3: Desenvolvimento do caso
3.3 Caracterização do Instrumento
3.3.2 Empresas que implementaram AE nos clientes
Le nombre de Reynolds associé à l’écoulement océanique est caractéristique
de la FDT (de l’ordre de 10
11). L’observation au moyen de capteurs optiques
ayant une résolution kilométrique des structures océaniques, montre qu’à
cette échelle de résolution une multitude de structures sont identifiables ayant
des dimensions horizontales de l’ordre du kilomètre (voir figures 1.20 et 1.22).
Ces structures sont essentiellement présentes dans la couche de surface de
l’océan et se distinguent par un nombre de Rossby (Ro=U/f·L) et de
Richard-son (Ri = E
p/E
c) de l’ordre de 1. Elles ont une contribution majeure pour les
transferts verticaux et pour la variation de la densité par mélange des masses
d’eau. Elles permettent aussi le transfert de l’énergie entre la mésoéchelle
et l’échelle de dissipation. Si on s’intéresse au transport par advection des
propriétés biogéochimiques des masses d’eau dans la couche de surface, leur
étude dynamique est primordiale [Thomas et Ferrari, 2008]. Enfin elles vont
aussi fortement contribuer au déplacement de tout objet inanimé dérivant à la
surface de l’océan et contraindre le déplacement de toute la chaîne trophique
aquatique (du phytoplancton jusqu’aux prédateurs supérieurs).
Les écoulements issus de ce mode de la turbulence sont fortement
non-stationnaires avec des variations très irrégulières (intermittence) [Kraichnan,
1967b]. L’énergie contenue dans ces écoulements peut être transférée par
cas-cade directe de l’enstrophie Ω =ω
2= (
∂v∂x−
∂u∂y
)
2, w étant la vorticité) ou en sens
inverse par la cascade inverse d’énergie [Kraichnan, 1967a; Batchelor, 1969].
La limite des petites structures va être étroitement liée à l’échelle de
Kolmogo-rov (échelle de dissipation où la viscosité devient prépondérante et où Re = 1).
Enfin, et nonobstant le caractère apparemment déterministe des équations de
Navier-Stokes, les acquisitions de signaux de fluides en FDT constituent en
quelque sorte un prototype de l’imprédictabilité auquel s’intéresse la Science
de la Complexité. L’imprédictabilité peut se mesurer, entre autres, par les
exposants de Lyapunov qui indiquent le caractère exponentiel de déviation
des trajectoires à partir de conditions initiales infinitésimalement proches :
connaître une solution à un instant t du système nécessite une précision
infinie sur les conditions initiales qui implique à son tour une incertitude
ini-tiale nulle sur les petites échelles lors de leurs propagations dans les grandes
échelles. Il est donc impossible en océanographie de pouvoir respecter ces deux
postulats ne serait-ce que par nos moyens actuels de calcul limité et "imprécis".
Certains groupes de transformations spatiales et temporelles agissent sur
l’ensemble des solutions des équations de Navier-Stokes : symétries, rotations,
transformations galiléennes, et changement d’échelle [Frisch, 1995]. Plus le
nombre de Reynolds augmente et plus on observe des "brisures de symétrie" de
ces groupes d’action, jusqu’au cas extrême de la FDT où les symétries ne sont
restaurées qu’en un sens statistique. C’est de là que vient l’impossibilité de
"représenter" des signaux turbulents sur une base ou une trame Hilbertienne
fixe et selon des techniques de projection standard, ce qui explique la difficulté
de leur analyse. La théorie de Kolmogorov K41 ([Kolmogorov,1991a,b]) relie ces
propriétés au comportement de la fonctionnelle des incréments de vitesse (un
invariant galiléen) :
T
ru(x,r) = u(x+r)−u(x) (3.3)
dont la fonction de structure d’ordre 3 vérifie :
h(T
ru(·,r))
3i=−4
5r (Loi de Kolmogorov du 4/5) (3.4)
oùest le taux de dissipation de l’énergie, qui demeure fini quand Re→+∞.
