2. REVISÃO DA LITERATURA
2.7 Teoria das Gerações e Processo Perceptual
Avant de rencontrer Teresa et Maria, j’organisais l’emploi du temps de Rosy comme je pensais que tout bon parent le faisait : quand elle n’était pas à la crèche, je prévoyais toujours une « activité » pour elle.
Pendant qu’elle dormait, la nuit ou à la sieste, je m’occupais de toutes les tâches domestiques. Je rangeais le salon et la cuisine, je faisais les lessives et je préparais le petit déjeuner et le déjeuner du lendemain pour ne pas avoir à nous presser le matin.
Le week-end, nous allions au zoo, au musée ou dans des parcs de jeux en intérieur. Nous retrouvions ses amis pour jouer au parc et nous faisions du bricolage pour Pâques ou Halloween. Les jours de pluie, notre salon se remplissait de jouets, jeux, puzzles et autres « outils éducatifs ». Toutes ces activités me donnaient bonne conscience, car je pensais qu’il était enrichissant pour Rosy d’être exposée à des expériences variées. Dans la pratique, ces activités me permettaient aussi de l’occuper, de ne pas l’avoir dans les pattes et de la distraire sans qu’elle me rende dingue.
Mais pour être honnête avec vous, au risque de vous choquer, je n’ai jamais vraiment aimé ces activités. J’ai l’impression d’être une mauvaise mère rien qu’à le dire, mais c’est la vérité. Dans les endroits « conçus pour les enfants », soit je m’ennuyais carrément, soit j’étais absolument submergée par le bruit, les lumières et le chaos. Je sortais du musée des sciences pour enfants éreintée, complètement sur les nerfs et c’était comme si une petite partie de mon âme était morte au snack au moment où j’avais dépensé dix dollars pour une part de pizza au pepperoni.
(Une part de pizza que, soit dit en passant, je finissais par manger après que Rosy m’avait crié au visage : « Beurk ! J’aime pas ce fromage ! »)
Et s’il existait une manière plus simple, plus efficace et plus agréable
de passer du temps avec un enfant ?
Rester jouer au salon avec Rosy n’était guère mieux. Certains après-midis, j’aurais préféré me crever les yeux plutôt que de jouer une fois de plus à Elsa et Anna. Mais je me disais : C’est ce que fait une bonne mère. C’est de ça que Rosy a besoin et envie. C’est bon pour elle. Ça l’aide.
Ça vous rappelle quelque chose ?
Mais le temps passé avec Maria et Teresa à Chan Kajaal me fait réfléchir : et si toutes les idées préconçues que je trimballe sur « ce que fait une bonne mère » n’étaient que balivernes ? Et si cette avalanche d’activités avait le résultat inverse de celui escompté et, plutôt que de rendre Rosy plus heureuse et de nous faciliter la vie, ne faisait que dégrader le comportement de Rosy et me compliquer la vie ? Était-il possible que ces activités érodent la motivation interne de Rosy à être un membre coopérant de la famille, à faire partie de l’équipe ? Était-il possible qu’elles sapent sa confiance en elle et sa perception d’elle-même ? Existe-t-il des manières plus simples, plus efficaces et plus agréables de passer du temps avec un enfant ?
Suzanne Gaskins étudie l’éducation des enfants chez les Mayas depuis plus de quarante ans. Elle est ethnopsychiatre à l’université de Northeastern Illinois de Chicago. Mais elle passe chaque année plusieurs mois à Chan Kajaal, pour observer les familles et s’entretenir avec les parents. Suzanne connaît assez bien les familles du village. Et elles aussi la connaissent bien.
Lorsque Suzanne vécut là, au début des années 1980, elle découvrait elle-même la maternité avec son fils de 1 an. Elle remarqua immédiatement une différence frappante entre les parents mayas et ses amis parents de Chicago. Les parents mayas ne ressentent pas le besoin constant de divertir leurs enfants ou de jouer avec eux. Ils ne mettent pas à leur disposition un flot ininterrompu de vidéos, de jouets et de chasses au trésor pour les stimuler et les occuper. Autrement dit les
parents mayas ne s’assoient pas par terre pour jouer à la princesse et ne passent pas leurs week-ends dans des musées pour enfants à manger des parts de pizza à dix dollars.
