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Cette thèse étudie une particularité spécifique du mode de vie des étudiants de premier cycle universitaire. L'aspect central de cette recherche se situe au niveau de l'implication dans le travail scolaire des étudiants dans un contexte numérique. La démarche adoptée est axée autour de l’implication cognitive de l’individu scolarisé et de la technologie de l'information et de la communication. Les étudiants universitaires s'aident d'outils technologiques dans le cadre de leurs études, prises de notes de cours à l'aide d'un ordinateur, utilisation de l'Internet

7 En reprenant l’analyse du rapport de recherche de 2010 du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, à la fin de la première année universitaire, 48 % seulement des étudiants passent en deuxième année de licence sans redoubler. Précisons que 30% des étudiants de cette même promotion redoublent, 16 % se réorientent et enfin 6 % abandonnent les études (Morlaix et Perret, 2012, p. 2)

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mobile lors d'un enseignement pour effectuer des recherches, etc. Afin d'introduire cette recherche, plusieurs aspects devront être présentés : la description de la problématique, le cadre théorique, les hypothèses de recherche et enfin la méthodologie employée.

Dans le but de pouvoir mesurer précisément l’influence que peut avoir Internet dans la vie étudiante, notre recherche s’est faite en France et au Québec. Ce choix résulte d’une part de la différence entre les deux pays du coût moyen de l’Internet (domicile et mobile) et de l’autre, des différences économiques de l’accès aux études supérieures (frais d’inscription, bourses sur critères sociaux, etc.).

Afin de recueillir un panel d’informations pouvant apporter des réponses à notre questionnement, plusieurs outils méthodologiques ont été utilisés : des observations lors de cours magistraux en amphithéâtre dans un premier temps, puis la mise en ligne d’un questionnaire, des entretiens semi-directifs et enfin l’installation d’un logiciel d’enregistrement des données dans l’ordinateur de certains participants.

Nous devons évoquer notre démarche méthodologie, la manière particulière dont nous voulons recueillir nos données. Ainsi notre objet d'étude se rapproche du domaine de l'anthropologie numérique, de l'étude de la relation entre l'individu et la technologie à l'ère du numérique. Après tout le numérique peut effectivement se définir comme l'ensemble des interactions entre les individus, les écrans et toutes formes de matériaux numérisés (social, politique, économique, etc.).

En dehors de ce champ de recherche, nous allons effectivement entreprendre une démarche anthropologique et ethnométhodologique (Ogien, 2008) de notre objet de recherche, à l’aide d’outils méthodologiques numériques que nous allons employer, c'est-à-dire par l'utilisation d'un logiciel qui va enregistrer les activités de l'ordinateur d'un individu. Données que nous pouvons qualifier dans le domaine d'anthropologie, tant la précision et leur nature (quotidienneté) ressemble à un le recueil de données issues d'une enquête anthropologique. Entreprendre ce type de recueil de données numérisées nous permet d'entrer dans un processus important, celui de la numérisation des pratiques d'un nombre non- exhaustive d'activités humaines. Après tout, « le numérique, c’est le fait social total de notre civilisation occidentale hypermoderne » (Plantard, 2014, p. 52).

Notre démarche s'oriente également vers l'ethnométhodologie numérique, dans le sens où l'on va s'intéresser aux pratiques numériques des étudiants. Dans le cadre de la recherche de

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Xavier Amato en 2008, ce dernier utilise l’ethnométhodologie dans l’étude des jeux vidéo en ligne, pour lui sa méthodologie de ce courant sociologique « semble particulièrement indiqué pour aborder les spécificités d’une simulation informatique produisant un environnement artificiel où des humains interagissent, c’est en raison du souci qu’il témoigne envers les propriétés indexicales du langage et de l’action ; c’est-à-dire envers leur caractère situé, relatif et contextuel » (Amato, 2008, p. 277). En ayant conscience des usages du numérique des étudiants et notamment en ce qui concerne la communication numérique (messageries instantanée, e-mail), nous considérons que cette méthode peut s’appliquer dans le cadre de notre recherche doctorale. Rappelons que l'ethnométhodologie va s'intéresser aux pratiques spécifiques d'un groupe d'individu et dans le cadre de notre recherche, à propos de la culture numérique, tout dépend des usages (Laplantine, 2012, p. 319). En effet, pour rendre compte de l'action, il faut d'une part l'appréhender au niveau des pratiques réalisées dans leur contexte et d'autre part, prendre en compte la rationalisation de l'action entreprise par l'individu, qui ne le fait pas par hasard (Molénat, 2008).

Dans notre recherche doctorale, cette démarche est particulièrement illustrée dans le chapitre VI, lors de l'analyse de l'environnement de travail des étudiants, où nous allons analyser le comportement de travail des étudiants en prenant en compte leur utilisation des outils technologiques et surtout leur manière de les utiliser (nous nous rendrons compte que leurs usages va dépendre de certaines variables spatio-temporelles dont on conscience les étudiants).

Tableau 1 - Corpus empirique de la thèse

Observations Observation ethnographique

d’un amphithéâtre à l’université de Lorraine

6 heures d’observation

Observation ethnographique via

le logiciel d’enregistrement des données

9 étudiants observés pendant 3 à 6 mois

Entretiens 30 entretiens d’étudiants

francophones d’une durée d’environ une heure.

23 étudiants d’universités françaises et 7 étudiants d’universités canadiennes

Questionnaire 225 répondants francophones 107 (48 %) étudiants

d’universités françaises et 108 (48 %) de l’Université Laval (Québec)

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Notes : la différence de nationalité entre les étudiants rencontrés s’explique facilement. D’un côté, nous avons travaillé plusieurs années dans différentes universités françaises (Lorraine et Île-De-France), ce qui facilite la prise de contact avec les étudiants et de l’autre côté, notre séjour à l’université Laval n’a duré que six mois, ce qui amplifie la difficulté de la rencontre avec les étudiants.

Après avoir développé les différents aspects qui définissent notre objet d’étude, nous pouvons présenter le plan de notre thèse.

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