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CAPÍTULO I REVISÃO DA LITERATURA

3. Uma trilogia interrelacionada

3.1. A morte e suas representações

1 - L'urbanisation inégale et la misère des migrants ruraux

L'écart entre la ville et la campagne se manifeste d'une manière systématique par les déséquilibres entre les revenus des citadins et des travailleurs ruraux. Cependant, des facteurs socio-culturels tels: la liberté de vivre en inconnu dans la ville, l'accès à l'éducation, aux services médicaux, aux loisirs et l'espoir de pouvoir progresser ont leur part dans l'attractivité de la ville, plus particulièrement pour la population jeune. Généralement les facteurs socio-culturels deviennent plus déterminant quand 1'écart entre les revenus en ville et à la campagne n'est pas important, ce qui est rare dans les pays en voie de développement et plus particulièrement ceux ne possédant pas d'économie planifiée. L'Iran, malgré ses fameux plans quinquennaux ayant débuté en 1948 par un Etat de "providence", se situe dans cette catégorie. Sa planification est caricaturale' en ce qui concerne les revenus des ménages en

1 Au cours des 3e, 4e et 5e plans de développement, un des objectifs principaux consistait à réduire les inégalités des revenus.

régions urbaines et rurales, les statistiques s'y référant sont matière rare, surtout en ce qui concerne la population rurale.

A partir de 1963, des initiatives ont été entreprises afin de mesurer les dépenses et les consommations des ménages et, en 1970, les premières statistiques "immatures" et confuses apparaissent dans ce domaine (la consommation des ménages), et non pas en ce qui concerne les revenus des ménages.

A partir de 1975, sur base d'échantillons très limités, discutables et imprécis, des statistiques concernant le revenu moyen des ménages en ville et à la campagne sont officiellement publiées, sans y distinguer les revenus des différentes classes en milieux ruraux et urbains, indispensables à toute analyse des potentiels et des causes des migrations. Le plus surprenant, et, à souligner, c'est qu'en 1975, cinq plans de développement couvrant vingt-neuf années, avaient déjà été projetés sans la moindre statistique concernant les revenus des ménages. Ces plans ont accéléré le courant rural-urbain, car il était impossible pour les planificateurs, de prévoir le rythme d'urbanisation résultant du rythme de développement du pays. Nous pouvons donc, évaluer la signification de la planification en Iran, compte tenu de ses lacunes.

Selon les échantillons mentionnés, de 1975 à 1979, les statistiques formelles concernant les revenus annuels des ménages en milieux rural et urbain ont été estimés ainsi:

Régions rurales Régions urbaines

1975 111.916 riais 326.057 Riais

1Ô77 166.308 448.729 "

1979 227.301 " 514.446 "

Source : Centre de Statistique d'Iran, Annuaire Statistique du Pays■ 1980, p. 705,712,718.

D'après ce tableau, le rapport entre le revenu d'un ménage en région rurale à celui d'un ménage en région urbaine est de l'ordre de un à 2,9 pour 1975, 2,7 pour 1977 et 2,3 pour 1979, avec une moyenne de 2,6 pour toute la période. Ces statistiques officielles, malgré toutes leurs lacunes, nous démontrent l'écart considérable entre les deux milieux rural et urbain, contribuant à l'accélération du flux migratoire rural-urbain. Rappelons que cette comparaison s'effectue à partir de chiffres relativement élevés, concernant la période suivant le boom pétrolier de 1974, elle n'est donc pas représentative de la longue période d'urbanisation antérieure. En outre, elle ne donne aucun éclairage concernant les couches les plus attirées par l'urbanisation. Nous essayerons donc, de surmonter cette lacune, par l'analyse d'autres sources. Mais auparavant, soulignons qu'en

1979, 36,6% des ménages ruraux avaient un revenu inférieur à 120.000 riais et 35,4% un revenu situé entre 120.000 et 240.000

riais* par an. Seulement 1% des ménages ruraux avaient un revenu supérieur à 1.200.000 riais et 3,4% entre 600.000 et 1.200.000 riais

