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CAPÍTULO 2 – REFERENCIAL TEÓRICO

2.3. Modelos de gestão do conhecimento

2.3.1. Modelo de Nonaka e Takeuchi

La composition et les caractéristiques des familles diffèrent infiniment d'une société à l'autre, et à l'intérieur d'une même société. Famille française ou famille mexicaine, peu importe, dans ces deux pays plusieurs nouveaux styles et typologies de vie familiale se sont développés : moins de familles nombreuses aujourd’hui qu’hier, moins de mariages, plus de divorces, plus de fécondité tardive et un taux de natalité en baisse. Par conséquent, dans les deux pays, à des moments différents, le concept « famille » a évolué. Ces indices peuvent montrer et masquer en même temps des différences importantes selon les régions ou les catégories sociales. En fait ces indices ne peuvent être comparés que dans la mesure où les sociétés vivent les mêmes contraintes (législatives, sociales, matérielles…) et ont la même culture, situation quasi impossible. Pour que deux modèles familiaux soient semblables, il ne suffit pas qu’ils présentent les mêmes indices démographiques. Les divergences se situent dans leur essence, leur finalité. Ces différents indicateurs montrent que la famille ne traverse pas actuellement une période stable et il est difficile de prévoir quelle sera son évolution, en raison de l’augmentation du nombre des séparations, de nouvelles configurations familiales, de la perte de l’autorité paternelle, des modifications de rôles parentaux. Un grand nombre de causes structurelles possibles peuvent être à l’origine d’une altération de la structure familiale conventionnelle.

« En France, en 1946, le nombre de mariages s’élève à 516 886 ; une année plus tard

ce chiffre baisse considérablement et la famille se modifie, en raison de la disparition de nombreux hommes morts au combat au cours de la seconde guerre mondiale » (INSEE, s/d, p.1). Le Mexique, par contre, voit sa population de 1950 quasiment quadrupler dans la première décennie de XXIe siècle (INEGI, 2006, p. 1). Cependant, l’augmentation de la scolarisation de la population, l’urbanisation, les flux migratoires, les pratiques officielles orientées vers la planification familiale,… ont favorisé des années plus tard, le déclin de la fécondité du pays (INEGI, 2005). Avec une croissance annuelle d’environ 1% au cours des cinq dernières années, le Mexique dépasse aujourd’hui les 100 millions d’habitants répartis dans ses 2 439 municipios(SEGOB,2005). À noter que depuis 60 ans, la population féminine a toujours été supérieure à la population masculine. Par ailleurs, la mobilité démographique permanente a altéré aussi la structure familiale mexicaine en raison du choc culturel lié au processus d’adaptation à un nouveau milieu, à l’habitat restreint et au sentiment de

marginalisation. Cette situation a provoqué une réorganisation interne de la famille, l’adoption et l’usage d’une nouvelle structure sociale et culturelle.

En France, selon REGNIER-LOILIERet PRIOUX (2008) jusqu’aux années 1970, il est rare de ne pas avoir d’enfants ou de les avoir hors mariage, la contraception médicale étant peu accessible et la pression sociale poussant les couples à en avoir dès lors qu’ils sont mariés. Selon VERDON (1987), dans cette société française, il était possible de distinguer trois modèles de famille : la famille nucléaire, la famille souche et la famille communautaire (indivise) du même qu’au Mexique. Où sur cent mariages, uniquement trois pour cent des couples divorcent (INEGI, 1986). Situation liée à une forte influence religieuse au quelle le mariage et la procréation le sont indissociables. De même, la cohabitation prénuptiale et l’union libre sont inconcevables et le mariage est plus souvent rompu par le décès du conjoint que par le divorce ou la séparation. Cependant, suite à la modification des conditions de vie, à de nouvelles aspirations individuelles, à l'évolution des mœurs en France, ces modèles familiaux dépassés se sont peu à peu transformés suite, aussi, au fait que la religion a commencé à perdre de son pouvoir. Dix ans plus tard, en France, le concubinage et une hausse des naissances hors mariage sont déjà une réalité, tandis que pour le Mexicains, le divorce et la contraception sont toujours interdits.

