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Atividade 2: “À descoberta de Viana do Castelo”

Yehezkel'*, parlant d'«états fous», fractionne le concept de «folie» en plusieurs dimensions et propose des prototypes d'états construits sur la base d'une taxonomie des différentes constellations de ces dimensions. Son théorème de base et sa fragmentation de dimensions à partir desquels il construit des prototypes d'«états fous», sont «extrapolables» à l'organisation terroriste et au terroriste individuel, ne les limitant pas seulement à l'individu dans le cadre d'une idéologie d'état mais également à l'individu, membre d'un groupe et au groupe dans le cadre d'une idéologie organisationnelle non étatique. Comme lui nous pouvons considérer que tout individu / organisation non étatique qui

«...croit profondément et sincèrement qu'un autre ferait mieux de mourir plutôt que de continuer à vivre en mécréant, et en effet se sent obligé de tuer l'Autre au nom de grands desseins moraux, présenterait dans ce cas une forme extrême de folie, quelle que soit la sincérité de son sentiment d'obligation morale

Les dimensions le long desquelles Yehezkel détermine de la «folie» de ceux qu'elles caractérisent sont :

A. LE CONTENU DU BUT

11 s'agit des buts implicites'* et / ou explicites'^ impliquants des activités agressives contre une catégorie d'êtres humains en fonction de leur appartenance à cette catégorie indépendamment de leur individualité. Dans la terminologie Yehezkelienne, le contenu d'un but peut être raisonnable, déraisonnable, ou contre-raisonnable.

B. L’engagementaubut

L'intensité avec laquelle le but est poursuivi indexe le niveau d'engagement au but et est matérialisée par le prix que l'individu / l'organisation / le groupe est prêt à payer pour l'atteindre. Le niveau d'engagement au but peut être représenté, à une extrémité du continuum, par un voeu pieux (que Yehezkel décrit comme un engagement de faible intensité) ou par le martyre (engagement de haute intensité) à l'extrémité opposée du même continuum.

C. Propensionaurisque

Quand le risque est défini en termes d'évaluation du risque per se, analytiquement séparé de la valeur attendue de son résultat désiré, la propension basse moyenne ou élevée au risque est l'attitude respectivement d'aversion, de calcul ou de tendance très prononcée à le préférer à d'autres alternatives moins risquées.

D. Larelation entrelafinetlesmoyens

A la différence des dimensions Yehezkeliennes précédentes, cette dimension comprend des critères objectifs. Même si nous ne détenons pas tous les éléments d'information relatifs à un comportement, nous pouvons déterminer si un comportement est instrumental, non instrumental ou contre-instrumental à un but déterminé, indépendamment de ce que croit celui que ses moyens caractérisent. Par exemple, en tuant des enfants dans une pouponnière, le terroriste appartenant à l'organisation de Jibril, Habbash ou Hawatmeh croit que la peur que son acte inspire aux Israéliens les fera quitter le territoire qu'il revendique. A ses yeux, son comportement est donc instrumental. Cependant, objectivement ce comportement est contre-instrumental au but poursuivi dans la mesure où la réaction de. l'opinion publique mondiale (sur laquelle il compte) ne peut qu'être horrifiée et s'identifier aux victimes et où la réaction du gouvernement israélien est de favoriser l'implantation de nouveaux colons sur le territoire en question. Dans ce cas, le terrorisme, au lieu de freiner l'implantation et d'accélérer la

libération des terres palestiniennes a I' effet inverse. Un comportement rituel (la nature de la blessure infligée ou la mutilation de cadavres) est objectivement -au moins- non instrumental au but recherché et pourrait même être contre instrumental, mais sa qualité distinctive est qu'il est indépendant du but politique.

Yehezkel, D. "The concept of crazj' States" dans Yehezkel, D Crazv couiries. Op Cil. p 23-30. ' ^ Yehezkel, D. "The concept of crazy States" Op. Cil. p. 24.

' * Induits par la culture, par l'interprétation idyosyncratique/organisationnel d'un contenu idéologique, ou par une attitude (par exemple, l'idéologie nazie de la supériorité de la race aryenne)

Tels qu'articulés par l'autorité, les moyens de communication, le leader, des contenus culturels (comme la conquête du monde et l'élimination / assetxissement des races "inférieures" comme exemple explicite de l'idéologie nazie visant à établir la supériorité de la "race aryenne").

