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4. MATERIAL E MÉTODO

4.3. Instrumentos

Nous ne reprendrons pas l’ensemble des validations propos´ees dans l’article sur la

Seine, mais pr´esenterons ici les diagnostics de synth`ese les plus importants. On proc`ede

ici `a la d´esagr´egation des r´eanalyses NCEP (c’est `a dire que les pr´edicteurs du MDS,

temp´erature et PSL, proviennent de ces r´eanalyses). L’´evolution temporelle des variables

climatiques r´egionales reconstruites par d´esagr´egation peut ainsi ˆetre compar´ee `a celle des

variables observ´ees. Les donn´ees SAFRAN sont utilis´ees comme observations de r´ef´erence.

La longueur limit´ee du jeu de donn´ees SAFRAN ne permet pas de consid´erer une p´eriode

d’apprentissage et une p´eriode de validation ind´ependante. Pour ´eviter d’augmenter

arti-ficiellement les performances du MDS, une validation crois´ee est appliqu´ee : pour chaque

jour `a d´esagr´eger, on retire les quinze jours pr´ec´edents et suivants du “pool” de jours de

resampling possibles.

La Figure 8.2 pr´esente la corr´elation journali`ere entre les pr´ecipitations d´esagr´eg´ees `a

partir des r´eanalyses NCEP et les pr´ecipitations SAFRAN. Tout d’abord, il faut noter

que les corr´elations tr`es faibles (< 0.10) obtenues tr`es localement dans l’extrˆeme

nord-est de la France, proviennent d’un probl`eme du jeu de donn´ees SAFRAN. Il est en effet

difficile d’imaginer une raison physique pouvant expliquer une chute brutale de corr´elation

`

a si petite ´echelle. L’analyse de donn´ees de pr´ecipitations ind´ependantes confirme cette

hypoth`ese. Vu l’extension spatiale tr`es limit´ee de la zone touch´ee, ce probl`eme a un impact

n´egligeable sur les simulations hydrologiques, d’autant plus que les valeurs climatologiques

n’y sont pas irr´ealistes. Sur le bassin de la Seine, les valeurs proches de 0.3 sont similaires

`

a celles obtenues dans l’article. De fa¸con plus g´en´erale, les r´esultats du downscaling Seine,

et du downscaling France sur la Seine sont proches. On a donc pu ´etendre la m´ethode sur

la France enti`ere sans d´egrader les r´esultats pour la Seine.

Les meilleurs corr´elations sont obtenues sur la fa¸cade atlantique, o`u l’influence de

l’Atlantique-Nord est forte, et sur les reliefs du Massif-Central et des Alpes, o`u

l’interac-tion du flux atmosph´erique et de l’orographie est tr`es importante dans la g´en´eration des

pr´ecipitations. Les moins bonnes corr´elations sont obtenues sur le pourtour m´editerran´een,

et en particulier dans la r´egion de Perpignan. Les situations synoptiques conduisant aux

pr´ecipitations sur cette zone sont tr`es sp´ecifiques par rapport au reste du territoire (voir

par exemple l’article du chapitre 5) et il est possible qu’en se focalisant uniquement sur

8.3 Validation

Fig. 8.2: Corr´elation entre pr´ecipitations observ´ees et pr´ecipitations d´esagr´eg´ees `a partir de

NCEP `a l’´echelle de temps journali`ere sur la p´eriode 1970-2005.

cette zone de meilleurs r´esultats puissent y ˆetre obtenus. Ici, nous avons cherch´e `a

opti-miser les r´esultats globalement `a l’´echelle de la France.

La Figure 8.3 montre que les biais li´es `a la m´ethode sont tr`es limit´es, quelle que soit la

saison. Les erreurs les plus importantes (> 13%) sont not´ees localement dans le Sud-Est.

La Figure 8.4 pr´esente un ensemble de diagnostics de synth`ese pour les pr´ecipitations,

en terme de moyenne, variabilit´e, persistance etc. Les erreurs absolues relatives moyennes

sont globalement faibles pour tous les diagnostics. Non seulement la moyenne est bien

re-produite, mais aussi la variabilit´e temporelle `a l’´echelle de temps journali`ere ou mensuelle,

ainsi que l’indicateur d’extrˆeme (95%Q).

