2. A MORAL HUMEANA
2.3 Sobre a origem da Justiça
2.3.1 Sobre as causas do orgulho e da humildade
Le temps de l’expérience
Au cours de l’analyse de l’épisode de Martinville nous avons abordé la question de la vitesse et du mouvement, mais bien peu celle des clochers en tant que tels. Bien que ces œuvres du génie architectural présentent, dans les petites églises de province, une forme bien modeste comparée aux magnifiques flèches des cathédrales, elles partagent avec leurs grandes sœurs les mêmes fonctions esthétiques et pratiques.
Lorsque au moment de l’hypermnésie « tout Combray » sort de la tasse de thé de Marcel, le village, dont l’image se présente aussitôt à son esprit à la manière d’une vue panoramique, est entièrement résumé par son église :
Combray, de loin, à dix lieues à la ronde, vu du chemin de fer […], ce n’était qu’une église résumant la ville, la représentant, parlant d’elle et pour elle aux lointains […] 1.
Déplacement métonymique, dont l’explication est donnée quelques pages plus loin : « On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l’horizon où Combray n’apparaissait pas encore »2 ; le village n’est qu’une église, l’église n’est qu’un clocher : la synecdoque vient doubler la métonymie, ménageant ainsi au clocher une entrée en scène digne d’une vedette. Le clocher se justifie par sa fonction d’orientation : il indique l’église qui indique la ville « aux lointains ». Ce « doigt de Dieu » levé vers le ciel est avant tout un « point de repère » 3 qui doit être vu de loin au moment où l’église bat le rappel des fidèles. Mais c’est aussi un point de repère providentiel pour le voyageur égaré, bien avant l’invention du chemin de fer et de ses destinations fixes. Mme de Sévigné racontait dans une de ses lettres l’anecdote d’Emmanuel de Coulanges qui, parti avec un petit groupe à la recherche de la chênaie de Madame de Chelles, s’était retrouvé perdu « au milieu de quatre chemins
1 I, 47.
2 I, 62. Nous soulignons. 3 I, 38, 62.
sans savoir lequel prendre », et qui, après être allé à l’aventure, n’avait retrouvé sa route que grâce au clocher de Saint-Denis1.
Point de repère spatial, géographique, le clocher est aussi un point de repère dans les souvenirs désordonnés, réveillés par l’arôme de la madeleine trempée dans le thé, lorsqu’ils se bousculent tous à la fois au seuil de la conscience de Marcel. Le clocher qui inaugure la séquence de Combray est une figure épistémique, un point de repère métaphorique qui oriente le narrateur dans le labyrinthe des souvenirs et amorce la recherche d’autres points de repère investis de la même fonction : les sensations et les impressions vraies qui, bien qu’invisibles, sont pourtant présentes ; de la même manière en somme que, derrière l’église « là où on ne le voyait pas, tout semblait ordonné par rapport au clocher surgi ici ou là entre les maisons »2.
5.1‐ Temps cyclique et temps subjectif
Si Proust choisit de placer l’ouverture de Combray sous le signe des clochers, celui de Saint-Hilaire et ceux de Martinville, c’est sans doute parce que ces constructions relèvent de deux isotopies différentes, qui jouent toutes deux un rôle de premier plan dans la Recherche. En tant qu’œuvre architecturale, le clocher appartient à l’isotopie de l’espace ; mais en tant qu’il scande avec sa cloche le rythme des heures, des cycles de la liturgie ou des phases de la vie – baptêmes, mariages, enterrements – le clocher appartient à l’isotopie du temps. De plus, par sa connotation mythico-religieuse il revêt une dimension symbolique qui colore implicitement les « premiers temps » de « Combray ».
