É QUILIBRE
/
D E S
SYST È MES CHIMIQUES
PAH
J . WILLARD GIBBS
P R O F E S S E U R A U C O L L E G E Y A L E A N E W H A V E N
T R A D U I T PAR
H E N R Y LE CH ATELIER
Ingénieurenchef des mines,professeur auCollège deFrance
.
1 - AV
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B I B ! i o r r -
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-V I L L A
B S etCic
LIBIUIRES DU BUREAU DES LONGITUDES ET DE LECOI.E POLYTECHNIQUE 55’
^
uai des Grands-
Augustins, PARIS (0e)jeu
n»»
-
PR É FACE DU TRADUCTEUR
L
’œuvre thermodynamique du professeur J
.Wil -
lard Gibbs comprend
troisparties distinctes , qui
ontsé
par
és, publi
és sùccessi-
dans les transactions de l’
Acad
émiedu
fait l’objet de
mémoiresvement Connecticut
.
Repr
ésentationg
éométrique des propri
étés ther -
modynamiques
descorps
(décembre 1873
).
É
quilibre
dessyst
èmes
hétérog
ènes .
1partie . —
Ph
énomèneschimiques ( juin 1876
).
É
quilibre des syst
èmes h
étérog
ènes.
2°partie . —
Capillarit
é et électricité(juillet 1878
).
C’estle
second
deces
mémoires, de beaucoup
leplus important des
trois,dont
ondonne
ici latraduc -
tion
.
Sapublication
resteradans l’histoire de
la chimie un événementcapital .
La découvertepar
IL Sainte-
ClaireDeville de
ladissociation
oupour
s’exprimer d
’
une façonplus pr
écise, de la
réversibilité des phénomènes chimiques,
n’
avaitpas
toutd’ abord
été
appr
éciée à sajuste valeur par les chimistes qui
avaient étébeaucoup plus frapp
ésde la limitation des
réactionsque de leur
réversibilit
é. Les
quences de
cette réversibilit
é, et enparticulier
la consé-
P RÉF A C E D U T R A D U C T E U R
r
V I P R ÉF A C E D U T R A D U C T E U R Vil
possibilit
éd’ appliquer
àla chimie les principes de la thermodynamique
, n’
avaientpas
é téaper
çus
d unefa
çonpr
écise. MM . Moutier
etPeslin
avaientseule-
aux
chimistes
: lablables
et lesaexpliqu
ées
et
les
règles relatives
à Xétatcritique
loisseinloides
phases
dans
les mélanges . 11
estinutile
derappeler l’impor -
tance des
recherches exp
érimentales auxquelles
cesdeux lois ont
conduit
lessavants hollandais . Mais la plupart
des loissemblables
n'ont étéainsi
avoir
étéd
écouvertes
à meutindiqu é que
lessyst
èmes
à tension fixe dedissociation devaient satisfaire
à laformule de Clapeyron .
C'est auprofesseur W . Gibbs que
revient llionneur
d’avoirreconnues nouveau d
’une
leslois par l
’emploi syst
ématique des
créé une
nouvelle quapres
façon tout àfait
ind
épendante .
C’estainsi
(pieM . Vaivt Hoff
et méthodes thermodynamiques
,branche de
lascience chimique dont
l’importance ,
tous
les jours croissante
,devient aujourd
’huicompa -
rable
de l
’
équilibre chimique
énonc
éespar
par
moi ontétéensuite
retrouvées par M . Mouret
dans le mémoirede Gibbs .
Il estprobable qu
'il reste encore
dansce
travail
biendes points
àapprofondir ,
c’estl
àun des
motifs
qui m’ontengag
é à enpublier une
tra-
ductionfrançaise
.
Je me suis astreint à lafaire
aussi littéraleque possible pour
éviter demodifier
àmon
àcelle de
lachimie pond
érale
crééepar
Lavoisier .
La port
ée des
travauxdu professeur W. Gibbs
n’apourtant pas
étéimm
édiatement
influence
sur lesprogr
ès de lascience
n’apas
été tout d’abord
cequ elle
auraitdu
être . Les chimistes
sesont
trop longtemps d
ésintéress
és
d’idéesqui leur
étaientpr
ésentées sous unereconnue
;leur
insu la
pens
éede
l’
auteur.
