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HAL Id: jpa-00244786

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Submitted on 1 Jan 1980

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Caractérisation des surfaces par réflexion rasante de rayons X. Application à l’étude du polissage de quelques

verres silicates

L. Névot, P. Croce

To cite this version:

L. Névot, P. Croce. Caractérisation des surfaces par réflexion rasante de rayons X. Application à

l’étude du polissage de quelques verres silicates. Revue de Physique Appliquée, Société française de

physique / EDP, 1980, 15 (3), pp.761-779. �10.1051/rphysap:01980001503076100�. �jpa-00244786�

(2)

Caractérisation des surfaces par réflexion rasante de rayons X.

Application à l’étude du polissage de quelques

verres

silicates

L. Névot et P. Croce

Institut d’Optique (*), Centre Universitaire d’Orsay, Bât 503, BP 43, 91406 Orsay Cedex, France

(Reçu le 1 er août 1979, révisé le 16 novembre 1979, accepté le 20 novembre 1979)

Résumé. 2014 La théorie présentée

permet

d’obtenir une formulation

explicite

de l’influence des rugosités ainsi que des variations locales de constante diélectrique n2 (dues par

exemple

à une modification de composition ou de compacité) sur la réflexion rasante d’un faisceau de rayons X monochromatique, dans la mesure où les rugosités

relèvent d’une distribution gaussienne et à condition

que n2

ne dépende que de la

profondeur

Z par rapport au plan

moyen de la surface éclairée.

L’analyse des verres silicatés polis mécaniquement sur

polissoir

en

poix,

à l’aide de suspensions aqueuses d’oxydes divers, révèle que la couche de

polissage

se compose en réalité de deux zones bien distinctes. La

première,

tout à fait

superficielle,

l’épaisseur ne dépassant pas quelques dizaines d’angströms, présente une densité toujours inférieure

à celle du coeur de l’échantillon et semble

imputable

au

fluage plastique

et à l’hydrolyse de la surface pendant le polissage. La seconde, sous-jacente, s’étend au contraire sur

plusieurs

centaines d’angströms et met en jeu un

processus soit de densification (silice pure, alumino-silicate) soit de lacunisation (verres à assez forte teneur en ions alcalins).

Nous examinons également l’influence de la durée du polissage, du type d’oxyde utilisé, et (ou) des traitements

thermiques effectués après polissage, sur les divers paramètres qui caractérisent ces couches.

Abstract. 2014 A theory is elaborated in order to explain the effects of surface roughness and locally varying bulk

dielectric constant n2 (due to changes either in

composition

or in

compaction

of the material) upon grazing X-ray

reflection. An

explicit

formulation is derived assuming that surface heights have a gaussian distribution and n2 is

only related to

depth

as measured from the mean plane of the irradiated surface.

Analysis of silicate glasses mechanically

polished

on a

pitch

tool, with various oxides suspended in water, shows that the polish layer always consists in two well

separated

zones. The first one is the outer layer, non exceeding a few

nanometers in thickness, has a density lower than of the bulk and might be due to both

plastic creeping

and hydro- lysis during the

polishing

process. The second is the underlying layer which extends up to tens of nanometers and results either from a densification process, as in pure silica or alumino silicate glasses, or from a

depletion

process

as in high alkaline silicate glasses.

The effects of time in polishing and of the oxides used as well as later heat treatments are examined in correlation with the parameters characterizing both layers.

Classification

Physics Abstracts

78.70C - 81.60 - 81.40T 42.20 - 42.70C - 42.85

Introduction. - Bien que le

polissage

du verre soit

pratiqué depuis

fort

longtemps,

et que l’on sache réaliser

aujourd’hui

des surfaces de très faible

rugosité (possibilité largement exploitée

dans

l’optique

instru-

mentale

moderne),

il n’en demeure pas moins que le mécanisme même du

polissage

n’est pas

complète-

ment élucidé. Parmi la très vaste littérature consacrée à ce

problème,

trois courants d’idée

principaux

semblent se

dégager :

a)

érosion moléculaire

mécanique

de la surface

(Lord Rayleigh [1]) ;

(*) Laboratoire associé au C.N.R.S.

b) fluage thermique superficiel (G.

T.

Beilby [2],

W. Klemm et A. G. Smekal

[3],

E. Brüche et H.

Poppa [4]) ;

c)

formation d’une couche

hydrolysée

et érosion

chimique

de la surface

(I.

