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6. RESULTADOS E DISCUSSÃO

6.1 Análise microbiológica

6.1.7 Quantificação de atividade de água e umidade

(Traduction)

Je me pencherai seulement sur le point crucial qui a incité la Cour à conclure à une violation de l’article 8 § 1 (art. 8-1) de la Convention par le gouvernement défendeur.

Les lois de 1861 et 1885, toujours en vigueur en Irlande du Nord, condamnent les actes d’indécence grave entre hommes et la buggery. Il a été jugé que ces dispositions, sous leur forme non amendée, constituaient une atteinte au droit au respect de la vie privée du demandeur, qui s’avoue homosexuel.

La question centrale, décisive, de cette affaire consiste donc à se demander si les dispositions des lois susmentionnées érigeant en infraction les relations homosexuelles étaient bien nécessaires dans une société démocratique pour protéger la morale ainsi que les droits et libertés d’autrui, cette nécessité étant une condition préalable de la validité de la législation en vertu de l’article 8 § 2 (art. 8-2) de la Convention.

Après avoir considéré tous les faits et arguments pertinents de l’espèce, je suis parvenu à la conclusion inverse de celle qu’a adoptée la majorité. Je vais exposer aussi brièvement que possible les raisons pour lesquelles j’estime que, dans ce litige, il n’y a pas eu de violation de la part du gouvernement défendeur.

1. Les religions chrétienne et musulmane s’accordent à condamner les relations homosexuelles et la sodomie. Or les idées morales plongent pour une bonne part leurs racines dans les croyances religieuses.

2. Jusqu’à ces dernières années, toutes les nations civilisées érigeaient en infractions la sodomie, la buggery et les pratiques perverses du même genre.

A Chypre, des dispositions pénales comparables à celles des lois de 1861 et 1885 d’Irlande du Nord sont en vigueur. L’article 171 du code pénal cypriote, promulgué en 1929, dispose en effet au paragraphe 154:

"Commet un délit punissable de cinq années d’emprisonnement tout individu qui (a) a des relations sexuelles contre nature avec un autre individu, ou (b) étant de sexe masculin, permet à un autre homme d’avoir avec lui des relations sexuelles contre nature."

Aux termes de l’article 173, toute tentative de délit ainsi défini expose son auteur à trois années d’emprisonnement.

Certes, on peut considérer mon point de vue comme partial étant donné ma qualité de juge cypriote, mais on peut aussi estimer que je suis mieux placé qu’un autre pour prévoir un tollé général et des remous dans le cas où ces lois seraient abrogées ou amendées en faveur des homosexuels, que ce soit à Chypre ou en Irlande du Nord, pays marqués par la religion et l’attachement à des valeurs morales séculaires.

3. Lorsqu’on envisage le respect dû à la vie privée d’un homosexuel, garanti à l’article 8 § 1 (art. 8-1), on ne doit pas oublier ou perdre de vue que ce respect est également dû à ceux qui soutiennent l’opinion inverse, surtout dans un pays peuplé d’une forte majorité de gens opposés aux pratiques immorales contre nature. Dans une société démocratique, la majorité a certainement droit elle aussi, en vertu des articles 8, 9 et 10 (art.

8, art. 9, art. 10) de la Convention et de l’article 2 du Protocole no 1 (P1-2), au respect de ses croyances religieuses et morales et elle a le droit d’instruire et d’élever ses enfants en accord avec ses propres convictions religieuses et philosophiques.

Dans une société démocratique, majorité fait loi. Il me paraît quelque peu étrange et troublant, quand on considère la nécessité du respect de la vie privée d’un individu, de sous-estimer la nécessité de conserver en vigueur une loi qui protège les valeurs morales tenues en haute estime par la majorité.

La légalisation des actes homosexuels commis en privé par des adultes risquerait fort de provoquer de nombreux remous dans le pays considéré. Le gouvernement défendeur était donc fondé à juger nécessaire le maintien en vigueur des lois en cause afin de protéger la morale et de préserver l’ordre public.

4. Si un homosexuel se plaint de souffrances d’ordre physiologique, psychologique ou autre et si la loi ne tient pas compte de ces circonstances, il peut faire l’objet d’un non-lieu ou se voir octroyer des circonstances atténuantes, selon que ses tendances sont ou non irréversibles. Aucun de ces arguments n’a été ni avancé ni rejeté. Si le demandeur l’avait fait, il aurait dû épuiser ses voies de recours internes. Or il n’a fait l’objet d’aucune poursuite.

Il ressort de la procédure suivie dans cette affaire que ce que le demandeur réclame en vertu de l’article 8 §§ 1 et 2 (art. 8-1, art. 8-2) de la Convention européenne, c’est la liberté de s’adonner en privé à des relations homosexuelles.

La rareté des affaires soumises aux tribunaux en vertu des dispositions répressives des lois dont il s’agit a été amplement commentée. Certains en ont conclu que la population d’Irlande du Nord considérait avec indifférence l’absence de poursuites pour délits d’homosexualité. Cependant, constatant la rareté des délits d’homosexualité, on pourrait aussi en déduire qu’il n’est ni nécessaire ni opportun de modifier la loi.

5. La jurisprudence de la Cour nous a déjà donné quelques indications sur la façon d’apprécier la nature et l’étendue de la morale et le degré de nécessité d’une protection de la morale en droit interne, dont il est question aux articles 8, 9 et 10 (art. 8, art. 9, art. 10) de la Convention européenne des Droits de l’Homme:

"A" La notion de morale varie dans le temps et dans l’espace. Il n’existe pas de notion européenne uniforme de la morale. Les autorités de chaque État se trouvent

mieux placées que le juge international pour se prononcer sur les valeurs morales dominantes de leur pays. (arrêt Handyside du 7 décembre 1976, série A no 24, p. 22, § 48)

Il est incontestable que le climat moral qui domine en Irlande du Nord est défavorable à un changement de la législation considérée, car il aurait pour effet de donner libre cours, d’une manière ou d’une autre, à l’immoralité.

"B" De même, les autorités de l’État se trouvent mieux placées pour juger jusqu’où devrait impérativement aller la législation nationale pour restreindre, afin de protéger la morale et les droits d’autrui, les droits garantis par les articles pertinents de la Convention.

L’assemblée législative compétente pour modifier les lois considérées s’est abstenue de le faire, estimant nécessaire de les maintenir en vigueur afin de protéger la morale dominante de la région et de préserver l’ordre public. Les États contractants ont droit à une marge d’appréciation qui ne saurait, bien entendu, être illimitée.

Eu égard à tous les faits et points de droit pertinents ainsi qu’aux principes fondamentaux permettant d’apprécier globalement la situation considérée, je ne trouve pas que le maintien en vigueur en Irlande du Nord de lois - datant du siècle dernier – interdisant les actes d’indécence grave et la buggery entre adultes de sexe masculin ait perdu son utilité en ce qui concerne la protection de la morale et des droits d’autrui dans ce pays. J’en conclus que le gouvernement défendeur n’a pas violé la Convention.

ENTERRIA

OPINION DISSIDENTE DE MM. LES JUGES EVRIGENIS ET

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