C’est ce que Suzanne appelle des activités « centrées sur l’enfant ». Cela signifie que ce sont des activités uniquement à destination des enfants, que les parents ne feraient pas s’ils n’avaient pas d’enfants. D’après ses observations, les parents mayas n’éprouvent pas autant, sinon jamais, le besoin de planifier ce type d’activités.
Au lieu de cela, ils offrent à leurs enfants une expérience encore plus enrichissante, une chose à laquelle bien peu d’enfants occidentaux peuvent goûter : la vraie vie. Les parents mayas accueillent les enfants dans le monde des adultes et leur donnent accès sans restriction à la vie des adultes, y compris à leur travail.
Les adultes vaquent à leurs occupations quotidiennes – nettoyer, cuisiner, nourrir le bétail, coudre, construire des maisons, réparer vélos et voitures, s’occuper de leurs frères et sœurs – tandis que les enfants jouent à leurs côtés et observent leurs activités d’adultes. Ces événements de la vie réelle sont des
« activités d’enrichissement ». Elles font office à la fois de divertissement pour les enfants et d’outils pour apprendre et grandir, physiquement et émotionnellement.
On invite les enfants à observer et à mettre la main à la pâte quand c’est nécessaire. Au fil du temps, un enfant apprend progressivement à tisser un hamac, à élever une dinde, à faire cuire le tamal dans un four souterrain ou à réparer un vélo.
Cette façon d’apprendre est omniprésente à Chan Kajaal. Un après-midi, Maria entreprend de laver le maïs dans un seau, c’est une étape nécessaire pour préparer la masa pour les tortillas. Le procédé implique plusieurs rinçages du maïs à l’eau douce. Penchée au-dessus d’un seau bleu, Maria fait tournoyer les grains jaunes et secs dans l’eau fraîche et transparente. Zoum, zoum. Ses deux filles cadettes, Alexa et Gelmy, se précipitent pour regarder. Maria vide l’eau et demande de l’aide à Gelmy. « Va allumer le tuyau », dit-elle à la fillette de 9 ans. Gelmy court jusqu’au robinet pour aider sa mère. Pendant ce temps, la petite Alexa observe sa mère et sa grande sœur.
« Pour ce genre de tâches, je demande aux enfants d’observer pour qu’elles apprennent, m’explique Maria à l’occasion d’une pause. C’est ce que je leur
répète tout le temps. “C’est important. Regardez.” »
Ainsi, les parents mayas – comme la plupart des parents à travers le monde, je le répète – organisent l’emploi du temps des enfants afin de leur offrir l’opportunité d’être auprès des adultes lorsque ces derniers vaquent à leurs tâches quotidiennes. Quand les adultes s’occupent de la maison, gèrent l’entreprise familiale ou entretiennent le jardin, les enfants sont toujours dans les parages, ils sont toujours les bienvenus.
Et les jeunes enfants adorent ce type d’activités. Ils meurent d’envie d’y participer. D’après la psychologue Rebeca Mejía-Arauz, les enfants ne font pas la différence entre le travail des adultes et le jeu. « Les parents n’ont pas besoin de savoir jouer avec leurs enfants. Si on implique les enfants dans les activités des adultes, ils considèrent ces activités comme du jeu. » Et ils associent alors les tâches ménagères à des activités positives, amusantes et ludiques.
« Les parents ne forcent pas les enfants à participer à leur travail ou aux tâches domestiques, mais la maison et l’environnement des enfants sont organisés de sorte que ces derniers puissent développer ces aptitudes, explique la psychologue Lucia Alacalá. C’est une vision très sophistiquée du développement de l’enfant. »
Qu’inviter les enfants dans le monde des adultes facilite l’apprentissage des tâches ménagères ne fait aucun doute. Si les enfants sont près de vous lorsque vous préparez le petit déjeuner ou faites une lessive, ils saisiront vite comment brouiller un œuf ou séparer le blanc des couleurs.
