• Nenhum resultado encontrado

Gestão de Cuidados

No documento O caminho percorrido (páginas 45-51)

représentations, pour les lier ou les séparer, et élaborer ainsi la matière brute des

impressions sensibles en une connaissance d’objet, qui s’appelle expérience”. Notons

le mouvement de l’activité décrite par Kant : nous comparons, lions et séparons des

représentations données et ainsi, nous élaborons une connaissance d’objet que nous

appelons ensuite expérience. Comme en A, Kant part de l’obtention métaphysique du

concept de l’expérience, comme produit de l’entendement, et c’est ce concept

métaphysique comme produit de notre activité, que nous appelons par le mot

“expérience”. Nous sommes donc toujours déjà dans l’expérience de notre pensée

empirique, ce que Kant indique clairement ; “selon le temps aucune connaissance ne

précède donc en nous l’expérience, et toutes commencent avec elle”.

Cette petite phrase paraît insignifiante, elle ne l’est pas. Les deux premières

sections de l’Introduction de B commencent dans la perspective du temps empirique

et se terminent par la position du concept de l’espace abstrait. Nous sommes

immémorialement dans la pensée empirique postulée dont nous ne pouvons nous

abstraire, mais que nous devons réfléchir. Nous devons donc à présent exposer le

principe de cette réflexion.

L’expérience est l’élaboration, par notre pouvoir de connaître, de la matière

brute de la sensation. La saisie de cette matière dans l’appréhension ne doit pas être

confondue avec la saisie d’une indétermination sous un concept de la réflexion qui

n’est pas constitutif Ce sont les représentations de cette matière qui sont comparées,

liées ou séparées. Or, du simple fait de la primauté de l’expérience nous pouvons être

assuré d’une différence entre celle-ci et une activité de dénomination. Aussi, si “toute

notre connaissance commence avec {mit) l’expérience, elle ne résulte pas toute de

{aus) l’expérience”. Cela signifie qu’elle ne résulte pas toute de l’activité constitutive

de l’expérience, à savoir comparer, lier ou séparer. L’acte de dénomination, quant à

lui, est l’indice d’une activité autre que la constitution de l’expérience, qui a

néanmoins lieu en elle. Si nous réfléchissons anagogiquement cet acte de

dénomination, nous postulons certes l’ensemble des conditions de la pensée empirique

en général, mais nous pouvons aussi abstraire le concept d’une activité rapportée à

une source autre que la donation d’un objet des sens dans la sensibilité. Donc, bien

que la dénomination soit elle-même empirique, elle est le témoin concret d’une source

a priori que nous pouvons seulement abstraire. Toute notre connaissance commence

avec l’expérience de la pensée empirique, mais est toujours déjà présent et caché ce

dont elle est le résultat comparé, lié et séparé. Nous voyons, dans le mouvement

temporel entre commencer et résulter - même si de fado il y a immédiateté empirique

entre l’affection des sens et ce dont la connaissance résulte - que “joue” une

différenciation transcendantale entre “ce que nous recevons par des impressions et [...]

ce que notre propre pouvoir de connaître (à l’occasion simplement des impressions

sensibles) produit de lui-même”. Cette mise en mouvement temporelle de notre

pouvoir de connaître est certes immémorialement empirique - de tout temps - mais de

plus elle est originairement temporelle - dans le temps. Commençons donc par

distinguer dans la connaissance d’expérience sa temporalité empirique ou son

“histoire” et sa temporalité originaire constitutive. Celle-ci est saisissable seulement

dans un concept empirique et auto-référentiel, c’est-à-dire dans le concept de

l’activité de la pensée dont la dénotation est identifiable empiriquement par

comparaison, liaison et séparation. L’expérience désigne un concept empirique et

nous savons qu’elle “contient” autre chose que ce que les impressions d’objets

produisent d’elles-mêmes. Les impressions sont les représentations de la matière

élémentaire. L’activité de séparation philosophique de cette matière nous donnera

comme reste ce qu’elle n’est pas. Pour le moment, nous avons pu mettre en évidence

trois aspects de cet autre chose, l’activité du pouvoir de connaître, le temps originaire

de cette activité, et la dénomination empirique de son résultat. Or seul un “long

exercice” peut nous rendre “attentifs à ce qui est ainsi ajouté et habiles à le séparer”.

