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Capítulo II Algumas questões sobre o Assédio Laboral

C. O Assédio Laboral como causa de acidente de trabalho

C’est à l’époque où le Gaiîd est tiraillé entre les Banû Ghâniya et les Almohades qu’est créé le décor du mihrâb de la mosquée de Bilâd al-Hadar, située dans la palmeraie de Tozeur*^^. Son commanditaire est d’origine

Ibn Khaldün, VI, p. 233/û, p. 102; VI, p. 333/11, p. 294. Ibn Khaldûn, VH, p. 77/m, p. 313, prétend à tort qu’en 618/621, Yahyâ conserve encore Gabès et ses environs.

Ibn Khaldûn, VI, p. 333/11, p. 294; VII, p. 77/III, pp. 313-314; Az-Zarkasî, p. 20. Ibn Khaldûn. VI, p. 334/II, p. 297; Az-Zarkasî, p. 21.

Sur l’avènement de la nouvelle dynastie, Brunschvig, Hafsides, I, pp. 18-23.

Ibn Khaldûn, VI, pp. 334-335/11, p. 297; VI, p. 337/û, p. 301, date sa mort en 631/1233- 1234. Ibn Khallikân. VH, p. 18/TV, p. 349, dit qu’il meurt en 633/1235-1236 près de Tlemcen.

Ibn Khaldûn, VI, p. 234/û, p. 103.

Voir planche VI. Sur la mosquée de Bilâd al-Hadar, voir G. Marçais, Manuel d’art

musulman, I, pp. 385-392, et son article Le mihrâb maghrébin de Tozeur. Voir avec

prudence Ifriqiya. Treize siècles d’art et d’architecture en Tunisie, pp. 242-243, qui prétend qu’une inscription indique que la mosquée a été fondée en 595/1199 par ‘Alî ibn Ghâniya. Ceci nous paraît relever de l’invention, d’une part car il semble inconcevable que cette

maghrébine ou andalouse, car le décor de stuc relève du style hispano- maghrébin le plus authentique^ Il s’agit d’ailleurs du premier décor de ce style, qui marque la transition entre l’art almoravide et l’art almohade, réalisé en Ifiîqiya*^^. Une inscription gravée dans le plâtre indique que ce mihrâb a été sculpté en 590/1193-1194. Il paraît certain que Yahyâ ibn Ghâniya est le commanditaire du somptueux décor qui nous occupe. Apparemment, Yahyâ reprend le Gaiîd à l’époque de la mort de son frère en 584/1188. Nous savons que Qarâqûs revendique également l’autorité sur tout ou partie de la région, puisqu’on voit Yahyâ chasser en 586/1191 hors de Turra le lieutenant que l’Arménien y avait installé. Cinq ans plus tard, Yahyâ a toujours son camp dans le Garîd, lorsqu’il va affronter Qarâqüs à Tripoli. Pour Georges Marçais, c’est en relevant les ruines de son ancien fief dévasté par Al-Mansûr que Yahyâ a conçu l’idée de doter la mosquée d’un nouveau mihrâb*^^. S’il y a certainement dans sa décision de magnifier la mosquée de Bilâd al-Hadar la volonté d’affirmer sa victoire face aux Almohades, il nous semble également que Yahyâ a sans doute voulu établir définitivement son autorité sur Tozeur vis-à-vis de Qarâqûs. Le fait de la doter d’un tel ornement aurait ainsi prouvé à tous que la ville était bien la nouvelle capitale ahnoravide.

