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4. ESTUDO DE CASO

4.6 Apresentação e discussão dos resultados

Lorsque les enfants émettent une idée ou apportent leur contribution, plutôt que de les féliciter, les parents mayas manifestent leur approbation ou leur reconnaissance, même si cette participation (ou cette tortilla) est absurde, anodine ou difforme.

Les parents mayas laissent l’enfant apporter une contribution significative à leurs tâches quotidiennes, sans faire toute une histoire pour que cette intervention soit à la hauteur des attentes qu’ils pourraient avoir en tant qu’adultes. Les parents accordent de la valeur à la façon de balayer de l’enfant, à sa tortilla biscornue, aux idées qu’il avance. Ils accordent de la valeur à la vision de l’enfant. Et ils respectent cette vision.

Comme l’explique la psychologue Lucia Alcalá, l’intérêt de l’enfant pour une tâche est alimenté par la reconnaissance de ses parents. « Je pense que ça motive l’enfant à aider davantage. Il voit qu’il aide sa famille, que sa participation compte. Et c’est bien plus puissant que toutes les félicitations du monde. »

Lorsque Alexa fait une tortilla difforme, par exemple, Maria l’arrangera peut-être un peu avant de la mettre dans la poêle. Mais elle ne force pas sa fille à en faire une plus ronde. Elle ne lui fait pas tout un discours sur la façon d’y parvenir.

Et elle ne prend pas la main de la fillette pour l’aider.

Au lieu de cela, Maria reconnaît et valorise la contribution d’Alexa au déjeuner du jour en acceptant ses tortillas comme elles sont. Maria est confiante : elle est convaincue qu’à force de pratique et d’observation, Alexa finira par maîtriser le façonnage des tortillas. Pourquoi accélérer le processus ? (Cela ne causerait que stress et disputes.) En attendant qu’Alexa acquière plus d’expérience, Maria renforce en silence son sentiment de compétence, ce qui stimule en retour la motivation de la fillette à s’entraîner de nouveau le lendemain.

L’inverse est aussi vrai. Si un parent exprime une résistance face à une idée ou à une contribution de l’enfant, cela peut éroder le sentiment de compétence de ce dernier et le démotiver. La résistance parentale peut prendre bien des formes  : ignorer une idée, la rejeter purement et simplement (« Non, non, on ne peut pas

faire ça » ou « Non, ce n’est pas comme ça qu’on fait. C’est comme ça ») ou faire la leçon sur la «  bonne  » manière de faire quelque chose. Les parents peuvent aussi exprimer leur résistance en n’utilisant pas ce que l’enfant a réalisé, en le refaisant entièrement ou en arrachant un ustensile des mains de l’enfant pour faire les choses à sa place.

Les Mayas et les autres parents issus de communautés indigènes opposent très peu ce type de résistance, ils ne se mettent pas en travers du chemin d’un enfant qui est en train d’aider. «  Les mères n’arrêtent pas un enfant en pleine action, même s’il fait les choses de travers  », rapporte Rebeca au sujet des mères d’héritage nahua. Au contraire – et c’est la clé ! –, le parent est attentif à ce que l’enfant est en train de faire, puis s’inspire de son idée. L’adulte met ainsi en place un cycle de collaboration magnifique, au sein duquel l’enfant ou le parent apporte une idée et l’autre la saisit pour la développer. C’est ce que Lucia appelle la

« collaboration fluide » : deux personnes travaillant sans heurt, main dans la main, comme un seul organisme doté de quatre bras. Dans ces moments-là, paroles, résistance et conflit sont rares.

D’une certaine manière, les Mayas traitent les enfants comme leurs coassociés dans leurs activités. Les parents sont convaincus que la connaissance ne circule pas à sens unique, uniquement du parent vers l’enfant. Ils estiment au contraire que la connaissance est bidirectionnelle. Les informations et les idées peuvent aussi venir des enfants.

Après notre conversation, les mots de Rebeca résonnèrent dans ma tête pendant des jours, et même des semaines : Ils n’arrêtent pas un enfant en pleine action, même s’il fait les choses de travers. Je me répétais cette phrase, encore et encore, tout en essayant de collaborer avec Rosy. Je pris bien vite conscience que je faisais exactement l’inverse. Chaque fois qu’elle apportait sa contribution, je m’en mêlais. Pas de temps en temps, systématiquement. Dès qu’elle avait une idée, j’opposais une résistance, quand je ne l’ignorais pas purement et simplement. Et pas une fois je ne croyais pouvoir apprendre quoi que ce soit de Rosy, et encore moins en cuisine. La connaissance circulait clairement de moi vers Rosy, et pas l’inverse.