Grebenscikov

[5],

A. Kal-

ler

[6],

M.

Bourgeaux

et I.

Peyches [7]).

Si l’on admet en

général

la formation d’une couche

superficielle,

les diverses

expériences

réalisées

jusqu’ici,

pour déterminer la nature de cette couche

(composi- tion, compacité, etc...)

et son

épaisseur

conduisent à des résultats très

dispersés, parfois contradictoires,

ceci pouvant fort bien résulter de la très

grande

variété de

composition

des verres étudiés et de la

diversité des

techniques

de

polissage employées.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01980001503076100

(3)

On notera aussi que, dans les études

antérieures,

il n’est pas tenu

compte

de l’influence éventuelle de la

rugosité

de surface pour

l’interprétation

fine des

résultats,

cette

rugosité

étant déterminée en

général

par une

technique d’analyse

tout autre

(voir

article

de

revue

de Jean M. Bennett

[8]).

Comme nous le montrerons

ici, l’analyse

par réflexion rasante des rayons

X, permet

d’obtenir l’ensemble de ces

données,

et ceci de manière non

destructive,

ce

qui

en fait une

technique

extrêmement

précieuse

pour la caractérisation des états de surface dès lors que la

planéité

est suffisante.

1.

Historique.

- Grâce au

développement

récent

des

techniques d’analyse

par

spectroscopie

d’électrons

ou d’ions

(notamment A.E.S., ESCA, S.I.M.S.)

de

nombreux chercheurs ont pu mettre en évidence une

différence de

composition chimique

entre la surface et la masse du verre

(voir,

par

exemple,

les articles de

synthèse

de J. P.

Rynd

et A. K.

Rastogi [9]

et de

G.

Onoda,

D. Dove et C. Pantano

[10]).

Toutefois

la

plupart

des études

portent

sur des verres bruts de

fabrication,

et fort peu, considèrent des surfaces

polies mécaniquement.

Nous citerons Paula

Heyn- dryckx [11] qui

examine des

glaces polies

soit à

l’oxyde

de

cérium,

soit à

l’oxyde

de fer en

suspension

aqueuse, et C. G. Pantano et al.

[12]

pour des

bio-glass polis

à sec.

Les

profils

de concentration de Na et Ca pour ces

verres

polis ressemblent,

du moins

qualitativement,

à ceux trouvés sur des verres non surfacés

(verres flottés, soufflés,

ou

polis

au

feu)

ce

qui

conforte

l’existence d’une couche

superficielle appauvrie

en

sodium et en calcium sur une

profondeur

de

quelques

centaines à

quelques

milliers

d’angstrôms.

Pour

enregistrer

ces

profils

il est nécessaire de

procéder, préalablement

ou simultanément à l’ana-

lyse,

à un

décapage progressif

de la surface par bom- bardement d’ions

(argon

le

plus souvent),

ce

qui

n’est

pas sans soulever certaines

complications,

d’une

part

pour

l’interprétation

finale des spectres

(possibilité

de

ségrégation

au cours de la

pulvérisation,

de diffu-

sion ou

migration

de certains constituants sous

l’action de

gradients thermiques

ou

électriques)

d’autre

part

pour

l’étalonnage

en

épaisseur (conversion

du

temps

d’érosion en

épaisseur).

L’analyse

à l’aide de

techniques

non destructives et non limitées aux toutes

premières

couches ato-

miques, apparaît

donc à la fois nécessaire et

complé-

mentaire des

précédentes.

L’excitation de la surface et le mode de détection ne font alors

appel qu’à

des

rayonnements électromagnétiques

de

longueur

d’onde

située soit dans le visible

(ellipsométrie,

diffusion

optique)

soit dans le domaine des rayons X

(fluores-

cence

X,

réflexion rasante

X).

L’utilisation de la fluorescence X dans le cas des

verres soulève un certain nombre de difficultés liées d’une

part

à la nécessité d’effectuer sous vide la détection des raies d’émission K de la

plupart

des

atomes en

présence (lesquels

sont presque tous de numéro

atomique faible,

en

particulier : bore,

oxy-

gène,

sodium et

silicium)

et d’autre

part

à la forte

pénétration

du rayonnement excitateur. Dans le cas

des rayons X moyens

(longueur

d’onde de 1

Â

envi-

ron)

la

profondeur utile,

ou

intégrée,

reste de l’ordre

du micron même

lorsque l’attaque

s’effectue de

façon

très rasante

(P. Croce,

L. Névot

[13]). L’analyse

par fluorescence X est donc avant tout

qualitative.