E. Style

\

Dans le cadre de la «folie étatique» ou, en ce qui nous concerne, celui de la «folie groupale ou organisationnelle», Yehezkel distingue deux types de déviation des comportements de conflits qu'il désigne comme «normaux». La première déviation est relative à une fixation dogmatique ritualisée à des types spécifiques de comportements et d'expressions comme caractéristique stylistique séparée des dimensions évoquées plus haut. La deuxième déviance est la propension à faire des innovations stylistiques déviantes par rapport aux normes acceptées de la société en général. Par exemple, le massacre des athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich par des terroristes de VO.L.P., les prises d'otages dans des ambassades (Iran 1979) illustrent ce à quoi est fait allusion quand nous parlons d'innovations stylistiques contre-acceptées.

A partir de ces 5 dimensions, Yehezkel a développé une grille de dimensions de «folie» pour les «états fous» que nous appliquons à l'«organisation folle» et qui est résumée par le tableau V-1.

De la taxonomie de toutes les configurations possibles de ces 5 dimensions, Yehezkel arrive à 6 cas de figures d'«états fous» résumé par le tableau V-2.

Nombreux sont les auteurs qui voient dans le terrorisme une perversion dont l'idéologie n'en est que sa rationalisation maladroite-®.

La description du terrorisme comme étant une dégénérescence de la violence politique insurrectionnelle (ou vigilante) reflétant une perversion de sa fonction - en terme de renversement des objectifs que la violence politique pre-terroriste s'était assignés - et Justifiant sa désignation comme une forme de violence pseudo

politique -donc irrationnelle et perverse- se justifie par les observations suivantes ;

F. Le terrorismeentantquecomportementcontreproductif

AU CHANGEMENT SOCIAL REVENDIQUÉ

La violence politique, qui initialement se définissait soit comme l'un des moyens (mais non le seul) pour faire éclater une révolution dans le cadre des grands mouvements idéologiques du tournant de ce siècle, soit comme arme défensive aux mains de minorités ethniques ou nationales contre un système oppressif à leur égard, et en tant que telle, tournée vers ceux que ces minorités désignaient comme directement responsables de leur situation, s'est transformée en activité principale et n'est essentiellement plus dirigée que contre eux mêmes-', contre des personnes individuellement étrangères à leur combat, et potentiellement, contre ceux-là même que leur violence prétend protéger--. Ce comportement a toujours eu pour conséquence le durcissement des cibles de demande qui s'est manifesté, soit par une action répressive sévère contre l'organisation terroriste, soit contre l'audience de référence des terroristes^^.

Schechterman^'' affirme que tous les mouvements terroristes connus actuellement et toujours en activité (à l'exception de YE.T.A.. et de YI.R.A.), n'ont pas choisi le terrorisme après avoir re^ré d'autres formes non (ou moins) violentes d'opposition insurrectionnelle, mais que dès leur formation, elles ont opté pour le terrorisme, en dépit de sa dénonciation (ne fût ce que pour son caractère contre productif, sinon amoral) par le groupe social/national/culturel soi-disant défendu. On pourrait lire dans le comportement des votants basque, lors du référendum pour ou contre le «Statut Guernicca»^^ de 1979, aussi un message de la part de 98% des Basques, selon lequel VE.T.A., en tant qu'organisation de libération nationale, n'a plus sa raison d'être, du moins plus dans un système démocratisé ou le changement politique peut s'acquérir par voie de négociations, chose impossible du temps de la dictature de Franco.

Sibony est l'auteur qui a le plus élégamment développé cette vision du terrorisme sous la forme stylisée d'un dialogue dans "Terrorisme et perversion" dans Sibonv. D . Perversions. Bernard Grassel (ed >. 1987, Paris, France, p. 11-31.

Sibony est l'auteur qui a le plus élégamment développé cette vision du terrorisme sous la forme stylisée d'un dialogue dans 'Terrorisme et perversion" dans Sibonv. D.. Perversions. Bernard Grasset (ed.). 1987. Paris. France, p. 11-31,

Les lancés de grenades par Carlos (1976) dans un drugstore du boulevard Saint Germain, à Paris (qui a fait deux morts et vingt blessés • prolétaires et bourgeois confondus), en est une illustration, comme le sont les bombes à retardement palestinienne dans les marchés de Haïfa, Jérusalem et Tel-Aviv dont la moitié des clients et marchands sont palestiniens.

Les fermetures fréquentes des frontières des Territoires Occupés, empêchant les Palestiniens de travailler en Israël en sont un exemple

Schechterman, B,. "Irralional terrorism". dans Slann, M & Schechlerman. B.. MuhuiimansUmal Terrorism. Lynne Rienner(ed ). 1987, London, G. B., p. 19, Statut qui conférait aux Basques espagnols le droit d'enseigner daiis leur propre langue, d'avoir leur propre drapeau, police, écoles, cours de justice, de percevoir

leurs propres impôts et d'en dépenser le produit comme ils l'entendaient, une autonomie culturelle et politique presque totale, en dehors d'une sécession, dont selon claire Sterling {Op. Cit., p. 183), la plupart des Basques ne veulent pas.