Mais cette approche présente plusieurs autres avantages. D’abord, elle permet au parent de faire une pause. Au lieu de devoir planifier, financer et participer à d’innombrables activités centrées sur l’enfant, les parents peuvent poursuivre leur vie normale – travailler ou se détendre – pendant que les enfants suivent et apprennent au fil de l’eau. Plutôt que de planifier votre vie autour de votre enfant, vous pouvez tout simplement inclure votre enfant dans votre emploi du temps.
En outre, l’être humain a probablement évolué pour que les enfants apprennent en prenant les adultes en filature ; c’est leur mode d’apprentissage depuis au moins deux cent mille ans (comme nous le verrons dans le chapitre suivant).
Ainsi, pour de nombreux enfants, il est plus facile et moins stressant d’apprendre de cette manière qu’à travers des activités qui leur sont destinées. Cela génère aussi moins de conflits et de résistance.
Et quelle merveilleuse manière d’apprendre ! Aucune pression pour acquérir une compétence plus vite qu’on ne le peut, pas de cours magistral, pas d’examen de fin de semestre. Les enfants apprennent à leur rythme par leur seule proximité avec des adultes, en observant et en mettant la main à la pâte.
Enfin – et c’est peut-être le plus important –, cette approche donne aussi aux enfants quelque chose qui manque dans bien des foyers occidentaux : leur carte de membre.
Ici, en Occident, on a souvent recours à deux leviers de motivation : la récompense (félicitations, cadeaux, stickers, argent de poche…) et la punition (cris, mises à l’écart, punitions, menaces…). Mais dans bien d’autres cultures, les mères et les pères exploitent une autre source de motivation : l’ardeur que met l’enfant à faire partie intégrante de la famille et à travailler en équipe. Son besoin d’appartenance.
C’est une source puissante de motivation. Très puissante. Sans elle, c’est comme si les parents élevaient leurs enfants les deux mains attachées dans le dos.
Non seulement ce besoin d’appartenance pousse les enfants à s’impliquer avec enthousiasme dans les tâches domestiques, mais il les aide aussi à devenir plus coopérants et plus souples de façon générale. Il les motive à se préparer pour aller à l’école le matin, à manger la nourriture qu’on met dans leur assiette et à ne pas repousser le moment de venir mettre la table quand on leur demande !
Les enfants réalisent ces tâches, avec une aisance relative, parce qu’ils sont dévoués à leur famille. La famille est en train de faire la vaisselle, alors l’enfant la fait aussi. La famille est en train de ranger la maison, alors l’enfant range aussi.
Les enfants sont programmés pour coopérer ainsi. C’est l’une des caractéristiques qui font de nous des êtres humains. On se sent bien quand on travaille main dans la main et qu’on aide les personnes qui nous aiment.
D’après Lucia, dès l’âge de 8 ou 9 ans, les enfants ont pleinement conscience de cette source de motivation. « Nous avons demandé à des enfants mayas ce qui les pousse à aider à la maison. Plusieurs ont dit que c’était parce qu’ils faisaient partie de la famille et que c’était une responsabilité partagée. Tout le monde met la main à la pâte. » Un enfant a répondu : « Eh bien, je vis ici. Et donc je dois aider. » Un
autre : « Parce que moi aussi je mange à la maison, il faut aussi que j’aide mon papa. »
Mais il y a une condition essentielle pour que les mères et pères soient en mesure de puiser dans cette motivation naturelle : les enfants doivent avoir le sentiment d’être des membres contributeurs à part entière de la famille. Ils doivent sentir que leur participation compte et fait vraiment la différence. Par exemple, si un enfant s’occupe d’un petit frère ou d’une petite sœur, il est réellement responsable du bien-être du petit.
Les enfants ont une conscience aiguë de leur relation avec les autres. Ils savent qui fait ou non partie de leur équipe. Ils sont conscients dès le plus jeune âge de leur interdépendance et de leurs liens à autrui ; ils savent qui les a aidés et qui ils ont aidé.