Cependant

elle a

permis

à C.

Legrand et

al.

[14]

de

constater un très

léger

enrichissement en silice

(4 %)

de la surface d’un verre à

glace

à la suite de son

polis-

sage à

l’oxyde

de fer. Notons que dans un avenir

assez

proche,

les sources très

puissantes

de rayons X

mous que sont les

synchrotrons

devraient redonner

un certain intérêt pour la fluorescence X.

L’absorp-

tion moyenne

augmentant lorsque

la

longueur

d’onde

du rayonnement excitateur

croît,

la

profondeur

utile

diminue

d’autant,

ce

qui

améliore la sensibilité de la méthode. D’autre

part

la

possibilité

de travailler de part et d’autre du bord

d’absorption K

d’un élé-

ment

donné,

devrait

permettre

un

dosage plus précis

de cet élément.

Les autres

méthodes,

citées

précédemment,

ne font

intervenir que la

composition

moyenne du volume éclairé par l’intermédiaire de l’indice de réfraction.

Ainsi, grâce

à des mesures

ellipsométriques,

H.

Yokota et al.

[15-16]

de même que H. Sakata

[17]

constatent que l’indice de réfraction en

surface ne

diffère de celui de la masse nb pour un

grand

nombre

de verres

optiques polis

à

l’oxyde

de cérium. Dans le

cas de la silice pure, du

Vycor

et du

Pyrex, nf

est

supérieur

à nb. Par contre pour les verres de

type

crowm et

flint,

nf devient inférieur à nb.

Le fait que la couche de

polissage

soit

plus

dense

que le coeur de l’échantillon pour les verres inaltérables

et au contraire moins dense pour les verres très

sensibles,

à l’humidité de l’air par

exemple, suggère

aux auteurs l’existence de deux processus

antagonistes

au cours du

polissage :

la densification sous l’action des fortes

pressions

exercées localement par les

grains d’oxyde

et l’extraction de certains ions

métalliques

au

voisinage

de la surface

(action

lixiviante de

l’eau),

ce second processus ne se manifestant pas dans le

cas des verres inaltérables et devenant

prépondérant

pour les autres.

Précisons que

l’analyse théorique

des données

expérimentales précédentes

suppose à

priori

l’homo-

généité

et

l’isotropie

de la couche de

polissage.

Celle-ci

est donc caractérisée par un indice de réfraction constant et une

épaisseur

uniforme. D’autre

part,

il n’est pas tenu compte des

rugosités

de surface. Les

épaisseurs

ainsi déterminées pour la couche super- ficielle sont de l’ordre de

quelques

centaines

d’ang-

strôms.

P. Croce et L.

Prod’homme [18] analysant

la diffusion

optique

dans le visible par des surfaces de

verres

polis,

montrent que si ces surfaces sont éclairées

sous une incidence suffisamment

éloignée

de la

(4)

normale,

l’intensité diffusée pour la

polarisation

p

doit s’annuler dans une certaine direction

appelée pseudo-brewstérienne.

Ce

fait, déjà prédit

par

Ray- leigh [19],

est confirmé par les indicatrices de diffusion

expérimentales,

mais le minimum se situe en

général

dans une direction différente de celle

prévue

théori-

quement sur la base des valeurs

massiques

de l’indice de réfraction des verres étudiés. Le

décalage

est très net

pour les silicates

(crown

et

flint).

Les auteurs concluent

à la

présence

d’une couche

superficielle

caractérisée par

un indice de réfraction limite inférieur à celui de la

masse. Par ailleurs cet indice en surface

apparaît

très

proche

de celui de la silice pure. La méthode permet en outre de déduire l’allure du spectre des

rugosités

de surface pour les

fréquences spatiales

de

l’ordre de 1

)lm -1.

Par contre, il n’est pas

possible

de déterminer la

profondeur

affectée par le

polissage.

A la suite

d’analyse

de couches minces

métalliques déposées

sur verre, par réflexion rasante de rayons

X, quelques

chercheurs ont été amenés à examiner de

plus près

la réflexion

produite

par le verre nu.

