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4.3.5 – A Utilização do Poder pelo Professor

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Les constructions verbales apparaissent riches, diverses et variées. En vue de mener une étude qui ne se prétend pas exhaustive, mais cible au contraire des aspects précis de la question, une rigoureuse présentation de l’ossature de notre démarche scientifique s’impose. C’est cet exercice qui retient maintenant notre attention. Tout en notant que cette délimitation de notre champ d’études varie selon les sous-corpus. Quoi qu’il en soit, l’écrit et l’oral sont exploités à travers différents énoncés que nous appréhendons avec Gardes-Tamine (2001) comme :

« Un événement de parole concret et individuel (…) un discours (ou d’une partie de discours), tenu par une personne, qui est précédé et suivi d’un silence, et qui n’est pas nécessairement descriptible ou organisé. Un énoncé peut donc coïncider en étendue avec le discours lui-même comme avec une partie de mot, un son isolé, une onomatopée, une bribe de phrase interrompue, etc. »140

Cette définition attire notre attention parce qu’elle met en évidence certaines caractéristiques bien sûr propres aux énoncés, mais surtout dans lesquelles notre démarche semble s’inscrire. Il s’agit d’abord de la notion de personne. L’énoncé pouvant émaner de différentes catégories de personnes, rappelons que les étudiants constituent la population enquêtée. La deuxième notion est relative au lieu de production de l’énoncé. Cette référence est d’autant plus importante qu’elle est susceptible de caractériser l’énoncé lui-même. Dans notre cas, l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan constitue ce cadre. Aussi bien pour nos énoncés écrits que pour ceux extraits de productions orales. Dernière notion que nous retenons de cette définition, celle relative à la situation. Précisément à la situation de production des énoncés. Ainsi pour l’écrit, les énoncés sont-ils obtenus dans une situation d’évaluation. Quant à l’oral, la situation est certes un cadre de réunion donc formel, mais la pression de la norme n’est pas la même dans la mesure où l’enjeu est différent. L’énoncé qui visiblement n’est « pas une unité de la langue, abstraite, mais de parole, concrète »141 à travers « le fragment de vécu »142 qu’il incarne, nous a ainsi permis de rappeler les personnes, le cadre et surtout les différentes situations qui ont contextualisé l’obtention des énoncés que nous exposons ici. Intéressons-nous dès lors aux énoncés du sous-corpus écrit.

140 Joëlle Gardes-Tamine, La grammaire, Syntaxe 2e, Paris : Armand Colin/VUEF 2001, p.9.

141 Ibidem.

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Chapitre 1 : Délimitation, présentation, analyse et interprétation des écarts du sous-corpus écrit

1-1 Le sous-corpus écrit

La plupart des linguistes spécialisés de la question ont toujours essayé d’expliquer ou même d’établir une différence plus ou moins explicite entre l’écrit et l’oral. Dans leur ouvrage relatif à la Grammaire méthodique du français, Riegel et al. (1994) indiquent que « l’oral et l’écrit peuvent se distinguer suivant les conditions de leur utilisation »143 avant de préciser que « la communication écrite est différée et hors situation ».144 À en croire ces auteurs, l’auteur d’une communication écrite a le temps d’élaborer le message en ce sens que le champ libre lui est laissé de revenir sur ce qu’il a écrit pour « le corriger ou le compléter ».145 Ce sont ces caractéristiques qui expliquent le caractère plus élaboré, plus fini relativement à la norme dont semble jouir l’écrit par rapport l’oral.

La relation idyllique que semblent partager l’écrit et la norme en français ne s’étendrait pas ipso facto, à l’oral. La langue française entretiendrait, pour ainsi dire, des rapports distincts entre ce qui est écrit et ce qui est parlé relativement à la norme. D’ailleurs sur ces supputations, Riegel et al (1994) sont assez précis. Eux qui nous apprennent que « la langue écrite jouit en France, depuis le XVIIIe siècle surtout, d’un prestige fondé notamment sur la littérature classique ; la norme du français est établie sur le modèle de l’écrit ».146 Il est donc difficile, voire incohérent, de dissocier l’écrit de la norme en français. La lecture, l’observation, l’appréciation de l’écrit ne peuvent se faire que par rapport à la norme étant donné que la réalisation, la conception de cet écrit se sont également fait sur la base de la norme. L’écrit est fondé sur la norme, son appréciation ne peut se faire qu’en rapport avec cette norme.

