CAPÍTULO 4 OS RESULTADOS DA AVALIAÇÃO E AS PERSPECTIVAS DA
4.5 O Curso Gerenciamento de Programas e Projetos
En Chine, le terme de cybercafé porte l’appellation “ Wang bar “ (c'est à dire « café Internet »). Ce dernier est rentré dans l’arène chinoise depuis 1997. Selon les statistiques publiées à la fin de 2005 par le ministère de la culture, 112 264 cybercafés sont enregistrés (les cybercafés illégaux53 n’ont bien sûr pas été comptabilisés). Parmi les 110 millions d’internautes chinois, il y a environ 14,6 millions d’internautes qui surfent dans les cybercafés, ceux-ci représentant donc 13% du total des utilisateurs. Cette nouvelle activité commerciale a créé environ 786 000 emplois et 25,68 milliards de RMB2 de chiffre d’affaires annuel (soit environ 2,5 milliards d’euros). Les Lieux d’Accès à Internet sont des services commerciaux qui jouent un rôle spécifique dans le développement économique et social de la société. Cela n’est certes pas une exception chinoise. En fait, le niveau de salaire est relativement bas dans un pays en voie de développement comme la Chine et le taux de pénétration d’Internet n’est encore que de 8.5% de l’ensemble de la population. De ce fait, les cybercafés facilitent l’accès à l’information et produisent des effets en terme de réduction de la « fracture numérique ».
D’une part, l’existence de cybercafés répond aux besoins des internautes (notamment en termes d’information, de loisirs, etc.) et d’autre part, ces cybercafés constituent des affaires très rentables pour les commerçants. Le nombre de créations de cybercafés en Chine a monté en flèche dès le tournant du XXI° siècle, passant de 1.629 en 1999 à environ 40.000 en 2000.
53 Les cybercafés illégaux : ce sont ceux qui n’ont pas obtenu la licence de l’établissement auprès des autorités chinoises. 2 RMB- RenMinBi, 1 Euro ≈ 10 RMB.
Les politiques publiques
Les cybercafés sont devenus un acteur important, permettant de généraliser les techniques d’information, de diffuser l’information et de favoriser le développement d’Internet en Chine. La position des autorités consiste surtout à soutenir, à mieux réglementer et à encourager des opérations en chaîne.
Cependant, le fait que les contenus de la Toile sont « démesurés » a ainsi créé des polémiques. Par exemple des contenus ont été jugés « nuisibles », « réactionnaires » ou « pornographiques ». Et en juin 2002, un incendie dans un cybercafé illégal à Beijing a fait 25 morts et 13 blessés. Les autorités ont alors décidé de renforcer les réglementations des cafés Internet et de suspendre provisoirement la demande d’autorisation. Celle-ci n’a repris qu’en décembre 2005. Pendant cette période, c’est le système du « 10+3 » qui fonctionne sur le territoire chinois : seulement 10 entreprises autorisées par le gouvernement central et 3 par des collectivités locales pouvaient créer des nouvelles chaînes de cybercafés. Parmi ces trois dernières, 2 étaient attribuées à la ville et à l'opérateur de télécoms et la dernière l’était à une entreprise privée.
L’Etat promeut le modèle des chaînes de cybercafés, avec pour objectif d’encadrer l’accès à Internet. Malgré cela, ce modèle ne constitue que 10% du nombre total de cybercafés (environ 112 000), en raison des formalités administratives minutieuses. Par conséquent, des cybercafés illégaux ont continué à apparaître pour combler l’écart entre la demande réelle et la capacité à fournir des accès.
Les autorités ont d’ailleurs normalisé les conditions liées aux établissements des cybercafés, comme par exemple un capital minimum de 1 million de RMB, un nombre minimum d’ordinateurs (60 ordinateurs par cybercafé en milieu métropolitain, et 30 ordinateurs pour des villes de tailles petites et moyennes), une superficie minimale de 2m2 d’espace par machine et l’interdiction d’accès aux mineurs non accompagnés.
Le modèle de réussite de XING BIN
Dans le cadre de recherche du projet eAtlas, nous avons réalisé, à Shanghai en février 2005, une enquête sur les lieux d’accès à Internet. Avec quelques 4,4 millions d’internautes (chiffre daté de décembre 2004), Shanghai se classe au deuxième rang en Chine. Il y aurait environ 1442 cybercafés enregistrés dans la ville.