Il
pourra
être utile aulecteur de luidonner
dans cetteintroduction
un résumésommaire
des notionsetfo
rmedifficile
meutaccessible .
Bienpeu d
’entreeux
étaienten
étatde comprendre une
lois nouvelles
,
intéressantespour
l’exp
érimentateur,qui
ontété, pour
lapremi
èrefois
,formul
ées dans le
mémoire sur l’équilibre des syst
èmesh
étérog
ènes (chimiques
).
œuvre écrite
par
un mathématicien paraissant ignorer les
idéesoupr
éjug
ésde ses lecteurs
etd
édaigner leurs pr
éoccupations exp
érimentales.
Des pages
entières sontconsacr
ées
àl
'étude
deph
énom
ènes dont
laprobabilit
é n'estqu
’un infi-
niment,
petit , parfois
même du
Ré
sistances passives
(pages
Get7
). —
Dès led
ébutdu
mémoire, on rencontre unedistinction capitale
entre les réactions
limitéespar des causes analogues
ré
sistances passives de la
mécanique ,
etles réac-
tions limit
ées par 1
équilibre des tendances actives
quisollicitent
seules donnent lieu
à unvéritable
équilibre .
La notiondes
équilibres passifs
a étéreprise plus
récemment,ordre
, tandisque
quelques lignes
àpeine
sontconsacr
ées
à énoncer des lois nouvelles
et d'r.o I
une
importance capitale
s’appliquant
à tousles ph
énom
ènesde la chimie
; aussices lois
ont- elles pass
écompl
ètementinaper -
çues
. Le
savantprofesseur d
’Amsterdam , Van der Waals ,
ad
écouvertdans
l’œuvre de
Gibbsdeux
aux
syst
ème chimique
. Cesderni
èresun
P R E F A C E D U T R A D U C T E U R
mais
sans rieny ajouter de neuf
,sous
les noms derepos chimique
et defaux
équilibre .
Bien des chi-
mistes méconnaissentencore
le rôle des
résistances passives
etsontamen
és
ainsi à contester leslois
lesplus
certainesde
la mécanique chimique
;ils
setrouvent dans
lasituation
d’ ing
énieurs qui voudraient appliquer
àleurs
machinesles principes de
la méca- nique rationnelle en faisant syst
ématiquement abstrac -
tiondu frottement.
V I I I
P RéF A C E D U T R A D U C T E U R I X
solides (
page
/|i). — De
memeles
solu-
Solutions
solides , qui aujourd
’huiencore
sontpresque nouveaut
épour bien
deschimistes , font
l’objet
très é
tendus
;les consid
érations tionsune
de dé
veloppements
expos
ées
à leursujet
sont immédiatement applicables aux abaissements anormaux des points de
congé-
lation , aux dissolutions
des mélanges de sels isomorphes . Elles rendent les plus grands
dans l
'étude des alliages
métalliques .
services
Repré
sentations g
éométriques
(page 98
). — Les modes
derepr
ésentation g
éométrique
dessyst
èmesJ.
W .
Gibbsdans
sonActions
de présence (page
i/jo).
actions de
pr
ésencequi tendent
àramener
unsyst
ème donn
é vers unde
scs états d’équilibre
(une dephases
dénergie dissip
ée),
sansjamais influer sur
la nature de cet étatd
’équilibre ,
défini .
— Le
rôle des
chimiques propos
éspar
mémoire et utilisés
syst
ématiquement dans
sespremier
le mémoire
actuel
ontrendu
des servicesinappr
é-
est
compl
ètementciables
auxchimistes . Ils
leur ontpermis ,
àla
suite deM . Bakkhuis Uoozeboom
etde ses
élèves,
daborder Mais
cetted
éfinition
estdonn
ée en peu de
mots ;l’
auteur
ne l’étude
dessyst
èmes trèscomplexes
danslesquels
ileût été absolument
impossible de
se reconnaîtresans
unmode
derepr
ésentationdes faits parlant
aux sens et à l’
imagination . soup
çonne
évidemment pas les pr
éoccu-
pations peu justifi ées que
cettequestion
adonn
ées
etdonne exp é rimentateurs
; ilignore
l’importance attribu
ée
à la théoriede l
’éth
érification
encore
auxde Williamson
et àbeaucoup d
’autres
culiers semblables.
casparti -
Mais à côtéde
ces notionsg
énérales
et au- dessus
d’
elles
, ilfaut placer
l’énoncé dun
certainnombre de lois
numériques reliant
lesfaits
concrets entrelois
très intéressantespour 1 exp
érimentateur qui, abandonn
é à sesseules lumi
ères ,
serait restésans doute longtemps
encoreimpuissant
a établir ces lois.