De fait, dans Du côté de chez Swann, le récit se déroule sur la toile de fond d’un temps cyclique, rendu sur le plan narratif par l’emploi fréquent de l’itératif3. C’est l’histoire d’une enfance et d’une adolescence où les années se répètent presque à l’identique, hormis quelques événements remarquables comme la mort de la tante Léonie, la découverte de Montjouvain ou la promenade du côté de Martinville. L’harmonie de ce temps cyclique avec le temps liturgique et le temps cosmologique est
1 Cité par Studeny, in L’Invention…, op. cit., p. 46. 2 I, 64.
70 accentuée par le rythme des saisons, et du fait des départs annuels pour Combray « la dernière semaine avant Pâques ». À Combray même, les semaines, elles aussi, se répètent à l’identique avec leur « samedi asymétrique » et leur messe dominicale. Les journées y sont distribuées d’une manière plus ou moins rigoureuse selon le temps qu’il fait, car celui-ci détermine de quel « côté » aura lieu la promenade du jour : Méséglise si le ciel était couvert, ou Guermantes s’il faisait uniformément beau ; quant aux nuits, c’est toujours le même drame du déshabillage et du baiser maternel qui recommence. Ce temps cyclique, fortement marqué par l’espace, les saisons et le temps atmosphérique, commence à organiser, à partir d’une certaine période et à Paris même, la plupart des rêveries du héros : l’alternance des températures hivernales et printanières suscite ainsi chez lui tantôt le désir des naufrages et des tempêtes au large des côtes normandes, tantôt le désir d’un printemps lumineux au cœur de la campagne toscane1. Le temps de l’enfance et de l’adolescence s’égrène ainsi au rythme des saisons et de années, tandis que la proximité – spatiale, spirituelle et historique – de l’église de Combray « pérennise un temps des origines, qui se réfère au temps sacré, au Grand Temps des mythologues »2. L’ancrage dans le temps cyclique porte en filigrane le désir de se maintenir dans la permanence de l’ordre établi ; il figure symboliquement la tendance à la procrastination du héros qui, chaque soir, abolissait mentalement la journée écoulée et perdue3.
Outre cette symbolique latente, le clocher présente aussi l’image d’un objet complexe appartenant à la fois aux isotopies du temps et de l’espace ; les historiens n’ont pas manqué de relever cette double référence. À la fin du XIXe siècle, alors que dans les villes l’horloge municipale se met à remplacer peu à peu la cloche de la paroisse, dans les villages, le marquage de l’espace et du temps par l’organisation religieuse reste sensible :
1 I, 379 : « […] j’aurais pu […] si mes parents me l’avaient permis, […] arriver à Balbec quand le petit jour se lèverait sur la mer furieuse […]. Mais à l’approche des vacances de Pâques, quand mes parents m’eurent promis de me les faire passer une fois dans le nord de l’Italie, voilà qu’à ces rêves de tempête dont j’avais été rempli tout entier, […] se substituait en moi le rêve contraire du printemps le plus diapré […], qui couvrait déjà de lys et d’anémones les champs de Fiesole et éblouissait Florence de fonds d’or pareils à ceux de l’Angelico. […] L’alternance des images avait amené en moi un changement de front du désir […]. »