Un simple r´e´echantillonnage purement al´eatoire des jours de la p´eriode d’apprentissage

reproduirait quasi-parfaitement les propri´et´es li´ees `a la distribution statistique : leur bonne

reproduction n’est donc pas un ´el´ement de validation suffisant, seulement n´ecessaire. Les

propri´et´es li´ees `a la persistance sont aussi correctement reproduites. La partie droite de

la Figure 8.4 montre que la structure spatiale des diff´erents diagnostics est ´egalement tr`es

bien respect´ee, ce qui est important dans le cadre d’applications hydrologiques. Il faut

no-ter que dans de nombreuses m´ethodes de downscaling, des biais importants peuvent exister

sur les diagnostics examin´es ici. Par exemple, les m´ethodes de r´egression tendent `a

lar-gement sous-estimer la variance journali`ere des variables reconstruites, ou les g´en´erateurs

de temps, la variabilit´e basse fr´equence, mˆeme simplement `a l’´echelle de temps mensuelle

(Wilby et al., 1998).

Comme mentionn´e dans l’article sur la Seine, la variabilit´e basse fr´equence pouvant ˆetre

consid´er´ee comme une sorte de “changement climatique naturel” (Zorita et von Storch,

1999), c’est un test int´eressant de la validit´e d’une m´ethode de d´esagr´egation dans le

Fig. 8.3: Erreur relative moyenne des pr´ecipitations d´esagr´eg´ees `a partir de NCEP pour les

quatre saisons sur la p´eriode 1970-2005.

climat futur. Le Tableau 8.1 indique que la variabilit´e inter-annuelle des pr´ecipitations est

bien reproduite sur les six principaux bassins versant fran¸cais. Globalement, les meilleurs

r´esultats sont obtenus en hiver et les moins bons en ´et´e, en particulier pour le bassin de la

Garonne et de l’Adour. Les moins bonnes corr´elations en ´et´e sont logiques, les liens entre

circulation de grande ´echelle et pr´ecipitations ´etant plus faibles, comme nous l’avons d´ej`a

vu.

La profondeur temporelle des donn´ees SAFRAN ´etant limit´ee, un jeu d’observations

mensuelles homog´en´eis´ees est utilis´e (pr´ec´edemment d´ecrit dans l’article du Chapitre

5) pour ´etendre l’analyse. Sur la Figure 8.5 on trace `a partir de 1948 pour 3 stations

repr´esentant diff´erentes zones climatiques, la moyenne hivernale des pr´ecipitations

ob-serv´ees, celle des pr´ecipitations d´esagr´eg´ees pour la maille SAFRAN la plus proche (la

8.3 Validation

Fig.8.4: Diagnostics de synth`ese : Mean : Moyenne, SD : Ecart type journalier, Pd : Probabilit´e

d’avoir un jour sec, 95%Q : valeur du 95`eme quantile, Pdd : Probabilit´e d’avoir un jour sec suivant

un jour sec, Pww : Probabilit´e d’avoir un jour humide suivant un jour humide, SD month : Ecart

type mensuel, Lw : Dur´ee moyenne des p´eriodes humides. Chaque diagnostic est calcul´e point

`

a point, puis la moyenne spatiale des erreurs absolues (`a gauche), et la corr´elation spatiale (`a

droite) entre d´esagr´egation et observations sont calcul´ees.

Seine Rhˆone Garonne Loire Adour Meuse

Hiver 0.85 0.77 0.80 0.85 0.82 0.86

Printemps 0.67 0.56 0.57 0.70 0.74 0.72

Et´e 0.75 0.57 0.45 0.60 0.40 0.75

Automne 0.77 0.80 0.73 0.89 0.74 0.71

Ann´ee 0.88 0.75 0.55 0.81 0.66 0.80

Tab. 8.1: Corr´elations saisonni`eres et annuelles des pr´ecipitations moyennes observ´ees

(SA-FRAN) et d´esagr´eg´ees sur les six principaux bassins versant fran¸cais sur la p´eriode 1970-2005.

distance entre le centre de maille et la station est inf´erieure `a 5 km) et celle de SAFRAN

sur la p´eriode disponible. On v´erifie que les valeurs SAFRAN et les observations aux

stations voisines sont tr`es proches. Sur la p´eriode ind´ependante de la p´eriode

d’apprentis-sage (i.e. 1948-1981), aucune d´egradation des corr´elations n’est not´ee. La variabilit´e basse

fr´equence des pr´ecipitations hivernales est en outre tr`es bien captur´ee par le MDS.

