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Planeamento e Gestão de Obras em microempresas

• Les traités d'agriculture persans datant de l'époque médiévale sont peu nombreux et n'ont pas encore fait l'objet d'éditions critiques. Ds n’ont donc pas pu être consultés au cours de la présente recherche. En revanche, c'est surtout dans un traité majeur sur le sujet, mais qui date d'une époque largement postérieure à celle qui nous occupe, que nous avons puisé nos renseignements. Comme il a été dit plus haut, la science agricole évolua très peu au cours des siècles. D semble donc que la richesse des informations contenues dans ce traité tardif peut être mise à profit, même pour l'appliquer à un auteur comme Ne2âmî, qui lui est antérieur de quelques trois siècles.

• Les encyclopédies persanes contiennent également des chapitres consacrés aux questions agricoles.

• Le public auquel étaient destinés ces ouvrages nous laisse perplexe. D ne pouvait s’agir d’agriculteurs qui, même s’ils étaient assez érudits pour désirer compulser ces ouvrages, ne trouvaient dans ceux-ci que fort peu d’informations pratiques. Le public « de salon » pouvait-il trouver plaisir à lire des recettes agricoles théoriques et même magiques, qui ont peu d’utilité pratique?^

• Un fait qui nous semble fort intéressant est le groupe des sciences parmi lesquelles est placée l'agriculture. Nous voyons qu'il s'agit bien souvent des sciences occultes ou de divination, à côté de la médecine et d'autres branches de la physique aristotélicienne. D nous faudra garder en mémoire cette présentation de la science agricole, quand il s'agira de juger les "connaissances scientifiques" agricoles que Nezâmî a introduites dans sa Khamsa.

Sources consultées

• Le Kitâb al-Filâha, Le Livre de l’Agriculture, dlbn al-’Awâm'*’ fut composé à la fin du Vlè H./Xnè siècle ou au début du Vllè H./XHIè siècle'**. D comprend 34'*^ livres

ibâb), et contient la mention de 585 plantes cultivées^®. Il traite également entre autres.

^ Voir par exemple, la remarque de J. JAKOBI, op. cit., p. 203 ; « The existence of a group of literate people peronnally engaged in matters of land utilization seems rather untypical in the framework of the traditional agriculture of médiéval Islam. »

Nous avons consulté la traductim de T'ouviage par J. J. CIÆMENT-MULLET, Le Livre de l'Agriculture d'Ibn-al-'Awâm (Kitâb al-Felâha), 3 vols., Paris, 1864-7, qui, malgré son sérieux ne mentionne que rarement les tennes arabes des aitaes dont traite l’auteur, n est draïc possible qu’en certains cas, nous n’ayons pas reconnu, sous une traductiMi différente de la nôtre, des arbres étudiés.

G.S. COLIN, EP« Filâha », P. 922. Nous trouvons dans l’introduction à la traduction par J.J. CLEMENT MULLET, p. 17 : « il paraît avoir été composé vers le Vlè siècle de l’hégire qui correspond au Xllè

de l’ère chrétierme. »

^ J.J. CLEMENT MULLET, p. 18-19 : « Un chapitre, le XXXVè, sur les chiens, avait été promis, mais il prarait être resté à l’état de projet sans avoir jamais été écrit. »

*M. ULLMANN, Die Natur- und Geheimwiss., pp. 447-8, indique que l’ouvrage traite de 55 arbres ftuitiers. Nous ne retrouvons pas confirmatiOT de ce chififie, mais en avons compté 30 ! Le chapitre VII, qui contient 56 rubriques qui traitent des végétaux, mentionne, outre les arbres que nous craisidérons comme fiuitiers, d’autres comme