Ils sont aussi parfaitement conscients de leur rôle dans cette équipe. Suis-je un receveur impliqué dans presque toutes les actions sur le terrain de base-ball ou un joueur de champ droit qui ne voit pas tout ce qui se passe ? Ou, encore plus pertinent, suis-je un spectateur VIP qui regarde tout cela depuis mon siège en haut de la tribune en mangeant un hot-dog et en buvant du jus de pomme ?
En accueillant les enfants dans le monde des adultes, vous leur confirmez qu’ils font partie de l’équipe familiale. Vous leur donnez une carte de membre métaphorique qu’ils glissent dans leur poche arrière et emportent partout eux. Et cette carte leur donne accès à tous les avantages – et responsabilités – de l’équipe.
Cette carte dit à l’enfant : Je fais ce que font ces adultes parce que j’appartiens à leur groupe. Quand la famille fait une lessive, je fais une lessive. Quand la famille fait le ménage, je fais le ménage. Quand la famille quitte la maison le matin, je pars avec eux. Quand la famille… Complétez à votre guise, l’enfant suivra.
Chaque fois qu’on implique un enfant dans une tâche d’adulte, qu’il s’agisse de choses simples comme sortir les poubelles ou plus complexes comme partir au Yucatán pour écrire un livre, on dit à cet enfant qu’il appartient à quelque chose qui le dépasse. Il fait partie d’un « nous ». Et il est relié aux autres membres de la famille. Ses actions peuvent aider ou blesser autrui.
À l’inverse, chaque fois qu’on choisit une activité dédiée à l’enfant ou centrée sur lui, on lui retire un peu cette carte de membre. On dit à l’enfant qu’il est différent du reste de la famille, qu’il est un peu comme un VIP, exempt du travail familial, des activités d’adulte. Cela érode sa motivation à travailler en équipe.
C’est exactement ce qui se passait entre Rosy et moi. Je lui enseignais que son rôle à la maison était de jouer aux Lego, de regarder des vidéos pédagogiques et de se faire servir des repas (plus précisément des pâtes sans sauce avec une tartine de beurre). Mon rôle était de ranger, cuisiner, faire sa lessive et la trimballer d’une activité à une autre. Alors pourquoi diable mettrait-elle ses chaussures quand je lui demande le matin ? Pourquoi mangerait-elle le brocoli que j’ai cuisiné ? Ou irait-elle se coucher quand nous sommes tous épuisés ?
Sous bien des aspects, elle était comme la P-DG d’une entreprise high-tech ; j’étais sa responsable de l’événementiel. J’étais là pour planifier ses journées et m’assurer qu’elle s’amusait.
Mais après cette matinée chez Teresa et mes conversations avec Suzanne au sujet des activités centrées sur l’enfant, je réfléchis, j’examinai les choses et j’en conclus : plus jamais. Plus jamais ! Plus jamais je n’achèterai une part de pizza à dix dollars dans un snack bourré de gamins pour la manger moi-même. Plus jamais je ne ferai une lessive pendant qu’elle regarde La Famille Berenstain sur YouTube. Plus jamais je ne lui préparerai de plats rien que pour elle pour le dîner.
C’est une époque révolue dans la famille Doucleff.
Je pris la décision de ne plus être sa responsable de l’événementiel et de l’accueillir dans mon univers, de cesser de la divertir et d’apprendre à simplement passer du temps avec elle.
À mon retour du village de Chan Kajaal, j’entrepris trois énormes transformations chez les Doucleff :
1. Réorganiser totalement l’emploi du temps de Rosy. Les week-ends et les après-midis après l’école furent des moments précieux pour permettre à Rosy d’obtenir sa carte de membre de la famille, d’accéder aux rouages de notre foyer
et d’être immergée dans le monde des adultes. J’ai renoncé à presque toutes les activités centrées sur l’enfant. Plus de musée pour enfant, de zoo et d’aire de jeu.
J’ai même supprimé les fêtes d’anniversaire, à l’exception de celles organisées par des amis de la famille avec qui Matt et moi avons envie de passer du temps. Idem pour les goûters avec les copains : si je n’ai pas envie de passer l’après-midi avec les parents, on ne le fait pas. Ou bien je me contente de la déposer chez sa copine et je la laisse passer du temps seule avec l’autre famille. Grâce à cela, j’ai découvert que Rosy aimait vraiment passer du temps sans ses parents. Vers l’âge de 2 ans et demi, ça lui était déjà égal de rester sans moi chez ses copines. Tant qu’elle se sentait liée à un autre adulte, elle était contente.