*
Loi
des phases (page G
3). — La plus connue de ces lois , qui
d unaccord unanime porte
le nomde
sonParois
semi-
perméables (page 4
(i). — Les parois
semi
-perm
éables,qui dans ces derni
ères
années
onteux pris
enchimie une place
très
en vue, sontcompl
ète-
ment é
tudi
ées;leur
existence a été ainsipr
évue
longtemps
avantleur
réalisation exp
érimentale . Les
formules fondamentales de
la pressionosmotique
sont établies dans
touteleur g
énéralit
é.
VR EF AC K D U T R A D U C T E U R P RêT AC E D U T R A D U C T E U R X I
auteur
,
estla fameuse
loides phases dont les
consé-
gazeux, sugg
érée par
lespropri
étés bien connues des tensions de vapeur
desliquides
enpr
ésence
inerte
,
J. W . Gibbs
a établi
une loide
l'action de
h
d
émontr
ée bien des fois depuis par formule quences
ont étémagistralement
développ
ées par
MM
.Bakkhuis Roozboom, Schreinmakers , Storten- beker
etW . Bancroft .
Lad’un
gaz classification des pli
éno -
dé
quilibre chimique d apr
èsleurs relations la
loi desphases
ajet
é une clarté consid
érable dans
unensemble
defaits dont la
masse qui
a étédes
proc
éd
és moins satisfaisants . Dans
lamenés
loi
, les
termesrelatifs
àla tempéra-
fonction
trèscomplexe
de cette (lor-
is
cette fonction
sc réduit
à unseul
terme évidence
lachaleur
avec
qui
exprimecetteture sont
une complexit
éallait toujours croissante .
mère; mais
très
simple quand
latente de réaction
.
Cetteindication
donnée inci-
demment en
quelques lignes
estpass
éeinaper
çue,
àce
point que lorsque
cetteformule simple
a étéretrouvé
e plus tard par
des méthodes diff
érentes,exactitude
enpr
étendant
on met enLoi
de stabilitéde Véquilibrechimique
(pages 85 -
des plus utiles pour l
’exp
é-
a
pass
écompl
ètementinaper
çue dans qu
’elle y
soitformul
éeplus compl
ètementqu
’elle ne l
’ajamais
étédepuis . Elle consiste
en ce91
-
110). — Cette loi
, unerimonta teu r
l’œ uvre de
Gibbs ,
bienparfois
contesté sonon a
qu’elle était
contraire
à laformule
de Gibbs.
On amême
plus
d’une
foisappliqu
é laformule
développ
éeen traitant
ses param
ètres commedes
constantes arbitraires etleurdonnant des valeurs conduisant
à(pie tout
changement apport
é à Ides facteurs de
l’équilibre
:pression
,temp
érature, concentration, am
ène
unetransformation du syst
ème qui tend
àproduire
unchangement de signe contraire du facteur consid
éré.
u n
des chaleurs
de
réaction designe contraire
à laréalité. Equilibre
des systèmesmonovariants ( page
71).—
Loi
g
énérale , pass
ée
également inaper
çue
;la formule
anté
rieure de Clapeyron, la
loiplus
ré
centede
l’équi -
libre isochimique
n’en sontque des cas particuliers .
Le grand
intérêtde
cette loi tientà ce qu elle
estabsolument pr
éciseetabsolument rigoureuse
, cequi
n’est pas
le casdes lois beaucoup plus connues
rela-
tives aux mélanges
gazeux et auxsolutions dilu
ées .
