1), 2002, pp. 250-253, mais aussi MÜHLE Eduard, « Ostforschung

und Nationalsozialismus. Kritische Bemerkungen zur aktuellen Forschungsdiskussion », Zeitschrift für

et d’espaces (et donc de langues) différents. L’analyse que nous faisons de ces textes de nature analogue permet de faire ressortir les différences liées aux spécificités de chaque contexte historique et politique des acteurs et institutions. Mais aussi, ce traitement commun nous laissera voir les préoccupations communes sur le fond ou sur la forme, à travers le temps et l’espace, des experts et surtout l’écho des travaux d’un expert sur les autres. Pour retracer ces parcours, nous pouvons

également utiliser les entretiens que nous avons menés102, ainsi que les mémoires publiés par eux ou

par les hommes politiques ou les universitaires avec lesquels ils travaillaient, et la correspondance menée dans le cadre professionnel. Cette entrée nous permettra de traiter des parcours très diversifiés et de mettre en évidence certains paradoxes ou ce qui pourrait sembler relever du double discours. Mais aussi et surtout de mettre en valeur les étapes d’une éventuelle distanciation. D’autre part, la période étudiée est majoritairement marquée par des régimes politiques offrant peu de libertés publiques et intellectuelles. Cependant, l’analyse synchronique des différents auteurs permet d’établir l’étendue des discours possibles à un moment donné, dans un lieu donné, et ainsi d’individualiser, en remarquant les différences, les positions des experts à travers leurs écrits.

Sur cette période assez longue, les évolutions conceptuelles, en parallèle aux évolutions matérielles, ont été fondamentales, bien que souvent équivoque et rarement à sens unique. Des

personnalités plus indécises ont bénéficié de l’intérêt des historiens, telles que Gotthold Rhode103 ou

Otto Hoetzsch104. Nous voulons à notre tour revenir sur leurs hésitations, leurs contradictions et leurs

pensées inabouties qui ont constitué l’intermédiaire entre les paradigmes. Certaines trajectoires de pensée et de vie se sont heurtées aux mythes politiques sur la thématique de l’Est et ont tenté de réfléchir aux implications de leur pensée sur l’Autre oriental européen pour la perception de soi à l’extérieur. Le corpus de notre étude recouvre une étendue large tant sur le plan géographique que thématique, nous avons donc développé une organisation visuelle de l’analyse en support à notre étude. Sur la synthèse visuelle de l’espace-temps, nous allons tracer le parcours des experts, pour souligner l’ancrage dans le temps et l’espace de leur expérience de l’Est. Dans la dernière partie, les efforts d’experts cherchant à repenser le paradigme de l’expertise de l’Est après 1945 concentreront notre attention.

102 Voir la liste indiquée dans les sources primaires.

103 ECKERT, Zwischen Ostforschung und Osteuropahistorie, op. cit., 2012.

104 Voir l’ouvrage de Gerd VOIGT, Otto Hoetzsch: 1876-1946 ; Wiss. u. Politik im Leben e. dt. Historikers, Berlin,

Akademie-Verlag, 1978, sur la base de sa thèse : Otto Hoetzsch 1876-1946: Ein biogr. Beitr. zur Geschichte d. dt.

Osteuropakunde, Halle, 1967. Notons au passage que cette biographie fut préparée à charge, dans le contexte d’une campagne est-allemand de discrédit de la recherche allemande sur l’Est. Ainsi O. Hoetzsch a aussi fait

l’objet d’une biographie ouest-allemande : Uwe LISZKOWSKI, Osteuropaforschung und Politik: e. Beitr. zum

(3) Analyser les cadres institutionnels du débat sur l’Est après 1945

Pour constituer le corpus de cette étude, nous nous sommes concentrés d’une part sur la production intellectuelle des experts étudiés : leurs articles, ouvrages, recensions. D’autre part, sur les archives institutionnelles afin d’observer la position des experts dans leur environnement et l’organisation plus générale de la production de l’expertise.