Nous basant sur ces statistiques officielles, nous justifions une fois de plus, nos conclusions du chapitre précédant concernant la Réforme Agraire du Shah, qui avait pour but, la formation d'une classe moyenne rurale. Ceci n'était qu'une illusion, car, selon nos estimations, à l'apogée du recyclage des masses monétaires de pétrodollars, plus de 70% des ménages ruraux avaient des revenus maintes fois inférieurs à ceux des simples ouvriers du bâtiment ou à ceux des "Abdarbachi"

(simples serveurs de thé) dans les bureaux en ville.^

Pour pouvoir vérifier le faible niveau de revenus des ruraux, nous pouvons nous baser sur des revenus agricoles essentiellement ceux provenant de la culture des céréales, car 85% des terres exploitables du pays étaient sous culture céréalière

Nous pouvons nous baser sur d'autres indices concernant la répartition des terres agricoles après la réforme agraire (en 1973-74) pour pouvoir en déduire les revenus agricoles.

Compte tenu du fait que les indicateurs de consommation des ménages ruraux et urbains publiés par la banque Centrale ne sont

11$= 71,5 riais en 1979.

^ Voir: Centre de Statistique d'Iran, "Boudjéyé Khanévaré Roustayi Va Shahri", (Budget des ménages ruraux et urbains), dans: Annuaire Statistique du pavs. 1979. Téhran, 1979.

^ Voir : Ibid.

Voir: SAEDLOU Houshang, Massaélé Keshavarziyé Iran. (Les problèmes de l'agriculture iranienne), Ed. Payam, Téhran, 1357

(1978), pp. 80 et 120 .

pas représentatifs des revenus des ménages, nous avons choisi d'autres moyens afin d'estimer les revenus des ménages ruraux en se basant sur la superficie des parcelles cultivées et du rendement de leur culture.

Les exploitations agricoles en 1973-74. en Iran. Nombre d'exploitations Moyenne de la superficie (hectares) Exploitations irriguées (%) 734.000 0,4 77 322.000 1,4 65 542.000 3,2 45,7 428.000 6,9 34,7 428.000 17,5 26,6 16.000

66

40,3

10.000

257 55 2.480.000

Source : Centre de Statistique d'Iran, Natayédié Amarauiriyé Késhavarzi Baravé Salé 1974, Sarshomarivé Késhavarzi. (Résultats du recensement agricole de 1974) Téhran, 1976.

Supposons que chaque famille paysanne possède une exploitation.

Prenons en compte un prix de récolte d'une tonne de céréale de maximum 10.000 riais pour 1975 compte tenu des prix d'une tonne de blé, production dominante dans l'agriculture iranienne, de 1956 à 1975, cités ci-dessus: en 1956 en 1966 en 1968 en 1970 en 1973 en 1975 6.000 riais 7.900 " 5.500 " 7.600 " 7.900 "

10.000

"

Source : Centre de Statistique d'Iran, Bayané Amariyé Tahavolaté Eahtéssadi-Editémaviyé Iran. (Récit statistique de l'évolution économique et sociale de l'Iran), Téhran, 1976, n° 627, p. 131

Supposons que toutes les exploitations avaient une production moyenne de 10 quintaux par hectare^.

Les revenus annuels moyens des agriculteurs selon la grandeur de leur exploitation seront représentés pour 1973 par

les chiffres ci-dessous: Nombre d'exploitations* 734.000 322.000 542.000 428.000 428.000 16.000

10.000

Revenu annuel en riais en $ 46,1 161,4 3.160 11.060 25.280 54.510 138.250 521.400 2.030.300 369 795,7 2.018,2 7.611,6 29.639,4 * Nous avons arrondi le nombre d'exploitation.

Total des exploitations 2.500.000. 1 $ = 68,5 riais.

' En 1975, le prix du blé importé était de l'ordre de 13.400 riais par tonne. Voir: ODDVAR Aresvik, The Aaricultural Development of Iran. Praeger, New York, 1976.

^ Voir: F.A.O., Production Yearbook 1980. Voir aussi: BEHESHTI M., "Iran", in: World Atlas of Agriculture, op. cit. , P. 265.

Il est évident que les agriculteurs avaient d'autres revenus (moins considérables que leurs revenus concernant leurs récoltes), tels: l'élevage, la viticulture, et autres. Mais, nous ne disposons pas de moyens pour les prendre en considération dans nos calculs symboliques. Néanmoins nos calculs sont significatifs en ce qui concerne le faible attachement des agriculteurs à leur principale activité du fait de la médiocrité de son rendement.