Formule
- des mélanges gazeux
(page
T85
). —
partant d
'une hypoth
èse sur lepotentiel des
mélanges
Solutions diluées
( page 177
)- — On passe
des loisapproch
éesdes
mélanges gazeux aux
loisapproch
ées des solutionsdilu
ées par T
intermédiaire
de laloi de
solubilitédes gaz
deHenri. Mais cettequestion
n'est traitéeque d
’une façon tout àfait
sommaire; lesformules donn
ées ne sontpas applicables
auxsolu-
tions diluées dessels . Les travaux de M . Van
t'Iloffsujet
ne sontpas seulement le d
éveloppement
des idéesdeJ . W .
Gibbs,ils
ontun réel
caractèrede
nouveauté
, car
ilsvisent principalement
les cas oùla
loide
Henri est en défaut .
sur ce En
P R E F A C E D U T R A D U C T E U R
Il faudrait
encore
mentionner lesformules rela -
tives à l’état
critique
(page
120),
lesvaleurs du potentiel
dans lessolutions dilu
ées (page
i3
o),
etc.
, mais lesexemples pr
écédents suffisent pour
montrer l'intérêtexp
érimental d’
untravail qui
peutsembler
aupremier abord
ne s’adresser qu
’auxmath
éma-
ticiens
.
X I I
SUR L'É QUILIBRE
DES g_-*
(')
SYST È MES CHIMIQUES
L’énergie du mondeest constante
.
L’entropie du monde tendvers un maximum.
CLAUSIUS.
L
’
intelligence des lois qui régissent les systèmes matériels est grandement lacilitee par la considération del’énergie et de l’
entropie de ces systèmes dans les divers états qu’ilspeuvent prendre .
La différence des valeurs de l’énergieentre deuxétals différents d’unsys-
tème représente la somme des quantités de chaleuret detravail reçues ou cédées
parle
systèmequand ilpasse d’
un de ces états à l’
autre et la différence d’entropie représente la valeur de l’intégraleI
dOt dans le mêmechangement (c/Q représente la quantité élémentaire de chaleurreçuedel'extérieur
,
tla températurede lapartie du système qui reçoit cette quantité de chaleur).
Les différentes valeurs de l'énergie et de l’entropiecaracté-
risent dans tout ce qu’ils ont d'essentiels les divers effetsquele système peut produire en passant d’unétat à un autre
.
En effet, par des procédés mécaniques et thermodynam iquessuppos
és théoriquement parfaits,
ilesttoujours possible de transformer unensemble donné dechaleuret de travail en un autre qui n'en diffère ni b) Le mothétérogène a été traduit par chimique parcequ’en français le mothétérogène serthabituellementàindiquerune différence d’état physique tandisqu'ilexprime iciune différencedétat chimique.
(Notedu traducteur.)
ÊQUIL.SYST. CilIM. 1
L'E Q U I L I B R E
D E S S Y S TÈ M E S C H I M I Q U E S 3
invariable,
lacondition
d’équilibre peut parla somme deces
deuxgrandeurs prises ensemble,
ni.Mais ce n’est
pas seu -
s’édeurcrirerestant
:grale J
*dQ par la valeur de Tintélemcntau point de vue desrelations d’un systèmeavec l
’
exté rieur que laconsid
ération de son énergie et de entropie présente uneimportance capitale.
Dans ledes
systèmes purement mécaniques (tels (pieceux de la mécanique rationnelle) qui ne sontcapables
d’
exercersur le milieu extérieur qu’un seul mode d’ac-
tion(ledéveloppement du travailmécanique),lafonction qui exprimela
capacit
é du système d’
exercer ce mode d’action, joue un rôle prépond
érant dans la théorie de l’équilibre,
la conditiond’équilibreétant (pielavariation de cette fonction s’annule; de mêmedans un systèmethermodynamique
(comme le sont tous lessyst
èmes matérielsr éels),capable
d’exercersurle milieu extérieur deux modes d'action distincts, les deux fonctions qui exprimentcettedouble capacitéfournissent uncritérium égalementsimple
de l’équilibre.t
(
0
W
£°
II. Pour V équilibre cl’un systèmeisole
,
il est nécessaire etdanstous les changements d'état possibles du entropie
,
la variationde sonsuffisant que système quine
énergie soit nulleoupositive
.
Cettecondition peuts
’
écrire:cas font pas varier son
son
w
(rfe)vj
°
L
’
équivalence de ces deux théorèmes se démontre en partant de cette remarque,
qu’il est toujours possible soit d’augmenter h la fois, soit de diminuer à ia fois l’énergie et l’
entropie,
en fournissant ou enlevant de la chaleur à une partiequelconquedusystème.