Ainsi dès

1957, Nancy

J. Scott

(voir

W. Petzold

[20]) évoque

l’existence d’une couche

superficielle d’épais-

seur

égale

à 50

A

et de densité inférieure de 20

%

à celle de la masse pour un verre tendre.

Rappelons

que cette

technique

consiste à étudier la variation de l’intensité I du faisceau réfléchi

spéculairement

en

fonction de

l’angle d’attaque

0 du faisceau incident

(défini

ici par

rapport

au

plan

moyen de la surface

éclairée).

La simulation de la courbe

expérimentale

I -

f(0)

est tentée en

appliquant

les

équations

de

Fresnel au cas d’un seul

dioptre air-verre,

ou au

système

de deux

dioptres

air-couche-verre

massique,

ces

dioptres

étant

supposés parfaitement plans

et

homogènes,

comme pour les

analyses

par

ellipsométrie

citées

plus

haut.

Notons aussi que pour les rayons X moyens, l’indice de réfraction n est souvent écrit sous la forme

ô est lié directement à la densité

électronique

moyenne du matériau considéré :

(unités C.G.S.).

Dans cette

expression

p

désigne

la

masse

volumique

du

matériau,

A sa masse

atomique,

Z* étant

pratiquement égal

au nombre d’électrons par atome, au terme correctif de

dispersion

anomale

près (Don

T.

Cromer,

D. Liberman

[21]). 03B2

est

lié,

quant à

lui,

au coefficient

d’absorption massique 03BC/03C1

du matériau pour le rayonnement

considéré,

de

longueur

d’onde 03BB. Il est à remarquer que pour les atomes de numéro

atomique faible, Z*/A

reste

pratiquement égal

à

0,5.

Par

conséquent,

même pour

des compositions

très

variées,

on retrouve

0,5

comme

valeur

massique

de

Z*/A

pour la

plupart

des verres

étudiés

(notamment

les

silicates),

dans la mesure

leur teneur en atomes lourds

(Pb, Ba, etc...)

reste

faible. Ainsi la valeur de 03B4

dépend

essentiellement de celle de la masse

volumique

du verre considéré.

W. Hink et W. Petzold

[22]

obtiennent

pour ô

la

valeur

6,8

x 10-6 au lieu de

8,07

x

10-6,

valeur

massique

du borosilicate crown BK7

(Schott glass)

pour le rayonnement

CuK03B11 (03BB

=

1,540

5

À).

Selon

Petzold

[20]

cette valeur

pourrait

même être abaissée à

5,30

x

10-6. L’analyse

de ce même verre est

reprise

par G. Kühnen

[23]

sur la base du modèle à deux

dioptres

en utilisant les indices

massiques

pour le coeur de l’échantillon. Une simulation cor- recte de la courbe

expérimentale

du verre nu est

obtenue en

prenant

pour

épaisseur

ec de la couche

superficielle

65

A

et pour indice

03B4c 7,5

x 10-6. Par

contre la simulation des courbes relatives à des couches minces d’aluminium

déposées

sur ce même

verre, le conduit à des valeurs

quelque

peu différentes :

A titre

indicatif, rappelons

que Yokota et al.

[16]

estimaient,

par

ellipsométrie,

à 400

A

environ

l’épais-

seur de la couche de

polissage

du BK 7.

Jusqu’ici

les études par rayons X rasants n’ont concerné que le

voisinage

immédiat de la limite de réflexion totale des courbes I -

f(03B8).

Dès que l’on s’écarte vers les incidences

plus élevées,

on constate

(voir Fig. 1)

que les modèles à deux

dioptres plans parfaits,

d’une part, conduisent à des intensités nettement

plus

fortes que celles

mesurées,

l’écart ne faisant que s’accroître au fur et à mesure que 0 augmente, et d’autre part, font

apparaître

des oscil-

lations alors que la décroissance de l’intensité

expé-

rimentale est

généralement

monotone dans le cas

des verres

polis.

De telles oscillations

correspondent

au

phénomène

d’interférence entre les faisceaux réfléchis sur les deux faces limites de la couche de

polissage.