D'autre part, le salaire d'un ouvrier agricole était, en 1972, de 95 riais par jour, ce qui représente un revenu annuel (10 mois de travail) d'environ 30.000 riais, ce qui est supérieur au revenu de 64% des agriculteurs (1.600.000) du pays.

Cette démonstration explique, pourquoi les paysans, petits et moyens propriétaires, préféraient abandonner leur exploitation, par la force des choses, dans le but de devenir des ouvriers ruraux, ceci même en 1972-73, quand le rythme du développement du pays était encore normal et la réforme agraire arrivait à son terme.

Le salaire journalier d'un ouvrier urbain non qualifié à la même époque, selon les sources officielles* était de 105 riais, ce qui représentait 38.000 riais par an. Ce salaire était supérieur au revenu moyen de plus de 1.700.000 agriculteurs. Certes, les forces traditionnelles, maintenant les agriculteurs propriétaires attachés à leurs terres, les conditions difficiles de travail comme ouvrier, en milieu étranger (en ville), et finalement, l'inertie millénaire du monde rural ont empêché une grande partie des 1.600.000 paysans de quitter le monde rural.

* Centre de Statistique de l'Iran, Natayédié Amarguiriyé Nirouyé Ensani. (Résultats des recensements ....) , Téhran, 1972.

Mais la situation ne pouvait rester pour longtemps inchangée du moins pour la population paysanne jeune.

Résumons: durant la réforme agraire et jusqu'au boom pétrolier de 1974, la misère et la pauvreté des paysans sans terre et des paysans ne possédant que de petites ou moyennes exploitations ont contribué beaucoup plus aux migrations rurales- urbaines qu'à la prospérité urbaine*. On peut appeler ce mécanisme "la force d'expulsion du monde rural" indépendamment de la pression démographique.

A l'appui de cette force, le choix de l'économie de marché en ville et la fixation du prix des céréales, ont également mis en faillite le secteur agricole, de telle façon que, sur le plan des revenus, en 1973, seuls les propriétaires de plus de 50 hectares avec des revenus annuels de plus de 521.400 rLc'i.s (7.000$) ne pouvaient pas être tentés à émigrer de leur village natal.

En 1973, pour la classe moyenne rurale, comprenant 856.000 familles, des revenus situés entre 800 et 2.000 $ n'étaient guère rassurants, quand en ville, un conducteur possédant un permis B pouvait gagner déjà 2.000 $ (en 1974).

Nous avons présenté ce bilan quantitatif, pour démontrer la portée et la dimension de la crise agricole ayant contribué à 1 ' urbanisation^.

* AZIMI Hussein, "Poverty In Iran", adapté par KATOUZIAN H., The Political Economy of Iran. The Macmillan press, London, 1981, pp. 269-72.

Voir aussi: HALLIDAY F., op. cit., p. 190.

^ AZKIYA Mostapha, Di améshénas ivé________Tosséé Va Tosséénayaftéauivé Roustayiyé Iran. (Sociologie du développement et du sous-développement rural iranien), Ed. Ettélaat, Téhran, 1992, p. 247.

Coitime nous l'avons démontré dans le chapitre concernant la Réforme Agraire, les chercheurs et les experts dans le domaine agricole ont aussi au cours de leur grand rassemblement' en 1976, à leur tour, insisté sur 1'hyper inégalité des salaires ruraux et urbains des personnes non qualifiées. "En ville, un simple ouvrier de bâtiment gagnait 500 riais par jour, c'est-à-dire 5 fois 1g salaire d'un ouvrier agricole qui ne gagnait, à la campagne, pas plus de 100 riais par jour."^

Au cours du séminaire susmentionné, les revenus annuels des ménages en régions rurales ont été évalués entre 368 et 588 dollars.

Nous avons vérifié ces chiffres avec une autre étude (de publication limitée) du Ministère du travail, réalisée en 1977, sur un échantillon de 5.000 familles immigrées à Téhran, et 2.000 à Tabriz, confirmant nos conclusions en mentionnant leur revenu mensuel avant et après leur migration.

Les revenus mensuels des familles immigrés avant et après leur migration.