La société Shanghai XING BIN, dont l’activité est liée aux services relatifs aux TIC et aux réseaux, est l’un des exemples de réussite en matière de chaînes de cybercafés. XING BIN a été créée en 1996 avec seulement 26 ordinateurs. Après quelques années de développement, la société est devenue le pionnier dans la domaine des cybercafés chinois avec 7 filiales (4 à Shanghai, 3 à Anhui province) et, selon XING BIN, quelques 2.000 ordinateurs, 300 employés, 95.000 membres enregistrés et 10.000 cartes de fidélité. Sur le plan de l’entreprise, 20 à 30 nouveaux cybercafés seront lancés dans la province de Guangdong dans le courant de l’année suivante. Pour diversifier son offre de services, XING BIN a également ouvert une « zone VIP » où les espaces sont plus spacieux et les matériels plus puissants et mieux équipés.
En ce qui concerne l’usager classique, la majorité des clients de XING BIN est âgée de 20 à 30 ans, 50% d’entre eux sont des joueurs de jeux vidéo, 25% sont là pour regarder des films et les 25% restants viennent au cybercafé pour « chatter ».
Source : Xing Bin
Si l’on compare les chiffres de XING BIN avec une enquête annuelle publiée par CNNIC (China Internet Network Information Center) en décembre 2005, les données de CNNIC relèvent que, sur l’ensemble des internautes en Chine, les trois premiers usages sont la lecture des informations (67.9%), l’utilisation du moteur de recherche (65.7%) et la consultation de la boîte aux lettres électronique (64.7%). Les jeux vidéo se situent à la dixième place (avec 33,2%).
Les problématiques existantes dans les cybercafés chinois
Le phénomène des cybercafés a introduit des changements remarquables en Chine. Toutefois, certaines problématiques préoccupent les autorités ainsi que la population. Les activités principales pratiquées par les utilisateurs de cybercafés sont celles des usages de base et des loisirs. Il y a un grand manque d’accompagnement des usages,
50 25 25 0 10 20 30 40 50 %
Enquête des us agers (Xing Bin - Shanghai)
jeux film chat
dans ces lieux, par exemple en matière d’offre de formation, de recherche d’emploi, d’accompagnement aux nouveaux outils informatiques, etc. Cette limite reflète en partie l’absence des initiatives de la part des autorités publiques en matière d’accès à Internet. Par ailleurs, les usages diffèrent entre les cafés Internet et ceux qui se pratiquent à domicile. Etant donné que les joueurs de jeux vidéo donnent une priorité à l’atmosphère conviviale et à la proximité avec leurs compagnons de jeu, cela explique l’importance de cet usage au sein des cybercafés.
Chaque jour il y a environ 40 millions d’usagers dans les cybercafés, en Chine. Avec seulement 8,5% de taux de pénétration d’Internet, ce qui est loin derrière la moyenne mondiale (15.2%), les accès à Internet sont une chance pour que la Chine puisse rattraper son retard en ce qui concerne la fameuse « fracture numérique ». Mais les politiques publiques d’aujourd’hui ne sont pas bien encourageantes pour de nouvelles créations de lieux, dans la mesure où les critères qui permettent leur installation sont accompagnés de très fortes contraintes.
La fracture numérique est une question majeure au sein de la société chinoise. Elle constitue une réalité entre les ruraux et les urbains mais aussi entre les différentes professions et entre certaines communautés.
Les cafés Internet chinois ont une évidence commerciale importante. Les animateurs jouent rarement un rôle d’assistant. De ce fait, les cybercafés ne touchent guère des publics éloignés. Environ 900 millions d’habitants ruraux habitent des territoires où il n’y a quasiment pas de lieux d’accès à Internet et on assiste donc à un renforcement de cette fracture entre villes et campagnes chinoises. Parmi les internautes recensés, seulement 1% sont agriculteurs ou travailleurs agricoles.
Enfin, il y a encore un long chemin à explorer pour les cybercafés chinois. Comme le rappelle le fameux slogan national, la Chine cherche à découvrir la bonne direction, sur la route du développement. Les cybercafés, mieux accompagnés, pourraient sans doute contribuer au progrès social de la société chinoise.
Huang Ping Doctorante au CIRUS-CIEU/Cnrs