Je pourrais citer tellement d’exemples que j’ai du mal à choisir. Mais une situation me vient à l’esprit, peut-être parce qu’elle s’est produite juste avant que je commence à écrire ce chapitre. Pour être honnête, j’ai un peu honte de vous la raconter, parce qu’elle me donne l’air idiote et puérile. Mais je vais quand même la partager avec vous, car c’est un exemple frappant de la manière dont notre relation pourrait s’en voir transformée si j’accordais un peu de reconnaissance et de valeur aux idées de Rosy.

Un dimanche après-midi, Rosy est en train de faire du coloriage dans le salon pendant que je prépare des brochettes pour un dîner entre amis. C’est la mission parfaite pour une enfant de 3 ans : il suffit d’enfoncer de gros morceaux de poulet et de légumes (courgettes, champignons et poivrons) sur des piques. Je propose donc à Rosy de venir m’aider  : «  Viens, ma chérie. Viens m’aider à faire les brochettes pour le dîner. »

Elle accourt et s’installe sur le marchepied à côté de moi. Je continue à faire des brochettes. Elle dévie immédiatement de l’idée de départ. Elle insiste pour faire une brochette «  100  % poulet  ». Mon premier réflexe est de la stopper. De la forcer à changer de direction. D’obliger ses créations à se conformer à ce que j’attends de ces brochettes. « Mais ce n’est pas comme ça qu’on fait. On n’aura plus assez de poulet pour les autres brochettes. »

Une dispute éclate. Au bout du compte, Rosy se met à pleurer, part fâchée et retourne au salon faire du coloriage.

Eh bien… quel échec retentissant, me dis-je. Et je termine seule les brochettes.

Je décide de passer à autre chose et d’oublier cette dispute. Ce n’est pas la

première fois que mes tentatives de collaboration avec elle se finissent par des larmes. Au moins, cette fois, je ne pleure pas avec elle.

Quelques semaines plus tard, je m’installe pour écrire ce chapitre et je réécoute mes entretiens avec Maria, Teresa, Rebeca et Lucia. Et je commence à entrevoir les erreurs dans mes façons de faire. Je pensais que Rosy avait du mal à collaborer avec moi. Mais en réalité, c’est moi, le problème. Je ne collabore pas avec elle. Je m’oppose à ses idées et je ne leur accorde aucune valeur. Bien souvent, je n’écoute pas ce qu’elle essaie de me dire.

Je décide alors de me donner une seconde chance de collaborer avec Rosy. Je retourne acheter des ingrédients pour faire des brochettes et je répète le scénario à l’identique  : dimanche après-midi, moi faisant des brochettes, Rosy faisant du coloriage dans le salon. De nouveau, je l’appelle  : «  Rosy, ma chérie, viens m’aider à faire des brochettes. » Mais cette fois-ci, elle ne vient pas. À vrai dire, elle ne lève même pas les yeux de son coloriage. Hmm, pas très motivée. Alors, je reconnais mon erreur de la dernière fois : « Tu peux les composer comme tu en as envie, même en faire rien qu’au poulet. »

Elle arrive en courant. « C’est vrai ? »

« Oui. »

Elle saute sur son marchepied et se met à l’œuvre. Elle fait une brochette géante poulet-poivron, avec huit morceaux de poulet écrasés les uns contre les autres. Je ne l’arrête pas et je me montre reconnaissante de sa contribution, non par des mots

mais par des actions. Une fois qu’elle a terminé sa brochette, je la prends et la pose dans le plat avec les autres. Et cette reconnaissance porte ses fruits. Rosy me sourit et se lance dans une nouvelle brochette. Oh non, on va être à court de poulet ! Mais ça n’arrive pas. À ma grande surprise, elle change de direction pour coopérer. Elle est attentive à ce que je fais et se met à m’imiter. Elle fait des brochettes qui ressemblent davantage aux miennes, en utilisant aussi les courgettes et les champignons. Nous commençons à travailler de manière fluide et naturelle, comme cet organisme à plusieurs membres. Je l’aide à embrocher des champignons et elle me tend un morceau de poulet quand je suis à court. Notre coopération se déroule sans heurt, c’est facile et amusant, jusqu’à ce qu’elle se lasse et parte reprendre son coloriage. Mais cette fois, personne ne pleure. À vrai dire, nous sommes toutes les deux très contentes.