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de la connaissance des terres, des engrais, des greffes, des semailles et de l’élevage des animaux. Loin d'être le plus important ou le plus original des traités d'agronomie arabo- hispaniques, cet énorme ouvrage connut cependant une grande célébrité. « Ce n’est pas un traité didactique, écrit avec méthode, mais la réunion des meilleurs préceptes d’agronomie extraits des auteurs qui ont précédé, Nabatéens, Grecs, Latins, Arabes ou autres. Ainsi le lecteur y trouve le résumé de tous les systèmes d’agriculture anciens. »’*. D s'agit essentiellement d'une compilation, extensive et utile, de citations des agronomes de l'antiquité et des prédécessairs hispaniques de l'auteur, accompagnées parfois de quelques observations personnelles.*^ L’auteur mentionne parmi ses sources YAgriadture Nabatéeme, qui lui aurait donné des renseignements sur l’importance de suivre les évolutions des données astronomiques en agriculture.*^

Les rubriques qu’il consacre aux arbres (dont la majorité sont des arbres fruitiers) ne donnent pas de description des végétaux - ils sont sans doute bien connus des lecteurs de l’ouvrage. Il cite en général quelques variétés, indique éventuellement des ressemblances avec d’autres espèces et ensuite commence à citer par le menu les avis de toutes ses sources quant au meilleurs moyen de reproduire les arbres, quant aux sols qui sont préférables, aux soins et aux arrosages et engrais à apporter éventuellement, il parle de la taille, de la greffe, du meilleur moment pour la récolte et enfin il donne quelques conseils pour préparer les fiuits, souvent pour en faire des « pains » aux moments de disette. D lui arrive, exceptionnellement, de mentiormer les qualités pharmacologiques dqs certains fruits. L’attention de l’auteur est très clairement centrée autour de la reproduction des arbres, du choix du terrain et de l’arrosage. Contrairement aux chapitres trouvés dans les encyclopédies, Ibn al-‘Awâm donne des conseils pratiques, appliquables et précieux en horticulture et s’efforce de ne pas mélanger procédés magiques et connaissances arboricoles, mais il réunit toutes les « recettes merveilleuses» dans un chapitre séparé.

Ibn al-‘Awâm, nous l’avons dit, a fait une compilation très complète des ouvrages d’agriculture qu’il connaissait. Cependant, il ne cite pas ses sources de manière systématique. De plus, son oeuvre nous laisse une impression d’inachevé car il juxtapose souvent des citations identiques ou qui dérivent l’une de l’autre, ce qui fait

que nous trouvons des répétitions constantes, qui alourdissent inutilement son texte.

Ibn al-‘Awâm ne traite pas du ‘ûd dans son recueil, mais il le mentionne ;

« Procédé pour parfiamer l’eau de rose au camphre, au 'ûd, au girofle, ai safran, au musc, soit à chacune de ces substances, soit à plusiairs à la fois, selon son goût, d’après Zahravi et autres. »*“*

le chêne, le cyprès ou le platane, que nous comptcms parmi les arbres forestiers. D’autres végétaux encore, qui n’entrent pas en ligne de compte pour notre étude, comme la rose, le laurier-rose, ou encore la canne à sucre sont paiement repris dans ce chapitre.

J.J. CLEMENT MULLET, Introduction p. 19.

’^COLIN, "Filâh.a II Occident" EP, pp.922-3. Voir M. ULLMANN, op. cit, pp. 447-S pour ime liste des citations.

” lAA, I, pp. 7-8.

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• 4&îr wa Ahyâ ‘ ”, Impressions et Traditions, est l’oeuvre de Rashid al-Dîn Fazl-Allah Hamedânî, le grand historien de la période ilkhanide (mort en 718/1318). Il naquit à Hamadan dans une famille juive de tradition professionnelle médicale. Son père était apothicaire et lui-même reçut une formation de médecin. C’est en cette qualité qu’il entra au service de la cour des mongols, où il gravit les échelons pour devenir le vizir des Hkhâns, Ghazân Khân et Ôldjeytü. Ses domaines d’intérêt englobaient l’histoire, l’administration, la théologie, l’agriculture et les matières annexes.^* A côté de l’énorme succès que connut l’Histoire du Monde, cet ouvrage d’agriculture n’a que peu retenu l’attention des chercheurs jusqu’à présent. D revêt pour nous un intérêt tout particulier, par l’indépendance dont fait preuve l’auteur. De plus, il consacre tout un long chapitre aux « arbres originaire de l’Inde et de la Chine », qui nous offre un éclairage nouveau sur ces végétaux. La rubrique qui suit, consacrée en majeure partie à la récolte de ‘wt/ est beaucoup plus détaillée que celles que nous avons vues jusqu’à présent. De plus, elle s’éloigne des autres versions qui découlent toutes d’une source commune. D nous paraît étonnant que l’auteur n’en fasse même pas mention. L’ouvrage comporte d’abord un long chapitre traitant de la connaissance des variétés d’arbres connus, donc aussi par exemple, du sondai et du "ûd. Viennent ensuite des chapitres consacrés aux boutures et engrais, aux céréales et aux herbes.