Par

conséquent

l’absence de ces battements

sur la courbe

expérimentale

traduit bien le fait que la couche de

polissage

doit être

envisagée plutôt

sous la

forme d’une zone de transition où l’indice de réfraction doit varier de

façon

continue entre la valeur relative

au milieu extérieur

(air

ou

vide)

et celle

caractéristique

de la

composition massique

du verre. En outre il est

nécessaire de se

préoccuper

ici de l’influence des

rugosités

ou

aspérités

de la surface sur la réflexion et la diffusion des rayons X incidents.

2. Théorie. - Les éléments de base de cette nou-

velle

approche théorique

du

problème

de la réflexion et de la diffusion des ondes

électromagnétiques,

par les surfaces et les interfaces à la fois rugueux et inhomo-

gènes,

ont

déjà

été

exposés

dans un certain nombre de

publications (P. Croce,

L. Névot et B. Pardo

[24],

P.

Croce et L. Prod’homme

[25],

P. Croce

[26

à

28]).

Elle

présente

surtout

l’avantage

de ne faire aucune

distinction à

priori

entre les

irrégularités géométriques

(rugosités)

et les

inhomogénéités

de

composition

ou de

(5)

Fig. 1. - La courbe expérimentale de réflexion spéculaire I - f (0), reproduite en trait plein, a été obtenue sur un échantillon de boro- silicate Crown B 1664 (Parra-Mantois-Sovirel) éclairé par le rayon- nement CUK«l. Les intensités réfléchies sont données en valeurs relatives par rapport à celle mesurée dans le faisceau direct et ont été corrigées de la valeur afférente au bruit de fond. La courbe

théorique, indiquée par des croix, a été tracée en admettant l’exis- tence d’une couche superficielle de polissage, homogène et plane, d’épaisseur 90 A et de densité inférieure à celle de la masse

[03B4c = 7,5 x 10-6 au lieu de bm = 8,07 x 10-6] .

On notera que si l’accord est acceptable pour le voisinage immédiat

de la limite de réflexion totale (voir courbes pour 03B8 ~ 03B8c, dans la partie supérieure droite de la figure) il n’en est plus de même dès que l’on considère les angles d’incidence élevés.

[The full line shows the X-ray specular reflectance from a BSC

glass surface under CuKal radiation. The reflected irradiance is referred to the direct beam and is corrected for background noise.

Computed values, corresponding to an homogeneous flat polishing layer, 90 À thick and 6 % léss dense than the bulk, are indicated by crosses. The fair agreement near the total reflection limit falls out with increasing angle of incidence.]

compacité,

celles-ci pouvant se situer soit en

surface,

soit à l’intérieur de l’échantillon.

Rappelons

que l’on admet que le milieu réel R

(formé

de

dioptres

rugueux et

inhomogènes) peut

être

reconstitué,

pour ce

qui

est de la

répartition

du

champ électromagnétique,

à

partir

du milieu idéal 1

(formé

de

dioptres plans

et

homogènes)

à condition

d’implanter

dans ce dernier des sources

dipolaires

fictives de

polarisation adéquate.

Si au

point

défini par r

règne

le

champ électrique ER(r),

cette

polarisation s’exprime,

en unités

C.G.S.,

par :

n2(r) représentant

la valeur de la constante diélec-

trique

dans les milieux R et 1

respectivement.

Le

problème

se ramène donc à étudier le rayonne- ment

global

de ces sources en

présence

de

I,

étant

précisé

que de tels

dipôles forcés

sont

supposés

ne

pas

réagir

entre eux.

Indiquons

en outre que

l’analyse

est restreinte au

seul cas des interfaces

stationnaires,

pour

lesquels

il est

possible

de considérer la

composition

dans chacun des strates

découpés parallèlement

au

plan

moyen des

rugosités

comme suffisamment uniforme pour que l’on

puisse

attribuer à ce strate un certain indice de réfraction moyen. Autrement dit nous admettons que les dimensions latérales des

inhomogénéités

sont

suffisamment

petites

et que leur

répartition

est suffi-

samment

régulière

pour que le fait que la surface

analysée

varie au cours de

l’expérience (elle dépend

de

l’angle d’attaque

du faisceau

incident)

n’ait aucune

conséquence dommageable

pour

l’interprétation.

Ceci

revient à rendre l’indice de réfraction fonction de la seule variable

Z,

distance ou cote du

point

considéré

par

rapport

au

plan

moyen de la surface ou à tout autre

plan parallèle.

