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CAPÍTULO I – ENQUADRAMENTO TEÓRICO E CONCEPTUAL

3. Envelhecimento Bem-Sucedido: Conceito, Modelos e Evidências Empíricas

3.2. Modelos Teóricos de Envelhecimento Bem-Sucedido

3.2.1. Envelhecimento Bem-Sucedido de Rowe e Kahn (1987; 1998)

l’organigramme politique depuis les chefs de village Jusqu’aux rois ou chefs

sacrés.

1. Sur cette période de la lutte contre les batetela et de la création des

premiers postes administratifs, on consultera Lambert-Culot (1972:275/311).

2. Sur la question du "séparatisme katangais", on consultera M’bokolo

(1985:185/226), qui met en doute le caractère ethnique du problème.

1. Le chef de terre

En général, les villages luba sont peuplés d’individus

appartenant à différents "lignages" (kisaka)-, certains de ces lignages, comme

je l’ai déjà dit, détiennent des droits rituels sur des portions de territoire

(lac, brousse de chasse). Le chef de terre du lignage a pour vocation de

restaurer rituellement la fertilité de ces espaces au cas où elle viendrait à

faire défaut; à ce titre, il reçoit une partie des prises qui ont été effectuées

sur son domaine. Tous les habitants du village, quel que soit leur lignage, ont

accès à ces brousses ou à ces lacs; il n’y a pas de discrimination à ce niveau.

2. Le chef de village(s)

Les villages sont regroupés en petites unités

politiques à la tête desquelles on trouve des "chefs de village(s)", qui ont un

pouvoir politique et non foncier. Contrairement à la charge de chef de terre

ou de chef sacré mulopwe, le titre de chef de village n’est pas héréditaire

mais bien "électif" ou "rotatif", expressions imparfaites par lesquelles on

signifie que la charge passe d’un lignage à l’autre. On trouve une forme

particulièrement développée de cette institution chez deux peuples voisins des

Luba du Shaba: les Songye et les Luba du Kasaï^ Dans ces populations, selon

Verbeken, un dignitaire héréditaire, le tshite ou twite, est l’intronisateur

attitré du chef politique. Tous les 2, 3 ou 10 ans, il investit un nouveau chef,

qui normalement n’a pas de lien familial avec son prédécesseur. Pour obtenir

le titre, le candidat-chef doit se montrer fort généreux et distribuer un

nombre considérable de biens à son prédécesseur, au twite et à tous les

autres dignitaires.

Un système "électif" moins complexe détermine la

nomination des chefs de village chez les Luba du Shaba. Cependant, ce ne

sont pas les chefs de terre qui ont ici le dernier mot: il semble qu’il faille

plutôt l’accord des différents lignages, et surtout celui du chef sacré mulopwe

qui contrôle la région. Prenons quelques cas précis venant de Kinkondja, tant

dans la partie terrestre que lacustre de cette chefferie. La charge cheffale

revient à un nombre précis de lignages {kisaka), sans qu’il y ait jamais un

cycle précis: on se contente de calculer le nombre de fois où tel lignage a

déjà occupé le titre de chef pour déterminer si ses prétentions sont justifiées

1. Verbeken 1935:1/3. La comparaison de tous ces systèmes "électifs"

reste à faire. On en trouve encore une manifestation chez les Kalundwe, où le

titre suprême de mutombo mukulu revient successivement à trois lignages

ou non. C’est le cas au village de Kamakanga, où les 6 lignages issus de

l’ancêtre fondateur se transmettent le titre de kikungwa ; c’est le cas du titre

du plus grand chef de l’intérieur des terres, le ntshikala Kisonde de Masangu,

qui peut revenir à 4 lignages non apparentés; c’est le cas à Mpungwe, où

quatre lignages issus d’un même ancêtre fondateur peuvent fournir le chef

mbikavu qui dirige la région, etc. La passation du titre se fait parfois avant

que le chef soit mort; la cérémonie qui l’accompagne est appelée le "salut au

village" {kwimuna kibundi)\ à cette occasion, l’ancien chef remet son titre à

une personne d’une autre famille contre paiement. Mais le candidat doit

auparavant avoir reçu l’approbation du mulopwe de Kinkondja: pour signaler

sa candidature, il s’est rendu au chef-lieu, a déposé une hache dans le

tambour cheffai (un geste signifiant la volonté d’alliance, comme on le verra

à propos du mariage), et a offert quelques perles au mulopwe (une

préfiguration du tribut qu’il versera dans les temps futurs). Ce système

"électif" est toujours vivant, mais on tend de plus en plus vers un système

de transmission héréditaire des titres, quels qu’ils soient. Cela pose problème,

puisque le chef de village fait souvent pression pour que le pouvoir reste

dans les mains de sa famille, ce que contestent évidemment les membres des

autres lignages. On en arrive ainsi parfois à une situation assez anarchique

où plus personne ne reconnaît l’autorité du chef, à l’exception des membres

de sa propre famille bien sûr.

Dans le centre-ouest du pays, on trouve un système

semblable'. Chaque groupement de villages est dirigé par un chef politique

qui peut selon les cas se recruter dans 2, 3, 4, 5, 7, 10, ou 20 familles; il

arrive même que n’importe qui puisse accéder au titre, pourvu qu’il soit en

mesure d’assurer le paiement de son investiture. Normalement, on procède au

remplacement du chef quand il meurt, parfois aussi après un certain nombre

d’années. Le successeur est dans certains cas désigné avant que l’ancien chef

ait remis le pouvoir; il occupe entretemps une charge de dignitaire bien

précise. Quand le candidat est choisi, il doit tout d’abord offrir un certain

nombre de biens à la famille de l’ancien chef, puis en offrir au roi, voire même

dans certains cas au chef de terre de la région. Le prix à payer varie; il

correspond en moyenne à 5 unités de biens précieux kituntwa (une femme, un

collier de valeur ou un fusil). Mais dans cette région, encore comme à

Kinkondja et contrairement à ce qui se passe chez les Songye et les Luba du

1. Verhulpen 1936:208/26, qui parle principalement ici des "seigneuries"

de la chefferie de Kasongo Nyembo.

Kasaï, le choix du nouveau chef doit être avalisé par la capitale: un chef n’est