Au-delà du principe de la punition des criminels de guerre sans cesse réaffirmée depuis Saint-James, le problème quant à la nature et aux moyens des châtiments reste entier, comme le souligne Annette
Wieviorka112. Ce problème est alors repris par les commissions
interalliées pour être discuté et résolu.
1. COMMISSIONS DES GOUVERNEMENTS EN EXIL
La France libre s’investit dans trois organismes interalliés à Londres, concernés par la préparation du jugement des criminels de
guerre. Le schéma ci-dessous présente ces différentes
commissions (1), (2), (3) :
64
Tableau 1: Comités interalliés à Londres (1941-1943)
La première de ces commissions (1) est le Comité de juristes fondé à Cambridge le 14 novembre 1941 pour redéfinir la criminalité de guerre en harmonisant le droit pénal européen et les différentes
traditions juridiques présentes sur le continent européen113. René
Cassin y représente la France.
La deuxième est le Comité des gouvernements (2), siégeant à Londres, qui a été créé à la suite de la promesse de St James pour maintenir le contact entre les délégués s’étant rencontrés régulièrement durant les réunions préparatoires. Cet organisme comprend trois sous-comités : l’un concerne la répression des crimes de guerre, le deuxième, l’étude des activités des Allemands et de leurs satellites et le troisième, la préparation de l’armistice. La France
113 Robert WRIGHT, The History of the United Nations War Crimes
Commission and the Development of the Laws of War, London, H.M.
Stationery Office 1948, p. 94. Gouvernements en exil à Londres (1) Comité des Juristes Réunions
intéralliées Conférence de St Jame Palace
(2) Comité des gouvernements à Londres Châtiment des crimes de guerre Action des Allemands Préparation de l'armistice (3) London International Assembly Châtiment des crimes de guerre Ordre supérieur
65 nomme Raymond Offroy comme délégué pour le premier sous-comité114.
Le dernier organisme interallié est la London International
Assembly (LIA) (3). La LIA est un organisme non officiel dont le but est de définir des « principes de la politique d'après-guerre et l'application de ces principes aux problèmes des affaires nationales et internationales »115. Elle s’inscrit dans la continuité de la SDN116. Elle est d’ailleurs présidée par Robert Gascoyne-Cecil, connu sous le nom de Lord Robert Cecil, l’un des architectes de la SDN et l’un de ses défenseurs, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 1937. Ce dernier précise l’un des objectifs majeurs de cette assemblée :
L'assemblée a commencé ses travaux à l'automne de 1941, en faisant une étude systématique des méthodes employées par l'Allemagne dans les pays occupés. De ces discussions, il est apparu bientôt très clairement que toute l'assemblée admettait que, si l’humanité devait être préservée de la répétition des horreurs des quatre dernières années, alors [...] il est essentiel d’établir de manière irréfutable par des procès publics que ces crimes aient été commis et de
poursuivre publiquement les coupables117.
Lord Robert Cecil insiste sur l’importance de préparer le cadre légal de la poursuite des crimes de guerre afin d’empêcher tous ceux qui auraient subi des préjudices inacceptables de chercher la
vengeance118. Pour lui, la meilleure réponse à la violence déployée par
114 Pierrefitte, AN, AP/382/68, Liste alphabétique des noms des membres des comités d'étude interalliés à Londres, 27 janvier 1943.
115 Londres, National Archives (TNA), TS 26/873, LIA, Introduction, 1943, p. 1.
116 Mohamed M. El ZEIDY, The Principle of Complementarity in
International Criminal Law: Origin, Development and Practice, Leiden,
Martinus Nijhoff Publishers, 2008, p. 59.
117Londres, TNA, LIA, Introduction, 1943, p. 1.
66 l’Allemagne nazie en Europe n’est pas la violence mais la recherche de la paix et de la justice avec le châtiment des criminels de guerre comme garantie de la paix. C’est la raison pour laquelle a été créée une commission consacrée à l’étude de cette question. Elle est présidée par Marcel de Baer, délégué belge, président de la Cour d’appel de Bruxelles et professeur de droit. Il est assisté par Vaclav Benes, représentant du ministre tchécoslovaque de la justice.