2 Crubellier, Histoire culturelle…, op. cit., p. 68-69. 3 Voir ci-dessus, p. 30 note 1.
Nous percevons mal aujourd’hui le pouvoir d’injonction des cloches dans une campagne silencieuse, sinon à travers les évocations de Chateaubriand ou de Lamartine. La cloche définit un territoire, elle définit aussi la mesure du temps. La paroisse, c’est l’espace où la cloche est entendue, et chaque cloche bat le temps à son rythme propre qui différencie chaque communauté. Le rythme quotidien, variable selon les lieux, varie aussi selon les saisons pour accompagner le mouvement du soleil […]. Seule la définition de l’heure légale uniforme en 1891 met fin à la variété des scansions […]1
Dans l’épisode de Combray, la présence quasi ubiquitaire du clocher de Saint-Hilaire est investie d’une mission narrative, puisque les scansions rythmiques et régulières permettent au héros de prendre conscience d’un temps hétérogène, qui ne s’écoule pas pour lui au même rythme que les heures égrenées par le clocher :
Et à chaque heure il me semblait que c’était quelques instants seulement auparavant que la précédente avait sonné […]. Quelquefois même cette heure prématurée sonnait deux coups de plus que la dernière ; il y en avait donc une que je n’avais pas entendue, quelque chose qui n’avait pas eu lieu pour moi […].2
En ponctuant les heures de lecture estivale, le clocher offre au héros la possibilité de confronter sa propre évaluation de l’écoulement du temps à l’heure non pas officielle – car il n’y avait pas encore une heure unique – mais à l’heure locale, c'est-à-dire celle du village ; et, comme le suggère Marcel, les deux étaient rarement en accord. Ainsi, dès les premières pages de la Recherche se met en place une multiplicité des temps : un temps subjectif, vécu par le héros, doublé d’un temps « local » scandé par le clocher du village, mais que l’on devine différent du temps « officiel », celui de l’Observatoire de Paris. Le temps devait sembler d’autant plus hétérogène au jeune héros que celui-ci, familier des gares de Paris et de Combray, était régulièrement confronté aux complications horaires qui, à l’époque, étaient le lot de tous les voyageurs de province. En effet, avant « l’heure légale uniforme », les gares devaient afficher en permanence trois heures différentes : l’heure locale, l’heure de Paris dans la salle d’attente et, sur les quais, une heure qui retardait de trois à cinq minutes sur les autres pour donner aux voyageurs une marge d’erreur et éviter les contestations3. Ainsi la gare, en déclinant à sa
1 J.-P. Rioux et J.-F. Sirinelli (dir.) : Histoire culturelle de la France, vol. 3, op. cit., p. 331-332. 2 I, 87.
72 manière le lien entre l’espace et le temps, se présente comme la contrepartie profane ou séculière du clocher ; c’est d’ailleurs une « opération mystérieuse » qui s’accomplit dans ces « lieux spéciaux » que sont les gares, précise Marcel1. Il reste qu’à la fin du XIXe siècle, la question de l’unification horaire était devenue un impératif pour une population qui commençait à utiliser les chemins de fer de façon massive. Mais avant que de songer à imposer une heure unique sur la totalité du territoire français, il fallait d’abord résoudre le problème de la synchronisation des horloges à Paris même. Les deux problèmes techniques relatifs au temps, sa synchronisation d’abord puis son unification, ont occupé les ingénieurs jusqu’à la fin du XIXe siècle ; ils ont propulsé la question du temps sur le devant de la scène culturelle et scientifique. Le thème du temps était devenu la grande affaire du temps, mais aussi une source de réflexion féconde pour les écrivains et les artistes, comme pour les savants et les philosophes.
5.2‐ Triple médiation
Pour les écrivains et les artistes le thème du temps prend, sous l’impulsion du courant futuriste, la forme de la triade mouvement – vitesse – simultanéité, triade compacte où chacun des termes renvoie à l’autre et, finalement, à l’isotopie du temps2. Cette conception explique que l’on puisse lire l’épisode de Martinville comme étant une expérience du mouvement et de la simultanéité, cette dernière étant conçue comme un des effets induits de la vitesse. Dans la littérature futuriste et « moderniste » du début du XXe siècle, la déclinaison de cette triade était fréquente, comme il ressort des travaux de P. Bergman. En peinture, la réflexion sur le temps se traduisait par des recherches sur les différentes manières d’exprimer soit l’instant, comme chez les impressionnistes, soit le mouvement comme chez les futuristes, soit la simultanéité des plans, comme chez les cubistes. Plusieurs doctrines esthétiques étaient mises à contribution pour simuler le temps ou les différentes phases d’un mouvement, qu’il s’agisse de la doctrine futuriste
1 II, 5.
2 C’est en partie la thèse de P. Bergman dans Modernolatria et Simultanéità, op. cit. Voir également E. Klein : Les tactiques de Chronos, Paris, Flammarion, 2004, p. 26 : « De fait, le même mot [temps] englobe confusément trois concepts distincts, la simultanéité, la succession et la durée, et permet ainsi de dire tout à la fois le changement, l’évolution, la répétition, le devenir, l’usure, le vieillissement, peut-être même la mort. »
de la pénétration des plans, ou de la transposition et de la remise au goût du jour d’une esthétique médiévale, dans laquelle des plans simultanés d’une même action étaient juxtaposés sur une seule toile1.
