Parte II – Trabalho investigativo
Capítulo 2 Enquadramento teórico
Notre modélisation des complexes enzyme-substrat, enzyme-état de transition et enzyme-
intermédiaire métastable suggère une déformation de la structure du substrat durant la réac
tion. Dans la réaction catalysée par la barnase, la contrainte structurale apparaît principale
ment localisée autour de l’angle de torsion E(o) qui adopte une conformation énergétiquement
défavorable à l’état de transition. La forte interaction électrostatique du phosphate (-1-1)
avec le site actif, en particulier les ponts H avec les Arg 83 et 87, et le nombre de ponts H entre
la guanine et le reverse tum pourrait stabiliser la déformation de la structure du ribose-phos
phate durant la catalyse. En outre, les ponts H entre l’02’ du ribose (0) et les Arg 83 et Tyr 103
lorsque la structure du ribose-phosphate est proche de l’état de transition, sont de nature à
fragiliser la liaison 02’—H02’ dont le clivage est la première étape de la catalyse. Nos résultats
suggèrent aussi que les réarrangements structuraux nécessaires pour convertir la structure du
nucléotide dans le modèle du complexe enzyme-substrat vers celle de l’intermédiaire métas
table n’a que peu d’impact sur les interactions entre l’enzyme et la partie du nucléotide au-
delà du phosphate (+1). En outre, la position du phosphate (+2) dans nos modèles indique
qu’il pourrait jouer un rôle important dans la catalyse puisqu’il interagit avec l’Arg 83 qui elle—
même interagit déjà avec le phosphate (+1) dans le site actif. Il est donc en bonne position
pour influencer la position et l’orientation des atomes participant à la catalyse.
Une autre conséquence de la position des phosphates (-1-1) et (-1-2) est la réduction considéra
ble de l’espace conformationnel accessible à l’adénine (+1). Sa position, en interaction avec
l’His 102, apparaît de toute évidence la plus stabilisante avec la conséquence de contraindre
l’orientation correcte du cycle imidazole vis—à—vis de la liaison P—05’ tout en excluant la
quasi totalité de sa surface accessible du solvant (La présence du pentaribonucléotide dans le
complexe [ES]^" réduit la surface accessible au solvant de la chaîne latérale de l’His 102 de
61 à 6Â^).
Notre modélisation achevée, les coordonnées atomiques des complexes cristallins barna-
se-d(CGAC) et barnase-3’GMP furent publiées. Malgré les incertitudes inhérentes à
notre méthodologie, un bon accord est observé entre les ponts H intermoléculaires prédits
dans notre modèle (Table 14) et ceux déterminés dans le complexe
barna-se - d(CGAC) (Table 15) caractérisé par un angle de torsion glycosidique antî{\A5 ° ) de la gua-
nosine. Ceci n’est pas surprenant puisque notre modélisation est fondée sur l’hypothèse que
l’interaction entre la barnase et la guanine est semblable à celle observée dans les autres com
plexes RNase-nucléotide et en particulier dans le complexe binase—3’GMP que nous avons
utilisé pour positionner notre guanine. La superposition des atomes lourds des chaînes princi
pales des complexes modélisés et des complexes expérimentaux (Table 16) confirme que, quel
le que soit la structure considérée, la chaîne principale de la barnase ne subit pas de change
ments conformationnels importants en interagissant avec le substrat. Des observations
similaires peuvent êtres faites pour la conformation des chaînes latérales à l’exception des
Lys 27 et Arg 59 (voir ci—dessous).