Supposons que la condition (2) soit rempliesansquela condition(1) le soit.
Si la condition (1) n’est pas remplie il y aura quelque variation de l’état du système pour laquelledy\
>
0 e t de—
oEn diminuant aprèscette variation à lafois l
’
énergie et1
entropie du système,
nous pourrons arriver à un état pourlequel l’ensemble desdeux
variations subies par le systèmesatisferaà ladouble relationdt\
=
o e t de <<
oCrité rium de ïéquilibre et de la stabilité.
—
Le cri-
térium de l’é
quilibre
d’un système isolé de toute influence extérieure peut ê treexprim
é sous Tune ou l’autre des deux formes suivantes qui sont, équiva-
lentes:
I
.
Pour Véquilibre d'un système isolé il est nécessaire etsuffisant que danstoutes lesvariations possibles de l'état du système, qui 11altèrent pas son énergie, la variation de Ventropie soit nulleou négative
.
Si on désigne
par
s l'énergie du
syst
ème,
Y; l’entropie du
syst
èmeetsi on convientque toute lettre
plac
ée àdroite
d’une différentielle et un peu en dessousindique
une gran-
crelation’est
-
à-
dire(2)nque contrairement
’est passatisfaite.
à l’hypoth
èseinitiale
laInversement
silacondition(i)était remplie, sans
quel,
a
/ T ' V ^
011 ^ S° ^
’^ ^
aurait unchangement
de1état du systè
me
pourlequel
ds
<
o et dr{ ~oL' ÉQ U I L I B R E
d’où Ton déduirait qu’il on existe é
galement
un pour lequelon a la relation4 5
S Y S TÈ M E S C H I M I Q U E S
et
aussi quelques -
unspour lesquels
II :
'. (H <
0D E S
(wr\
ch
—
O et dïj>
o /c’est
-
à-
dire que contrairement à 1hypoth
èse initiale,
lacondition (i) neserait pas remplie
.
Les é
quations
qui expriment la condition d’équilibre
etl’énoncéqui en donne la traduction en langage ordi
-
naire, doiventêtreinterprétées suivant les usagescou
-
rantsdu calcul différentiel,c’est-à
-
direque
lesinfiniment petits d’ordre supérieur aupremier sontnégligés.
INIais pour la distinction des différentesesp
èces d’équilibre
au point de vue de leur stabilité
,
il faut envisager la valeur absolue des variations.
On emploiera lesigne
A dans leséquationsoù lesvaleurs absoluesdesvariations sont ainsi envisagées, c’est-
à-
dire dans lesquelles les infiniment petits d’ordre supérieur ne sontplus
négligés
.
Moyennant cette convention,
ilserapossible
d’exprimer
la condition nécessaire et suffisante des différentes espèces d’équilibre.Pourl’é
quilibre
stable on a les deux relations équiva -
lentes:
tandis
que pour
leplusgrand
nombreon a(Ae)
ïl « (8)
(â
- rJe
o O UDans l’énoncédeces
conditions
de l’ équilibre
et de la stabilité on n’a envisagéque
les changements possibles.
Il est
indispensable
depr
éciser dansquel
senspossible doit être entendu
.
En premier lieu, tous les changements d’état dessyst
èmes qui supposent un déplacement fini quelconquelaissés de côté dans
ce mot
de la matière seront cette étude, bien que ces changements puissent très bien être introduits dans les équations différentielles
.
Par exemple, si un système renferme deux masses de la meme substance qui ne soient ni en contact, ni reliées par d’autres matières contenant la même substance ou l’un de ses composés,
une augmentation infiniment petite de l’une des masses corrélatives d’une diminution éO«*ale de l’autre ne sera pas considérée comme un change- mentpossible du système.
