• Nenhum resultado encontrado

Le travail réalisé au cours de cette thèse s’inscrit dans le cadre général des recherches menées

au sein de notre laboratoire visant à développer des complexes polypyridiniques du

Ruthénium (II) capables de photoréagir avec l’ADN. L’objectif général de nos travaux

consistait à développer et à étudier un complexe présentant une bonne affinité, de même

qu’une bonne photoréactivité vis-à-vis de l’ADN. Ces travaux ont été réalisés en vue d’un

ancrage ultérieur sur des oligonucléotides synthétiques afin d’étudier l’efficacité de l’édifice

résultant dans le cadre des stratégies antisens et antigène.

Les études en présence de GMP montrent l’efficacité de l’inhibition de la luminescence du

[Ru(HAT)2phen]^'^ et du [Ru(HAT)2phen’]^‘^ par celle-ci. De plus, les études en présence de

polynucléotides montrent que la luminescence de ces deux complexes du Ruthénium (II) est

également inhibée efficacement par des polynucléotides contenant des guanines.

La détermination des constantes d’affinité a révélé que le [Ru(HAT)2phen’]^'^ présente une

affinité moindre pour les polynucléotides que le [Ru(HAT)2phen]^’^, attribuée à la charge

négative portée par le ligand phen’ à pH 7. Les études complémentaires effectuées sur le

[Ru(HAT)2phen]^’^ ont permis d’observer qu’il s’intercale entre deux paires de bases de

l’ADN lorsqu’il interagit avec ce dernier. Cette géométrie d’interaction confère une affinité

non négligeable au [Ru(HAT)2phen]^’^ pour les acides nucléiques, ce qui implique une boime

interaction, constituant un avantage pour une photoréaction efficace du [Ru(HAT)2phen]

avec les guanines contenues dans l’ADN.

Une comparaison grossière des constantes d’affinité estimées par spectroscopie d’émission et

par spectrométrie de masse électrospray a également été réalisée. Les résultats obtenus à

l’aide de ces deux techniques différentes ne sont pas contradictoires. Même si une

comparaison stricte entre ces résultats est impossible, étant dormé les conditions différentes

qu’il a fallu utiliser lors des études en émission et en spectrométrie de masse, cette dernière

méthode pourrait devenir une alternative intéressante pour la détermination de constantes

d’affinité de complexes pour les oligonucléotides.

La photoréaction du [Ru(HAT)2phen]^^ avec les acides nucléiques a également été étudiée par

diflFérentes techniques. Ainsi, nous avons pu montrer que la formation de photoproduits du

[Ru(HAT)2phen]^'^ avec la GMP dépend fortement de la concentration en oxygène dans la

solution et de la durée du temps d’illumination. A l’aide d’études en spectrométrie de masse

électrospray, nous avons non seulement mis en évidence la formation de photoadduits entre

un [Ru(HAT)2phen]^'^ et une GMP, mais également la formation de photoadduits oxydés et de

biadduits. Ces résultats ouvrent une toute nouvelle voie dans l’étude des photoadduits. En

effet, il serait intéressant de déterminer si la formation de biadduits intra- ou interbrin, est

possible dans un système du type "complexe-polynucléotide".

La structure du photoadduit [Ru(HAT)2phen]^'^-GMP a été étudiée par résonance magnétique

nucléaire. Ces études semblent indiquer que la formation du lien covalent entre le

[Ru(HAT)2phen]^^ et la GMP ne se fait non pas via le groupement NH2 de la guanine, comme

observé précédemment avec d’autres complexes du Ruthénium (II), mais plutôt via l’atome

d’oxygène du résidu guanine. De plus, l’illumination mène à la formation de deux

photoadduits qui different par leur position d’attachement sur un ligand HAT du complexe.

Les études menées en spectroscopie d’absorption ont montré que la formation de photoadduits

avec des polynucléotides ne dépendait pas de la concentration en oxygène. Les études par gels

d’électrophorèse quant à elles ont mis en évidence la formation de photoadduits avec des

oligonucléotides. De plus, nous avons montré que l’illumination du [Ru(HAT)2phen] en

présence d’ADN ou d’oligonucléotides ne mène pas à la formation de guanines oxydées.

Enfin, le traitement du photoadduit en présence d’exonucléase III a révélé qu’un tel adduit

peut perturber le bon fonctionnement de cette enzyme.

Dans le futur, il sera dès lors intéressant d’ancrer le [Ru(HAT)2phen’]^'^ sur différentes

séquences d’oligonucléotides synthétiques, afin de diriger la photoréaction de celui-ci sur une

séquence bien spécifique d’acides nucléiques et d’étudier le système résultant dans le cadre

des stratégies antisens et antigène. Néanmoins, il pourrait être souhaitable de modifier la

chaîne aliphatique portée par le ligand phen’, en vue de l’ancrage sur oligonucléotide. Une

bonne photoréactivité ciblée vers des séquences d’ADN spécifiques pourrait mener ces

systèmes vers une utilisation en tant que drogue thérapeutique capable de réguler l’expression

d’un gène.

Enfin, l’ancrage sur oligonucléotides pourrait également apporter un certain nombre

d’informations sur le type de photoadduit formé dans ces systèmes. En effet, deux types

d’ancrages de complexes sur oligonucléotides sont envisageables. D’une part, l’attachement

du complexe en position 5 d’une thymine au centre d’un oligonucléotide devrait induire une

interaction préférentielle du complexe dans le sillon majeur, favorisant de cette façon une

photoréaction sur l’atome d’oxygène d’une guanine. D’autre part, l’ancrage du complexe en

position 5’ phosphate terminale d’un oligonucléotide permettrait au composé du Ruthénium

(II) de séjourner dans les deux sillons, permettant de ce fait une photoréaction sur l’atome

d’oxygène, de même que sur le groupement NH2 d’une guanine. L’étude de ces deux

systèmes avec des complexes à base du ligand HAT d’une part et du ligand TAP d’autre part

pourrait donc mener vers une meilleure compréhension de ces systèmes.

Cfiapitte ^11:

(partie