Capítulo II Revisão da Literatura
3. Consumo Energético
3.6. Colesterol
Ce chapitre est construit sur l’argument selon lequel il n’existe pas de termes, de définitions ni de concepts qui prennent le Toutefois, cela ne signifie pas qu’il n’existe aucune référence qui sorte du lot en la matière. Depuis deux décennies, les efforts, tant dans les sphères francophones qu’anglo-saxonnes, ont permis d’avancer sur la question de la définition, créant ainsi dans les années quatre-vingt un premier corpus de publications académiques sur le sujet, bien que de nombreux textes fondateurs remontent déjà aux années cinquante [108, p.l4j. Dishman, Fleisher et Knip ont entrepris une revue approfondie de la littérature, débouchant sur une impression nante bibliographie qui reflète la profondeur et la largeur du champ de la compétitive intelligence
(CI) Deux types de contributions sont apparues lors de la revue de la littérature ; d’une part, certains auteurs choisissent une ou deux définitions et s’y tiennent pour le reste de leur propos. D’autre part, un nombre non négligeable de travaux proposent des approches transversales qui combinent et récapitulent un nombre parfois impressionnant de définitions. Dans ce cas, la va leur ajoutée de ces contributions tient plus à l’effort d’analyse qui est produit qu’à la proposition concrète d’une définition.
Approches simples
Par approches simples, il ne faut pas comprendre "simplistes". Si le domaine de la GI ne souf frait pas d’un manque de stabilité terminologique et théorique, il aurait été aisé et souhaitable de pouvoir se contenter d’y recourir, en choisissant un auteur, en lui empruntant sa définition et sa formulation de concepts et de s’y tenir pour le reste de la recherche. Si cette option n’a pas été envisageable dans le cadre de cette thèse, il n’en reste pas moins qu’un certain nombre de tra vaux mérite notre attention. Et comme les approches transversales ont pour effet de quelque peu "noyer" les contributions, il semble judicieux de commencer par aborder brièvement quelques- un des travaux importants au sujet de la GI. La contextualisation des activités de GI a donc permis de mettre en évidence le rôle stratégique fort qu’occupent ces activités dans le développement et le fonctionnement des organisations. C’est dans la littérature anglophone que les chances sont les plus grandes de trouver des travaux qui proposent une définition simple, liée à une formulation fixée des activités GI choisies par l’auteur.
Ainsi, le terme environmental scanning est utilisé par de nombreux auteurs. Il est géné- ralment admis que c’est Aguilar qui a formulé le premier l’expression, dès 1967 [2]. Il est défini par ce dernier et à sa suite par Choo [74] de manière la suivante.
Environmental scanning is the acquisition and use of information about events, trends, and
relationshlps in an organization’s external environment, the knowledge ofwhich would assist
11. Une attention particulière a été portée à quelques thèses de doctorat publiées en France depuis la fin des années nonante. Il s'agit de références de chobt d’une part car les contraintes intellectuelles et épistémologiques sont proches de celles qui animent ce travail et d’autre part parce que seules les thèses peuvent prendre le temps d’approfondir à ce point la question de la définition, tout en étant capables ensuite de répondre à des questions de recherche et des défis plus "pratiques" que la terminologie à elle seule.
12. Voir à ce sujet les 4 articles publiés dans le Journal of Compétitive Intelligence and Management |108, 120, 181],
qui sont disponibles sur le site de SCIP
CHAPITRE 1. Vers une conceptualisation de la gestion de l’information
management in planning the organization’s future course of action.
On y retrouve tous les ingrédients déjà évoqués jusqu’ici tant en ce qui concerne le contexte et la problématique de la recherche que pour ce qui est de son cadrage théorique : l’organisation, son environnement, l’aide à la décision, la médiation de l’information, etc. A elle seule, et malgré la précocité de cette contribution, la définition du scanning d’Aguilar apporte une Idée claire du pro cessus de gestion de l’information. Brouard, de son côté, définit l’environmental scanning comme ”le processus informationnel par lequel l’organisation reste au courant de ce qui se passe dans son environnement dans le but de prendre des décisions et ainsi poursuivre ses objectifs" [54]. Ce qui peut perturber dans cette explication plutôt claire, c’est que dans la foulée, il ajoute que la
business intelligence est le résultat de ce processus.
Pour sa part, le terme de compétitive intelligence fait aujourd’hui partie des formulations de référence dans le domaine de la GI en anglais, portée par SCIP son association professionnelle majeure. Sur son site on peut trouver la définition suivante :
Compétitive intelligence (CI) is the process of monitoring the compétitive environment and
analyzing the findings in the context of internai issues, for the purpose of decision support. CI enables senior managers in companies of ail sizes to make more-informed decisions about everything from marketing, R&D, and investing tactlcs to long-term business strategies. Effec tive CI is a continuons process involving the legal and ethical collection of information, ana lysis that does not avoid unwelcome conclusions, and controUed dissémination of actionable intelligence to decision makers.
