3. A MODALIDADADE EXPLICATIVA ATUAL E SUA RELAÇÃO COM O
3.4 TRANSFORMAÇÕES TECNOLÓGICAS E A MODALIDADE EXPLICATIVA
Source illustration CSTB
4.
Figure 3: Remplacements d'un produit de construction pendant le cycle de vie du bâtiment
Impact totalRevêtements = ImpactsRevêtements × (1+ nombreremplacements) (1+ nombreremplacements)
Exemple de justification de la DVR :
L’entreprise Mobius [5] a réalisé la DEP de son produit, soit 1m² de plancher technique non revêtu issu du réemploi. Les essais qui sont appliqués aux planchers techniques neufs ont également été appliqués au pro-duit issu du réemploi, qui a pu satisfaire aux exigences. En complétant avec les exigences liées à la mise en œuvre du produit dans le bâtiment dans le contexte du marché français, la DVR retenue est de 25 ans.
La DVR d’un produit neuf est évaluée en répondant à un ensemble de critères. Ces critères sont basés sur les normes produits, le marquage CE, l’aptitude à l’emploi, les bonnes pratiques de mise en œuvre. Lors de la réalisation d’une DEP, le fabricant pourra s’appuyer sur les exigences spécifiques des marchés sur lesquels son produit est distribué.
Paramètres déterminant la durée de vie selon [2] :
• propriétés déclarées du produit (à la sortie de l’usine) et celle des finitions, etc. ;
• paramètres théoriques d’application (s’ils sont imposés par le fabricant), y compris les références aux exigences appropriées et les codes d’application ;
• qualité présumée des travaux ;
• environnement extérieur (pour les applications en extérieur), par exemple intempéries, polluants, exposition aux UV et au vent, orientation du bâtiment, ombrage, température ;
• environnement intérieur (pour les applications en intérieur), par exemple température, humidité, exposition à des produits chimiques ;conditions d’utilisation, par exemple fréquence d’utilisation, exposition mécanique ;
• maintenance, par exemple fréquence exigée, type et qualité et remplacement des composants
remplaçables.
La DVR d’un produit de réemploi nécessite d’être évaluée car il est possible qu’elle ne corresponde pas à la DVR d’un produit neuf. Les questions suivantes pourront ainsi être adressées :
• Mon produit issu du réemploi est-il capable de répondre aux mêmes normes produits et exigences qu’un produit neuf et puis-je garantir la sécurité des occupants du bâtiment ? Si la réponse est oui, alors je pourrai potentiellement appliquer la même durée de vie qu’un produit neuf.
● Si la réponse est non, suis-je en mesure de définir d’autres essais qui permettraient de définir et justifier d’une autre DVR ?
● Si mon produit issu du réemploi n’a pas le même usage que le produit neuf duquel il est issu, quelles sont les exigences applicables à ce nouvel usage ?
4. Points d’attention spécifiques au réemploi 17
Tableau 3: Illustration de la justification de la durée de vie pour un plancher technique issu du réemploi.
PARAMETRE VALEUR
Durée de vie de référence 25 ans Propriétés déclarées du produit à la
sortie de l’usine Produit avec une classe de charge conforme à la norme NF EN 12825 Paramètres théoriques d’application Produit conforme à la norme NF EN 12825
Qualité présumée des travaux Installation conforme à la NF DTU 57.1 – Planchers surélevés Environnement extérieur Le produit n’est pas en contact avec l’environnement extérieur
Environnement intérieur Le produit doit être posé selon le DTU 57.1 qui donne les prescriptions de mise en œuvre des planchers surélevés à libre accès, réalisés à l’aide de dalles amovibles disposées sur une ossature réglable en hauteur
Conditions d’utilisation Le produit est destiné au trafic piéton Maintenance Le produit ne nécéssite pas de maintenance Source [5]
Les facteurs clés dans l’évaluation du module D
L’évaluation des bénéfices et impacts en dehors des frontières du système (Module D) d’un élément
réutilisable ou la quantification de l’impact d’un produit de réemploi se base sur de nombreuses hypothèses qui peuvent avoir un impact significatif sur les résultats, tels que :
• Le taux de réemploi
● L’état de fin de déchet
● La matière primaire substituée
● Le point d’équivalence fonctionnelle.
Le taux de réemploi est un élément essentiel car il permet de définir la quantité de produit qui pourra être de nouveau utilisée dans le prochain cycle de vie et donc la quantité de matière primaire évitée dans le prochain cycle. Plus le taux est élevé plus l’on pourra considérer l’utilisation du matériau comme circulaire. Ce paramètre indique le niveau de circularité du produit évalué [4]. Ce facteur n’est cependant pas toujours évident à déterminer à l’avance car il dépend de l’état dans lequel se trouvera l’élément au moment du
démontage. Les performances techniques nécessaires à l’utilisation du produit doivent pouvoir être assurée pour un deuxième cycle de vie.
Pour ce qui est de l’état de fin de déchet, sa
détermination est souvent difficile mais déterminante pour la répartition des impacts entre le premier (produit neuf réutilisable) et le deuxième cycle de vie
(produit de réemploi). Dans le cas d’un carrelage destiné au réemploi par exemple. L’état de fin de déchet peut être supposé atteint sur le chantier de démolition ou après nettoyage et reconditionnement. Dans le premier cas, l’impact du transport et du nettoyage de ce
carrelage est assigné au carrelage de réemploi (2ème cycle de vie) comme repris sur le schéma 5 (EOW 1). Par contre, dans le deuxième cas il est assigné au carrelage neuf. (point EOW 2 du schéma 5).