Pour les savants le concept de temps se rattachait, depuis Galilée et Newton à la mécanique classique, qui lui a donné sa formulation mathématique, avant que la science relativement récente de la chaleur, la thermodynamique, en renouvelle la définition ; peu après, la physique quantique et les recherches sur l’optique révèlent des vitesses insoupçonnées, et sans commune mesure avec la conception mécaniste fondée sur le paradigme newtonien. Ces vitesses différentes, et parfois vertigineuses, que l’on trouve toutes dans la nature (vitesse de rotation d’un astre ou vitesse d’une particule) ont sans doute exercé une fascination trouble et diffuse auprès des artistes et des écrivains ; Ribot avait sans doute raison de parler des nouvelles voies ouvertes à l’imagination par la culture scientifique. Pour Proust, par exemple, la double nature de la lumière (onde ou particule)2 et sa vitesse, sont à rapprocher de la nature duplice d’Albertine et de l’impossibilité de brider le mouvement de celles qui, comme elle, se présentent comme des « êtres de fuite ». En elles-mêmes, que sont ces jeunes filles ? s’interroge Marcel. Impossible de le savoir vraiment car pour cela, il faudrait les « immobiliser » – et comment immobiliser un « rayon successif » ? – au lieu de se contenter de les voir passer devant soi « toujours autres » :
[…] il faudrait […] ne plus vous aimer, pour vous fixer ne plus connaître votre interminable et toujours déconcertante arrivée, ô jeunes filles, ô rayon successif dans le tourbillon où nous palpitons de vous voir reparaître en ne vous reconnaissant qu’à peine, dans la vitesse vertigineuse de la lumière. Cette vitesse, nous l’ignorerions peut-être et tout nous semblerait immobile, si un attrait sexuel ne nous faisait courir vers vous, gouttes d’or toujours dissemblables et qui dépassent toujours notre attente. À chaque fois, une jeune fille
1 Bergman, Modernolatria…, op. cit., notamment l’Introduction, p. 1-34, la section intitulée « Simultnéità », p. 1547-207, et celle intitulée « Sous le signe de la simultanéité », p. 263-278. Par exemple, Henri Ghéon disait de Monet qu’il peignait « dans le temps », alors que les autres peintres peignaient « dans l’espace » (p. 178). Ce qu’Apollinaire appelait « la quatrième dimension des futuristes » était une tendance à représenter la durée sous forme de mouvement (p. 180). Sur la doctrine de la pénétration des plans, voir p. 165-166. Sur la transposition de l’esthétique médiévale de la simultanéité des plans, voir p. 175. La toile de Hans Memling (1433-1494) sur le martyre du Christ, où toutes les étapes du chemin de croix sont représentées simultanément, est un bon exemple de la représentation de plans simultanés.
2 Le débat sur la nature de la lumière date du XVIIe siècle, Newton la considérant comme une particule et Huygens comme une onde.
74 ressemble si peu à ce qu’elle était à la fois précédente (…), que la stabilité de nature que nous lui prêtons n’est que fictive […].1
Dans la terminologie proustienne, le « rayon successif » renvoie probablement à la nature « instable » de la lumière qui se comporte tantôt en onde, tantôt en particule, ce qui induit la comparaison avec les jeunes filles : la stabilité de nature que nous prêtons à l’une comme aux autres ne serait ainsi que « fictive ». Mais l’expression de Proust peut également renvoyer aux « franges d’interférence » mises en évidence par le physicien anglais Thomas Young. En 1801, celui-ci a eu l’idée de percer deux fentes dans la paroi d’une chambre noire ; il découvre alors que la zone de superposition des deux halos contient des bandes plus brillantes qui alternent avec des bandes sombres dépourvues de toute luminosité. Il réalise alors qu’une description purement corpusculaire de la lumière ne pourra jamais rendre compte de ce phénomène, et qu’il ne s’explique, au contraire, que si la lumière est une onde2.
