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2. GPL – C ONCEITOS E E VOLUÇÃO

2.3. O C ASO P ARTICULAR DO A RQUIPÉLAGO DOS A ÇORES

Pour tester l’introduction de la chimie du soufre dans le modèle MOCAGE, des

simulations ont été effectuées pour la période allant du 1

er

mai au 1

er

septembre

2003. Cette période a été choisie à la suite de l’étude précédente sur le Plomb 210

pour son caractère météorologique particulier (canicule très marquée en Europe).

Tout d’abord, une première simulation a été faite avec la chimie complète du

soufre sur le domaine Europe avec une résolution de 0.5

o

, identique à celle employée

au chapitre précédent.

Les concentrations en ozone, dioxyde de soufre et sulfate à la surface ont été

moyennées sur la période de simulation et tracées sur des cartes de l’Europe en

figure 4.2 pour les trois mois d’été.

Les concentrations obtenues pour l’ozone sont du même ordre de grandeur que

les simulations de Dufour et al. (2004) faites sans chimie du soufre. Ceci signifie

que même si la chimie du soufre introduite dans MOCAGE a un impact sur les

concentrations des espèces chimiques qui réagissent avec les espèces soufrées, elle ne

perturbe pas les équilibres entre les espèces. On constate sur la carte des

concen-Figure 4.2 – Concentrations d’ozone, de dioxyde de soufre et de sulfate en µg.m

3

simulées

par MOCAGE et moyennées sur la période estivale de 2003 (juin, juillet et août).

Chapitre 4. Le soufre dans MOCAGE

trations moyennes de dioxyde de soufre deux maxima (tâches rouges) en France

correspondant aux sites du Havre et de Marseille. De même, le long de la côte ouest

de l’Espagne et du Portugal, en Mer du Nord et dans le sud de la Méditerranée,

on observe des plages de maxima liées vraisemblablement à la pollution par les

car-burants des bateaux. Enfin, les centrales thermiques d’Angleterre, du Bénélux et

d’Allemagne sont également des sources de pollution en sulfate via le dioxyde de

soufre.

Afin de faire une première validation de ces simulations, les concentrations de

di-oxyde de soufre et de sulfate ont été comparées aux données issues du réseau EMEP

(Hjellbrekke (2005)) moyennées sur l’été 2003 (figures 4.3 et 4.4). On constate que

pour le dioxyde de soufre, le modèle a tendance à surestimer les concentrations en

sites de plaine (dont le site Carbosol de K-pustza), tandis qu’il sous-estime

sys-tématiquement les concentrations en sites d’altitude (au-delà de 1000 mètres) et

notamment pour le site de Schauinsland. Les émissions de dioxyde de soufre dans

l’atmosphère de MOCAGE ne sont donc peut-être pas bien réparties en fonction de

l’altitude.

Par contre, on constate que pour les concentrations de sulfate, l’altitude ne semble

pas avoir d’effet. Les faibles concentrations sont surestimées par MOCAGE, tandis

que les fortes sont sous-estimées. Marmer and Langmann (2007) constatent ce même

problème pour l’été 2002.

Les concentrations de sulfate obtenues par MOCAGE sur les sites de

CARBO-SOL ont été comparées aux observations. Il est important de noter que, comme cela

a été fait pour le Plomb 210, pour les stations d’altitude, les valeurs de sulfate

is-sues de MOCAGE ont été prises au niveau de pression moyenne de la station. Tout

d’abord, nous avons comparé les moyennes observées et simulées et calculé le biais

du modèle du 11 mai au 1

er

juillet, les dix premiers jours de mai correspondant au

spin-up du modèle pour le soufre. Les résultats sont présentés dans le tableau 4.2.

Le comportement du modèle est très variable d’une station à l’autre. Ainsi, pour

les deux stations de plaine, les moyennes et les écart-types simulés et observés sont

en accord pour Aveiro (comme pour le

210

Pb), tandis que si la variabilité à K-puszta

est bien reproduite (écarts-type proches en valeur) la moyenne est surestimée par le

JJA

0 0,5 1 1,5 2 2,5 0 0,5 1 1,5 2 2,5

Observations (µg[S]/m3)

S

im

u

la

ti

o

n

M

O

C

A

G

E

g

[S

]/

m

3

)

sites > 1000 m sites < 1000 m sites Carbosol

Figure 4.3 – Comparaison des concentrations de dioxyde de soufre mesurées dans le réseau

EMEP et simulées par MOCAGE moyennées sur la période estivale de 2003 (juin, juillet et août).

Nom moyenne (écart-type) moyenne (écart-type) biais en absolu

mesurée simulée (en pourcentage)

Aveiro 3944 (1165) 3966 (1475) -22 (-0.6%)

K-puszta 3931 (878) 5064 (951) 1133 (28.8%)

Puy de Dome 2365 (1560) 2484 (680) 119 (5.0%)

Schauinsland 3775 (1388) 2846 (884) -929 (-24.6%)

Sonnblick 2865 (943) 1647(332) -1217 (-42.5%)

Observatoire Vallot 547 (152) 936 (122) 389 (71.1%)

Tableau4.2 – Moyennes et écart-types (entre parenthèses) mesurés et simulés, biais en valeur

réelle (en ng.m

3

) et en pourcentage dans les sites CARBOSOL, du 11 mai au 1

er

Chapitre 4. Le soufre dans MOCAGE

JJA

0 0,5 1 1,5 2 2,5 0 0,5 1 1,5 2 2,5

Observations (µg[S]/m3)

S

im

u

la

ti

o

n

M

O

C

A

G

E

g

[S

]/

m

3

) sites < 1000 m

sites > 1000 m

sites Carbosol

Figure 4.4 – Comparaison des concentrations de sulfate mesurées dans le réseau EMEP et

simulées par MOCAGE moyennées sur la période estivale de 2003 (juin, juillet et août).

modèle MOCAGE. Pour les stations de moyenne montagne, on peut faire le même

constat entre la moyenne simulée au Puy de Dôme qui est proche de la valeur

observée et celle à Schauinsland où l’écart est de presque 25%.

Pour discuter en détail des résultats de la simulation, les concentrations simulées

pour les sites CARBOSOL ont été calculées selon le même pas de temps que les

observations et comparées à celles-ci. Les graphiques temporels ont été tracés sur la

figure 4.5.

Tout d’abord, comme pour la simulation du

210

Pb à la résolution 0.5

o

, on est parti

d’un état de l’atmosphère sans sulfate, il faut donc un temps de mise à l’équilibre

du modèle qui est d’environ dix jours, au vu des graphiques temporels. Pour la

comparaison proprement dite, on constate un bon accord entre les mesures et les

observations pour la station d’Aveiro. Le bon comportement du modèle pour le

transport du

210

Pb à cette station se retrouve ici pour le sulfate. Pour la station

de K-puszta, il y a un déphasage entre les mesures et les simulations. Hormis pour

l’Observatoire Vallot et Aveiro, on retrouve le problème de sous-estimations des

concentrations de fin mai à début juillet constaté pour les valeurs de

210

Pb. Mais des

phénomènes liés à la chimie du soufre (puisque non-présents dans les simulations de

210

Pb) s’ajoutent notamment à K-puszta, au Puy de Dôme ou encore à Schauinsland

en mai, où les concentrations sont manifestement surestimées.

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