143 Martin Riegel et al., Grammaire méthodique du français, Paris : Presse universitaire de France, 1994, p.30.

144Idem.

145Ibidem.

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Notre présentation tient compte de facto de cette intimité entre la norme et l’écrit. Nous analysons alternativement ces copies en tenant ainsi compte des éventuels écarts produits vis-à-vis de la norme circonscrite. Nous ne nous attardons pas sur certains critères tels que le sexe, l’âge, l’origine ou encore la langue maternelle. Chaque individu n’est identifiable que par le biais de sa copie. En espérant ainsi adopter une démarche scientifique qui évite les stigmatisations et se concentre sur les résultats dans leur généralité. Nous partons de la copie numéro 1 à la copie numéro 100 (en ce qui concerne chaque niveau). Les copies ne répondant pas aux critères d’observation sont ignorées. Nous passons à la copie suivante jusqu’à l’analyse des 100 copies retenues par niveau d’études. Les énoncés exposés sont essentiellement marqués par les écarts suivants :

— la non-répétition de la préposition,

— l’attribution d’un même complément à deux verbes de régimes différents, — le choix erroné de la construction.

Ces précisions faites, interrogeons-nous sur ce que nous entendons par la non-répétition de la préposition : en quoi constitue la non-répétition de la préposition ?

1-1-1 La non-répétition de la préposition

Les prépositions occupent une place essentielle dans la construction des verbes. Elles caractérisent fondamentalement la valence verbale à tel point que si l’on n’y prête attention, on finit par croire que trouver la valence d’un verbe c’est entre autres lui trouver les prépositions qu’il faut, aux places qu’il faut. C’est dire à quel point l’image de la préposition influence considérablement le système verbal dans son ensemble. Avant d’expliquer en quoi la non-répétition de la préposition est considérée ici comme une forme d’écart, intéressons-nous quelque peu à la préposition : qu’est-ce qu’une préposition ?

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1-1-1-1 Approche linguistico-grammaticale

« Arriverai-je un jour à poser au moins les assises d’une juste théorie de la préposition ? Je n’ose avoir cette ambition, tant la question soulève des difficultés »147, se demandait le linguiste français Gustave Guillaume dans sa leçon du 28 avril 1949. Le CRISCO (Centre de recherches interlangues sur la signification en contexte, EA 4255) réunit avec des spécialistes de la question « autour de la préposition »148 reconnaît plus de 50 années après, que la notion de préposition reste l’une des parties du discours qui soulève encore de nombreuses questions. C’est dire toute la difficulté qui est celle de se lancer dans une catégorisation théorique de la préposition.

Dans la Grammaire des prépositions149, Jean-Jacques Franckel et Denis Paillard (2007) reconnaissent cette difficulté. En évitant de se jeter dans une bataille de sens qui visiblement s’avère complexe, ces auteurs proposent deux classes de prépositions :

— Les prépositions dites de zonage ou encore de division : entre, sur, sous, dans, avant, après.

— les prépositions dites de discernement : pour, par, contre, en, avec, parmi.

Ils partent des hypothèses selon lesquelles, il est possible d’établir une caractérisation de l’identité de chaque préposition. Ils insistent sur le fait que cette identité ne correspond pas à une valeur particulière. Toutefois, elle s’appréhende à travers la variation de l’espace quelconque évoqué. Ils font également remarquer que chaque préposition a une identité. Celle-ci se manifeste à travers tous les emplois auxquels est soumise une préposition. En un mot, la préposition n’est pas une notion désémantisée. La préposition telle que la décrivent ces auteurs, contrairement à certaines théories, est chargée d’identité. L’ensemble de ces emplois possibles constitue dès lors l’ensemble de la manifestation de toute cette ipséité.

