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Modelo algorítmico para análise da vulnerabilidade

4. Modelo de análise de vulnerabilidade de IC

4.1. Modelo algorítmico para análise da vulnerabilidade

Contrairement aux entretiens construits autour d'une structure rigide et formelle, en utilisant l’entretien narratif « l’enquêteur s’engage activement dans les questions, pour provoquer l’engagement de l’enquêté. » (Atkinson, 2001, p.19). Il favorise la co-construction du sens dans un rapport d'intersubjectivité entre le chercheur et le participant. L’entretien peut être envisagé comme une rencontre au cours de laquelle se crée, à un moment donné, dans un lieu donné, un espace unique d’intersubjectivité. Au moment de réaliser et d’analyser l’entretien, le chercheur doit tenir compte de la multitude d’éléments contextuels, sociaux et individuels qui entrent en jeu dans l’interaction entre l’enquêteur et l’enquêté (Milani & Pegoraro, 2011 ; Sauvayre, 2013).

Au cours du travail de terrain, j’ai observé avec attention les aspects contextuels des entretiens tels que les caractéristiques du lieu de son déroulement (domicile, lieu public, lieu de travail), les circonstances de l’entretien (éventuelles interruptions). J’ai tenu compte également des circonstances du contexte sociohistorique et des faits de société marquants ayant pu avoir

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un impact sur le contenu du discours au cours de l’entretien (comme ceux liés par exemple aux attaques terroristes survenus en France à partir de 2015).

Par ailleurs, les caractéristiques socioculturelles et personnelles de chacun des acteurs en présence vont être déterminantes dans la relation entre enquêteur et enquêté et par là-même dans la phase si délicate du recueil de données (Bourdieu, 1993). En particulier, dans le cadre d’études menées dans le champ de la mixité, les dimensions intersubjectives de l’enquête constituent un domaine à part entière du traitement de la question de recherche. La perception de la mixité et la perception des « limites de couleur et de culture » ont une importante composante émotionnelle qui impacte le processus de recherche (Caballero, 2010). Les représentations et les émotions perçues au moment de l’interaction entre le chercheur et son interlocuteur, par l’un et par l’autre, représentent en-soi des éléments de connaissance sur l’objet de la recherche (Van der Maren, 2006).

Au cours du déroulement de l’enquête, j’ai accordé une importance significative à la réflexivité que suscitait la dimension intersubjective des entretiens, tenant compte aussi bien des caractéristiques des participants que de mes propres caractéristiques. Cet aspect était d’autant plus prégnant du fait de mon « profil » et de celui des participants impliqués. Doctorante au sein de l’Université de Bologne et de l’Université de Paris Nanterre, je suis française et je vis en Italie depuis plus de 13 ans. Je parle couramment italien avec un accent français prononcé. Je dois à mes origines normandes une peau claire et des yeux bleus. J’ai deux enfants dont le père est italien. Mes origines (repérables à mon accent) ont été presque systématiquement l’un des premiers sujets abordés au moment de la rencontre. Ces aspects biographiques se sont révélés être un point d’ancrage pour amorcer le dialogue. En particulier, le fait de me savoir étrangère et installée en Italie a créé un espace commun avec les parents migrants, dans le partage de l’expérience de l’éloignement de leur pays, des liens familiaux et de leur entourage. De plus, le partage de la langue française avec certains des interviewés a été l’occasion de mener l’entretien dans ma langue maternelle et une des langues officielles et apprises depuis l’enfance par des participants sénégalais et camerounais. Après avoir demandé leur préférence aux parents francophones, cinq entretiens ont pu être ainsi menés en français. Dans ces cas-là, l’usage de la langue maternelle ou d’une des langues d’origine a créé une proximité et une familiarité qui a aussitôt favorisé un climat de confiance propice au déroulement de l’entretien. Mes connaissances en langue italienne et française m’ont permis de saisir les modifications des mots dans le passage d’une langue à l’autre. Par ailleurs, l’identité et la culture française sont généralement perçues de manière positive et valorisées en Italie. La

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langue française et l’accent français sont par exemple explicitement appréciés. Ceci a contribué à faciliter l’échange également avec les participants italiens. Enfin, mon expérience de la parentalité et de la mixité conjugale et familiale a constitué un élément ultérieur de proximité avec les participants. Bien que la mixité entre une famille européenne et une famille euro-africaine présente d’évidentes distinctions et des implications diverses au niveau social, le fait de partager une expérience parentale en contexte mixte constituait un espace commun facilitant la compréhension et l’expression. Evoquer des éléments de ma propre biographie en fin d’entretien a été pour moi une forme d’échange et de remerciement symbolique envers les personnes ayant accepté de se livrer à une inconnue.