G. Terrorismeentantqu’actedevengeanceindifférenciée La violence politique a aussi pris la forme de terrorisme vengeur, la vengeance cathartique contre des victimes innocentes indifférenciées étant devenue la raison de son exercice et non plus la violence politique en tant que dernier recours pour la réparation d'un «tort». Elle est l'un des dénominateurs communs à tous les terrorismes. Il serait trop long et fastidieux d'énumérer tous les attentats terroristes ayant été désignés par leurs auteurs comme actes de représailles^^. D'après Crenshaw^’, la vengeance joue un rôle important dans la dynamique terroriste. Elle peut être le déclencheur initial du passage à l'acte terroriste, de la décision du groupe de devenir terroriste. Selon elle, les exécutions françaises de prisonniers algériens du F.L.N. ont éveillé un désir de vengeance qui a transformé certaines factions de ce mouvement de guérilla en groupés terroristes. L'I.R.A. Provisoire, la faction terroriste du mouvement réunniflcationiste catholique irlandais s'est scindée en 1969 de

VI.R.A. officielle après que les troupes anglaises ont ouvert le feu sur des Catholiques manifestant pour leurs droits civil (Bloody Sunday); la mort d'un manifestant ouest allemand par la police en 1968 a été l'événement précipitant du terrorisme allemand d'extrême gauche; la profanation du Temple sikh d'Amritsar a été «vengée» en juin 1985 par l'explosion en vol d'un Boeing 747 à'Air India, causant la mort de ses 329 passagers et membres

d'équipage dont la majorité était cruellement ironiquement des Sikhs^*.

Une illusiralion plus actuelle de la nature particulièrement perverse de cene fonne de terrorisme est fournie par Yerushaimi (Yenishalmi, M , "The War over Israël ; Palestinian Terrorism and Israeü Counteflerrorism”, Thèse de Ph.D,, University of Illinois at Chicago. 1989) qui fait état d'une corrélation Importante (R* = 0.7) entre le nombre de terroristes vs. le nombre de civils palestiniens tués lors d'expéditions israéliennes et la réaction des organisations palestiniennes entre 1956 et 1990 Selon cette recherche, l'ampleur des opérations terroristes palestiniennes étaient exclusivement fonction et positivement corrélée au nombre de terroristes palestiniens tués par les Israéliens et ta corrélation était nulle quand seuls des civils palestiniens étaient victimes d'attaques israéliennes sur des camps ou des villages où des terroristes palestiniens avaient établis leurs bases.

Crenshaw. M, "The causes of Terrorism", Op Cil., p. 122-123. Crenshaw, M. "The causes of Terrorism". Op. Cil., p. 122-123.

Le Profil Psychologique du Terroriste V-80

Tableau V-1 : dimensions de folie organisationnelle (adapté à partir du tableau des prototypes des «état fous» de _________________________________Yehezket, Op. CiL, p. 29)._________________

contenus du but L'engageme nt au but Propension au risque relations entre la fin et les moyens Styles Type d'organisat ion raisonnables (1) mais

pouvant inclure des sous buts non raisonnables^^ (2) de basse ( 1 ) ou moyenne intensité (2) Tendance principale à préférer le risque minimum (1) ou modéré essentielleme nt instrumental es(l) Généralement acceptés (1), quelques un non acceptés (2) ou dépourvus de ritualisme accepté (la) Normale

déraisonnables (2) modéré (2) modérée (2) non instrumental e (2) et instrumental e(l) non acceptés (2) avec ou sans ritualisme accepté (2a) modérémen t «folle» contre-raisonnable (3) haute intensité (3) modérée (2) et parfois élevée (3) contre-instrumental e(3)

contre-acceptée (3) folle et non- instrumental e contre-raisonnable (3) haute intensité (3) modérée (2) et parfois élevée (3) contre-instrumental e(3) contre-acceptés et ritualistes (3a) organisation ritualiste non instrumental e contre-raisonnable (3) haute intensité (3) extrêmement élevée instrumental e (1) et parfois non- instrumental e(2) contre-accepté (3) organisation folle de . type martyre contre-raisonnable (3) haute intensité extrêmement élevée (3) contre-instrumental e(3) contre-accepté (3) ou ritualiste contre accepté (3a) organisation folle, non instrumental e de type martyre.