Un second comité est dirigé par le néerlandais Johannes de Moor. Il a pour objectif d’étudier la question du plaidoyer de l’ordre d’un supérieur. En effet, l’ordre supérieur peut apparaître comme un fait justificatif ou une circonstance atténuante fondés sur l’obéissance aux ordres d’un gouvernement ou d’un supérieur. Or les Alliés souhaitent écarter toute justification fondée sur l’ordre supérieur. La question essentielle est de définir la responsabilité d’un accusé face à ses actes - un ordre d’un supérieur ne pouvant pas le dégager de sa responsabilité.
Les gouvernements alliés désignent des délégués afin d’émettre des recommandations en matière de crimes de guerre dans le but d’assurer une répression efficace contre les responsables de ces actes. Ce comité rassemble ainsi des juristes de seize pays différents, de Belgique, du Brésil, de Chine, de Tchécoslovaquie, de France, de Grande-Bretagne, de Grèce, des Pays-Bas, d’Inde, du Luxembourg, de Norvège, de Pologne, des États-Unis, de Yougoslavie et d’Union
soviétique119. La question de la répression des crimes de guerre
devient ainsi un enjeu mondial pour l’après-guerre.
119 Londres, TNA, TS 26/873, LIA, Officers and Members of Commission I, 1943, p. 30-32.
67 Le CNF désigne René Cassin, Jean Burnay, membre du Conseil
d’État et M. Thurneyssen comme délégués120. Le 26 septembre 1942,
René Cassin remet une note à la LIA dans laquelle il souligne l’intérêt majeur que présente une Cour de justice internationale pour juger les chefs responsables des crimes de guerre :
La création immédiate d’une Cour de Justice Internationale, appelée à juger des crimes commis pendant cette guerre s’impose absolument à mon avis personnel. Il serait inconcevable que l’UNION entre les nations qui existe pour la défense en commun dans la guerre et qui doit se perpétuer sous des formes juridiques encore incertaines pour l’établissement d’une paix internationale durable, fasse totalement faillite sur un des points considérés à juste titre comme essentiels, par les peuples martyrisés ou même soumis aux durs sacrifices de la guerre. [...]
En réalité, la création immédiate d’une Juridiction Internationale Criminelle pour juger les chefs responsables [...] est pleinement justifiée.
Un chef politique responsable de la guerre ne saurait échapper au châtiment qu’il a mérité pour avoir ordonné contre des êtres humains, des mesures atroces contraires à la fois aux lois de la guerre et aux dispositions de droit commun des Codes généraux de tel ou tel pays attaqué par lui.
Pareillement, si un chef de la Gestapo de Berlin prescrit que des milliers de personnes soient massacrées à la mitrailleuse, en Pologne, il n’est pas possible qu’un tel individu échappe à la fois aux mesures politiques du traité (comme trop petit personnage), au jugement d’une juridiction internationale, sous prétexte de l’absence d’un Code international antérieur à la guerre ou bien sous le couvert de l’« ordre requis » de son plus haut chef.
Il n’y a pas de raisonnement juridique tiré de l’insuffisance de solidarité internationale ou de la règle de la non-rétroactivité des lois, ou du caractère politique de certains actes ou de la théorie de l’« ordre requis » ou de ses divers obstacles conjugués, qui fera avaler aux familles des
120 Londres, TNA, TS 26/873, LIA, Officers and Members of Commission I, 1943,. Le prénom de ce délégué n’a pas pu être trouvé dans les archives.
68 victimes et à l’opinion publique, une carence totale en face de crimes aussi effroyables.
À elle seule, la perspective d’une telle carence constitue l’encouragement le plus net, à tous les massacres et à toutes les exécutions sommaires inspirées par l’esprit de vengeance.
L’établissement d’une juridiction criminelle internationale
s’impose donc dès maintenant121.