A une quarantaine de mètres de la mosquée se trouvent les ruines d’un minaret, bâti sur une base romaine. Cet endroit correspond au centre primitif de Tozeur. Les habitants de Tozeur pensent que le soubassement antique, qui a été complété de briques au Xle siècle pour servir de minaret, date en fait d’une époque beaucoup plus lointaine et que la tour de Bilâd al-Hadar aurait été construite au temps des géants / ‘amâlïq^^^. Cette mosquée est pour eux d’une importance capitale, et remonte à l’apparition de l’islam. Les habitants vantent le fait qu’elle aurait été la première mosquée d’Afiique ou, plus simplement, la première mosquée de Tunisie. Au tout début de l’ère musulmane, selon la légende, la mosquée de Bilâd al-Hadar renfermait cinq cents colonnes et était fréquentée par cinq cents savants^La mosquée d’Awlâd Mâgid, l’un des villages de Dgâs, conserve la forme du minaret de la mosquée de Bilâd

al-inscription ait échappé à G. Marçais qui a fait des croquis très complets de la mosquée, d’autre part parce qu’en 595/1199, ‘AIT était mort depuis des années.

Zbiss, Considérations sur la tentative de restauration du pouvoir almoravide, pp. 38-39. Pavôn Maldonado, Espana y Tùnez: arte y archeologia islâmica, p. 174.

G. Marçais, Le mihrüb maghrébin de Tozeur, p. 46,Manuel d’art musulman, 1, p. 386. Dakhlia, L'oubli de la cité, p. 47. Le mythe des géants est très répandu dans le Maghreb et notamment dans le Fazzân et le Kawâr; voir Thiry, Le Sahara libyen, pp. 99-100. Sur les géants / ‘amâlïq, qui sont en fait les Amalécites de la Bible, voir Vajda, E.I., s.v. ‘Amâlîq.

Hadar qui a aujourd’hui disparu, mais qui est décrit par Ibn as-§abbât; ce minaret se caractérisait par son lantemon à quatre coupoles, que l’on ne trouve que dans le Garîd*^^. Ibn as-§abbât, lui-même enterré à Bilâd al-Hadar, évoque cette mosquée dans son commentaire sur la qasïda s-saqrâtisiyya. Il décrit un édifice construit sur le modèle de la Grande Mosquée de Kairouan, en proportions moindres, entre 418/1027 et 422/1031, c’est-à-dire à une époque prospère pour la région*^®. La mosquée actuelle ne correspond plus à la description d’ibn as-Sabbât et un seul élément ressort dans sa pauvre décoration, le somptueux mihrâb qui a été greffé sur cet édifice purement ifiîqien. Le milurâb a donc été complètement transformé plus de cent soixante ans après la construction de la mosquée. Son style purement maghrébin se perpétuera en Ifiïqiya sous les Hafsides de Tunis, qui sont de souche almohade^^\

A la fin du Xlle et au début du Xllle siècle, des immigrants almora- vides s’installent dans le Sud tunisien pour se battre aux côtés des Banû Ghâniva. Ces nouveaux arrivants, dont nous ne pouvons évaluer le nombre, viennent soit des Baléares, soit du nord-est de l’Espagne. Nous savons précisément quel est le berceau des Banû Ghâniva: ils sont originaires de la vallée de la Cinca, un affluent de l’Ebre, à une trentaine de kilomètres au sud- ouest de la ville de Lérida^^^. Les nouveaux arrivants s’installent tant à Gafsa que dans les principales oasis du Garîd, Tozeur, Nefta ou Al-Hâmma; ils influencent les techniques d’irrigation, l’art et l’architecture, mais également ronomastiqueAinsi, on trouve aujourd’hui encore des familles d’origine andalouse dans le Sud tunisien, comme les Sancho à Al-Hâmma, les Longou et les Kerrou à Gafsa^^"^.

Outre le mihrâb de la mosquée de Bilâd al-Hadar, la particularité architecturale des oasis du Gaiïd est la décoration des maisons en briques

Voir planche X, Ifriqiya. Treize siècles d’art et d’architecture en Tunisie, pp. 245-246. Idem, p. 243. Al-Wazïr as-Sarrâg, I, p. 417, reproduit certains passages d’Ibn as-Sabbât, relatifs à la construction de cette mosquée. Ces extraits ne reprennent pas la comparaison avec la Grande Mosquée de Kairouan mais rapportent des anecdotes sur la construction du minaret, ils font allusion à ses quatre coupoles, que tous les voyageurs admirent, assurant n’avoir jamais vu semblable minaret.