29Par exemple, la justice sociale pour tous est un but sociétal raisonnable, mais le sous but d’une voiture et d'une résidence secondaire pour tous est un objectif non raisonnable découlant logiquement du premier.

Tableau V-2 dimension de folie organisationnelle (adapté à partir la grille de degré de _____________«folie étatique» de Yehezkel, Op. CiL, p. 27).

Degré de «folie organisationnelle»

Dimension (l)bas modéré (2) élevé (3)

(a) contenus du but (1) raisonnable :

Statut quo ou buts mineurs comme réformes, groupes de pression ou d'influence à diffusion implication idéologique limitées. (2) déraisonnable : changements extensifs, exigence d'hégémonie politique / idéologique / économique sur un territoire / population déjà administrée

(3)contre-raisonnable: Buts extrêmement extensifs comme le remplacement d'un peuple par un autre sur un territoire occupé par le premier / conversion idéologique totale et radicale coercitive / élimination de classe (ethnique / culturelles / sociales entières

(b) engagement au but (1) faible intensité investissement mineur de ressources matérielles et humaines mais pas de propension à des sacrifices fondamentaux (santé, liberté, biens importants).

(2) intensité modérée investissement modéré de ressources matérielles et humaines, propension à faire des sacrifices importants en ressources personnelles (vie / liberté)

(3) élevé

Investissement total de toutes les ressources humaines, personnelles et matérielles dans la poursuite du but (c) propension au risque (I) faible

forte tendance à réduire le risque

(2) modérée

acceptation de risque, plus grand si les avantages y sont proportionnels

(3) élevée

préférence du risque, aventurisme par goût / aventurisme idéologique

Relation entre la fin et les moyens

( 1 ) instmmentale Désir explicite d'être rationnel, justification des moyens en termes de leur fin, investissement d'efforts en vue de développer des méthodes d'adaptation toujours meilleure aux fins poursuivies

(2) non instrumentale «semblant» de rationalité, peu d'effort de justifier les moyens par leur fin. Certains moyens peuvent être en contradiction manifeste avec les fins qu'ils sont censés servir, pas d'investissement d'effort pour développer une méthodologie qui améliorerait la relation fin- moyens, même si de tels critères pourraient aisément être développés

(3)contre-instrumentale L'idéologie ignore et rejeté toute forme de rationalité. Les moyens sont en contradictions manifeste avec les fins et se manifeste une préférence explicite pour le non rationnel, l'arbitraire, le mythe (tel le mythe du leader)

(e) Style ( 1 ) Accepté

l'action est entièrement conforme aux styles culturels et normatifs, même devant la provocation. Les déviations restent dans le style accepté et sont des contraintes d'adaptation à la situation (comme la guérilla est une forme de déviation de la guerre conventionnelle mais qui reste soumises au code de

Jus in bello)

(la) accepté ritualiste

Fixation et rigidité relativement à des normes établies.

(2) inaccepté

la déviation est la norme et elle inclut le terrorisme, le chantage, le sabotage d'objectifs civils, l'opportunisme

(2a) inaccepté ritualiste

fixation et rigidité relativement à dès normes inacceptées (par exemple ne tuer ou ne prendre en otage que des civils innocents)

(3) contre-accepté La déviation extrême des normes morales

(3a) contre-accepté

fixation et rigidité relativement à des contre-normes spécifiques contre-acceptées

Crenshaw associe l'acceptation par le terroriste du risque de mourir, à sa certitude que sa mort sera vengée - transcendée- par ses camarades. La vengeance est donc une source de force de cohésion du groupe. Cet aspect

vengeur du terrorisme lui assure sa raison d'être et sa continuité ainsi que pour le terroriste, le martyre, la transcendance, l'immortalité que seul son groupe peut lui promettre en le vengeant. Finalement, un troisième rôle Important de la vengeance est celui de sa justification du terrorisme par V humanisât ion de son auteur. L'élément affectif de vengeance transforme et présente l'acte de terrorisme à son audience (dont le terroriste fait partie), non pas comme un acte de violence froide et gratuite, mais comme un acte passionnel et de solidarité, principalement quand la (ou les) personne(s) vengée(s) étai(en)t innocente(s). L'idéologie souvent ésotérique et obtuse du terrorisme ne pouvant suffire à justifier une violence indifférenciée, la pulsion de vengeance et son évocation pour une souffrance réellement endurée (la mort d'un camarade) ou objectivement révoltante (la mort d'un[e] innocent[e] ) lui confère une certaine légitimité en ce sens que le désir de vengeance est une pulsion justificatrice, archaïquement (sinon légalement^®) atténuante, accessible à tous.