Je me surprends même à sourire. Valoriser sa participation et reconnaître ses idées a vraiment changé les choses et a complètement modifié notre manière de vivre cette expérience.

Et vous savez quoi ? Cette brochette poulet-poivron, celle que Rosy a faite, était délicieuse. La prochaine fois, on en fera davantage, en plus de celles aux légumes variés.

RECETTE No 3 :

APPRENDRE À MOTIVER LES ENFANTS

En tant que parent, il existe de nombreuses façons de montrer à un enfant qu’on tient compte de ses idées sans les suivre réellement. Un simple « c’est une bonne idée » suffit parfois pour que l’enfant se sente inclus et motivé, même si vous ne comptez pas du tout appliquer son idée. Un parent maya dira «  uts xan  », ce qui signifie littéralement

«  c’est bien aussi  ». Un adulte interprèterait cette réponse comme un

«  je ne suis pas d’accord  ». Mais aux yeux d’un enfant, c’est comme une approbation.

Comme je l’évoquais, l’interprète Rodolfo Puch usait de cette stratégie avec moi lorsqu’il m’organisait des entretiens à Chan Kajaal.

Je lui proposais des idées folles – « Rosy et moi pourrions emménager

chez Teresa pour le reste de l’été  » – et il ne les rejetait jamais catégoriquement. Jamais il ne levait les yeux au ciel en me disant : « Y a pas moyen, espèce de gringa timbrée  ! C’est intrusif, ça ne se fait pas » (ce qui aurait été une réponse tout à fait légitime). Au lieu de quoi il accordait du crédit à mon idée. Il hochait la tête en disant : « Oui, on peut. On peut.  » Puis il laissait l’idée faire son chemin un moment, jusqu’à ce que je la remette sur le tapis. Là, il avait généralement trouvé une manière raisonnable et respectueuse de répondre à ma demande.

Il arrive que les parents d’héritage nahua expriment leur reconnaissance pour le travail des enfants grâce à de petits cadeaux occasionnels (mais, comme l’observèrent Lucia et ses collègues, ils n’offrent pas de récompenses pour des tâches spécifiques). Néanmoins, ces cadeaux ne sont pas rattachés à une tâche particulière du type « si tu m’aides à faire la vaisselle, je t’achèterai une glace  ». Le parent récompense plutôt l’enfant pour sa serviabilité en général, « pour être un membre contributeur de la famille », comme l’écrivent Lucia et son équipe. Et il le fait typiquement en lui accordant de petits plaisirs, par exemple « en préparant un repas qui sort de l’ordinaire ou en achetant à l’enfant quelque chose d’utile, comme des sous-vêtements ».

Dans de nombreuses cultures, les parents expriment leur reconnaissance en reliant la participation des enfants à une certaine maturité, au fait de «  devenir grand  » et aux prémices d’un apprentissage. Par exemple, une mère raconte à Lucia et ses collègues comment elle se montre reconnaissante de l’aide de son fils à la maison  : «  Quand il fait correctement ce qu’il a à faire, je lui dis simplement “Oh, mon fils, tu sais déjà faire [la tâche]” et ça le rend très heureux.  » D’autres mères disent «  féliciter  » un enfant d’avoir

«  grandi  » à mesure que sa contribution augmente à la maison. Une mère dit faire un câlin à son enfant en lui faisant remarquer la

«  maturité de son rôle au sein de la famille  ». (J’ai essayé hier soir lorsque Rosy s’est mise d’elle-même à balayer le salon et elle a adoré !) Exprimer sa reconnaissance pour l’attitude serviable d’un enfant dans son ensemble lui en apprend plus que de le féliciter pour une tâche

spécifique. Au lieu de vous concentrer sur une réalisation ponctuelle, vous aidez l’enfant à acquérir une valeur plus globale.

Comme le décrivait l’anthropologue Jean Briggs, certains parents inuits ont recours à une forme similaire de reconnaissance. Elle relata la manière dont des parents accordent du crédit à la générosité d’une fillette de 5 ans qui partage ses bonbons avec sa sœur : « À 5 ans, on est déjà futé, elle sait qu’elle est censée donner une bonne partie [des bonbons], sinon tous, à sa sœur de 3  ans. C’est ce qu’elle fait et [les adultes] disent  : “Regarde, elle en a donné. Elle est tellement généreuse !” »

De nombreux parents dans le monde entier poussent l’idée un cran plus loin en associant un comportement coopératif au fait d’être « une grande fille » ou « un grand garçon ». En Arctique, une mère inuit relie le fait de taper son petit frère à l’idée d’être « un bébé », tandis que se montrer gentil et généreux est associé au fait de « ne pas être un bébé ».