Pour l’Allemagne de l’Ouest, nous nous sommes servis de la Société Allemande pour la Politique

Étrangère (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik – DGAP). La DGAP est un des premiers think

tanks, ou maison d’expertise de la RFA, fondé au lendemain de la 2e Guerre mondiale sur le modèle de la Chatham House, et qui devait servir de plateforme de discussion informelle entre le monde de l’industrie et la politique, dans le contexte de l’intégration (ouest-)européenne naissante, au service de la démocratisation de la société allemande.

Pour la Pologne, le Polski Instytut Spraw Międzynarodowych (l’Institut Polonais des Affaires

étrangères, PISM) fut fondé en 1947 et devait s’inspirer également du Chatham House britannique. Le PISM devait ainsi être chargé de recherche sur les questions des relations internationales et organiser la coopération scientifique internationale, domaine qui n’était pas au cœur des préoccupations de l’État polonais dans cette période de formation et d’intégration au bloc Est en formation. L’esprit du Chatham House, de faire dialoguer des hommes politiques dans un cadre bilatéral, non public mais trans-partisan, pour trouver des solutions à des conflits internationaux et créer une sociabilité dans un cercle politique élargi, ne correspondait pas vraiment aux besoins du pouvoir qui s’installait. Ainsi, le PISM s’avéra finalement être plutôt un outil de propagande, de rééducation dans les questions internationales et un outil de recueil d’information sur les questions internationales.

Enfin, pour l’Allemagne de l’Est, nous avons observé l’Institut Allemand d’Histoire contemporaine (Deutsches Institut für Zeitgeschichte – DIZ), fondé en 1949 à Berlin (Est), qui avait pour mission de préparer l’éducation historique des Allemands de l’Est, en publiant des analyses des archives mises à sa disposition, spécialement les archives de la période nazie. Cet institut, dirigé par notamment par Walter Bartel puis par Stefan Doernberg, deux activistes communistes de l’avant-guerre ayant séjourné à Moscou, le second étant devenu citoyen soviétique durant la guerre, publiait également des analyses des relations internationales et était l’interlocuteur de l’IMEMO (l’institut moscovite d’étude de l’économie internationale et des relations internationales) en RDA.

universitaire, et parfois économique, à la DGAP. Si on considère l’expertise non pas comme un objet, scientifique, objectif, mais comme une socialisation des savoirs105, on peut s’interroger sur les circulations entre les milieux politiques, académiques et d’expertise. Puisque l’expert est « condamné

à intérioriser la contrainte politique » et à définir sa propre déontologie106, que les experts observés

évoluent dans des contextes politiques très contraignants et qu’ils traitent d’un sujet fortement

marqué par un langage maîtrisé107, il nous faudra mettre en évidence ce qui différencie les pratiques

d’expertises des pratiques politiques et académiques, pour mieux comprendre l’intérêt d’observer les premières. Il est important de préciser ici que le contexte politique de chaque pays confère une fonction différente à l’expertise, qui sert différents enjeux politiques et sous une forme différente, toutefois, l’expertise dans les questions internationales a comme particularité notable qu’elle se construit en interaction ou tout du moins en contact ou en confrontation avec l’expertise des autres pays. Ainsi, si pour la RDA et la Pologne populaire, régimes caractérisés par une prise de décision centralisée au sein du parti communiste – « unifié » pour ces pays à d’autres partis politiques –, la fonction de l’expertise semble être plutôt celle d’un soutien à la propagande officielle. Il n’en reste pas moins que les acteurs provenant d’horizons divers s’approprient cette mission et semblent parfois se construire une marge de réflexion, possible dans ces institutions, à la différence des organisations de

masse, également au service de la propagande étatique108.

Malgré la similitude des régimes gouvernant la Pologne et l’Allemagne de l’Est sur la période d’après 1945, il ne faut pas négliger les profondes différences dans le fonctionnement de la vie politique et intellectuelle de ces pays : l’ancrage de ces régimes suit différents processus dans les deux pays et leurs rapports à l’URSS sont très différents, ce qui se reflète comme nous le verrons sur les pratiques et les enjeux de l’expertise dans ces pays. La RFA est un pays de front et la version « antifasciste » de l’État allemand. Or beaucoup des élites intellectuelles fuient vers la RFA : la RDA doit être un pays modèle avec peu de moyens. La Pologne a été occupée en 1939 par l’URSS et a perdu une partie de son territoire au profit de cette dernière, tandis que les communistes polonais ont largement été massacrés en 1938. L’instauration du régime populaire en Pologne repose principalement sur l’argument de la sécurité des frontières occidentales polonaises, avec un effort de conviction soviétique109, qui passe notamment par la révision de l’image de l’URSS110. En RFA, le

105 « Présentation. Des modes de socialisation des savoirs académiques », Droit et société (60), 2005, pp.