On en déduit la forme générale des fonctions de structure dans le cadre K41 :
d’où l’apparition d’exposants critiques universels h
p= p/3 et la forme
stan-dard du spectre de Kolmogorov en théorie K41 :
E(k) = C
2/3k
−5/3(3.6)
On sait depuis longtemps que la théorie K41 n’est qu’une approximation
qui doit être corrigée. La raison essentielle provient de l’observation de
l’inter-mittence qui implique une correction dans les exposants critiques universels
h
p= ζ(p). Cette correction fait apparaître une décomposition du taux local
de dissipation de l’énergie sous la forme d’une cascade multiplicative dont le
support est un ensemble de nature fractale dont on a déterminé les
caracté-ristiques dans le cas de modèles particuliers, par exemple le modèle noir et
blanc aléatoire de Novikov et Stewart en 1964 ou encore le modèle β aléatoire
de Benzi et al. [1991].
L’existence d’exposants critiques dans le comportement asymptotique
des fonctions de structure des incréments de vitesse d’un flot turbulent
est la signature de la présence d’une structure multiéchelles, de nature
multifractale. L’invariance d’échelles est bien connue en physique, elle est
associée à de nombreux phénomènes étudiés depuis longtemps, par exemple
les transitions de phase [Stanley, 1987]. D’une manière générale, au voisinage
d’un point critique, les variables thermodynamiques ainsi que les
corréla-tions spatiales ont un comportement en loi de puissance qui constitue une
signature de l’invariance d’échelles [Turiel et al., 2008]. Il est admis que les
exposants critiques, c’est-à-dire les exposants qui apparaissent dans les lois
de puissance au voisinage d’un point critique, s’ils peuvent être déterminés,
donnent accès à la hiérarchie multiéchelles permettant de caractériser la
classe d’universalité d’un système. En particulier ils permettent de localiser les
phénomènes de cascade multiplicative, par conséquence ces variétés critiques
sont donc nécessairement de nature multifractale. Dans ce qui suit, nous
allons détailler le Formalisme Multiéchelles Microcanonique qui permet de
déterminer effectivement les variétés critiques dans un signal d’acquisition.
Mais avant cela, il nous faut rappeler les approches antérieures, qui ne
déterminent pas les exposants critiques localisés, mais d’autres exposants
-qui leurs sont nécessairement liés - calculés, comme dans le cas des
fonc-tions de structure de la turbulence, de manière globale au travers de l’étude
des moments. Les variétés critiques étant, comme nous l’avons dit, de nature
multifractale, nous commençons par rappeler les idées de base sur la fractalité.
Il existe plusieurs définitions non-équivalentes de la notion de dimension.
L’une des plus simples est la dimension de boîte : si X est une partie non vide
d’un espace métrique, soit N(s) le nombre minimal de boules de diamètre s
nécessaires pour recouvrir X. La dimension de boîte de X, dim
B(X) est :
dim
B(X) = lim
s→0
logN(s)
log(1/s) (3.7)
quand cette limite existe. Cette définition ne conduit pas toujours à des
"dimensions raisonnables". Par exemple si
X ={1/n , n∈N− {0}} ∪ {0} ⊂R (3.8)
alors dim
B(X) = 1
2 alors qu’on s’attendrait à une dimension nulle. Pour
remé-dier à ce genre de difficulté, il existe une autre définition de la dimension, qui
remonte à Hausdorff et qu’on appelle pour cette raison la dimension de
Haus-dorff. Etant donné δ > 0, soit un recouvrement de X par des ouverts (U
i) tels
que diam(U
i)< δ. On pose :
dim
δH(X) = lim
s→0
inf
UiX
i
diam(U
i)
s(3.9)
puis dim
H(X) est l’inf des δ tels que dim
δH(X) < ∞. La dimension de
Haus-dorff de l’ensemble X ci-dessus : X = {1/n , n ∈ N − {0}} ∪ {0} ⊂ R est
nulle. Bien qu’elle soit plus satisfaisante d’un point de vue mathématique, la
dimension de Hausdorff est en pratique difficile à calculer. On a toujours :
dim
H(X)<=dim
B(X). Dans les approches de la multifractalité par les fonctions
de structure, que nous allons maintenant rappeler, la notion de dimension
in-tervient pour définir le spectre de singularités.
3.3 Spectre de singularités et description
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Implementação de um programa de arquitectura empresarial : contributos de cinco empresas portuguesas
(páginas 85-91)