Cet outil est d’une telle efficacité chez nous que nous en reparlerons dans la prochaine partie.

Voici comment introduire ces approches à la maison avec des enfants de tous les âges, de la petite enfance à l’adolescence.

TREMPEZ UN ORTEIL

•  Attirez l’attention sur la serviabilité (ou le manque de serviabilité). Au lieu de chanter les louanges d’un enfant qui aide sur demande, exprimez votre reconnaissance à l’égard de la serviabilité dans son ensemble. Ne surjouez pas et ne le faites pas trop fréquemment. Déclarer simplement « ça m’aide bien » suffit lorsqu’un enfant se montre acomedido ou propose son aide. Vous pouvez même attendre la fin de la semaine pour exprimer votre reconnaissance face à l’effort global de l’enfant. Concentrez-vous sur son processus d’apprentissage ou sur sa contribution à la vie de la famille  : «  Tu commences vraiment à bien nous aider » ou « Tu es en train de devenir une grande fille et tu participes aux tâches familiales ».

Pour aider votre enfant à mieux comprendre ce que la « serviabilité » signifie, attirez l’attention sur celle des autres. Cela permet aussi de

faire savoir à votre enfant que c’est un trait de caractère auquel vous accordez de la valeur et de l’importance. Lorsque vous manifestez votre gratitude pour l’aide apportée, mettez en avant la manière dont la coopération facilite la vie de tout le monde. Par exemple, un matin, en emmenant Rosy à l’école, je lui dis  : «  Papa était très acomedido ce matin. Il était attentif aux besoins de chacun et il a participé. »

« Oui, et moi aussi », répondit-elle sans se démonter.

• Pointez aussi du doigt l’inserviabilité. Lorsqu’un enfant n’est pas serviable, n’ayez pas peur de le noter. Lucia relate que «  les parents disent souvent d’un ton sarcastique “surtout, ne sois pas trop acomedido” ou “ne nous aide pas trop, hein”. Cela indique à l’enfant qu’il doit aider. »

Vous pouvez aussi le faire remarquer lorsque quelqu’un d’autre ne se montre pas acomedido. Cela aidera l’enfant à apprendre ce qu’il ne faut pas faire. Et mettez l’accent sur les raisons pour lesquelles vous ne valorisez pas ce comportement. Là encore, affirmez simplement et clairement les choses. Par exemple, un après-midi, une amie de Rosy ne nous a pas aidées à ranger après avoir joué dans notre salon. J’ai donc dit  : «  Ce n’était pas très acomedido. Si elle nous avait aidées, nous aurions terminé plus vite. »

•  Cessez les récompenses ou les punitions pour des tâches spécifiques. Ces outils sont tout bonnement inefficaces pour apprendre aux enfants à participer volontairement aux tâches domestiques (ou à quoi que ce soit). Dans bien des situations, cela ne fait que saper activement le désir d’aider de l’enfant.

Au lieu des punitions et des récompenses, essayez ces outils, sources de motivation :

–  Expliquez la valeur ajoutée de la tâche en question pour toute la famille. Essayez d’expliquer à l’enfant pourquoi il est si important – ou essentiel – d’aider à la maison. Une mère d’héritage nahua raconta à Lucia qu’elle ne punit jamais sa fille :

« Mais je me fâche et je la sermonne. » Lorsque sa fille ne range pas ses jouets, elle lui dit : « Tu dois faire plus d’efforts. » La mère expliqua à Lucia : « Je lui dis ça pour qu’elle voie que nous faisons

aussi des efforts avec le peu que nous pouvons lui donner, alors elle devrait elle aussi faire des efforts. »

Cette approche fonctionne bien avec Rosy, en particulier quand elle voit que je suis fatiguée et débordée. Je lui dis : « Rosy, ton père et moi travaillons dur pour rendre cette maison agréable pour tout le monde. Nous faisons de notre mieux. En tant que membre de la famille, tu dois toi aussi travailler dur et faire de ton mieux. » Associez la serviabilité à la maturité. Si un enfant prend l’initiative de s’occuper volontairement d’une tâche domestique, reconnaissez à quel point il a grandi et progressé en disant quelque chose comme : « Oh, tu commences à savoir comment participer » ou « Tu as rangé tes jouets parce que tu es une grande fille ».