2.1 CAS D’UN INTERFACE RUGUEUX SÉPARANT

DEUX MILIEUX HOMOGÈNES. - Nous examinerons tout d’abord le cas d’un interface

uniquement

rugueux, les milieux situés de part et d’autre de

cet

interface

étant

homogènes

et d’indices ni et n2

respectivement.

Comme il a

déjà

été écrit dans

[13] (§ 3.3.2)

et

dans

[28] (Chap. 6),

la théorie se trouve de

beaucoup simplifiée

si l’on

peut

considérer d’une part que les

fréquences spatiales

élevés a spectre des

rugosités jouent

un rôle

prépondé

a t t d’autre part que les indices ni et n2 sont très vt ns. Or cette dernière condition est satisfaite à mieua lue

10-4 près

dans le

domaine de

longueurs

d’onde des rayons X moyens.

On notera toutefois que pour une discussion

plus approfondie,

et ceci même dans le cas d’une

approxi-

mation du deuxième

ordre,

il serait nécessaire de connaître exactement ce spectre. Nous admettons donc que la contribution des ondes diffractées reste

négligeable

devant celle des ondes

principales (inci- dente,

réfléchie et

transmise),

même si

l’amplitude

des

rugosités

est assez

forte,

autrement dit même

lorsque

la valeur

quadratique

moyenne

~~Z2~

n’est pas

petite

devant

K-11n

et

K2n

1

(K ln

et

K2n

dési- gnent les

composantes

normales des vecteurs d’onde dans les deux

milieux).

Dans les calculs antérieurs

(voir

P. Croce

[27])

il

était admis que l’on

pouvait prendre

pour

expression

des ondes réfléchie et transmise du cas réel celle des ondes

homologues

du cas idéal.

Ici,

nous chercherons

une solution

autocohérente,

l’amplitude

de l’onde

réfléchie au

voisinage

de l’interface pour R est, par

rapport

à celle de

I, corrigée

de l’effet de

rugosité.

Les

expressions générales (1)

des coefficients de réflexion et de transmission en

amplitude

s’écrivent

comme suit

(voir

P. Croce

[28]) :

(6)

ER(p, Z) représente

le

champ électrique qui

existe au

niveau de l’interface rugueux au

point

M de coor-

données p et Z

(voir

schéma

1,

le

plan

de référence XOY étant

pris parallèlement

au

plan

moyen de l’interface rugueux, et l’axe OZ orienté

positivement

Schéma 1.

du milieu 1 vers le milieu

2)

pour une onde

plane

incidente

d’amplitude égale

à 1 à

l’origine

0 du

repère.

Le

champ EI1(EI2) correspond

à celui

qui règne

en M

dans le cas idéal pour une onde

régressive d’amplitude égale

à 1 en

0,

autrement dit pour une onde dont le vecteur d’onde est

opposé

à celui de l’onde réfléchie

ou de l’onde transmise

incidentes. ( ~03C1 indique

que

la moyenne de

l’intégrale

est effectuée sur une surface

S du

plan

P suffisamment étendue pour

que ~03C1

soit

indépendant

de S. Pour que

t’expression

de

ER

ne

comporte

que l’onde

réfléchie,

le

plan

de référence XOY doit être

pris

de telle sorte que les cotes ZD des

rugosités

soient

positives.

Toutefois on pourra le

faire coïncider avec le

plan

moyen

Po

de l’interface

(voir

schéma

2).

Ceci n’entraîne aucune modification

Schéma 2.

pour le calcul des

intégrales

de

(1)

pour les

régions

de cotes ZD

positives.

Par contre dans les

régions

de

cotes

négatives

il est nécessaire d’effectuer le

prolonge-

ment

analytique

de

ER

et

F

de l’autre côté de leurs

dioptres respectifs,

avec un

signe -, lequel apparaît automatiquement

du fait que zD

change

de

signe.

Rappelons

que dans le cas des rayons

X,

les valeurs des coefficients de réflexion r, ou de

transmission t,

sont

pratiquement

les mêmes pour les

polarisations

« s » et « p ». Nous nous

placerons

dans le cas « s »

et

désignerons

par

Uy

le vecteur unitaire de l’axe OY.