Le degré de détail de cette définition est très utile. A ce qu’Aguilar a mis en avant s’ajoutent des éléments comme le besoin d’analyser l’information, une vue plus claire de l’environnement et surtout l’idée selon laquelle l’intelligence compétitive est un processus continu supposé être réalisé dans un cadre éthique et légal transparent.
D’autres termes apparaissent régulièrement en anglais comme par exemple business
inteli-gence, strategie intelliinteli-gence, market intelliinteli-gence, competitor intelliinteli-gence, etc. On comprend bien le
genre de problèmes que peut poser un telle polysémie. En français, la situation est encore plus problématique. Le terme intelligence économique pat exemple a fait l’objet de nombreuses défini tions. Dans les contributions qui gèrent la question de la définition de manière simplifiée, il n’est pas rare de trouver la définition du rapport Martre, de 1994 :
L’intelligence économique peut être définie comme l’ensemble des actions coordonnées de
recherche, de traitement et de distribution en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement, avec toutes les ga ranties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de délais et de coût.(211]
--- En-raison.de-sa-notoriété",-cette-définition-a-fait-Lobjet-de-nombreuses-analyses.-Cest.par-exemple le cas de Bruno Martinet et Yves-Michel Marti[209], qui en identifient les idées majeures :
- L’idée d’actions formant un tout cohérent, pour produire de l’information. - La notion de cycle de traitement de l’information
- La notion d’information utile et pertinente
- On peut également noter la présence des notions de "déontologie" et d’efficacité
Pourtant, je fais le choix ici de ne pas proposer plus de définitions des concepts liés aux acti vités de gestion de l’information. Je pense qu’il faut bien plus qu’une compilation des définitions pour éclairer de manière complète le concept. Ce genre d’approche est utile si au terme de celle-ci, l’auteur peut faire un choix et proposer la définition qui, à son avis, est la plus appropriée. Or ce n’est pas pas le cas ici, ni en anglais, ni en français d’ailleurs. De nombreux travaux sont fondés
14. Amned dit Brouard en anglais.
15. Voilà typiquement un exemple de confusion que peut apporter la transposition en anglais des concepts liés à la G1 développés initialement français. le ne minimise pas l’utilité de la contribution de Brouard mais je vois ici une illustration des problèmes que posent les approches simples.
1.2 Conceptualiser la Gl
sur le choix de l’auteur d’utiliser un de ces termes, de le définir et ensuite d’entrer dans le vif du sujet. Généralement, quand c’est le cas, peu ou pas de détails sont fournis au lecteur pour identi fier un cadre théorique ou une appartenance disciplinaire claire. En soi Je ne pense que pas cela soit une raison suffisante pour rejeter ces contributions. Néanmoins, à ce stade de la conceptuali sation de la question de recherche, un effort supplémentaire d’investigation reste nécessaire pour réellement prendre la mesure du concept de gestion de l’information et l’appliquer sur le terrain.
Approches transversales
Il apparaît clairement que cette thèse ne peut se contenter de citer quelques définitions et d’en choisir une pour de bon. Dans cette section, je propose un aperçu de quelques travaux qui ont contribué à l’effort de stabilisation théorique du domaine de la Gl et qui ont alimenté ma propre proposition de conceptualisation. Un premier exemple d’approche transversale est celui de Patrick Bournois et Pierre-Jacquelin Romani. Ils ont pris le parti d’utiliser le terme intelligence économique et stratégique.
L'intelligence économique et stratégique : Une démarche organisée, au service du manage ment stratégique de l’entreprise, visant à améliorer sa compétitivité par la collecte, le traite ment d’information et la diffusion de connaissances utiles à la maîtrise de son environnement (menaces et opportunités) ; ce processus d’aide à la décision utilise des outils spécifiques, mo bilise les salariés et s’appuie sur l’animation de réseaux internes et externes. [43|
Cette formulation est très riche. Elle n’entre pas forcément en contradiction avec celle de Martre, mais elle élargit sa perspective. En isolant les éléments clés, on peut envisager une com paraison entre les deux :
- Une démarche organisée... Bournois et Romani gardent l'idée d’actions coordonnées propo
sée par Martre. L’intelligence, qu’elle soit économique et/ou stratégique, demande de mettre en place des actions cohérentes et suivies.
- ...au service du management stratégique de l'entreprise visant à améliorer sa compétitivité...
Dans ce cas-ci, les acteurs économiques sont remplacés par la gestion stratégique. Les au teurs envisagent l’intelligence d’entreprise comme un outil d’aide à la décision, orienté vers la stratégie globale.