En dehorsde ce cas d’impos-
sibilité absolue
,
on rejettera seulement comme impos-
sibles
,
si les échanges
de chaleur se font librement (^
), >
o(
^
)8<
0Pour l’é
quilibre
indifférent, ilfaudra
que dans quelques changements du systèmeonaitlarelation(AY
,
)£=
otandis
que
pour le plus grand nombre on a< °
et pour l
’
équilibreinstable
il devray
avoirquelques
changements qui satisferont à la relation(
* n
)e>
0(3) ou
par rayonnement ou conductibilité
,
leschangements
empêchés par des forces passives ou des résistances analogues.Maissile systèmeestcomposéde différentes parties entrelesquelles
onsuppose qu
’il n’y
ait aucuné
change thermiq
dérer
(
H = °
(4)ou
(
H >
« (>) ne,
on devra nécessairementr
comme
impossible toutediminution
d’entropie unequelconque
de ces différentes parties isoléesune
de1
autre, attendu qu’un telchangement
ne peut tei qued un échange
dechaleur . Cette
restrictionou c o n s i
-
de 1 (6)
<) L'E Q U I L I B R E
peut
utilement
êtreintroduite
dans la seconde sion delacondition g
énéraled’équilibre.
S Y S TÈ M E S C H I M I Q U E S 7 D E S
des
variations
finies,
au moins dans cer-
i définissent l’é tat initial
expres - communiquer
limites
,aux grandeurs
quidu systè
me ,
aux actions mécaniques et calorifiques qui l’influencent sans provoquer
lechangementenquestion .
L
’
équilibre
dû à desemblables propri
étés passives doitêtre
absolument
distinguédecelui qui résultede l’équi-valence des
tendances
actives dusyst
ème.
Dans ce cas,
changement
infiniment petit
Jforcesextérieures
suffit pour provoquer
dansl’autre unchangement
correspondant
du système; cettepropri
é téessentielle
del’équilibre proprement
ditaisément de reconnaî tre l’intervention des laines
(cU)r/,Yj",etc.>
=
o (9) r/ ,
r/' ,
etc.,
désignant les entropiesdesdiverses
parties du système entrelesquelles
il n’v a pas d’échange
de chaleur.
Quand la condition d’équilibre est ainsi for-
mulée
,
il n’y a plus à se préoccuper
desrestrictions
relativesaux échanges
de chaleur parconductibilit
é.
Pour appliquerà un
de l’état initial ou des dansun sens ou u n
syst
ème les conditionsd’équilibrequi viennent d’être énumérées
,
il faut connaître lespermet
trèsrésistances
passives .
Il n’y a quedu système est très voisin de la limite à
laquelle
résistancescessent d’avoir une action efficace qu’ilpeut
faire une étude résistances passives qui s’opposent aux
changements
,moins quand ellessont capables d’
emp
êcher complè-
tementces
changements .
(11 n’y apas
lieu de sepr
éoc-
cuper des
forces
passives,qui
ne font,
comme la viscosité, que les retarder.
) 11 est,
engénéral,
facilede reconnaître cette passivitédes systèmesmatériels,
peuquel’on aitla moindre connaissance de leur nature
.
Comme
exemple
de forces passives,frottement qui empêche le glissement de deux surfaces solides pressées l’une contre l’autre
,
la cohésion qui empêche les différentes parties d’même d’un
fluide
deprendre des mouvementsdifférents l’ un de l’autre,
la résistance d’ordre chimiqempê
che
deuxformes d’unemême substance (simplecompos
ée) dese transformer l’une dans l’autre ; la résis-
tancequis’opposeaux
changements
de forme desplastiques .
dans les cas o ù l
’
étatau ces
y avoir doute et
qu
’ilest nécessaired’en plusapprofondie
('
).
Pour démontrer les conditions d’é
quilibre
énoncées pourprécédemment,il faut montrer
que ,
sous l’une ou l’autre de leurs deux formeséquivalentes ,
elles sontenpremier
lieu suffisantes et en second lieu nécessaires
.
peut citer le on
Ellessont d’abord suffisantes
.
Supposons,
en premier lieu, que le système soit dans un état tel que son entropiesoit plusgrande que dans tout autre élat pos-
sédant la même énergie
,
ilest évidemmenten équilibre parcequetoutchangement
spontanéentraînerait,dapr
ès 1 hypothèse faite,
une diminution d’énergie,
cequi
est solide parfoisun
ue qui « ou
impossibledans unsystème isolé
.