Avant Après

dans leur village d'origine

2.700 riais 18.330 riais, à Téhran 3.000 riais 16.190 " à Tabriz Source ; Ministère du Travail, Shorayé Nézaraté Bar Gostaréshé Shahré Téhran. (Conseil du développement de la ville de Téhran), Téhran, 1977.

' Université Bouali, Séminaré baréssivé élalé mohadiératé roustayiane bé shahr. (Séminaire d'étude des causes d'immigration des paysans aux villes), Hamédane, 1976, pp. 6-9.

^ Ibid., P.9.

Nous ne pouvons pas calculer les revenus annuels des villageois à partir de leurs revenus mensuels, car nous ne savons pas combien de mois par an ils ont travaillé. En revanche, concernant des villes telles Téhran, nous savons qu'une moyenne d'occupation de 10 mois par an est une bonne estimation.

Dans cet échantillon, 58 % des migrants vers Téhran et 78 % de ceux vers Tabriz ont quitté leur village sans franchir d'étape intermédiaire de séjour dans des petites villes. Cette caractéristique associée au taux relativement élevé d'alphabétisation des migrants signifie que les individus constituant cette échantillon sont parmi les immigrants les plus privilégiés.

Notons aussi que 21% de ces migrants n'avaient pas d'emploi dans leur village natal, 29% ne se situaient pas encore dans la catégorie des actifs durant leur processus d'immigration, ce qui signifie la jeunesse de la population migrante.

D'une manière générale, le revenu des travailleurs non- qualifiés urbains était 300% à 400% supérieur à celui des régions rurales.

2 - Le salaire minimum et l'inflation

Il nous paraît important d'insister sur le fait que les salaires élevés des ouvriers non-qualifiés en ville ne concerne que le secteur du bâtiment et une partie des activités tertiaires, car, globalement, le modèle de développement, n'a pas éliminé la pauvreté urbaine pour la plupart des migrants. La

preuve: selon le Ministère du Travail, en un ouvrier non- qualifié, gagnait, dans les ateliers de type industriel, une somme de 60 riais { moins d'un $) par jour et un ouvrier dans la fabrication de chaussures ne percevait que 79 riais. Pour les années suivantes (en 1972), selon les mêmes sources, un ouvrier du secteur de la production et de l'extraction gagnait 105 riais.

En outre, le minimum pour le salaire journalier légal d'un ouvrier non-qualifié avait été fixé par l'Etat à 45 riais en 1961 et n'avait plus été modifié jusqu'en 1971, alors que le coût de la vie avait augmenté de plus de 100% durant cette période.

Le minimum fixé en 1973 était de l'ordre de 80 riais. C'est ensuite le boom pétrolier qui intensifia le déséquilibre existant entre les salaires ruraux et urbains. Le minimum officiel Li.«.e pour le salaire d'un ouvrier non-qualifié se situait dès lors, entre 141 et 210 riais, selon le type de travail.*

La limite du minimum légal est importante dans ce sens que premièrement, elle nous montre approximativement le niveau de salaire de la majorité des ouvriers travaillant dans les petits ateliers industriels, comprenant plus de 1.034.000 effectifs. Secundo, ces chiffres nous permettent de calculer les salaires de ces ouvriers en 1975 et 1976, car les statistiques concernées ne nous indiquent qu'une augmentation de 30% pour 1975 et de 45% pour 1976.

En ce qui concerne les salaires réels dans les grandes entreprises (environ 400.000 effectifs), le minimum était plus élevé que celui des petites entreprises et représentait un

' BEHRANG, Iran, le maillon faible. Maspero, France, 1979, p. 248. Voir aussi: ABRAHAMIAN, op. cit., p. 510-511.

chiffre de 85 riais en 1962, 135 riais en 1971 et 210 riais en 1977 .

L'ancien régime ne fournissait généralement pas de chiffre concernant le salaire des ouvriers. Quand il y était contraint, il citait les augmentations de salaire par pourcentage.