Cette note jamais publiée jusqu’à présent démontre pour la première fois que dès 1942, René Cassin envisage comme nécessaire la constitution d’une Cour de justice internationale pour juger les grands criminels de guerre. Cette citation revêt donc un caractère primordial pour la compréhension de notre sujet d’étude. Ainsi, pour Cassin, il est indispensable de rendre justice, d’établir un tribunal international pour juger les plus hauts chefs nazis afin de garantir un monde de paix et d’éviter la recherche de vengeance de la part des victimes. Dans sa note personnelle, René Cassin pointe ici un problème délicat, à savoir l’absence de codification internationale pour juger le caractère nouveau des crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale. Une absence que les juristes vont devoir dépasser pour préparer les procès des grands criminels de guerre.
La LIA remet en octobre 1943 une convention concernant la création d’une Cour pénale internationale, également désignée comme « Cour criminelle des Nations unies ». Elle définit six grandes thématiques essentielles pour l’établissement de ce tribunal : l’institution et la juridiction du tribunal (Art. 1 à 5), l’organisation de la Cour (Art. 2 à 25), la loi et la procédure à suivre ainsi que leur mise en pratique (Art. 26 à 28), la présentation d’un cas devant la
121 Londres, TNA, TS 26/873, René CASSIN, Observations personnelles présentées par le professeur René Cassin sur la « mise en jugement des criminels de guerre », 26 septembre 1942. Voir le texte en son intégralité, Annexe VIII.
69 Cour (Art. 29 – 43), le jugement et son exécution, le pardon et la révision du jugement (Art. 44 – 51), l’application de la présente convention (Art. 52 à 54)122.
La convention prévoit la création de la Cour à Londres conformément à des règles très précises : la langue officielle du tribunal est l’anglais selon l’article 6, le nombre de juges internationaux est fixé à 35 selon l’article 9. La référence juridique retenue est toutefois moins précise, elle laisse ouvert le champ d’interprétation aux principes de la loi pénale internationale. Ainsi, d’après l’article 27, la Cour doit appliquer :
(a)La coutume internationale, comme preuve d’une pratique
générale acceptée comme loi ;
(b)Traités internationaux, conventions et déclarations, qu’ils
soient spécifiques ou généraux, reconnus par les hautes parties contractantes ;
(c) Les principes généraux de la loi pénale reconnus par les Nations Unies;
(d)Les décisions légales et les doctrines des publicistes
hautement qualifiées comme moyens subsidiaires pour la détermination de lois123.
La convention n’indique pas, comme l’a conseillé René Cassin, si la Cour pénale internationale doit juger les chefs responsables. L’article 3 précise que seuls peuvent être présentés à la Cour les cas dont les tribunaux nationaux n’ont pas les compétences nécessaires pour juger ainsi que les cas de criminels de guerre accusés par deux pays
membres des Nations unies124. Par ces informations, nous
comprenons que le cas des grands criminels de guerre relève de la
122 Londres, TNA, TS 26/873, LIA, Draft convention for the creation of an international criminal court, octobre 1943, p. 18-29.
123Ibid., p. 23.
70 juridiction de la Cour pénale internationale, mais que cela n’a pas été mentionné clairement. Cette convention représente toutefois un pas majeur vers la constitution des procès des grands criminels de guerre. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, René Cassin dresse le bilan de la participation française à ces trois comités
interalliés125. Pour Cassin, le Comité de juristes produit des travaux
préliminaires intéressants126. Mais le manque de moyens ne permet
pas à ce premier comité d’atteindre son objectif, c’est-à-dire l’harmonisation du droit pénal européen pour châtier les crimes de
guerre. La France émet plusieurs recommandations à la LIA127, ce
qui alimente les discussions autour du jugement des criminels de guerre à la fin de la guerre. Si l’ampleur des problèmes juridiques posés demeure encore considérable et irrésolue, la contribution française à ces comités interalliés marque la présence de la France libre dans la réflexion interalliée visant à poursuivre les criminels de guerre.
2. LA COMMISSION DES CRIMES DE GUERRE DES NATIONS UNIES
Les gouvernements américain et britannique suggèrent la création d’une commission d’enquête sur les crimes de guerre des Nations unies pour approfondir la réflexion menée jusqu’ici essentiellement par les neuf gouvernements en exil à Londres. Mais le délégué français de la LIA, Jean Burnay se montre sceptique face à la création de cette commission. Il craint que le châtiment des crimes
125 Pierrefitte, AN, AP/382/68, René CASSIN, texte non daté.
126Ibid.