L’importance de la population permet à LEÑERO (1982) d’identifier plus d'une vingtaine de catégories et au moins cinquante-quatre types de familles mexicaines, en tenant compte du contexte social et du patrimoine culturel, de la composition et de la structure sociale. De ce fait, il affirme qu’il existe des interactions très diverses au sein de la dynamique familiale mexicaine. Les nouvelles formes familiales sont de plus en plus diversifiées, la famille nucléaire n’est plus le modèle dominant et les fonctions que chacun de ses membres assument ont été modifiées. La famille mexicaine a, quant à elle, une spécificité comme celle de chaque pays. Cependant, elle aussi fait partie d’une évolution qui a débuté, il y a 15 ans environ. La structure familiale nucléaire ou élargie a commencé lentement à devenir de plus en plus monoparentale, et dans la dernière décennie, recomposée. L’évolution que celle-ci a connue à travers le temps mérite d’être examinée, car dans le processus, la religion et la tradition culturelle continuent fortement à déterminer son devenir, alors qu’elles jouent un rôle beaucoup moins important en France. En 1991, selon KAUFMAN (1994), le pourcentage de ménages d’une personne ne cesse d’augmenter (27,1%) (Phénomène peut-être lié à l’épanouissement professionnel), tandis que les naissances sont moins nombreuses et plus

courantes hors du mariage (INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDES DÉMOGRAPHIQUES, 1996), l’indicateur conjoncturel d’une deuxième (ou plusieurs nuptialités) augmente. La proportion de mariages français dans les églises et les temples est tributaire de pratiques religieuses et elle décroît en même temps que les lieux de culte se vident. Le baptême, le mariage et l’enterrement religieux représentent un acte social qui relève d’avantage de la tradition que de la croyance. Par contre, au Mexique, ces cérémonies dépendent d’un processus historique très complexe où la religion et la tradition jouent un rôle essentiel et font partie intégrale du mode de vie. La pratique de la foi et la tradition imprègne fortement les cérémonies du mariage religieux et ralenti le processus de globalisation du pays, où le mariage est plus fréquent et plus précoce et le divorce moins usuel, bien qu’aux cours des dernières années ce dernier accuse une hausse.

En France, selon MONTANDON et PERRENOUD :

« au début de XXe et a fortiori au XIXe, la majorité des familles n’avaient pas de relations avec l’école publique, ni les moyens d’exprimer ou de faire valoir, en tant que groupes distincts, une attitude critique. Les autorités scolaires se souciaient peu de leurs opinions. Les parents d’une bonne partie des élèves étaient considérés comme des ignorants qu’il fallait éduquer : Si certains notables s’unirent à l’aube de XIXe pour mieux présenter leurs revendications face à l’école…. De manière générale, les familles privilégiées avaient la possibilité d’engager un précepteur à domicile ou de mettre leur enfant dans telle ou telle école répondant dans les grandes lignes à leurs besoins » (1994, p. 27).

Dans la dernière décennie du XXe siècle, une étude menée par le DIF, organisme public dédié à favoriser l’évolution et développement de la famille mexicaine, met en évidence la continuité de la typologie nucléaire familiale mexicaine : 81% des familles consultées, vivent encore dans une structure familiale traditionnelle. Dans 59,5% des cas trois générations coexistent sous le même toit, 80% des fils et filles (adolescents et/ou adultes) vivent encore dans le foyer familial et en moyenne les familles sont composées de quatre ou cinq membres. Même en cas de séparation géographique importante, le contact entre parents et enfants est toujours étroit. Par contre, en 1999, en France métropolitaine, 30,9% de sa population dit vivre seule contre 59% en couple (INSEE,s/d).

