CAPÍTULO I – REVISÃO DA LITERATURA
3. Estratégias de estudo: Programas e resultados
fortement leur volonté d’alliance contre la classe blanche dominante. En outre,
d’importantes communautés de Quilombolas (esclaves fugitifs) avaient été
pourchassées à peine dix ans avant cette Abolition. On doit dès lors se demander dans
quelle mesure V invisible assimilation de la classe des esclaves noirs au sein de
l’ancienne classe paysanne « libre » ne correspond pas à une forme d’amnésie
socialement induite par l’idéologie dominante.
L’histoire du XXe siècle est marquée par la (re)découverte du Métis dans le
paysage sociologique brésilien. D’abord considéré à la fin du XIXe siècle comme étant
un facteur de dégénérescence de la race et d’un appauvrissement des vertus de la
civilisation, le métissage devient finalement, à partir des années 30, la marque d’une
originalité et d’une plus-value de l’identité brésilienne [Schwarcz 1995]. Cette
valorisation du patrimoine métis surgit au départ, au Brésil, à la faveur d’un projet
nationaliste -en quête d’une identité propre- incarné par VEstado Novo du dictateur
Getûlio Vargas. Dans ce contexte, comme le relève Schwarcz, le célèbre livre de
Gilberto Freyre, Casa Grande & Senzala [1933, trad. française «Maîtres et
esclaves »], est emblématique de ce renversement idéologique. Ce livre offrait au
Brésilien une nouvelle représentation de lui-même et de sa société multiraciale : « en
abandonnant [le déterminisme de] la race pour lui préférer celui de la culture, [...] le
Brésilien devenait alors le résultat syncrétique d’un mélange bien fait et original, dont
la culture homogène et particulière était également composite » [Idem : 55]. Aussi,
parlera-t-on, dès cette époque, invariablement de « race brésilienne » ou de « culture
brésilienne » pour désigner l’identité nationale. Comme le note Schwarcz, cette
identité métisse est pensée comme « homogène », c’est-à-dire comme le résultat d’une
intégration réussie et harmonieuse d’une diversité originelle, et focalisée sur quelques
emblèmes typiques comme la samba (associant le rythme africain et les ballets
européens) ou la feijoada, considérée depuis les années 30 comme le plat national
(associant harmonieusement les haricots noirs, le riz blanc et la farine de manioc
Le Métis à la fin de l'Histoire
Ce renversement idéologique de la perception du métissage est, à l’origine,
l’oeuvre d’une élite intellectuelle et urbaine, elle-même influencée par les
développements de l’anthropologie américaine et en particulier par Franz Boas, dont
Freyre fut l’élève. Cependant, l’abandon des paradigmes raciaux au profit de
déterminants sociologiques et culturels fut moins le fruit d’une révolution de pensée
que d’un changement de vocabulaire. En effet, avant ce renversement idéologique, le
médecin Nina Rodrigues, qui fut un des premiers intellectuels à s’intéresser à la culture
des Noirs brésiliens -et en particulier à leurs pratiques religieuses des Candomblés de
Bahia- défendait l’idée selon laquelle les différences entre les races humaines
résultaient d’une différence d’espèce et que le métissage racial était facteur de
dégénérescence. Or, vingt ans plus tard, quand l’anthropologue Arthur Ramos est
invité à préfacer le livre de Rodrigues, il écrit ;
« L’unique reproche que nous pourrions faire à l’œuvre du maître
bahianais est quand il fait intervenir le slogan de l’époque : la
dégénérescence du métissage comme cause principale des
désajustements sociaux [...]. Ces idées sont inacceptables de nos jours.
Le prétendu mal du métissage est un mal des conditions déficitaires
d’hygiène en général. Davantage social que biologique. Si, dans les
travaux de Nina Rodrigues, nous substituons les termes race par
culture, et métissage par acculturation, par exemple, alors ses
conceptions acquièrent une complète et parfaite actualité » [Ramos
1935, cité par Schwarcz, Idem : 54, ma trad., c’est moi qui souligne].