Exercice (Übung), attention (aufmerksam), séparer (absondeni) ; autant de

termes qui appartiennent à l’activité qu’est la critique de la raison pure. Que ceci

doive effectivement attirer notre attention est effectivement remarquable. En effet la

question “de savoir s’il y a une telle connaissance indépendante de l’expérience et

même de toutes les impressions des sens”, ne peut être posée que par une distinction

depuis le site de nos connaissances empiriques, “qui ont leur source a posteriori dans

l’expérience”. Cette recherche doit nous permettre de lever la première apparence de

l’impossibilité d’une telle connaissance. Il importe de noter la dissymétrie entre la

position du nom “connaissances a priori" et ce que ce nom signifie, d’une part, et les

connaissances qui ont leur source dans l’expérience, d’autre part. Appartient donc

encore à l’expérience empirique l’acte de dénomination de la connaissance a priori,

puisque la notion d’expérience, comme celle de connaissance, et ce qu’elles désignent,

appartiennent à la pensée empirique a posteriori. On peut savoir a priori que saper les

fondements d’une maison entraînera son écroulement, sans devoir attendre

l’écroulement réel, mais ce savoir a priori résulte ou dérive de l’expérience. Cet

exemple de Kant est, comme toujours, particulièrement bien choisi : on voit que la

question centrale est celle de la source de la connaissance a priori. Or si l’on ne peut

que la nommer pour le moment, cette dénomination appartient nécessairement à

l’empirie. Dès lors, isoler la source absolument a priori est la tâche que nous devons

accomplir. L’exemple dit que nous savons a priori que saper les fondements de la

maison entraîne son effondrement. Nous le savons a priori parce que c’est en fait une

proposition analytique, mais dérivée de l’expérience. En d’autres termes, nous

pouvons, dans le temps empirique inépuisable de l’expérience, avoir à partir de

connaissances empiriques des connaissances analytiques a priori. Mais cette

possibilité n’est que la marque de l’évolution de notre connaissance selon les règles de

la logique générale analytique, et 1a question est ici transcendantale : celle des sources

absolument a priori de cette connaissance. Ceci est très important, parce que le noeud

de la distinction entre jugement analytique et jugement synthétique n’est absolument

pas logique général, mais réflexif et transcendantal. Montrer logiquement la

contradiction formelle de l’édifice discursif de la métaphysique classique dogmatique

est en fait inutile parce que ce serait retomber dans les conflits rationnels. Encore une

fois, la Critique est le lieu de son auto-effectuation, et il faut d’abord produire la

métaphysique dogmatique pour, ensuite, montrer qu’elle est illusoire. A défaut de ce

point, il n’y aurait aucune raison de produire l’antithétique de la raison pure.

Ne restent dès lors que l’activité du pouvoir de connaître et le temps originaire

de cette activité. Or ce reste ne nous est absolument pas immédiatement donné. En

effet Kant dit que nous entendons par a priori les connaissances “qui sont absolument

indépendantes de toute expérience”. Il est donc nécessaire que des connaissances a

priori doivent être saisies par des jugements a posteriori et ce, bien que ces jugements

puissent être a priori. Nous comprenons ainsi que peuvent seulement être appelées

pures les connaissances même a priori mais auxquelles rien d’empirique n’est

mélangé. Est donc comprise comme pure, la connaissance qui ne peut même pas être

exprimée dans une proposition, même si elle est a priori, puisque toute proposition

est composée de concepts désignés par des mots et relève de facto de la pensée

empirique (par exemple la proposition “Tout changement a sa cause”). Il convient

donc de distinguer la question de l’origine des connaissances de la question de la

nature de ce qui les rend objectives, car la première apparence que doit combattre la

Critique est cette confusion métaphysique. La question de l’origine de la connaissance

deviendrait celle de la genèse des connaissances, ce qui implique la confusion entre

No documento O caminho percorrido (páginas 45-51)

Documentos relacionados