Etablir quelle est la matière primaire substituée qui est remplacée par l’utilisation de la matière secondaire est aussi essentiel à l’évaluation de l’impact
environnemental en dehors des frontières du système.
Ce choix n’est pas toujours aisé. Une matière secondaire peut remplacer plusieurs matériaux primaires
présentant des impacts environnementaux différents.
Ainsi, si l’on considère une marche d’escalier en bois que l’on souhaite réutiliser. Celle-ci pourrait être réutilisée de nouveau comme marche d’escalier en remplacement de bois vierge ou bien encore comme appui de fenêtre en remplacement d’un appui en pierre ou en acier thermolaqué. L’impact évité rapporté dans le module D sera très différent selon la supposition faite.
En plus de la détermination de la matière primaire substituée, il faut aussi établir où l’on peut considérer que le produit réutilisée peut assurer à toute chose équivalent la même fonction que le produit neuf (point d’équivalence fonctionnelle). Par exemple, dans le cas précédent du carrelage, il serait possible de considérer que l’équivalence fonctionnelle est atteinte directement après le nettoyage du carrelage réutilisé (Point FE 1 sur
4. Points d’attention spécifiques au réemploi 18
Schéma 5: : L’évaluation de l’état de fin de déchet dans le cas d’un carrelage réemploi
le schéma 6). Cependant, en Belgique, le transport du carrelage neuf vers le chantier est généralement plus important que celui du carrelage de réemploi (il n’y a pas d’usine de carrelage en Belgique mais de nombreux bâtiments anciens). De plus, en comparaison d’un carrelage neuf, une quantité plus importante de mortier est nécessaire pour mettre en œuvre le
carrelage réutilisé. Il serait par conséquent plus correct de mettre le point d’équivalence fonctionnelle après la mise en œuvre sur le nouveau chantier (Point FE 2 sur le schéma 6) .
Garder du recul sur les indicateurs liés à la raréfaction des ressources et étudier les gains potentiels autres
Il a été vu précédemment que le réemploi prévient la consommation de ressources. Il faut toutefois noter que les indicateurs environnementaux liés à l’épuisement des ressources sont beaucoup plus sensibles aux ressources rares ou dont l’extraction est complexe, bien souvent dans un contexte de stock mondial. Zinc, argent, or et cuivre sont autant d’exemple de ressources dites rares ou à extraction complexe et dont la présence dans le cycle de vie d’un produit aura une grande influence sur l’indicateur d’épuisement des ressources.
Dans le cas de ressources dites abondantes, par exemple quand le produit de réemploi contient des
ressources minérales comme l’argile, la pierre, il est nécessaire de compléter l’ACV par une étude plus locale de la problématique de la disponibilité des ressources. Il paraît alors intéressant de chercher à répondre aux questions suivantes:
• La ressource en question est-elle en tension à une échelle locale?
● Puis-je avoir un gain économique lié au transport évité de matière première? Par exemple, le coût du transport de granulés béton double tous les 100 km en France. Réduire le transport contribuera
également à réduire les impacts.
A ces études complémentaires peuvent s’ajouter la prise en compte et l’analyse des impacts sociaux
économiques à une échelle locale, notamment la contribution au maintien ou à la création d’emplois locaux, la préservation de savoir-faire, la conservation de matériaux porteurs d’une valeur culturelle, etc.
Encourager la maîtrise de la fin de vie des produits par les producteurs
Les praticiens de l’ACV à l’échelle du produit de construction sont souvent confrontés à l’absence de maîtrise de la fin de vie des produits par les producteurs de ces produits. Par défaut, des scénarii sont établis selon des données génériques à l’échelle nationale ou
4. Points d’attention spécifiques au réemploi 19
Schéma 6: L’évaluation de l’équivalence fonctionnelle dans le cas d’un carrelage réemployé
européenne, bien souvent sur la base des traitements d’élimination que sont l’enfouissement, l’incinération. La Directive n° 2008/98/CE du 19/11/08 relative aux déchets de la Commission Européenne introduit la no-tion de Responsabilité Elargie du Producteur ou REP. La REP engage le fabricant à prendre en charge la fin de vie de son produit, soit financièrement, c’est-à-dire en contribuant économiquement aux filières de traitement en fin de vie, soit financièrement et techniquement, c’est-à-dire en organisant lui-même la filière de traitement.
Lorsqu’un fabricant souhaite revendiquer la réemploya-bilité de son produit, celle-ci ne pourra être prise en compte dans une DEP que si le fabricant est en mesure de prouver qu’elle est bien effective. Il appartient alors au fabricant d’agir selon ses possibilités techniques et financière:
• En interagissant avec les acteurs de la fin de vie pour s’informer de leurs activités en terme de réemploi et pour les sensibiliser au réemploi,
● En développant et maîtrisant sa propre filière de récupération et de réemploi
● En s’associant avec des acteurs du réemploi
4. Points d’attention spécifiques au réemploi 20