« Au sujet des connaissances de l’arbre "ûd. En langue indienne on l’appelle « ...(manque dans l’édition) et dans la langue manzî (Nord de la Chine) et en khotanais et dans ces régions, « cham jmak ». Son habitat est la région de Sîlân (Ceylan) et Java (Java ?) et ce

Jâva-d n’est pas le Jâva où se trouve le sondai. Dans ce Jâva, il y a beaucoup d’éléphants puissants, que l’on importe aussi au

Hendûstân. C’est un port sur la route de la Chine. Lorsque le vent est clément,on atteint Zeytûn en quatre ou cinq jours. Le 'ûd de Jâva est meilleur que celui de Ceylan.

La plupart des arbres "ûd sont hauts, d’une dimension de plus ou moins 12 gez et son épaisseur est telle qu’un homme peut l’embrasser, son écorce est épaisse comme celle du derakht-e bîd

(saule ?). Ses feuilles ont la forme de celle du tût (mûrier), mais plus grandes; d’un côté elles sont vertes, de l’autres blanches. Leur texture est pareille à celle du anjîr (figuier). Les branches sont nombreuses et leur forme (dtekl ? sic) est blanche comme la fleur du prunier (âlû),

mais plus grandes. Son parfum est puissamment bon.

Les organisations de commerçants qui voyagent de Chine vers les régions de Hendûstân, ou qui viennent du Hendûstân vers la Chine, louent les services de quelques personnes afin qu’ils coupent des arbres de ‘m</, afin qu’ils tronçonnent complètement le tronc et les branches et qu’ils les jettent dans certaines criques (? nâvar-hâ-yé)

d’eau de mer, afin que chaque morceau de bois devienne tendre dans l’eau de mer. Ceci est mystérieux : l’eau de la mer les fait se putréfier

” RASHID AL-DIN FASL ALLAH HAMEDANI, Athdr wa alhyâ' de, éd. par M. Sotûdeh et Iraj Afshâr, Téhéran, 1368.

Chapitre III II7

ipûsânad) et les vagues qui frappent [les morceaux de bois] les font éclater. Il ne reste que ce qui est pur parce que c’est le plus robuste et que l’eau de la mer y atteint plus tard. Il faut patienter cinq à sbc mois pour atteindre cette phase. Plus l’(eau de) mer est pleine de vagues, plus vite elle atteint le bois et le fait se putréfier. Et [les commerçants] payent quelqu’un qui surveille cette opération. De chaque bûche qui faisait dix ou cinq mœm-s, il ne reste qu’un peu de matière, précieuse comme une perle de moelle (salabf), qui se trouvait à l’intérieur. Et parfois [la quantité] qui reste sur une vague est [encore] plus petite. L’on voit que le ‘ûdde Java est parfois grand et parfois très petit.

Lorsque les commerçants reviennent, chacun va dans son nâvar (?) et ils jettent les filets comme pour attraper des poissons, afin que tout ce qui est dans ces ndvar-s de morceaux grands et petits, que tout soit sorti par le filet. Ils [recommencent l’opération] autant de fois qu’il faut afin qu’ils ne laissent rien. [Ils ne gardent pas] ce qui est [comme] une pierre dans le centre de la moelle , ils n’y attachent pas de valeur. Mais à Ceylan, même si la matière que l’on découpe au couteau est de meilleure qualité, mais pas tout à fait putréfiée, on la sépare et afin qu’elle prenne une couleur noire, on l’oint de gomme que l’on a fait bouillir avec du sucre.