- .. .par la collecte et le traitement de l'information et la diffusion de la connaissance... Si on re trouve l’idée de cycle de traitement de l’information, cette définition envisage le traitement comme producteur de connaissance, ce qui est très porteur pour la modélisation de la Gl, proposé à la section 1.3, à la page 57, et qui fonde son argumentaire sur un rapprochement avec le domaine de la création de savoir organisationel et celle de sens.
- ... utiles à la maîtrise de son environnement (menaces et opportunités). La notion de maîtrise de l’environnement n’est pas explicite chez Martre, qui parle de préservation du patrimoine de l’entreprise. En plus de cette vision, on retrouve ici la notion d'opportunité, terme im propre qui sous-entend l’idée que cette maîtrise comprend également la reconncdssance des occasions à saisir par l’entreprise. Les auteurs rompent de la sorte avec l’idée unique de protection, en envisageant celle de l’action.
- Ce processus utilise des outils spécifiques, mobilise les salariés et s'appuie sur l'animation
de réseaux internes et e.xternes. Derrière cette conclusion, Bournois et Romani exploitent
des considérations importantes en gestion de la connaissance, comme la synergie entre membres de l’organisation et les réseaux, un vecteur d’informations importantes, souvent informelles.
Les auteurs signalent en outre différentes sources qui font référence à la terminologie intelli gence économique et stratégique. En plus de la pertinence de sa formulation, cette définition est
CHAPITRE 1. Vers une conceptualisation de la gestion de l'information
le fruit d’un travail poussé de construction, par l’intermédiaire d’un recueil de 950 définitions pro posées par des professionnels français. La validité et la légitimité de cette proposition viennent donc du fait qu’elle est issue du terrain lui-même.
Dans un contexte plus académique, les auteurs ont privilégié des revues de la littérature qui ont pour objectif de retracer les origines des concepts liés aux activités de gestion de l’informa tion. L’approche chronologique est souvent perçue par les auteurs comme un moyen de mettre en évidence leurs composantes importantes en les rattachant à leur contexte socio-économique, po litique et historique. L’histoire relativement récente de la littérature traitemt des activités de GI per met des rétrospectives efficaces. Le bénéfice principal recherché par les auteurs qui entreprennent ce genre de synthèse est celui de mettre en évidence les origines et les développements du concept qui lui ont permis de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Généralement, trois concepts sont identifiés comme point de départ à ces initiatives : le scanning d’Aguilar |2), l’intelligence de Wilensky |293l et le renseignement dans son acception militaire.
Juhari et Stephens [170| expliquent par exemple que l’histoire permet de relier le champ de la G1 avec les vues et les méthodologies des auteurs spécialistes de la guerre ou encore avec des économistes, qui sont généralement considérés comme à l’origine du concept. Un autre exemple de rétrospective historique est celui entrepris par Corine Cohen [79]) qui illustre l’évolution du concept de surveillance et montre d’une part comment il a peu à peu évolué vers celui d’intelligence et d’autre part comment le développement des travaux francophones s’est fait en décalage avec celui des anglo-saxons. Brouard [53] par exemple s’appuie sur Prescott et ensuite sur Attaway [17] pour proposer un tableau de synthèse des années soixante à nonante basé sur les centres d’at tention principaux des activités de veille et mettre en évidence la spécificité de leurs développe ment. 11 illustre ainsi le fait que d’une attention portée surtout sur les concurrents dans les an nées soixante, les activités de veille se sont ensuite élargies au marché de l’entreprise dans son ensemble — 1980 — pour enfin prendre une place stratégique dans l’organisation — 1990.
De nombreux travaux proposent un compte-rendu chronologique au sujet de l’évolution du concept de GI. Parmi ceux-ci, Knauf [180] retrace l’évolution des travaux français sur la veille et l’intelligence économique. Elle insiste notamment sur l’importance qu’ont eu les initiatives éta tiques comme les rapports Martre [211] en 1994, Carayon [68] en 2003 et Juillet [171] en 2005. Dans une optique similaire, Bouaka fait un compte-rendu simplifié de l’évolution du concept de surveillance menant à l’intelligence [38]. Mais tous n’ont pas forcément entrepris un travail aussi approfondi que Favier qui avait déjà proposé une synthèse plus large en comparant la notion d’intelligence économique en France et aux Etats-Unis [117, p.43[. Son tableau de synthèse est régu lièrement repris depuis lors. Ce dernier permet de comprendre qu’aux Etats-Unis, c’est le concept de corporate planning qui est à l’origine des travaux et des réflexions et de voir comment il a dé bouché sur-ceuxd’ertyfronmenra/scanwmget de comperittfe/hwitneM.i/îreWfgewce..Il montre.aussi. qu’en France [66], c’est la convergence des domaines de l’information scientifique et technique et de la gestion (fortement influencée par Porter [242]) qui a débouché sur celui d’intelligence écono mique.