C’est en partie par le biais de la vitesse que le temps redevient sujet de réflexion : pour les techniciens et les ingénieurs, occupés à construire des automobiles, des locomotives ou des lignes télégraphiques ; pour les savants occupés à calculer des trajectoires de particules, ou à déterminer la simultanéité à distance de deux signaux en vue de l’établissement des longitudes ; pour les artistes ou les écrivains qui rendent compte de l’anamorphose des perspectives ou des distances, ou même pour les simples voyageurs qui doivent organiser leur itinéraire. D’une manière générale, en ce qui concerne la diffusion du thème du temps dans le champ culturel, les médiations de la science et de la technique ont été déterminantes.
Le temps et la physique, depuis Galilée, ont toujours eu partie liée ; le savant était en effet parvenu à déterminer le statut qu’il fallait accorder au temps pour rendre possible la mesure du mouvement et fonder une véritable science de la dynamique3. Par la suite, Newton formule ses hypothèses et ses équations en supposant, nous l’avons vu, un « temps absolu, vrai & mathématique ». Tout au long du XIXe siècle, le temps sera
1 III, 573. Nous soulignons.
2 T. X. Thuan : Voyage au cœur de la lumière, Paris, Gallimard (coll. Découvertes), 2008, p. 36-51. Ce n’est qu’en 1920 que Niels Bohr érige la dualité de la lumière onde/particule en « principe de complémentarité », énonçant que les deux descriptions ne s’excluent pas, mais se complètent.
3 Ce qui ne veut pas dire que la physique est la science du temps. Voir Klein, Les Tactiques…, op. cit., p. 12-13.
également présent au cœur de la physique avec le développement de la science de la chaleur, la thermodynamique. Enfin, avec l’essor technique des transports et des communications, le temps de déplacement et le temps de circulation de l’information se trouvent prodigieusement accélérés. Il semble, du reste, que même pour la science les vitesses soient en train de s’accélérer. Henri Poincaré en rend compte dans une conférence tournant autour de la « Mécanique nouvelle », titre par lequel il désigne ce que nous appelons aujourd’hui la physique quantique, qui était alors à ses balbutiements. Poincaré a notamment insisté sur les vitesses proprement ahurissantes atteintes par les particules de radium, obligeant les physiciens à reconsidérer leur conception du monde fondée sur, et en fonction de la mécanique newtonienne. Nous assistons sans doute à la naissance d’une « mécanique nouvelle », dit prudemment Poincaré, ignorant encore si la mécanique quantique était appelée à supplanter la mécanique classique ou si elle existerait de concert avec elle. C’est avec l’humour qui lui est coutumier qu’il présente les nouvelles vitesses auxquelles sont confrontés les savants, mêlant les registres de la science « dure » et des inventions techniques :
Or, sous le rapport de la vitesse, on a fait depuis quelque temps des progrès considérables. Vous croyez peut-être que je veux faire allusion aux merveilles de l’automobilisme ; eh bien, pas du tout ; les automobiles font quelquefois du 100 à l’heure, mais, au point de vue qui nous occupe, c’est une vraie vitesse d’escargot. Depuis longtemps, nous avons mieux que cela, nous avons les corps célestes […]. Malheureusement, c’est encore insuffisant. Je ne parle pas non plus de nos pauvres boulets de canon qui ne font même pas 1 km par seconde. Seulement, depuis quelque temps, nous avons une artillerie dont les projectiles sont beaucoup plus rapides. Je veux parler du radium. On a découvert que les effets étonnants de ce corps sont dus à ce qu’il émet dans tous les sens des particules extraordinairement ténues qui constituent un véritable bombardement.[…]