147Gustave Guillaume, cité par Éric Gilbert Jean-Claude et al., Introduction aux actes du colloque international de Caen : Autour de la préposition (20-22 septembre 2007) organisé par le CRISO (Centre de recherches interlangues sur la signification en conteste), Caen : Presse universitaire de Caen, France, 2009, p.7.

148 Éric Gilbert Jean-Claude et al., idem.

149 Jean-Jacques Franckel et Denis Paillard, Grammaire des prépositions, Paris : Ophrys, tome 1, 2007, pp. 7-12.

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Pour répondre à la question de savoir ce qu’est une préposition, Pierre Cadiot (1997) nous dit qu’il faut remonter jusqu’à l’étymologie latine de ce terme. En citant le dictionnaire

gaffiot150, il nous révèle que préposition vient de prae-position et se rapporte à l’« action de préposer, de mettre en avant ».151 De cette définition toutefois, il soulignera assez tôt le caractère

trompeur et maladroit du fait qu’elle ne prenne pour seul critère que la position qu’il qualifie

comme étant celle de surface. Il propose de ce fait deux approches dont la première est morphosyntaxique et la seconde, sémantico-syntaxique. Dans une approche morphosyntaxique, cet auteur affirme qu’un inventaire fini des prépositions est impossible. La raison en est que les unités morphologiques à l’image des prépositions appartiennent à diverses catégories syntaxiques. Dès lors, il dira des prépositions qu’elles sont des noms et des adjectifs si l’on tient compte de leur identité morphologique, en plus d’être souvent des préfixes, des adverbes, des conjonctions, etc. À travers l’approche sémantico-syntaxique, il attire l’attention sur la remarque selon laquelle :

« … dans une chaîne verbale (en syntaxe de phrase comme en syntagmatique), c’est-à-dire au sein des groupes nominaux et noms composés, la préposition correspond donc à une sorte de goulet d’étranglement destiné à faciliter la transmission dans un sens, mais pas vraiment unique des images référentielles véhiculées par les lexèmes environnants. »152 La préposition sert alors principalement, de courroie de transmission comme on pourrait l’observer.

À travers une étude sémantique et pragmatique de La préposition153, Jean Cervoni (1991) reconnaît la complexité de ce qu’il appelle le phénomène de sens. À tel point qu’il observe chez les linguistes que « beaucoup en effet, tendent à penser qu’en isolant un aspect du phénomène on se condamne à en fausser plus ou moins gravement la description ».154 D’où l’approche du sens global qu’il décrit comme plus à même de concilier les différentes approches que les linguistes dans leur diversité et dans leur interdisciplinarité peuvent avoir des questions complexes à l’image de celle de la préposition. Notre approche définitionnelle s’inscrit dans ce constat. La préposition apparaissant difficile à catégoriser, nous risquons de n’en présenter qu’un seul aspect. Une telle attitude comme la remarque Cervoni (1991) aurait pour effet d’en fausser la description. Il n’est donc pas question de privilégier un aspect théorique facilitant

150 Gaffiot Félix, Dictionnaire latin-français, Paris : Hachette, 1934.

151 Pierre Cadiot, Les prépositions abstraites en français, Paris : Armand Colin/Masson, collection U série « Linguistique », 1997, p. 17.

152 Pierre Cadiot, Les prépositions abstraites en français, ibidem. p.19.

153 Jean Cervoni, La préposition, Étude sémantique et pragmatique, Paris, Louvain – la – Neuve : Duculot 1991.

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éventuellement notre démarche argumentative. Nous essayerons plutôt de souligner quelques approches plus ou moins consensuelles malgré le caractère difficile de cette démarche d’équilibriste.

La préposition est une notion vaste dont tous les contours ne sauraient céder toute prétention à la linguistique de les avoir entièrement explorés. Définir la préposition soulève ainsi d’importantes questions de classe, de catégorie, de sens autrement dit de syntaxe, de morphologie de sémantique, etc. Au-delà des sentiers visiblement tortueux d’une recherche de définition qui plus est, consensuelle, les linguistes reconnaissent à la préposition son omniprésence dans les énoncés des plus ordinaires aux plus soignés. La préposition organise l’énoncé et en oriente le sens souhaité par l’énonciateur. Ces petits mots à l’apparence fébrile et facultative sont en réalité les « instruments fondamentaux de la construction syntaxique et de l’expression des unités fortes… »155 Comme cela apparaît dans les constructions du verbe.