G. Marçais, Manuel d’art musulman, I, p. 304. Asin, En tomo a las origenes de Castilla, p. 363.

Kress, Eléments structuraux "andalous" dans la genèse de la géographie culturelle de la Tunisie, p. 130.

réticulées^Leur décor a un but tout à fait pratique: d’abord, il ne fait appel qu’aux matériaux produits en abondance dans la palmeraie, le pisé, le bois de palmier et l’argile dont on fait des briques qui sont cuites dans des fours chauffés par ce même bois. Ensuite, la décoration subtile des façades des maisons est destinée, par l’agencement des briques en saillie ou en retrait, à créer des zones d’ombres; les fenêtres semblables à des meurtrières sont conçues pour tamiser l’air torride. A l’intérieur, le patio à hauts murs permet aux habitants de se protéger du soleil; de hautes poutres y sont prévues pour accrocher les régimes de dattes à l’ombre. Cette décoration particulière des maisons ancieimes du Gaiîd, aujourd’hui abondamment exploitée dans les complexes touristiques, serait également d’origine andalouse'^^. Ces motifs géométriques en briques saillantes se retrouvent dans le style mudéjar aragonais et ont été certainement importés par les Banû Ghâniya . La cathédrale Seo de Saragosse est l’exemple le plus célèbre de ce style mudéjar aragonais et selon Georges Marçais, on ne peut douter que les Morisques immigrés ont introduit ce décor géométrique avec eux; les reliefs en briques de

128 Tozeur seraient une survivance de cet apport .

On peut également faire un rapprochement entre les techniques d’irrigation de la région natale des Banû Ghâniya et celles de Tozeur. Dans l’oasis, un conseil de notables, le mi'âd, est chargé de veiller à la juste répartition de l’eau entre les jardins et à l’entretien des canalisations. Ce conseil rappelle fortement le "tribunal de agua" qui aujourd’hui encore fonctionne à Valence. Selon Hans-Joachim Kress, ce tribunal de l’eau est attesté à Valence depuis 960^^^, il a été repris à Murcie et à l’embouchure de l’Ebre, dont sont originaires les Banû Ghâniya. Pour lui, les Banû Ghâniya ont peut-être laissé une empreinte dans la façon dont est géré le système

Voir planches VII et VIII. Sur ces maisons, G. Marçais, Manuel d’art musulman, II, pp. 908-909; Ifiiqiya. Treize siècles d’art et d’architecture en Tunisie, p. 228; Pavôn Maldonado, Espaha y Tünez: arte y archeologla islàmica, p. 159; Penet, Kairouan, Sbeïtla, le Djèrid, p. 75.

Latham, Towns and Cities ofBarbary: the Andalusian Influence, p. 200. Voir planche IX. Kress, Eléments structuraux "andalous", p. 149. G. Marçais, Testour et sa grande mosquée, p. 281.

Lagardère, Droit des eaux, p. 92, confirme qu’il est attesté au Xe siècle. Le tribunal des eaux rassemble chaque jeudi les représentants des irrigateurs des grands canaux valenciens; il se tenait jadis devant la mosquée principale de la ville et a conservé cet emplacement après sa transformation en cathédrale. Le fonctionnement de ce tribunal, dont toute la procédure est orale, est un des arguments qui confortent l’hypothèse selon laquelle le réseau d’irrigation valencien est d’origine arabe. Bazzana et Guichard, Irrigation et société dans l ’Espagne orientale au moyen âge, p. 118.

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P L A N C H E

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d’irrigation de Tozeur'^'^. Pour Oliver Asm par contre, il est probable que c’est le système en vigueur à Tozeur qui a influencé celui de Valence . Ces deux historiens prétendent également avoir découvert un autre recoupement intéressant: à cinq kilomètres au nord-ouest de Tozeur se trouve un puits nommé Bi’r Qastîliya; ils voient dans ce toponyme une allusion à la Castille des Banü Ghâniva^^^. Il nous paraît bien plus probable que ce soit là un souvenir du nom ancien des oasis.

7. L’IMPLICATION DE CETTE REVOLTE DANS LE SUD

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