295-307.

106 CHEVALLIER Jacques, « L’entrée en expertise », Politix 9 (36), 1996, pp. 33-50.

107 ARIFON Olivier, « Langue diplomatique et langage formel : un code à double entente », Hermès, La Revue (58), 2010, pp. 69-78.

108 Voir l’étude des associations d’amitié germano-, et polono-soviétiques en annexe 6.

109 BABIRACKI Patryk, Soviet Soft Power in Poland: Culture and the Making of Stalin’s New Empire, 1943-1957, UNC Press Books, 2015.

système politique est plutôt caractérisé sur la période par la rééducation du monde politique à la démocratie pluraliste, ce qui confère à l’expertise une place royale dans cette transition politique,

notamment celle liée aux Alliés111. La classe politique reste néanmoins marquée par des inerties fortes

de la période nazie, tant sur le plan personnel que conceptuel, qui limite la progression des idées, aussi en matière de politique étrangère, ce qui se répercute dans le dialogue des experts avec la classe politique.

La transformation des pratiques de l’expertise s’inscrit dans un contexte international très dense, malgré une rareté temporaire de contacts directs, par un cadre commun du débat politique, fortement imbriqué. C’est dans ce cadre large de dialogue que nous voulons placer les réflexions individuelles des experts de l’Est après 1945.

(4) L’expertise de l’Est allemande et polonaise : émergence,

formalisation et transformation entre 1918 et 1972

Nous avons divisé notre étude en trois parties chronologiques et thématiques. La première partie sera consacrée à discerner les caractéristiques de l’expertise de l’Est en Allemagne et en Pologne jusqu’en 1939. Cette expertise est ancrée dans son contexte scientifique contemporain et en dialogue avec l’imaginaire collectif de l’Est. Dans une deuxième partie, il s’agira de suivre les pratiques de

l’expertise dans le contexte à la fois de la 2e Guerre mondiale et de la reconfiguration politique et

territoriale qui la suit. Enfin, dans une troisième partie, l’attention sera portée aux efforts entrepris par une partie des experts de l’Est dans les trois nouveaux États, pour refonder un paradigme de l’expertise et y intégrer l’histoire récente.

Pour chaque partie, nous avons donc choisi une échelle et un corpus différents, pour pouvoir suivre les pratiques de l’expertise à travers les changements politiques et territoriaux : dans la première partie, les institutions retenues sont des institutions spécialisées dans la question de l’Est, pour comprendre comment les normes de l’expertise de l’Est s’établissent. Pour cette partie, nous menons donc une étude de leurs textes, pour établir une épistémologie de l’expertise de l’Est, ancrée dans les imaginaires collectifs nationaux. Une partie de ces textes les plus pertinents pour cette typologie de l’expertise sont reproduits en annexe. Les experts étudiés dans ce cadre, sont des experts qui jouissent d’une reconnaissance publique et institutionnelle forte. Parmi ceux-ci, nous avons

und in der DDR, Köln, Böhlau, 2006.

privilégié ceux des experts qui maintiennent une activité d’expertise jusqu’après 1945, pour constituer un échantillon d’experts étudiés dans différents contextes. Pour ces experts, nous avons préparé une courte biographie professionnelle et intellectuelle, reproduite en annexe. Ces notes biographiques synthétisées sous forme visuelle, sont intégrées au corps de cette analyse, en soutien à l’interrogation sur la temporalité de l’évolution des pratiques individuelles de l’expertise.

1939

1918

Partie I

L’émergence de

l’expertise de l’Est après 1918 et sa consolidation jusqu’en 1939

Nb : en bleu, l’Allemagne, en jaune la Pologne, en vert les États baltes, en rouge, l’URSS.

La première partie couvre l’émergence de l’expertise de l’Est, dans le contexte de la sortie des