Les prépositions participent à la construction des noms, des adjectifs, des verbes, etc. Leur emploi est parfaitement codifié si bien qu’elles peuvent passer pour « des unités linguistiques redoutables et craintes, en particulier des apprenants d’une langue étrangère. Ces derniers ne peuvent les éviter et les règles d’usages auxquelles elles sont soumises leur paraissent imprécises et difficiles à systématiser ».156 Les verbes se construisent également grâce aux prépositions. Certes, la linguistique a encore du mal à catégoriser définitivement et surtout de façon consensuelle cette notion. Il n’en demeure pas moins qu’elle reconnaît à la préposition son aide essentielle à la construction syntaxique comme sémantique d’un quelconque énoncé. Cette construction obéit à des règles. Le respect ou non de ces dernières a non seulement pour effet de gêner la bonne construction de l’énoncé, mais également, de déformer éventuellement le sens souhaité à l’origine par l’énonciateur qui y fait appel. Avec la linguistique, la grammaire reconnaît également cette importance de la préposition. Elle essaie également de la définir, de la catégoriser et d’en dicter les règles régissant son emploi.

155 Ludo MELIS, La préposition, en français, Paris : Ophrys, Collection L’essentiel français, 2003, p.5.

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Hervé-D. Béchade (1994) dans la Grammaire française157 dit de la préposition qu’elle est un mot ou un groupe de mots qui permet de réunir deux éléments en établissant entre eux des rapports particuliers. Les prépositions sont normalement placées entre l’élément complété et l’élément complément, quelle que soit la nature de l’un ou de l’autre. Pour ce qui est de la répétition ou non de la préposition, cet auteur se veut assez expressif sur la question. Selon lui, on répète les prépositions quand elles introduisent plusieurs compléments :

« Aller par monts et par vaux »

Être convaincu de ses arguments et de son bon droit. Facile à dire et à démontrer

Cependant, on ne les répète pas si les compléments forment une locution : « Partir à ses risques et périls ».

Ou s’ils expriment une notion globale :

« Agir avec conviction, ardeur et opiniâtreté. »

À cet auteur de préciser que la répétition éventuelle des prépositions dans ce dernier cas souligne, de façon stylistique, la valeur individuelle de chaque notion.

À quelques nuances près, Marc Boscquart (1998) situe la préposition dans la catégorie des invariables qui, dit-il, sont des mots outils. À la question posée de savoir ce qu’est une préposition, il répond que c’« est un mot invariable qui sert à unir, à un élément d’une phrase entière, un autre élément qui en dépend syntaxiquement ».158 On peut constater dans cette définition la résurgence du caractère attaché de la préposition. Quant à la répétition ou à l’omission de la préposition, cet auteur nous en donne les règles grammaticales générales suivantes :

On répète les prépositions à, de et en devant chaque complément.

Vivre en France, en Espagne ou en Italie (Jules Verne cité par Bosquart 1998).

Les autres prépositions, simples, on les répète quand on veut insister sur un fait ou obtenir un effet particulier.

Les valeurs vraies je les découvrais […] dans les livres, dans la littérature et la philosophie,

dans la politique (Albert Memmi cité par Bosquart 998).

Quand une locution prépositive se terminant par de introduit plusieurs compléments, on ne répète habituellement que le seul de.

Monsieur voit qu’il est aussi près du matin que du soir (Beaumarchais cité par Bosquart 1998).

157 Hervé-D. Béchade, Grammaire française, Paris : Presse universitaire de France, 1994.

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On ne répète pas les prépositions à, de et en : Quand les compléments désignent la même réalité :

Pensez à notre collègue et ami, M. Diop, décédé aujourd’hui.

Quand les compléments expriment une seule idée :

Morts de Varsovie Buchenwald Oradour, Hiroshima,

Sortez du soleil ! (Ferdinand Ouellette cité par Bosquart 1998)

Quand les compléments forment en réalité une locution : Tu peux y aller, mais à tes risques et périls.