Ces pratiques de déclarer des hausses de salaire sous forme de pourcentage sans préciser le type d'entreprise, la branche d'activité et le salaire de base avaient un caractère publicitaire pour les apologistes de l'ancien régime et, trompaient souvent les chercheurs qui ne s'en méfiaient pas.' Le risque de dérapage devenait d'autant plus important quand on ne prenait pas en considération les hausses réelles des prix en ville. C'est le cas de l'étude sérieuse d' Abrahamian^, concluant que l'augmentation des revenus supérieurs au taux d'inflation, a influencé les ouvriers urbains à rejoindre les forces révolutionnaires que très tardivement, c'est à-dire seulement

a.u

cours des derniers mois de 19 78. Apparemment, une telle conclusion confond les causes socio-économiques de la Révolution à la chronologie des événements politiques ayant abouti à la Révolution. Ceci dit, l'entrée en action décisive de la classe ouvrière urbaine aux côtés des autres forces d'opposition sont en rapport avec divers paramètres, dont les plus déterminants dans le cas de l'Iran ont été, le degré de répression et l'hyper sensibilité (l'allergie) de l'ancien régime envers toutes actions émanant de la classe ouvrière.

' MC. DANIEL Tim, Autocracy, modernization and révolution in Iran and Russia. Princeton U.P., 1991, pp. 113,114,131 .

2 ABRAHAMIAN, op. cit.

Soulignons qu'un des catalyseurs, ayant déclenché partiellement le mouvement politique révolutionnaire en Iran, demeure la politique du respect des droits de l'homme, dans le sens de la libéralisation partielle et mesurée du pouvoir politique en Iran, politique qui a été imposée par l'administration démocrate de Jimmy Carter au Shah. Dans une telle ambiance, les libéraux en opposition et l'intelligentsia iranienne ont été, par le biais de l'Union des Ecrivains, des Avocats, des Universitaires, des Journalistes,..., plus aptes à saisir l'occasion, par rapport à la classe ouvrière qui était sous le contrôle et la répression permanents de la "Savak".

Quoiqu'il en soit, il ne nous paraît pas prudent d'interpréter et de surestimer le rôle classique d'avant-garde de l'intelligentsia ou le rôle devenu dominant d'autres leaders politiques, du fait de l'hésitation, ou de la satisfaction de la classe ouvrière pendant la révolution de 1979.

Revenons aux chiffres.

Le salaire journalier des ouvriers du bâtiment qui était de 1,2 $ en 1971 a atteint le chiffre de 5,5 $ en 1977, et lî salaire des ouvriers de "21 entreprises clé"' ont augmenté de 30% durant les années 1973-74 et probablement de 75% jusqu'en 1977. Mais, il faut savoir, quels ont été les salaires de base de ces deux catégories pour pouvoir les comparer compte tenu de l'inflation du pays durant la même période.

' Titre attribué par le Ministère du Travail dont la définition exacte nous échappe.

Pour avoir une idée de la base des salaires ava-.t majoration, nous avons accédé à une étude' commandée par l'Etat, et réalisée en 1973, sur 2.779 entreprises de plus de 50 employés, comprenant un total de 223.516 effectifs, représentant moins de 10% des effectifs du secteur industriel du pays.

Le salaire moyen quotidien y a été indiqué ainsi:

riais/heure riais/jour - pour les ouvriers non-qualifiés

représentant 13,5% de l'échantillon 16 128 - pour les ouvriers semi-qualifiés

représentant 78,4% de l'échantillon 21 168 - pour les maîtres-ouvriers

représentant 9,5% de l'échantillon 43 344 - pour les techniciens

représentant 0,1 de l'échantillon 69 552

Selon ces chiffres, on constate que les 30% d'augmentation concernant les ouvriers non-qualifiés des grandes usines se basent sur le salaire de base de 12 8 riais (moins de 2 $) , et représente un salaire de 166 riais après l'augmentation.^

Le salaire des ouvriers employés dans les petites entreprises et qui représentaient 90% des ouvriers industriels du pays devait être probablement inférieur à ces chiffres.

La même étude nous révèle le salaire des ouvriers du Baloutchestane, une des provinces les plus pauvres du pays en citant le chiffre de 46,5 riais par jour.

L'ensemble des chiffres cités, nous permet d'évaluer partiellement l'évolution des salaires, tout en démontrant les

' Cette étude non publiée avait un usage interministériel, tout comme le séminaire national concernant le bien-être social, en 1974, qui a été publié partiellement à l'extérieur du pays. Voir: Le Monde Diplomatique. Mai 1975.

^ HAGHIGHAT C., Iran, la révolution islamique. Ed. Complexe, Bruxelles, 1989, p. 2.