1.2.2 Riscos Profissionais
1.2.2.4 Riscos Psicossociais Violência
Il nous a semblé que c’est sous la forme de tableaux et de graphiques qu’apparaissent le plus clairement la variété du vocabulaire végétal, les choix de Nezâmî et les différences
perceptibles entre les matnavî-s. Cet exercice, en apparence assez simple, nous a
cependant mise devant des difBcultés dues à la polysémie du vocabulaire persan, qui est fort prisée des poètes. Des difBcultés se présentent au sujet de végétaux imparfaitement identifiés, de ceux dont les traducteurs proposent des identifications variées, ou de ceux
qui recouvrent des concepts différents. Læ chobc d’une traduction est dans ce cas
subjective, même si elle se veut dictée par le sens du vers.
• L’exemple de bahâr illustre cette triple incertitude. Le terme est imparfaitement
identifié, puisqu’il peut être traduit comme «fleur d’oranger», «camomille», « buphthalme », etc. Mais il recouvre aussi des concepts très différents, puisqu’il peut être compris comme « printemps » ou « temple d’idole », etc. Les traducteurs de Nezâmî ont tous opté pour l’interprétation du terme comme « printemps », mais il nous a semblé qu’en de nombreux cas, Nezâmî désignait un végétal. Dans ces cas, nous avons choisi d’interpréter le terme comme « fleur d’oranger », parce que cette désignation nous semblait correspondre le mieux à l’emploi poétique qu’en a fait Nezâmî.
«
• Ne sont pas repris dans nos relevés, les beyt-s où la signification du terme ne peut en
aucun cas être comprise comme étant végétale. Un des critères les plus utiles pour
déterminer la signification du terme est la recherche de la figure de style de tanâsub,
« l’harmonie des choses similaires », qui veut que les deux parties d’un beyt soient
parallèles et emploient des images dérivées d’un même contexte. L’on peut donc supposer que si un végétal précis est mentionné dans une partie, la seconde partie du vers en comportera un autre. Ce principe doit bien entendu être appliqué avec toute la
vigilance nécessaire, puisque le plaisir du jeu de mot {îhâm-e tanâsubf permet
justement qu’un terme soit employé pour sa seconde signification, ce qui plongera le lecteur dans la perplexité. Les cas où notre identification restait douteuse sont mentionnés et une réponse n’est pas donnée à tout prix.
• Nous mentionnons, lors de l’enquête d’identification, si un terme recouvre plusieurs
végétaux de catégories différentes. Ainsi, revenant à l’exemple de bahæ, une
traduction « fleur d’oranger » insère le terme dans le tableau des wbres fiiiitiers, tandis qu’une traduction « camomille » lui aurait donné une place parmi les fleurs. Partant des prémisses que Nezâmî a employé un même terme pour désigner un même végétal tout au long de son oeuvre, nous avons, en pareil cas, groupé toutes les mentions sous une seule signification tout en indiquant les autres possibilités de traduction. *
* A.M. SCHIMMEL, Stem und Blume, pp. 29-48 donne une courte, mais très claire explication des figures de style les plus usitées en poésie persane. Voir pp. 31-2 pour le tanasûb et p. 35 pour le ihâm.
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Les deux tableaux qui suivent donnent, par matnavî, le nombre de distiques où furent
relevées des mentions d’arbres. Nous avons classé ces végétaux selon l’alphabet persan. Sans chercher de divisions scientifiques actuelles ou anciennes, nous avons simplement fait la différence entre :
• les arbres et arbustes forestiers ou d’ornement, considérés pour leur taille, leur bois, leur floraison;
• les arbres fitiitiers, considérés pour leur floraison, loirs fiuits et les fioiits eux- mêmes.
Nous avons déjà eu l’occasion de signaler plusieurs fois* * l’intérêt des penseurs arabes pour
les classifications. Comme beaucoup d’autres éléments de leur pensée, cette nécessité d’ordonner et de hiérarchiser qu’ils semblent ressentir, leur vient de l’héritage hellénistique*. Nous avons parlé des classifications des sciences, mais à l’intérieur de chacune de ces sciences, les difiërentes connaissances sont également soumises à une hiérarchisation ou bien simplement classifiées, selon des critères qui, cette fois encore peuvent varier^ . La division que nous avons choisie, qui, non seulement, nous paraît tomber sous le sens, s’avère être très proche de celle qu’a pratiquée Ibn al-‘Awâm:
« Sachez qu’il y a des arbres qu’on plante pour leur finit et d’autres pour leur beauté, le parfum de leurs fleurs et leur éclat. Il est aussi des aibres cultivés pour l’utilité qu’on retire de loir bois. »*
Il n’est pas inutile de rappeler ici une déflnition générale des termes désignant des végétaux :
• un arbre est un végétal ligneux dont la tige, ou tronc, est Axée au sol par ses racines. Le tronc, portant ou non des branches dès la base, est chargé de branches et de feuilles à son sommet. Les végétaux ligneux sont généralement distingués en arbres, arbrisseaux, arbustes et sous-arbrisseaux. Les arbres eux- mêmes sont dits forestiers, d'ornement et fiiiitiers. Les arbres forestiers
’ Voir Prolégomènes, 2) et chapitre H.