En ce qui concerne les autres prépositions, on ne les répète habituellement pas (mais il y a de nombreuses exceptions, notamment quand les compléments qu’ils introduisent sont trop longs ou nombreux) :

Chacun vit selon sa force, ses habitudes et ses principes (Abdoulaye Mamani cité par Bosquart 1998).

Parfois dans la langue parlée, quand le rapport entre un mot et son complément est évident, on peut omettre la préposition.

Parler affaires (au lieu de : parler d’affaires). — Penser réussite (au lieu de : penser àsa réussite).

Ce caractère d’entière dépendance de la préposition de la construction justifiant son emploi n’a pas échappé à Sophie Aslanides (2001). Dans la Grammaire du français159, elle explique que la préposition est par « essence un mot de relation, comme une conjonction de coordination ou de subordination. Elle introduit généralement un constituant nominal avec lequel elle forme un groupe prépositionnel. »160 La préposition se différencie des adverbes que cette auteure présente comme syntaxiquement autonomes. La préposition a pour caractéristique sa dépendance vis-à-vis de la construction dans laquelle elle est employée. Ce caractère de dépendance de la préposition est du point de vue de l’auteure, l’une de ses particularités fondamentales.

159 Sophie Aslanides, Grammaire du français, Du mot au contexte, Paris : Champion, Unichamps-Essentiel, 2001.

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Jean-Claude Chevalier et al. (2002)161 partagent cette approche de la préposition et surtout des contextes grammaticaux qui président à sa répétition ou non. Selon eux, la préposition est un pivot entre deux termes. Ils ajoutent que le terme complété peut être un verbe, un substantif, un adjectif, un pronom, un adverbe. Le terme complément quant à lui pouvant se décliner comme un nom, un pronom, un participe, ou un adverbe. Tout comme un infinitif ou une forme verbale en – ant (gérondif), une proposition relative, une proposition introduite par que. Ils continuent pour dire que devant plusieurs compléments juxtaposés ou coordonnés, de, à, et

en sont généralement répétés :

Elle me sauva cette année-là de l’ennui, des regrets, de toutes les mélancolies. (S. de Beauvoir

citée par J-C Chevalier et al. 2002).

Les autres prépositions ne se répètent pas. Ils font remarquer tout de même que cette dernière règle comporte plusieurs exceptions selon que l’on veut souligner le rythme, le parallélisme des compléments :

Je venais d’entrer comme jeune pilote de ligne à la société Latécoère, qui assura avant

l’Aéropostale, puis Air France, la liaison Toulouse-Dakar (Antoine de Saint-Exupéry cité par

J-C Chevalier et al. 2002).

La question de la préposition en français se révèle très complexe comme on peut certainement le découvrir à travers ces différentes approches. Le fait est tel que les linguistes préfèrent en décrire les aspects utiles à la conduite d’une réflexion donnée ; tout en évitant de s’égarer dans les labyrinthes définitoires de la préposition (Cervoni, 1991). Les grammairiens, quant à eux, essaient de catégoriser la notion comme faisant partie des invariables de la langue française. Toutefois, les règles d’usages qu’ils donnent de l’emploi notamment, de la répétition ou non de la préposition semblent parfois se laisser contredire par les exceptions qui confirment ces dernières.

En résumé, la préposition sert essentiellement à construire une proposition non seulement du point de vue de la forme (syntaxe), mais également du sens (sémantique). De façon générale, on répète les prépositions lorsqu’elles introduisent plusieurs compléments qui ne forment pas une locution. Les prépositions à, de, et en se répètent devant chaque complément. Lorsque la réalité désignée est identique d’un complément à autre, les prépositions ci-dessus citées ne se répètent pas. Toutes les autres prépositions, simples (Bosquart, 1998), ne se répètent pas. Sauf

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si l’auteur veut souligner des aspects d’ordre stylistique ou qui relèvent du souci d’une esthétique particulière. Ce dernier point nous perturbe quelque peu. Comment savoir que