Les

expressions

de

ER

et

EI

seront par suite :

avec :

L’expression (1) de rR

se transforme alors comme suit

(2) :

Ce

qui

conduit finalement à

(2’) :

La courbe

théorique

de réflexion

spéculaire I0

~

f(03B8) présentée

en trait continu sur la

figure

2

correspond

à un

dioptre

air-verre

(B 1664) parfaite-

ment

plan

et

homogène attaqué

par le

rayonnement

CuK03B11.

Les courbes afférentes aux

symboles

0 et +

sont relatives à

l’expression (3) :

la

rugosité quadratique

moyenne Q

= ~~Z2~

pre-

nant les valeurs 10 et 40

A respectivement.

On notera,

sur cette

dernière,

que l’atténuation se fait

déjà

sentir

(7)

au

voisinage

de

03B8c,

entraînant un

déplacement

très

net de la limite de réflexion totale vers les

angles

0

plus

rasants. On constate par ailleurs que

l’expres-

sion

(3)

conduit à des résultats

identiques

à ceux

fournis par le modèle de couche de passage dans

laquelle

l’indice de réfraction varie suivant la fonc- tion-erreur

(L. Névot,

P. Croce

[29])

soit :

avec

En outre elle

présente l’avantage

d’une

programmation plus

aisée que celle de la couche de passage et

requiert

Fig. 2. - Effet de la rugosité sur la courbe de réflexion spéculaire

d’un borosilicate crown B 1664 supposé parfaitement homogène.

En trait continu (2013202220132022201320222013) nous avons

reproduit’

la courbe

théorique relative au dioptre air-verre parfaitement plan. Les

courbes de symboles respectifs (2013o2013) et (- + -) sont afférentes à l’expression (3) et à un dioptre rugueux de rugosité quadratique

moyenne a égale respectivement à 10 Á et 40 À. A titre indicatif,

on notera que les rugosités font déjà chuter l’intensité réfléchie d’un facteur 10 lorsque l’angle d’incidence atteint,4,68 03B8c et 1,37 03B8c respectivement. On remarquera aussi la déformation très nette de la courbe I ~ f (0) pour le voisinage même de 03B8c lorsque a

vaut 40 Á. Dans ce cas, pour la simulation de la courbe expéri- mentale, la contribution des rugosités peut devenir comparable,

voire supérieure, à celle d’une couche superficielle de densité infé- rieure à la masse.

[Theoretical influence of surface roughness upon X-ray specular

reflectance in the case of a perfectly homogeneous glass. The full

line (with points) is drawn for a perfectly flat air-glass interface.

Circles and crosses refer to interfaces with respectively 10 and

40 Á r.m.s. roughness. So, the reflectance is falling by a factor

of 10, when the grazing angle is respectively 4.68 03B8c and 1.37 03B8c.

Observe also, in the last case, the departure of the I ~ f(03B8) curve

near 03B8c.]

des temps de calcul nettement

plus

courts. Par ailleurs

on ne constate pas de

divergences intempestives

dans

le calcul de la valeur de l’intensité réfléchie à 0 =

0c

ou bien à 0 très

élevé, lorsque

la

rugosité

devient assez

forte. De telles

divergences apparaissent

avec le

modèle de la couche de passage, pour J

supérieur

à

40

A environ,

avec la méthode de calcul

numérique

de

type Runge

et Kutta utilisée

(voir

par

exemple

A.

Angot Complément

de

mathématiques

Revue

d’Optique

5e

édition,

Paris

(1965)

page

788).

A titre de

comparaison

nous

rappellerons

ici les

diverses

expressions déjà

trouvées

(P. Croce,

L.

Névot

[13])

pour l’intensité réfléchie

spéculairement

par un

dioptre

rugueux,

lorsque

le spectre de

rugosité

se caractérise par une

prédominance

des basses

fréquences spatiales (4)

ou au contraire par celle des hautes

fréquences (5),

soit

respectivement :

On

peut

remarquer que ces diverses

expressions (3), (4), (5)

sont sensiblement

équivalentes lorsque (K2n - K1n)

devient suffisamment

petit,

c’est-à-dire dans la zone des incidences

élevées,

où le

phénomène

de réfraction peut être

négligé (soit

pour

03B8 ~ 403B8c,

voir P.

Croce,

L. Névot

[30]).

Par contre dans la zone

de réflexion totale

[03B8 ~ 03B8c]

de fortes différences se

manifestent,

ainsi

qu’on

peut le constater sur les courbes de la

figure

3. Ces courbes sont afférentes

aux

expressions

(3), (4) et (5) dans le cas d’une surface

d’or de forte

rugosité (Q

= 17,5

A).