Pour nos temps libres, nous choisissons une activité qui plaît à toute la famille, quelque chose que nous avions l’habitude de faire avant la naissance de Rosy.
Parfois, nous adaptons un peu l’activité pour qu’elle puisse y participer (raccourcir une randonnée, modifier un parcours à vélo, faire l’impasse sur un verre après le dîner). Mais les activités ne tournent pas autour d’elle, elles ne lui sont pas destinées et ne sont pas « réservées aux enfants ». Ce sont des activités du monde des adultes et elle y participe pleinement.
Mais le vrai grand changement, le voici : plutôt que d’attendre que Rosy dorme ou fasse la sieste pour s’occuper des corvées domestiques, on les fait avec elle. Le samedi matin, on cuisine un truc sympa pour le petit déjeuner, puis on fait le ménage tous ensemble, et ni Matt ni moi n’y échappons. Le dimanche matin, on fait la lessive – là encore, tous ensemble – et l’après-midi on s’occupe des courses.
Le dimanche soir, on jardine, on promène la chienne ou on rend visite à des amis.
Et quand elle dort ? Bon sang, mais je me détends ! Je lis, je vais me promener, je regarde Netflix ou j’ai de longues conversations magnifiquement ininterrompues avec mon mari. Et parfois je prends un long, un très long bain ou j’en profite pour faire moi-même une sieste.
2. Modifier radicalement ma façon d’accueillir son envie de participer aux tâches domestiques. Même si elle faisait n’importe quoi, qu’elle cassait quelque chose ou m’arrachait un ustensile des mains, je me rappelai : Elle essaie d’aider mais ne sait pas comment faire. Je dois lui apprendre. Et ça peut être long. Je me mettais en retrait, la laissais réaliser la tâche et m’efforçais de limiter les consignes et les commentaires au strict minimum. Et je venais alimenter le moindre de ses
intérêts pour les tâches domestiques, même si elle semblait seulement le prendre au jeu ou à la rigolade.
3. Lui donner autant d’autonomie que possible. Nous en reparlerons plus loin, lorsque nous irons à la rencontre des Hadza. Pour le moment, je voudrais insister sur le fait qu’il est nécessaire de respecter l’autonomie de l’enfant – c’est-à-dire d’arrêter de faire le gendarme – si on veut que ce système fonctionne.
RECETTE No 2 :
FORMER À LA COOPÉRATION
Dans la culture occidentale, on déploie une énergie folle à tracer une frontière entre le monde des enfants et celui des adultes. Les enfants vont à l’école ; les parents vont au travail. Les enfants se couchent tôt ; les parents se couchent tard. Les enfants mangent de la nourriture pour enfants ; les adultes mangent de la « nourriture pour adultes » (comme me le disait ma nièce de 7 ans l’été dernier). La séparation est nette.
Mais il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi. Votre mission, c’est de trouver des occasions de fusionner les deux mondes. Et ces occasions sont très, très nombreuses. Il faut seulement apprendre à les repérer.
Gardez à l’esprit que certains enfants ont besoin de temps pour s’adapter à un nouvel environnement, en particulier un enfant plus âgé qui a peu d’expérience dans le monde des adultes. Au début, il ne saura pas forcément comment se comporter. Et vous devrez peut-être l’initier lentement à de nouvelles pratiques, sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
« Le problème, selon moi, c’est que les enfants n’ont été élevés que dans des espaces sécurisés pour les enfants, explique Barbara Rogoff.
Ensuite, lorsqu’ils pénètrent dans un endroit répondant à des règles différentes – dans un cadre conçu pour les adultes de classe moyenne –, ils ont parfois un comportement perturbateur. D’autres adultes se fâchent. Et les parents renoncent. »
Mais ne renoncez pas ! Faites preuve d’un peu de patience.
Rappelez-vous que vous êtes en train de former l’enfant à acquérir un