Au Mexique, depuis près de deux décennies, la famille élargie est encore fortement présente même si elle cède progressivement le pas à la famille restreinte. Les familles monoparentales font leur apparition, le célibat, le nombre de divorces et d'enfants vivant dans des familles éclatées ou recomposées augmentent. Dans le recensement 2005, l’année de la passation du questionnaire, au Mexique, dans l’ensemble de ses 187 938 localités, il existe 24 803 625 foyers : 92% de ceux-ci sont des familles nucléaires (16 927 956) (INEGI,2006b), recomposées ou élargies et 1 859 252 de familles monoparentales (INEGI,2006). Ces dernières mettant en évidence un nombre accru de femmes soutien de famille. En conséquence, l’état civil mexicain, change, et la structure familiale aussi, le nombre de divorces augmente légèrement ces dernières années pour atteindre 12% (INEGI, 2006a). Il est clair que c’est le résultat de différents facteurs : émigration d’un des parents aux États-Unis, émancipation de la femme, insertion de la femme dans le monde du travail... La femme en tant que chef de famille doit se définir face à ses nouveaux défis professionnels et personnels et aux nouveaux rôles (de mère, de père, de responsable économique, et légal …) qu'elle a désormais à assumer. Cela contribue peu à peu à induire un autre mode de perception à son égard et explique l’importance grandissante des femmes dans le cadre professionnel. Malgré la régression de la famille nucléaire, la famille a encore un pouvoir très marqué dans la conception de la société mexicaine. Selon une étude menée par le secrétariat d’éducation publique, neuf personnes sur dix déclarent que la famille est l’élément le plus important de leur vie quotidienne. Deux tiers des participants reconnaissent pouvoir compter sur le soutien de la famille directe ou élargie dans n’importe quelle situation. Malheureusement, à ce chiffe on doit ajouter que dans un quart des foyers existe la violence intrafamiliale, le départ d’un de conjoints (généralement le père) et/ou la rupture conjugale ce qui ternit l’image de solidarité représentative de la société mexicaine. De plus, l’immigration joue désormais un rôle démographique et culturel important, non seulement parce qu’elle accroît la population totale et qu’elle freine son vieillissement, mais aussi parce qu’elle favorise des nouvelles expériences interculturelles.

Par contre, en même temps, la France métropolitaine compte environ 25 689 000 de ménages parmi lesquels 14 516 000 environ de familles vivent en couple, il y approximativement 518 000 couples sans enfants et 8 79 milliers de familles avec enfants. En ce qui concerne la structure familiale, 198 milliers environ sont des familles monoparentales et 80 milliers de couples ont des enfants. 33% des ménages sont composés de personnes qui vivent seules (INED, 2009), et seulement un homme sur deux et 46% de femmes sont mariées

en 2006 (INSEE, 2008). Par ailleurs, il est indéniable que l’immigration exerce une influence sur la typologie familiale traditionnelle, due par exemple, à l’accroissement des mariages intercommunautaires ou à la pratique de certaines coutumes importées. Au Mexique, au contraire, l’émigration importante est une cause de désintégration de la famille et d’exportation de ses traditions. En plus, les médias étrangers, en particulier étasuniens, renforcent la transformation culturelle des comportements. Une autre différence c’est que la famille française bénéficie de certains avantages sociaux alors qu’au Mexique, les termes

« allocations familiales » et « aide aux familles nombreuses » sont inconnus : la famille

mexicaine doit dans tous les cas survivre et faire face aux défis de la vie quotidienne par ses propres moyens (santé, alimentation, éducation…). Quoique, le gouvernement mexicain convaincu qu’un de ses meilleurs alliés pour lutter contre l’inégalité, la violence, le crime, la pauvreté…, est la famille, a instauré « le jour de la famille ».

Au bout du compte, la France a vécu 30 ans auparavant ce que le Mexique est en train de vivre actuellement, à savoir, l’émancipation de la femme, la redéfinition de la typologie familiale, l’insertion de la femme au monde du travail, le concubinage, les naissances hors mariage, le divorce... À ce stade, il est indispensable de préciser que dans les couches socioéconomiques mexicaines les plus favorisées, l’écart avec la France est beaucoup moins important. Définitivement, la façon de constituer une famille varie tout simplement parce que sous une même expression famille, se cachent des réalités aux contenus et aux significations multiples.