Table 15. Liste des ponts H barnase-nucléotide dans les complexes cristallins
Distance (Â) 3’GMP d(GpC) d(CGAC)
O1P(0) - Lys 27 .HÇ1 1.8
O4’(o) -Tyr 103 .Ht) 3.0
O2’(o) -Tyr 103 .Hri 2.6
H02’(o) -Glu 73 .Oe2 2.6
03’(0) - Lys 27 ..HÇ3 2.5
H1(o) -Glu 60 .Oel 1.8 1.8
H22(o) -Glu 60 .Oe2 2.1 2.1
06(0) - Asn 58 .H 2.7 2.6
06(0) - Arg 59 .H 2.0 1.8
N7(o) - Ser 57 .H 2.0 2.1
01P(+i) - Lys 27 .HÇ3 2.0
01P(+i) -Arg 83 .Ht)12 2.0
01P(+i) -Arg 83 .Ht)22 2.3
01P(+i) - His 102 .He2 1.9
02P(+i) - Lys 27 .H^3 2.4
02P(+i) -Arg 83 .Ht)12 1.8
02P(+i) -Arg 83 .Ht)22 2.2
02P(+i) -Arg 87 .He 1.9
02P(+i) -Arg 87 .Ht)21 2.4
02P(+i) - Tyr 103 .Ht) 1.8
03P(+i) -Arg 87 .He 2.0
03P(+i) - Tyr 103 .Hî) 1.8
05’(+i) •-Arg 87 .Ht)21 2.3
05'(+i) •- His 102 .He2 1.4 1.8
04’(+i) -Arg 87 .Ht)21 2.9
04’(+i) -Arg 87 .Ht]22 2.6 2.8
04’(+i) - His 102 .He2 2.8 2.6
N7(+i) ■- Ser 85 •Hy 1.9
01P(+2) •-Arg 83 .Ht)11 2.4 1.8
02P(+2) •-Arg 83 .H 2.0 2.0
Les ponts H cités sont obtenus après l’addition des atomes d’hydrogène et une minimisation
d’énergie identique à celle appliquée aux modèles. Les critères d’assignation des ponts H
sont décrits dans la légende de la Table 14.
Table 16. R.m.s.d. de la superposition des atonies lourds de la chaîne principale des modè
les et des complexes cristallins.
Distance (Â) [ESjanf' [ES] SV" [El] 3’GMP d(GpC)
[ES^y" 0.5
[El] 0.5 0.3
3’GMP 0.9 1.0 0.9
d(GpC) 0.9 1.0 0.6 0.5
d(CGAC) 0.9 0.9 0.9 0.4 0.4
La comparaison de la localisation des phosphates (-1-1) et (+2) suggère que la position du
phosphate (+2) soit plus contrainte que celle du phosphate (-1-1) (Table 17). Cette hypothèse
est conforme au résultat de la superposition des complexes barnase—d(CGAC)/barna-
se—d(GpC) qui indique une position quasi identique du phosphore (-4-2) par rapport à l’enzy
me malgré que la direction 3’—k5’ de la chaîne nucléique soit inversée dans le complexe barna
se—d(GpC).
Plus surprenante, est l’observation d’une interaction comparable de l’adénine (H-l) avec
l’His 102, y compris dans le complexe barnase—d(GpC) où c’est la guanine qui occupe cette
position. Ceci conforte l’hypothèse d’une interaction entre l’His 102 et la base (-4-1) avec la
conséquence d’orienter correctement le cycle imidazole vers la liaison P - 05’ pour poursuivre
la catalyse.
Table 17. Distance entre les phosphores (-1-1) et (-1-2) après superposition des atomes
lourds de la chaîne principale des modèles et des complexes cristallins.
W)— \ËS\^' [ES]S7" [El] 3’GMP d(GpC)
[ES]^yn 2.1 /1.3
[El] 1.4 / 1.6 1.0/0.6
3’GMP 0.9/- 1.7/-
0.71-d(GpC) -/1.3 - /O.O -/0.9
-/-d(CGAC) 0.7/1.3 1.7/0.1 0.8 / 0.5 0.5/ - -/0.1
Le premier chiffre correspond à la distance entre les phosphores (H-l) après superposition,
le second correspond au phosphore (-1-2). Compte tenu de l’orientation inversée du nucléoti
de dans le complexe d(GpC) le phosphore (-fl) est assimilé phosphore (-f2).
La Figure 16 montre la comparaison structurale des complexes d(CGAC) et [ES]""'*. Il appa
raît clairement que notre modélisation a prédit avec succès le mouvement de la chaîne latérale
de la Lys 27 en dehors du site actif où elle interagit simultanément avec les phospha
tes (0) et (+1). Cependant, en absence d’arguments expérimentaux pour soutenir l’hypothèse
d’une conversion syn±^nti pour la guanosine d’un substrat polynucléotidique en interaction
avec la barnase, l’interprétation fonctionnelle de la réorientation de la Lys 27 demeure incer
taine.