Onpeut
ajouterqu’
un teléquilibreeststableparcequ
’aucune cause infiniment Petite (se rapportant soit icorps La caracté
ristique
de cesd’empêcher certaines
esp
èces de mouvements ou dechangements ,
bien que l’état initial du systèmepuisse
être modifié et qu’il tendeàl’êtrepar l’action extérieure des forces et de la chaleur
changement de l’élat ini-
résistances passives est a un
(0Les clian ce que l’on réversibles.
gementspossibles définis ici ne diffèrent pas sensiblementde appelle habituellement en thermodynamique changements
{Note dutraducteur.) qui le sollicitent. On peut
1
L'E Q U I L I B R E D E S sY ST EM ES C U I M I Q U ES
liai,soit à l'action d'un
corps
extérieur)ne peut entraîner
un
changement
fini d’état qui serait alorsaccompagn
é d'unediminution
finie d’entropie oud'uneaugmentation finie d’
énergie.
Soit maintenant un système ayant la
plus
grande entropie compatible avec son énergie ,
et,par
suite,
la plus petite énergie compatible avec son entropie,
maistel qu’il existe d'autres états du meme système possé
-
dantla mêmeentropie et la mêmeé
nergie .
11est impos-sible
qu’
aucune des masses en présence
se metteen
mouvement, parce
qu'une partiede l'énergiese
trouvant alors sous forme de force vive, un état du systèmeidentique
, sous tous lesautres rapports, à l'état actuel mais étantaurepos ,
aurait,
pour la même entropie, énergie moindre,
ce qui est contraire à la donnée. (Ce
raisonnementcependant
ne peutêtreappliquévementsinternesd’une masse
dans
le casde la diffusionla
condition
d'équi -
#
semblent justifier
lacroyance que
toutétatde
cause suffisante .
mettreàl’é
preuve
lavalidit
é de cetteavoir
la plusgrande
libre esten
Supposons
, pour
supposition
, qu’unsyst
ème puisseentropie
compatible avec
son énergiesans
être en équi
- libre.
IIdevra alors seproduire
des changements dans le système,
mais ils nepourront
êtreaccompagn
ésd’
aucun
changement d’entropie ,
nid'énergieetlacondi -
tion
premi
èreque
l'entropie dusyst
ème ait la valeurla plusgrande compatible
avec son énergie,subsistera
entière
.
Considérons un changement effectué dans un temps court
pour
qu’ilpuisseêtreconsid
érécomme
uni-forme pendant cet intervalle de temps
.
Ce temps doit être choisi de façonàce que la vitesse du changement soit pas infiniment petite,
ce qui est toujoursfacile
parceque la vitesse ne peut être infiniment petite que certaines valeurssinguli
ères du temps.
Aucun assezune
aux mou
-
nepar exemple
, parce
que les quantités de mouvementde ces déplacements
de sens contrairesecompensent 1' l’autre.
) Il nepour
changement de l’état dusystème n’altérant pas la valeur deson énergieet commençantà partirde l’état
suppos
é du système au début de la courte période de temps considéré, ne peut faire croître son entropie.
Il sera alors possible, par une lég
ère modification dans les conditionsduphénomène, de faireque deschangementsidentiques
ou du moins très Voisins de ceux qui sontune peut pas
y
avoirnon plus dans ces condi-
tions d’échange de chaleur par conduction
,
parce qu’il en résulterait,
contrairement à l’hypoth
èse faite,
un accroissementd’
entropie,
lachaleurdescendant
toujours descorps
les pluschauds
auxcorps
lesplus
froids.
Tout échange
de chaleur par radiation est également 4impossible .
Il est donc démontréque
la condition d'équilibre énoncée estsuffisante
censés se produire
,
entraînent nécessairement unediminution
d’entropie sans variation d’énergie,
ce qui rend de telschangements
impossibles.
Ces modifi-
cations peuvent être apportées soit dans lavaleurdesvariables
celle des
au moins en ce qui
concerne
le mouvementet lachaleur,
maispour
démon-
trer
qu
’il
en est de même en ce qui concerne lesdépla-
cements par diffusion
,
leschangements chimiques
et moléculairesqui dé
finissent
l’
état du système,
soit dans constantes qui définissent sa nature, soitdans
laforme
des fonctions quiexpriment
ses lois, pourvubien
entendu qu’aucune deces modificationsne: oitcontraireauxprincipesdela
thermodynamique .