Plusieurs générations d’anthropologues et d’intellectuels ont suivi ce conseil,
en préférant soigneusement éviter de traiter de « race » et de « métissage », -termes
qui auront dès lors tendance à de nouveau disparaître des discours et des analyses-
pour préférer les termes de « culture » et d’« acculturation ». Ainsi, bien qu’elle ait été
essentielle, l’irruption d’une réflexion historique sur le métissage de la société
brésilienne n’a été qu’une très courte parenthèse. Car, à peine son élite s’apprêtait-elle
à se revendiquer métisse qu’elle en réduisit considérablement la portée idéologique : la
distinction entre le phénomène biologique et celui de l’acculturation permit sans doute
à cette élite de se dire métissée tout en évitant soigneusement tout rapprochement
excessif avec le « Nègre » et 1’ « Indien », et donc avec tous les stéréotypes sur
lesquels s’était fondée l’idéologie raciste de la colonisation et de l’esclavage. En même
temps, grâce à la valorisation de son métissage, le Brésilien blanc réussissait à prendre
ses distances avec le « Blanc lusitain » (le Portugais), considéré depuis comme un
étranger qui, dans l’esprit du plus grand nombre, porte aujourd’hui la responsabilité de
tous les maux de la colonisation (cupidité, génocide des Indiens et traite des Nègres).
On comprend donc dans quelle mesure, parmi les couches les plus huppées et
notoirement blanches, le Brésilien est toujours fier de revendiquer au moins une goutte
de sang d’un lointain ancêtre Noir ou Indien (ce qui le disculpe automatiquement
d’être le descendant d’un coupable...).
Comme l’a parfaitement démontré Roberto DaMatta, le racisme à la brésilienne
consiste, dans cette perspective, à jouer sur l’ambiguïté de son mythe fondateur -
l’union des trois races nationales-, en alimentant constamment la confusion entre la
notion de « race» et celle d’ethnie ou de « culture », ce qui permet d’accorder à cette
dernière une dimension naturelle et réifiée sur laquelle peut maintenant reposer la
ségrégation de classe [DaMatta 1987 ; 84], De cette manière, tout en valorisant le
métissage des races sur le plan biologique et esthétique -surtout par le biais de la
mulâtresse- le racisme à la brésilienne consiste à assimiler le phénomène à un
mécanisme d’ascension sociale des Noirs et des Indiens vers les comportements et la
« culture » des Blancs, et non l’inverse. Aussi, dans ce pays, on ne sait jamais trop bien
si ce sont les critères raciaux qui conditionnent l’appartenance à une classe sociale ou
si c’est le statut économique qui détermine la couleur de la peau. Par exemple,
quelqu’un qui a la peau apparemment très noire et qui présente un notable pouvoir
économique ou politique est souvent traité de moreno (brun), c’est-à-dire
implicitement de Blanc à la peau noircie au soleil, plutôt que de Noir (preto) et moins
encore de Nègre (Negro). Les termes directement liés à une appréciation de type
racialiste (Branco, Negro et Indio) sont habituellement évités au quotidien ou sont
utilisés pour désigner des individus non apparentés aux personnes présentes. En outre,
la plupart des termes désignant les croisements secondaires durant les siècles
précédents {cafuso, mulato, mameluco, pardo, etc.) ont pratiquement disparu
aujourd’hui. Seuls persistent deux termes pour désigner les couleurs intermédiaires du
métis : moreno et caboclo.
Le premier terme désigne à l’origine « la peau dorée » des méridionaux ou des
Nord-Africains (étymologiquement, celle des Maures) et le second, « la peau cuivrée »
Le Métis à la fin de l'Histoire
des Indiens. Se référant à la même idée de couleur intermédiaire, la peau « dorée » du
moreno est en quelque sorte la version huppée -et plutôt urbaine- de la peau
« cuivrée » du caboclo amazonien. Mais ces deux termes doivent surtout leur succès
actuel à leur dimension peu tranchée, floue et même polysémique, qui empêche de les
enfermer dans des catégories trop rigides et sans doute inutilisables à l’instar des autres
termes raciaux inusités aujourd’hui {cafuso, mulato, mameluco, etc.). Le terme moreno
permet, comme on l’a vu, d’apporter une souplesse à la rigidité de la stratification
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Inovação e empowerment em contexto educativo: contribuições de um programa integrado no currículo
(páginas 44-53)