71
de guerre ne devienne qu’un sujet de litige politique128. Burnay
redoute l’extension de l’autorité de cette commission : elle risque, en effet, de devenir la seule autorité compétente en matière de crimes de
guerre et de diminuer ainsi le rôle des gouvernements en exil129.
Au début de l’année 1943, la création de la nouvelle commission d’enquête se concrétise. En effet, en mars 1943, la Grande-Bretagne désigne Sir Cecil James Barrington Hurst comme
représentant130. Il en a même été désigné président en 1934. En juin
1943, les États-Unis désignent comme délégué le diplomate et
politicien Herbert Clairborne Pell131. Il est prévu que la Commission
des crimes de guerre des Nations unies (United Nations War Crimes
Commission, UNWCC) regroupe des juristes, des diplomates et des experts de dix-sept nationalités différentes : des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d’Australie, du Canada, de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud, de Tchécoslovaquie, de Pologne, de Yougoslavie, du Luxembourg, des Pays-Bas, de Norvège, de Belgique,
de Grèce, d’Inde et de Chine132. L’Union soviétique est absente.
128 Pierrefitte, AN, AJ/72/546, Jean BURNAY, procès-verbal de la réunion de la section des questions juridiques internationales, 23 novembre 1942.
129Ibid.
130 Ce dernier est un juge international qui travaille depuis 1929 à la Cour permanente de justice internationale à la Haye.
131 Avant d’arriver à Londres, il a servi en tant qu’ambassadeur au Portugal de 1937 à 1941 et en Hongrie entre 1941 et 1942. De Hongrie, Herbert Pell envoie des lettres au président Roosevelt afin de dénoncer les horreurs commises par les Nazis et en insistant sur le fait que les États-Unis ne peuvent pas rester sans agir face aux crimes de l’Allemagne nazie. C’est sans doute pour ses avertissements qu’il est désigné comme représentant à l’UNWCC. Voir : Michael S. BLAYNEY, « Herbert Pell, War Crimes, and the Jews », American Jewish Historical Quarterly, vol. 65, nº 4, juin 1976, p. 335.
132 Wolfgang FORM, « Justizpolitische Aspekte west-alliierter
Kriegsverbrecherprozesse 1942–1950 » dans Ludwig EIBER, Robert SIGL
72 En août 1943, la France libre désigne René Cassin comme
principal représentant et André Gros comme son substitut133. André
Gros est un juriste international, professeur des facultés de droit depuis 1938. Parallèlement à ses fonctions universitaires, André Gros a été nommé, par le général de Gaulle, conseiller juridique du
commissariat des Affaires étrangères en 1942134. Alors qu’André Gros
se montre enthousiasmé par la création de cette commission135, il est
intéressant de constater que son avis n’est pas partagé par René Cassin136. En effet, selon lui, l’UNWCC n’a pour autre objectif que « d’apaiser les consciences »137. Le fait que l’Union soviétique ne prenne pas part à cette commission le pousse à douter de son efficacité. Elle exige sept représentants de ses républiques où se déroulent les combats (Ukraine, Biélorussie, les trois républiques baltes, République carélofinnoise et Russie).
Le 20 octobre 1943, le Chancellor Simon réunit au Foreign
Office une conférence diplomatique pour les derniers préparatifs de la création de la commission d’enquête. Lors de cette conférence diplomatique, le représentant chinois mentionne la question des crimes de guerre commis par les Japonais en Chine138. Les Chinois
Militärgerichten in Dachau 1945–1948, Göttingen, Wallstein Verlag, 2007,
p. 47.
133 WRIGHT, The History of the United Nations War Crimes Commission,
p. 501.
134 Voir sa biographie dans Annexe V. WATTEL, Dictionnaire biographique
des Français disparus ayant marqué le XXe siècle, p. 937.
135 La Courneuve, Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), Guerre 39-45, Londres-Alger, vol. 262, Note sur la Commission d’enquête pour les crimes de guerre, 9 juillet 1943.