H. L’organisationterroristeentantque contre-exemple

CARICATURAL DES VALEURS QU’iL «DÉFEND»

Ne reconnaissant pas l'autorité du système judiciaire le dénonçant comme arbitraire et injuste, l'organisation terroriste s'est elle même constituée en juge appliquant différents codes pour différents types

d'accusés: (a) la simple appartenance d'un individu à un groupe de référence défini par l'organisation (ou le) terroriste, et indépendamment de ses actions ou de la responsabilité du dit individu, le rend coupable et condamné à mort; (b) tout individu ayant appartenu à une organisation terroriste et décidant de la quitter est jugé

par ses pairs dans une parodie de procès qui est une copie caricaturale (comprenant juges, jurés et témoins) de la procédure combattue pour son caractère arbitraire et inhumain. Le comble de l'ironie étant que des mouvements comme \'I.R.A. Provisoire (en Irlande du Nord), le Hezbollah, le Jihad Islamique, le F.P.L.P., le F.D.P.L.P. VO.L.P., Abu Nidal, et les Panthères Noires (dans les Territoires Occupés par Israël) rendent des arrêts de mort précédés de sentences de tortures à l'encontre de leurs dissidents^', alors que la peine de mort n'est pas appliquée en Israël (ni même dans aucun des pays occidentaux où le terrorisme sévit, à l'exception des Etats Unis). L'adhésion opportuniste des organisations terroristes au code moral qu'elle dénonce est une autre illustration de cet aspect de son irrationnalité: Quand une organisation terroriste reconnaît le «sacrifice» de personnes innocentes, si elle n'en rejette pas la responsabilité sur le système qu'elle combat, elle utilise des éléments de justification appartenant au code moral formel et au système de valeur de ce même système social qu'ailleurs elle définit comme arbitraire, décadent et inhumain {à la guerre comme à la guerre ou on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs), elle ne peut donc plus prêcher par l'exemple comme le préconisait le mouvement anarchiste ou Kibboutzique.

I. Comportementd’autoaliénationparrapportàl’audience

DE RÉFÉRENCE

Si initialement, les organisations insurrectionnelles (ou vigilantes) avaient pour souci majeur de s'allier la strate populaire au nom de laquelle elles oeuvraient, l'organisation terroriste se l'est généralement aliénée, soit en la terrorisant aussi^-, soit parce que précisément, de légitimement insurrectionnelles (ou vigilantes) aux yeux de leurs groupes de référence, elles sont devenues terroristes^^. Cependant, il n'y a pas une seule organisation

Je ne veux pas dire par là qu'un acte de violence indifférencié, motivé par la vengeance est légalement défendable, mais que la vengeance en tant que pulsion qui motive un acte criminel est légalement défendable et légitimée quand elle est personnelle comme par exemple dans le "crime passionnel" qui par définition est un crime de vengeance, pulsion qui, en Justice, constitue une circonstance atténuante

Sur les 760 victimes palestiniennes du terrorisme palestinien des Territoires Occuppés par Israël (de décembre 1987 à décembre 1991), 712 ont été trouvées mutilées. Le département de Médecine Légale israélien a déterminé que ces mutilations étaient le résultat de tortures ayant précédé l'exécution des victimes (renseignement fourni par l'Attaché de Presse de l’Ambassade d'Israël à Bruxelles).

Par un racket de taxes obligatoires, sous peine de mesures exemplaires, tel qu'il est pratiqué par l'ETA, les "Sentiers Lumineux", les Tupamaros et les diverses organisations palestiniennes auprès de la population défendue (Moxon-Browne, E.P., "Alienation ; the case of Calholics in Northern Ireland", dans Slann, M. & Schechterman. B.. Mullidimensional Terrorism. Lynne Ricnner (ed.), 1987, London, Great Britain, p. 95-109; Sterling, C, Op. Cil., Terrorisi Group Profiles. U.S. Government Printing Office, 1990, Washington, U.S.A).

Lors de la guerre d’indépendance d'Israël, la "Hagana" (organisation paramilitaire juive de Palestine sous le mandat britanique), avait l'adhésion de tous les israéliens sionistes parce que son activité militaire avait pour principales cibles des objectifs militaires anglais. Par contre, les organisations "Etzel" et "Lehi" (dont Begin et Shamir, futurs premiers ministres israéliens, étaient des cadres supérieurs), se sont aliénées la majorité des Juifs de Palestine â cause de leurs actions terroristes (explosion de l'hôtel "King David” en plein centre de Jérusalem, mitraillage et bombes dans les marchés arabes, expéditions punitives dans