On retrouve un

assez bon accord entre

l’expression (3)

et le modèle

de couche de passage

fonction-erreur,

ainsi que nous

l’avons écrit

précédemment.

Par contre les expres-

sions

(4)

et

(5)

conduisent à une atténuation nettement

trop

forte,

ou au contraire trop

faible,

ce désaccord

étant d’autant

plus prononcé

que la

rugosité

est

élevée.

Ainsi,

dans le cas de

l’expression (5),

il devient

(8)

même

possible

d’obtenir des intensités relatives

supé-

rieures à 1

(?),

cette anomalie intervenant d’autant

plus facilement,

à 03C3

donné,

que

l’absorption

est faible.

2.2 CAS D’UN EMPILEMENT DE COUCHES DÉLIMI- TÉES PAR DES INTERFACES RUGUEUX. - Pour étendre le cas

précédent

à celui d’un

empilement

de couches il est nécessaire d’établir les

expressions

des

amplitudes

des

champs électriques

incident et réfléchi en remon-

tant du substrat vers le vide. Ceci

exige

la connais-

sance de tR. Or la contribution à la correction

de t, imputable

aux ondes

diffractées,

est du même ordre

que celle due aux ondes

principales.

Cette difficulté

Fig. 3. - Analyse comparative de la forme des courbes de réflexion

spéculaire, dans la zone de réflexion totale, fournie par les expres- sions théoriques (3), (4) et (5). On considère ici un matériau (or)

de forte densité électronique et forte absorption (03B4 = 46,5 x 10-6, f3 = 4,9 x 10- 6 pour le rayonnement CuK03B11), et de rugosité élevée (03C3 = 17,5

Á).

Pour la courbe notée F.E., le calcul de l’intensité est effectué en assimilant l’interface rugueux air-or à une couche de passage dans laquelle l’indice de réfraction varie entre 1 et la valeur massique de l’or, suivant la fonction-erreur.

[X.S.R. (X-ray specular reflection) curves in the total reflection range as derived from theoretical expressions (3), (4) and (5).

In order to make the discrepancy most accentuated, we have considered a high r.m.s. roughness value (17.5

À)

and a material (gold) having a high electronic density, and a high absorption for

the CuK03B11 radiation. The F.E. curve is computed looking on the rough air-gold interface as a transition layer whose refractive index decreases from unity to the bulk value according to an error- function.]

peut être tournée en remarquant que l’effet des ondes diffractées s’annule dans

l’expression

de 1 + R - T

(voir

les

expressions (20)

et

(20’)

de l’article de P.

Croce

[26]).

On en déduit par suite :

Ce résultat peut se retrouver à

partir

des

expressions générales (1).

Si on considère le

dioptre

idéal dans le milieu

1,

les

expressions

des

champs EI,1

et

Ei,2

s’écrivent comme

suit,

les coefficients de réflexion

et transmission rI, t étant afférents au passage du milieu 1 vers le milieu

2,

et ceux notés r2, t2 au passage inverse

(ce qui implique

par

conséquent r2

= -

rl) :

soit encore :

En remarquant que

tt/Kt"

=

t2/K2n, l’expression

de

(1

+ rR -

tR)

se met sous la forme :

Les termes du deuxième ordre de cette

expression proviennent

soit des termes d’ordre 1 de

ER

et d’ordre 0

de EI (lequel

est d’ailleurs nul dans la formule ci-

dessus)

soit de ceux d’ordre 0 de

ER

et d’ordre 1 de

4 :

d’où la

disparition

de l’effet des ondes diffractées dans 1 +

Rlss - T1ss.

Quand (K2 - K’)

tend vers

0, (1

+ rR -

tR)

tend

donc vers 0 mais seulement au

premier

ordre.

Nous considérerons par suite que tR est sensible-

ment

égal

à

(1

+

rR). Lorsqu’on

se trouve en

présence

de

plusieurs couches,

ou milieux

Mj,

on peut décom- poser le

champ électromagnétique,

au niveau de

chaque interface,

en un

champ

incident

(désigné

par a

ou a, voir schéma

3)

et un

champ rffiéchi (b

ou

fi),

en

négligeant

les

champs

diffractés.

L’analyse

s’effectue Schéma 3.

Referências

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