Je fais aussi remarquer à Rosy quand elle se comporte comme un bébé. Par exemple, si elle ne range pas ses jouets ou n’aide pas à débarrasser, je lui dis : « Oh, si tu ne l’as pas fait, c’est parce que tu es un bébé ? » Et cette remarque aboutit généralement à toute une discussion sur ce que font les grandes filles par opposition à ce que peuvent faire les bébés. Par exemple, «  Est-ce que les bébés peuvent faire du vélo  ?  », «  Est-ce que les bébés mangent de la glace  ?  » Rosy finit toujours par préférer être une grande fille et par aller ranger.

– Laissez l’enfant accomplir la tâche en s’amusant. Je ne suis pas une grande adepte de l’idée de rendre les tâches « marrantes » ou d’en faire un jeu. Je n’ai pas l’énergie pour tenir très longtemps et je n’aime pas me comporter comme un enfant de 3 ans. Mais si Rosy invente une manière de rendre une tâche plus ludique, je ne l’en empêche pas. Au contraire, je suis attentive à son idée ou à sa participation et j’essaie de m’en inspirer. Un après-midi, par exemple, alors que nous étendions du linge, elle se mit à lancer les vêtements à travers la véranda. Je décidai donc d’intégrer son

« jeu » à la tâche. Je lui dis : « Mets-toi près de la corde à linge et je vais te lancer les vêtements à étendre.  » Elle a adoré  ! Elle voulait qu’on continue de se lancer les vêtements. Le linge a fini par être étendu. Cela a pris un peu plus de temps, mais sa motivation pour la lessive a monté en flèche. Maintenant, il lui arrive de venir en courant quand je l’appelle et nous avons intégré l’idée du «  lancer  » à d’autres tâches, comme le rangement de Lego ou de livres. Je lui dis  : «  Rosy, tiens-toi près de la

bibliothèque, je vais te lancer les livres. » Ça lui donne vraiment envie d’aider !

–  Menacez de conséquences naturelles. Si vous devez avoir recours à la menace, essayez que la punition se rapproche le plus possible d’une conséquence naturelle plausible. Par exemple, il m’arrive de dire à Rosy  : «  Si on ne nettoie pas la cuisine, des fourmis vont venir envahir le plan de travail. Veux-tu avoir des fourmis dans ta nourriture ? » Ou bien : « Si on ne lave pas ta boîte à goûter, tu devras manger dans une boîte sale et puante demain.

C’est ce que tu veux ? »

–  Attirez l’attention sur les moments où vous l’aidez. Avec Rosy, je trouve que pointer du doigt la responsabilité réciproque fonctionne bien pour stimuler sa motivation. Par exemple, un soir, elle n’aide pas à débarrasser. Quand je lui demande de venir m’aider, elle me répond «  je suis fatiguée  » avant de filer. Dix minutes plus tard, elle me demande de l’aider à trouver son doudou. Je lui réponds alors quelque chose du genre : « Attends, tu m’as aidée à débarrasser tout à l’heure ? »

PLONGEZ

•  Apprenez à valoriser la contribution de l’enfant. Lorsqu’un enfant propose son aide, écoutez ses idées. Répondez-y d’une manière ou d’une autre, en les essayant, en les intégrant à votre activité, en hochant la tête ou en disant « on peut ». Si l’enfant se met à l’œuvre, ne l’arrêtez pas. Au contraire, soyez attentif et observez comment il essaie de participer. Puis réfléchissez à une manière de vous inspirer de sa contribution ou d’améliorer légèrement son travail.

Quoi que vous fassiez, résistez à l’envie de vous y opposer. Réfrénez votre désir d’ingérence ou la tentation de modifier la solution qu’il propose. Si vous vous mettez en retrait et laissez l’enfant « prendre le contrôle » de cette tâche, il sera beaucoup plus motivé pour vous offrir de nouveau son aide à l’avenir que si vous rejetez, minimisez ou ignorez ses idées et ses contributions.

• Mesurez dans quelles proportions vous félicitez votre enfant (ou opposez une résistance). Votre smartphone est l’outil parfait pour analyser vos habitudes parentales et voir les choses sous un jour