Les validations ont ´et´e focalis´ees ici sur les pr´ecipitations car il s’agit de la variable

de for¸cage la plus importante pour l’application hydrologique et aussi la plus complexe `a

traiter. Les autres variables n´ecessaires pour forcer le mod`ele hydrologique sont maintenant

rapidement examin´ees, l’analyse apr`es mod´elisation hydrologique que l’on fera par la suite

validant aussi indirectement la bonne reproduction de toutes les variables de for¸cage. Pour

ce qui est des corr´elations journali`eres, les valeurs pour toutes les variables sont meilleures

que pour les pr´ecipitations. Les biais sur la moyenne et la variance sont de plus tr`es limit´es

(Tableau 8.2). Les performances du MDS sont donc satisfaisantes pour toutes les variables.

Fig.8.5: Comparaison des pr´ecipitations hivernales pour trois stations : observations (stations)

et d´esagr´egation de NCEP `a partir de 1948, et valeurs SAFRAN `a partir de 1970.

En conclusion, la m´ethode de d´esagr´egation statisitique permet de reproduire

cor-rectement les propri´et´es statistiques des pr´ecipitations journali`eres sur la France, tout

en capturant de fa¸con satisfaisante leur variabilit´e basse fr´equence. A l’´echelle de temps

journali`ere, les corr´elations entre pr´ecipitations reconstruites et pr´ecipitations observ´ees

sont limit´ees, les valeurs obtenues sont n´eanmoins comparables ou sup´erieures `a celles

d’´etudes similaires (Timbal et al., 2003 par exemple). L’objectif n’est de toute fa¸con pas

de reproduire parfaitement au jour le jour les pr´ecipitations observ´ees : il s’agit plutˆot

de capturer leur variabilit´e climatique basse fr´equence tout en respectant leurs propri´et´es

8.3 Validation

Corr´elation Erreur absolue Ratio de variance

Pr´ecipitations 0.33 2% 0.96

Temp´erature 0.91 0.02 C 0.99

Humidit´e 0.84 0.10% 0.99

Vent (module) 0.44 0.7% 0.98

Rayonnement visible 0.70 0.30 Wm-2 0.99

Rayonnement Infra-rouge 0.62 0.30 Wm-2 0.99

Tab. 8.2: Corr´elation, erreur absolue moyenne, ratio de variance entre variables de for¸cage

observ´ees (SAFRAN) et d´esagr´eg´ees sur la p´eriode 1970-2005.

statistiques, ce qui est bien le cas ici. Dans cette partie, nous avons valid´e le MDS en

lui-mˆeme, avec des pr´edicteurs “optimaux” provenant des r´eanalyses NCEP (mˆeme s’ils

peuvent pr´esenter des biais). Lorsque l’on applique la m´ethode de d´esagr´egation `a un

mod`ele climatique, le r´ealisme des variables d´esagr´eg´ees va au final ´evidemment d´ependre

du r´ealisme des pr´edicteurs (donc de la circulation atmosph´erique de grande ´echelle et de

la temp´erature) simul´es par le mod`ele climatique.

En guise d’illustration de ce point, nous pr´esentons ici les mˆemes diagnostics que

ceux pr´esent´es pr´ec´edemment pour la d´esagr´egation des r´eanalyses NCEP (Figure 8.4),

mais cette fois pour les pr´ecipitations d´esagr´eg´ees statistiquement `a partir du mod`ele

ARPEGE-VR (introduit dans le chapitre 7).

Fig. 8.6: Idem que pour la Figure 8.4, mais pour la d´esagr´egation statistique du mod`ele

ARPEGE-VR. (attention : les ´echelles verticales des erreurs ne sont pas identiques).

On voit ici que l’utilisation des pr´edicteurs provenant du mod`ele ARPEGE-VR d´egrade

les r´esultats obtenus avec NCEP. Ceci s’explique logiquement par les biais du mod`ele

ARPEGE-VR. N´eanmoins, les r´esultats obtenus `a partir de ARPEGE-VR restent

satis-faisants.

8.4 Test de l’hypoth`ese de stationnarit´e dans le monde

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