Figure 16. Comparaison de la conformation du nucléotide dans les complexes barna-
se-d(CGAC) et [ES]««"'.
La superposition nucléotide est obtenue par l’application de la matrice de rotation/translation
qui superpose les atomes lourds de la chaîne principale des deux enzymes. La densité électro
nique de la cytidine 5’ terminale du complexe barnase—d(CGAC) n’étant pas interprétable,
elle n’est représentée. Le complexe barnase—d(CGAC) est illustré en traits fins et le complexe
ES]""" en traits épais.
La différence la plus importante entre ces deux structures apparaît dans la position de la
base (+2) vis-à-vis du site actif. Dans le complexe cristallin, l’extrémité 3’ de la chaîne nu
cléique revient au-dessus du site actif de sorte que l’adénine (+1) et la cytidine (+2) sont
orientées perpendiculairement, comme cela était déjà observé dans le complexe cristallin bar-
nase—d(GpC) (Figure 17).
Figure 17. Comparaison de la conformation du nucléotide dans les complexes
barnase-3’GMP, barnase-d(GpC) et [ES]'^”.
La superposition est obtenue comme décrit dans la légende de la Figure 16. Les complexes
barnase—3’GMP et barnase-d(GpC) sont représentés en traits fins et le complexe ES]'*>’” en
traits épais.
Buckle et al. ont émis l’hypothèse que cette conformation particulière soit influencée par
l’interaction avec un autre complexe dans la maille cristalline. En considérant l’absence de
contacts ou de ponts H entre l’enzyme et la cytidine ainsi que la quasi absence de surface acces
sible au solvant enfouie entre la cytidine et l’enzyme (<1Â^), cette conformation n’explique
pas la plus grande stabilité (0.6 kcal/mol~^) du complexe Michælien barnase—GpApA com
parée au complexe barnase—GpApC Dans le complexe [ES]""'' (mais aussi dans les com
plexes [ES]^” et [El]), la conformation du nucléotide est plus étendue et la base (+2) est acco
lée au cycle phényle de la Phe 82. Eanalyse du dimère dans la maille cristalline du complexe
bamase—3’GMP crédite la possibilité que cette chaîne latérale puisse être un site d’interac
tion secondaire pour une base car, la guanine de la molécule A interagit avec le cycle phényle
de la Phe 82 de la molécule B dans une orientation similaire à celle des complexes modéli
sés
Dans le cristal barnase-3’GMP, la chaîne latérale de l’Arg 59 est orientée vers le solvant en
direction d’un autre complexe dans la maille cristalline. Cette orientation contraste avec celle
observée dans le complexe barnase-d(CGAC), aussi proposée dans les trois modèles, où cet
te chaîne latérale couvre partiellement la guanine de manière comparable à la chaîne latérale
de la Tyr 45 homologue dans la RNase Tl. Eimportance de ce recouvrement a été démontrée
par la réduction de 85% du taux de transestérification de GpUp répartis sur les deux constan
tes kcat et Km lorsque cette Arg est mutée en Ala Cependant, l’Arg étant plus longue, plus
flexible et portant une charge nette positive, son rôle pourrait ne pas être limité à la seule ré
duction de la surface accessible au solvant de la guanine engagée dans le site de reconnaissance
comme cela est observé pour la Tyr 45 dans le RNase Tl où cette chaîne latérale semble égale
ment venir couvrir la guanine attachée au reverse tum La conformation productive syn de
la guanosine dans les complexes [ES]^" et [El] est stabilisée par les ponts H que la chaîne laté
rale de l’Arg 59 établit avec le phosphate (0) et le ribose (0). Nous pouvons donc en déduire
que la chaîne latérale de l’Arg 59 favoriserait l’interaction avec le conformère 5yn d’une gua
nosine 5’OH terminale. Cette hypothèse est en accord avec les mesures expérimentales de
l’équilibre syn±ranti pour le complexe barnase-3’GMP obtenue par NMR qui montrent que
le mode d’interaction est préférentiel (69%) et est accompagné d’une réduction de la mo
bilité du Ne de l’Arg 59
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Flipped classroom: educar para o século XXI em História e Geografia de Portugal
(páginas 39-67)