136 Pierrefitte, AN, AP/382/68, René CASSIN, « Les crimes de guerre et les services français à Londres », Premier rapport du Professeur CASSIN, 26 octobre 1943.
137Ibid.
73 expriment pour la première fois ouvertement leur intention de juger les criminels de guerre japonais139.
Les compétences de la Commission des crimes de guerre des Nations unies apparaissent très vite limitées par l’absence de l’Union soviétique et le manque de soutien politique de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Le caractère transnational de celle-ci nécessite pourtant l’harmonisation des références en matière de répression des crimes de guerre. Comment établir des listes de criminels de guerre ? Comment les appréhender et les poursuivre en justice ? Comment définir un crime de guerre ?
À partir du début de l’année 1944, René Cassin ne participe plus à aucune réunion de la Commission des crimes de guerre des Nations unies. C’est André Gros qui en est le principal acteur français. Il poursuit l’objectif de l’UNWCC :
• la documentation et le rassemblement des preuves sur les
crimes de guerre ;
• la réception des plaintes des pays membres concernant les
crimes de guerre ;
• la préparation et la publication de liste de criminels de guerre,
l’élaboration des questions de procédure et des accords d’extradition ;
• les comptes-rendus à l’égard des gouvernements alliés.
L’ensemble des juristes engagés par l’UNWCC est réparti entre trois comités, comme le montre la figure ci-dessous :
139 WRIGHT, The History of the United Nations War Crimes Commission,
74
Tableau 2: Organisation de l'UNWCC
Le premier comité (I) est dirigé par Marcel de Baer. Il est chargé d’« examiner les accusations déposées par les comités
nationaux »140, de préparer des listes de criminels de guerre et de les
diffuser auprès des autorités concernées pour qu’elles puissent agir en conséquence.
Le deuxième comité (II) concerne la mise en œuvre, une expression qui désigne « toutes les mesures nécessaires pour assurer la détection, l’appréhension, l’arrestation, le tribunal et le châtiment
des personnes responsables de crimes de guerre »141. L’américain
Herbert Pell est le responsable de ce comité. André Gros est impliqué dans cette commission.
Le troisième comité (III) a pour mission de traiter des questions de loi et de politique en matière de criminels de guerre. Il désigne des rapporteurs pour étudier des points précis comme la « définition de crime de guerre, l’ordre supérieur, les lacunes dans les
140 WRIGHT, The History of the United Nations War Crimes Commission,
p. 122.
141Ibid., p. 124.
Commission des crimes des Nations
Unies
(I) Faits et éléments
de preuve (II) Question de mise en oeuvre
(III) Comité consultatif / Comité
75 législations nationales et la responsabilité collective »142. Il donne aussi des recommandations sur l’application du droit positif.
C’est autour de ces trois comités que vont être définies des recommandations pour la poursuite des crimes de guerre. Mais la Commission des crimes de guerre ne parvient pas à prendre position sur différentes questions clés :
- Qu’est-ce qu’un crime de guerre ? L’UNWCC ne parvient pas à
une définition commune des crimes de guerre. Il est décidé que la liste des crimes de guerre établie au lendemain de la
Première Guerre mondiale serve de base143.
- La guerre d’agression est-elle un crime ? Des discussions
intenses ont lieu à la Commission, mais les Alliés n’arrivent pas à trouver une issue positive jusqu’à la fin de la guerre.
- Établir des listes des criminels de guerre pose des difficultés majeures.
- Qui est un grand criminel de guerre ? Le délégué De Baer
propose Hitler, Mussolini et Hirohito. Un débat est ouvert en septembre 1944 à la Commission. De Moor propose de punir tout le gouvernement allemand. En décembre 1944, une première liste des grands criminels de guerre est établie avec 49 noms allemands et un italien : il s’agit de Mussolini.
De même, il apparaît clairement en 1944 que l’autorité de la Commission des crimes de guerre des Nations unies est fragile. En premier lieu, huit gouvernements en exil et le Comité français de Libération nationale (CFLN) figurent parmi les Nations unies, mais rien ne permet d’affirmer que ces gouvernements seront légitimes à