Au Hendûstân on en fait de l’encens, [mélangé au] sondai et d’autres matières parfumées et lorsqu’il donne de la fumée on place un couvercle dessus afin que la fumée adhère à ce couvercle, et tout comme on récolte la suie de la lampe, on récolte cette suie et on y mélange des matières parfumées, comme la ghâlia. Les femmes s’enduisent de cette suie. Et apparemment, si l’on prend de la suie de différentes sortes de parfums et que l’on fait des mesures et des essais et des examens, on peut composer un parfum. »”

UErshâd al-Zerâ'a, Le Guide cTA^culture, rédigé par Qâsem b. Yusof Abû Nasri Heravî et complété en 921/1515-16^*, est considéré comme "le plus important ouvrage agronomique en persan découvert jusqu'à présent"*^. La majeure partie de l'ouvrage traite de la culture des fiuits du verger, y compris les raisins, des fleurs, y compris le safran, des herbes et légumes du jardin, tels concombres et melons. Moins de 10 % de l'ouvrage est consacré à la culture des céréales (surtout blé (gandom) et orge (/«)) et de

RAD, p. 93^.

^Ershâd ca zarâ'a, talîf-i Qâsün bin Yûsuf Abû Nas.ri Heravî, Téhéran, 1134/1967-8, Muh. Mushîiî, ed Cette édition est dotée de plusieurs index fat précieux. J. JAKOBI signale que, malgré la date tardive (Husayn Bayqaiâ meurt en 1506 et Hérat passe sous influence safavide dès 1513), l'ouvrage a été composé dans l'ère culturelle timouride, et probablement dédié à Ali Shir Naval 11 est attribué par M. ULLMANN, op. cit, p. 450, à Qâsim b. Yûsuf abu Nas.r-i Ansari.

L’Aies. LAMBTON, "Abjects of Agricultural Organisation", p. 161. cité par J. JAKOBI, op.cit note 2, p.

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légumes requérant un emploi extensif de la terre.^ Pour ce qui est des informations sur les végétaux eux-mêmes, 79 plantes sont décrites (céréales, légumes, arbres fruitiers, arbres d'ornement, fleurs, plantes médicinales, etc., dont l’auteur donne souvent toutes les variétés connues).

‘ûd n’est mentionné que dans une de nos sources de connaissances agricoles. La raison ne nous semble pas difficile à trouver. Ce silence nous indique, tout simplement, que ce n’était certainement pas un aibre cultivé en Iran, mais bien une essence exotique. De plus, les recueils de conseils agricoles ne mentionnent que très peu d’essences forestières qui pourraient faire l’objet d’une culture à long terme pour la valeur de leur bois. Leur intérêt va à la culture des arbres fruitiers, dont l’intérêt « économique » est évident et immédiat.

• Dans le Jâme' al-'Oltm^^, le chapitre sur l’agriculture contient neuf points®^. C’est une énumération de naïf recettes, parfois même qualifiées de « stratagèmes », mais revêtues de l’autorité d’un personnage religieux ou savant. Nous trouvons des allusions à l’emploi d’engrais animaux, ou la description de greffes étonnantes et au résultat parfaitement merveilleux. Bien habile cependant, celui qui, à la lecture de la description qui en est faite, serait capable de mettre la chose en pratique. Force est de noter l’absence d’explication, de recherche des raisons des choses. Aucune réflexion sur l’importance de l’agriculture, aucune systématisation, mais quelques «trucs», plus fantaisistes que valables.

Comparaison du contenu

• Seul le va Ahyâ mentionne notre végétal 'ûd. L’auteur semble avoir recueilli de première main un récit très riche en détails et est la seula de nos sources à décrire l’arbre sur pied. Ce qui est très étonnant c’est l’explication de la récolte de la matière

'ûd, que nous donne Rashid al-Dîn. La description est totalement différente par la méthode de toutes les autres explications que nous avons trouvées^^. L’auteur n’a donc pas cherché à consulter des sources lors de la composition de son recueil. Son silence au sujet de la différence entre sa version et celles des autres, nous semble très étrange, lorsque l’on considère que, par sa formation en médecine, il devait être au courant des explications données d’habitude.

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