Par ailleurs, mes origines françaises ont été associées par certains interlocuteurs italiens, camerounais et sénégalais au passé colonial de l’Etat français en Afrique. Lors du travail exploratoire sur le terrain, il est arrivé que je sois interpellée sur mon positionnement par rapport aux politiques migratoires et au rapport que la France entretient avec les pays africains. Dans un cas en particulier, une participante a expliqué le refus du père, d’origine sénégalaise, de me rencontrer et de participer à l’étude en raison mes origines et du thème de la recherche. Il ne voulait pas prendre part à « un truc de blancs »10. Etant donné la complexité de la situation familiale et l’instabilité qui a caractérisé le parcours de ce père, il est possible d’envisager que d’autres raisons plus intimes, au-delà de différences culturelles et d’origine, se trouvaient à l’origine de ce refus de me rencontrer.

Si jusqu’à présent l’approche méthodologique classique recommandait à l’enquêteur de maintenir une certaine distance, une neutralité face à l’interlocuteur, la tendance est désormais au contraire à l’engagement du chercheur. L’enquêté a besoin de situer l’enquêteur, d’avoir des repères pour développer son propos (Gotman, 1985). Afin de pouvoir se livrer, en particulier à propos de thèmes sensibles et personnels, l’informateur doit pouvoir considérer l’enquêteur à la fois comme un inconnu (hors de son réseau social et qui garantit son anonymat) et à la fois comme un intime à qui on se livre intimement (Kaufman, 2016, p.52). J’ai eu l’occasion de constater que si l’engagement dans la recherche comporte une prise de risque, il représente une opportunité pour créer une relation authentique avec l’interviewé et bâtir ainsi les bases pour le « travail d’équipe » qu’est l’entretien. J’ai envisagé le recueil en considérant les enquêtés comme les experts de leur propre expérience, les détenteurs d’un savoir précieux qu’eux seuls possèdent et peuvent transmettre (Kaufman, 2016).

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Chaque rencontre avec les participants m’a porté à saisir de manière sensible ma responsabilité vis-à-vis d’eux. Cette expérience a été cruciale. Demander à l’autre de se raconter, de se souvenir, d’évoquer son histoire et ses liens affectifs mais aussi son présent et son quotidien, a impliqué pour moi de tenir compte de la teneur émotionnelle du contenu de l’entretien. En tant que forme de reconnaissance de l’éprouvé de l’interlocuteur, l’empathie constitue le principal outil du chercheur car elle permet la découverte et compréhension de l’autre (Rogers, 1942 ; Kaufman, 2016). J’ai tenté d’adopter une attitude empathique, faite d’une écoute attentive et bienveillante du discours de l’interlocuteur mais aussi de ses silences. Cela a été fondamental pour accueillir les émotions émergeant parfois au cours des entretiens. Selon Milani et Pegoraro, « il peut arriver qu’il y ait du silence, surtout après une question sur l’état d’âme se référant à l’ici et maintenant de l’entretien ou à une situation que l’interviewé est en train de raconter et qui a une forte valeur émotionnelle. Il est important donc de ne pas se sentir obligé de rompre le silence et de savoir attendre que la personne contacte son propre vécu et trouve ses propres mots pour l’exprimer, sans qu’une intervention de la part de l’intervieweur ajoute un ultérieure stimulation ou ne respecte pas les défenses psychologiques »

(Milani & Pegoraro, p.51). Dans cette forme d’accompagnement du ressenti de l’interviewé, j’ai fait appel à ma sensibilité et j’ai tenté d’encourager l’expression de soi, en communiquant mon intérêt pour l’autre, en étant « avec l’autre » et non avec ma « théorie sur l’autre ».

5.1.5 Approche réflexive dans le rapport avec le terrain : écrire et

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