PARTE II DA PROBLEMÁTICA À METODOLOGIA
1. PROBLEMATICA E QUESTÕES DE INVESTIGAÇÃO
l’un des premiers à proposer une description formellement linguistique afin de parvenir à
mesurer le degré de capacité du bilingue. Elle avait déjà souligné que l’alternance codique est
assujettie par une contrainte d’équivalence dans le discours où L1 et L2 sont juxtaposées sans
violation des règles syntaxiques des deux langues. Elle est partie de l’hypothèse que la
contrainte d’équivalence est soit violée par le locuteur bilingue, soit complètement évitée par
celui-ci. C’est ainsi qu’elle a analysé la production de 20 résidents Portoricains d’une
communauté bilingue ont les membres sont un bilinguisme varié. Après une analyse
quantitative, elle est parvenue au fait que les bilingues et les semi-bilingues étaient capables
d’alterner les codes des langues dont ils sont locuteurs sans violer les règles de grammaire de
ces langues. Elle avait aussi trouvé que les bilingues avaient tendance à alterner les codes à
l’intérieur des phrases et que les semi-bilingues alternaient entre les phrases avec moins de
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risques de violer la règle grammaticale des deux langues. Ce qui, pour elle, montre que
l’alternance codique n’est pas signe de déficit linguistique, mais plutôt signe de capacité, de
compétence. Les deux langues impliquées étaient l’anglais et l’espagnol, et l’utilisation de
l’espagnol était dominante mais sans exclusivité. Elle définit l’alternance de code comme
étant l’alternance de deux langues dans un même discours, dans une même phrase ou dans un
même constituant (Poplack, 1980; Poplack & Levy, 2010; Poplack, Zentz, & Dion, 2012).
Pour mieux identifier l’alternance codique en termes de type d’intégration dans la langue de
base qui est ici l’espagnol, des critères ont été établis. Il s’agit des facteurs morphologique,
phonologique et syntaxique. Pour ce qui est du facteur phonologique, il s’agit ici du point
d’incidence de l’accent étranger anglais dans l’exemple espagnol. Ce qui peut être considéré
comme syntaxique dans d’autres langues. Au niveau morphologique et syntaxique, il a
constaté que les codes peuvent apparaître après tout constituant dans le discours pourvu que
ce constituant ne soit pas un morphème lié. Elle dit que « cette contrainte concerne tous les
niveaux sauf le niveau phonologique » (Poplack, 1980, p. 586). Elle évoque également une
contrainte d’équivalence, c’est-à-dire que les alternances codiques tendent à apparaître dans
un contexte où la juxtaposition des éléments de L1 et L2 ne violent aucune des règles
syntaxiques des deux langues
15. On ne pourra pas par exemple avoir une insertion dans un
constituant si la règle de la langue réceptrice n’est pas équivalente à la langue encastrée. Elle
trouve que pour ces deux contraintes, de morphème libre et d’équivalence, les phrases où les
alternances codiques les respectent peuvent être traduites dans chacune des deux langues L1
et L2 tout en respectant les normes de ces langues pour ce qui est des locuteurs bilingues
équilibrés
16. Ce type d’alternance codique est propre à un locuteur qui maîtrise ses langues.
L’alternance interphrastique concerne l’insertion d’un segment plus long. Il s’agit par
exemple d’une phrase en espagnol entre deux autres en anglais. Rien ne permet de juger du
respect des normes grammaticales de l’une ou de l’autre des deux langues. Les travaux de
Poplack (Poplack, 1980; Poplack & Levy, 2010; Poplack et al., 2012; Sankoff & Poplack,
1981) s’intéressent plus particulièrement à l’alternance codique intra-phrastique parce que
15 Mais la validité de la contrainte de l’équivalence et du morphème libre a été remise en cause par (Wolford, 1981) et par (Zongo, 1995). Citant les exemples de (Poplack, 1980) sur l’alternance anglais/espagnol, Wolford trouve que la conclusion à laquelle (Poplack, 1980) est parvenue ne peut être autrement dans la mesure où en anglais, c’est l’adjectif qui précède le nom, alors qu’en espagnol c’est le contraire. Des exemples moore/français ont aussi été donnés par (Zongo, 1995, pp.131-132) pour infirmer en partie ces deux contraintes.
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pour elle, les segments alternés et ceux qui l’entourent doivent être conformes aux règles
syntaxiques, voire grammaticales des deux langues. Elle trouve que les articulateurs de
discours, les noms isolés, les expressions figés ou idiomatiques lourdement chargés au niveau
ethnique sont suffisamment mobiles au point où ils peuvent être insérés partout dans la phrase
sans crainte de violer la norme grammaticale. Ils ne peuvent de ce fait, témoigner de la
maîtrise de la grammaire des deux langues par le locuteur bilingue. C’est une alternance
emblématique. Elle pense que les locuteurs bilingues non équilibrés éviteront les alternances
intraphrastiques (intimes) ou n’alterneront pas du tout. C’est au vu de toutes ces
considérations linguistiques et extralinguistiques que Poplack a constitué ses informateurs de
degrés variés de bilinguisme ; la moitié des locuteurs parlait plus l’espagnol, 10% parlaient
plus l’anglais et le reste est constitué de « vrais bilingues ». Elle a ensuite considéré comme
faisant partie de l’intraphrastique, les catégories syntaxiques suivantes ; déterminants, noms,
syntagmes (nominal sujet et objet, verbal), verbes, auxiliaires, propositions (indépendantes,
subordonnées), adjectifs, adverbes, conjonctions, prépositions et les circonstants. Les
extraphrastiques sont constitués des interjections, expressions figées, citations et articulateurs
de discours. Il ressort que l’ensemble de ces locuteurs pouvaient être répartis en deux
groupes ; ceux qui utilisaient plus les alternances extraphrastiques et ceux qui emploient les
alternances intraphrastiques. Presque toutes ces occurrences respectaient la norme
grammaticale.
Les facteurs extralinguistiques étaient déterminants pour le choix de tel ou tel type d’AC. Ce
sont : le sexe (les femmes préfèrent l’intra-phrastique), l’âge requis pour L2 et la durée du
séjour permettant d’être vrai bilingue, la compétence (semi-bilingue pour l’extra-phrastique),
le niveau d’éducation atteint (intraphrastique pour les bac+), l’appartenance à un réseau
social, le sentiment ethnique (positif ou négatif). Le fait que les semi-bilingues aient pu
produire des alternances codiques extraphrastiques tout en respectant la grammaticalité a
permis à Pollack de montrer que l’alternance de codes n’est pas un comportement
monolithique (Poplack, 1980, p. 613).
Dans ses travaux, Poplack (Poplack, 1980; Poplack & Levy, 2010; Poplack et al., 2012;
Sankoff & Poplack, 1981) a continué à garder la même typologie formelle de l’alternance
codique. Il s’agit de l’alternance intraphrastique, extraphrastique et interphrastique.
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Gardner-Chloros (1985, p. 224) distingue deux types d’alternance de codes ; l’alternance
codique simple et l’alternance multiple.
II.2.1.1. L’alternance codique simple
C’est l’alternance de codes qui concerne l’insertion d’un mot ou une expression (lexicale ou
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A solidão nos idosos numa comunidade rural: implicações para uma velhice bem-sucedida
(páginas 57-60)