‘ Voir F. ROSENTHAL, The Classical Heritage, p. 52 : A prédilection for systematic classification of the sciences is very noticeable in Muslim civilization.lt is due to the classical héritage, which through it, exercised perhaps its most pervasive influence upon intellectual life in Islam. It originated in Greek logic. »
’’ Voir par exemple la division proposée par MAS, paragraphe 48, lorsqu’il énumère les 30 rameaux emportés par Adam lorsqu’il quitta le Paradis. Chez les botanistes persans que nous avons consultés, les végétaux sont divisés en classes ou familles selon des critères variables et qui nous semblent peu pratiques. Quelquefois, les distinctions sont extrêmement sophistiquées. ‘Ali b. ‘Abbâs Majûsî Arrajânî, dorme daiis sa grande encyclopédie médicale, le Kâmel al-senâ'at al-tebbîya, une classification des végétaux en légumes, mauvaises herbes, plantes employées pour leurs semences, plantes employées pour leurs graines, légumes employés pour leurs fruits, grands arbres ou arbustes, y compris les variétés cultivées utilisées piour lems fiuits, arbres et arbustes sauvages utilisés pour leurs fiuits, plantes utilisées pour leurs fleurs, plantes utilisées pour leurs feuilles, plantes utilisées pour l’écorce de leurs racines, plantes utilisées pour leurs racines (bulbes, rhizomes), plantes dont on obtient des huiles, et enfin, plantes donnant des résines, des latex, des extraits. Cité par H. A‘LAM, « Botanical Studies on Iran », pp. 391-2.
* lAA, p. 138. Voici le commentaire du traducteur, J.J. CLEMENT MULLET, Introduction, p. 24 : « Nous ne trouvons dans lbn-al-‘Awâm aucune division méthodique ou scientifique des arbres, mais une division pratique et utilitaire. Ainsi, les arbres sont fiuitiers ou non; ils sont utiles par leurs bois ou par leurs fleurs. Par artnes fiuitiers on entendait ceux qui donnaient des fivits comestibles. On ne voyait point un fi^iit dans ceux qui ne donnaient que des chatons, comme le saule, ou de petites graines sèches, comme l’orme. »
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fournissent du bois d'oeuvre, du bois de chauffage, des écorces, de la résine, etc.; les arbres d'ornement servent à la décoration et à l'ombrage des parcs et des avenues; quant aux arbres fruitiers, leur culture se fait en plein vent ou en espaliers; c'est une branche annexe du jardinage (arboriculture fitiitière).®
• une plante est le nom général qui désigne tout ce qui vit en étant fixé au sol par ses racines. La plante, comme l’animal, possède la propriété de se nourrir, de se développer et de se reproduire, mais elle en difiêre par l’absence de système nerveux et par la cellulose qui enveloppe ses cellules. Suivant leur destination, on distingue les plantes fourragères, industrielles (tinctoriales, textiles, aromatiques, oléagineuses), potagères, médicinales, etc.*”
• une fleur est la partie d’un végétal qui contient l’un ou les deux, organes reproducteurs, et qui est souvent parée de couleurs éclatantes. Par extension, le terme désigne toute la plante qui produit des fleurs. La fleur est un rameau ou une portion de rameau, différencié d’avec ses feuilles pour former l’appareil reproducteur de la plante. Aux plantes dont la floraison se feit remarquer par quelque particularité, on donne le nom de plantes à fleurs ou plantes florales, par opposition aux plantes à feuillage. Vulgairement, sous le nom de fleurs on désigne toutes les plantes décoratives."
• le fmit est la production des végétaux qui succède à la fleur, et qui contient la semence. C’est l’ensemble de la graine, de l’ovaire et de ses enveloppes venus à maturité. La plupart des fhiits servant à l’alimentation de l’homme sont fournis par des végétaux ligneux. On distingue les fhiits à pépins, à noyau, à baies, les fhiits secs ou non pulpeux.*^
A côté du terme persan, nous avons mentionné l’équivalent latin, plutôt qu’une traduction courante en fi'ançais qui repose dans plusieurs cas sur trop d’incertitudes, ainsi que nous pensons le démontrer par les résultats de l’enquête d’identification. Si le recours à la terminologie latine propose une base plus solide, il n’élimine cependant pas tous les doutes.
Trois totaux apparaissent dans les tableaux :
• le « total horizontal » indique le nombre de mentions d’un végétal, à travers
l’ensemble de la Khamsa. D nous permet de retrouver les végétaux « vedettes »
et ceux que, au contraire, Nezâmî a fort peu employés. Un deuxième nombre, accompagné d’un point d’interrogation et mis entre parenthèses, apparaît plusieurs fois : il comprend les possibilités où nous avons hésité, par une diflBculté de lecture ou de graphie. D n’est jamais pris en compte dans le total général.
• le « total vertical » donne par mcÿmvî le nombre de mentions des végétaux.
Etant donné que beaucoup de beyt-s contiennent deux ou plus de végétaux.
’A. quartier & P. BAUER-BOVET, Guide des Arbres et Arbustes d'Europe, p. 8 et LU, I, p. 110. "’LÎ/,n,p. 603.
" Ibidem, n, pp. 885-6.
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mis en association dans le même vers, ce total ne correspond pas au nombre de
beyt-s relevés dans notre corpus. Une distinction plus pointue aurait inutilement alourdi les tableaux.
• le « total des sortes d’arbres » donne, par mapiavî, le total des sortes d’arbres
mentionnés et avons indiqué dans quel mapiavî apparmssent les « mentions
uniques ». Ceci nous permet de déduire l’éventail des arbres employés selon les matnavî-s et de noter ainsi si l’emploi original de plantes était particulier à l’un
ou l’autre des maÿiavî-s.