Par qui peuvent s’accomplir sansêtreaccom -
pagn
és ni suivis pardes
mouvements de masse,
ni des échangesdechaleur,
il faut recouriràdes
considérations d un ordre plusg
énéral. Les considérations suivantes-••
S Y S TÈM E S C H I M I Q U E S VE Q U I L I B R E
exemple
,
onpourra
modifier la pressionou latemp
éra-
ture
,
lacomposition
des différentscorps dusystème, siaucune desmodificationsqui peuventêtre réellement
effectuées ne suffit
pour
amener le résultat cherché,
on pourra admettre desmodifications dans lespropriétésdes diverses substances,
à condition de ne pas sortir des loisg
énérales de la matière.
S'il existait alors dans le systèmeprimitivement
envisagé une tendance quel-
conque au changement,
ce serait une tendance qui pourrait êtreannihilée par une modificationinfiniment
petite dans les conditions du phénomène.
Cette suppo- sition est inadmissible; il faut donc admettre quedans tous les cas un système est en équilibre quand
il a laplus
grande entropiecompatible
avec son énergie, ou ce qui revient au même la plus petite énergie compatible avecson entropie.
Les mêmes considérations s'
appliquent
évidemment au cas o ù unsystème estdans un état pour lequel on a la relationArt
c dans tous leschangements
possibles infiniment petits pour lesquels AE=
o,
même si l'en-
tropie n'a pasla pluspetitevaleur qu'elle puisse prendre pour la même énergie
.
Le terme possible a la signi-
fication précédemment définie et le symbole A est employé comme précédemment
pour
indiquer que les équations
doivent être interprétées littéralement,
c'est
-
à-
dire sans négliger
les infiniment petits d'ordre supérieur.
:Leseul casdanslequel il reste à
prouver
que lacondi- tion d'équilibre
est suffisante est celui danslequel drt
o dans tous les changements laissant l'énergie invariable, quoique dans quelques-uns de ceschange-
ments
AYJ
o, c’est-à-
direlorsque lavaleur de l'entropie
se présente sous certains rapports avec les caractères d'un minimum
.
Dans ce cas,
les considérations précé-
I O
D E S
utiliséessans
ent
développées
nepeuvent pas
êtremodifications , parce que
lechangement
d’état, infiniment
lent,etcen’estqu
’à l’ori-
la
relation drt
s’applique .
par
denim
ou
quelques
peut
être,
audébutgine
duchangement que
Mais
lescoefficients diff
érentiels
de toutordre ,
prisrapport
au temps,
'desgrandeurs qui
déterminent
l’étatdu
syst
ème
, sont desfonctions continues
quantit
és.
Aucun deces coefficients
différentiels ne peut avoir une valeur
différentede zéropour
l’état dusyst
ème
danslequel
(C/YJ)£ o. Autrement
ilserait
en général pos-
sible
, comme pr
écédemment,
demodifier infiniment peu
conditions de manière àrendre impossible
unès
semblable
àdes mê
mes
certaines
changement
semblable
, ou à trèspeu pr
èscelui quiest
cens
éseproduire
;cettemodification
infini-ment petitedes
conditions
, amènerait unevariaiion finie danslagrandeurdescoefficients
différentiels qui
avaient des valeurs finies, ou dansquelques
1pr
écédemmentcoefficients
d’ordreinférieur, ce qui seraitcontraire
à la le droit d'admettre l'exis-
continuité dontnous avons
.
De tellesconsid
érationssemblent autoriser
àtence
considérer comme un cas d’é
quilibre
théorique le cas quiestenvisagé ici, bien quecet équilibre évidemment instable ne puisseêtre réalisé.
11 reste maintenant à démontrer
que
la condition énoncéeesten tout état de cause unecondition
neces-
saire de l'équilibre
. 11
en est évidemment ainsi toutesles contreba-
foisque lestendances actives du systè me se
lancentde telle façon
que
tousleschangements
, excepté de la condition ceux qui sont excluspar
l'énoncéd
’
équilibre,
puissent s’effectuer d une (c’est-
à-
dire dans les deuxdesétats du systè
me
infiniment voisin decelui
qui est façon réversible oppos
és) enpartant
sens envisagé