Ces comptes-rendus historiques sont bien souvent un préalable à une lecture de fond des dé finitions. Les auteurs ont souvent fait preuve d’ingéniosité pour essayer de faire face au flou ter minologique qui caractérise le domaine de la GI. Ainsi, Bulinge propose une approche dite "gé néalogique”. Il explique par un modèle très complet que c’est le concept de renseignement qui est à l’origine de celui de veille et d’intelligence et que l’intelligence économique est un système issu de divers champs et disciplines. Dans la première partie de sa thèse, il montre d’une part le bien-fondé du recours à la notion de renseignement pour étudier le concept de veille en la situant comme un outil stratégique offensif et défensif plutôt que comme un simple outil informationnel. Il fait un pas de plus en ajoutant que ce dernier comporte également ses propres méthodologies,
18. Pour les détails méthodologiques de cette construction de définition, voir 143, pp 13-19.1. 19. On fait alors souvent référence à Napoléon par exemple.
1.2 Conceptualiser la Gl
ses propres organisations et ses propres outils |64, p.217,218j. Notons par exemple des champs dis ciplinaires mis en évidence par Bulinge comme les sciences politiques, économiques et de gestion mais aussi les sciences juridiques, l’information et communication, la psychologie ou la sociolo gie.
Goria [139], quant à lui, effectue une importante revue de la littérature, en mettant en évidence les deux courants majeurs que forment les travaux anglo-saxons et japonais. Ce premier panorama est d’ailleurs enrichi par le modèle de Favier décrit ci-dessus et celui de Bulinge. La revue de la littérature que Goria a entreprise dans le cadre de sa thèse l’a encouragé à mettre en évidence une genèse de l’intelligence économique basée sur trois courants de pensée : la voie militaire, la voie économique et la voie éthique. Ces courants lui permettent ainsi de proposer un état de la question des définitions structuré sur base de cette typologie. De manière très synthétique, voici les trois influences qu’il propose^® :
L’influence militaire. Goria y rassemble les auteurs qui définissent l’intelligence économique et
la veille en faisant remonter son ancrage à celui du renseignement d’abord militaire puis économique. C’est sous cette influence qu’apparaissent les références à l’art de la guerre, à des personnages comme Gengis Khan, Napoléon, etc. Le point central de cette approche met le cycle de renseignement au centre des définitions. Parmi les auteurs qui entrent dans cette catégorie, Goria cite Harbulaut, Baumard, Aguilar, Rouach, Paturel, etc. [25,2,251,150, 234,193]
L’influence économique. Cette voie est guidée par la mise en évidence des forces concurrentielles
et de marché qui orientent l’évolution des organisations. C’est Michael Porter ]242] et son modèle des forces concurrentielles qui peuvent être cités comme référence dans cette caté gorie d’approches. La spécificité principale que Goria perçoit pour justifier cette différence avec la voie militaire tient au fait que les concurrents ne sont plus considérés comme des "ennemis à abattre” mtiis comme des acteurs par rapport auxquels il faut se positionner dans un environnement qui demande une adaptation constante. L’intelligence économique et la veille prennent dès lors une orientation stratégique et sont vues comme une "attitude" ou une aide à la décision plus que comme un processus ou un cycle de renseignement. On y retrouve des références aux travaux de Levet, Martinet et Ribault, Bournois et Romani, Besson et Possin, Bloch etc. ]192, 43, 210]
L’influence éthique. Les définitions que Goria range sous cette influence sont celles qui répondent
à un besoin d’affirmer le caractère légal et éthique des activités de veille et d’intelligence dont les deux influences ci-dessus ne tiennent pas forcément toujours compte. En réagis sant aux connotations parfois négatives, ces définitions cherchent à assurer la pérennité du métier d’intelligence économique. C’est donc sans surprise que Goria relève cette dimen sion dans les définitions issues d’instances officielles comme le rapport Martre en 1994 ]211] par exemple.
Ces quelques exemples montrent bien que la question de la définition est loin d’être anodine quand il s’agit de gestion de l’information. Chaque auteur fait ses propres choix en termes d’ap proche, de méthode et de compilation, et de ce choix dépend généralement le reste de la recherche et de l’observation. Si l’on reprend les auteurs cités à titre d’exemple ci-dessus, on peut remarquer des stratégies différentes.
Favier ]117] a refusé de se contenter d’utiliser les définitions offertes par les rapports officiels, qu’elle considère pourtant comme un indice convaincant de la maturité du domaine de la GL