1. A catequese familiar no contexto da renovação da catequese em Portugal
1.2. Urgência da catequese de adultos
1.2.2. Catequese de adultos no contexto da opção evangelizadora
1.2.2.2. Catecumenado como protótipo e modelo de referência
1.3.1. Les premiers textes et discours scientifiques sur la pornographie (1879-1980)
« Pornographie » est un mot dérivé de « pornographe » qui constitue un emprunt au grec tardif « pornographos ». Il renvoie à un « écrit concernant les prostituées », autrement dit, il renvoie à tout écrit qui décrit les habitudes, les manières des prostituées et des proxénètes. Le mot ne sera pas
réemployé avant le XVIIème siècle, où celui-ci a commencé à être utilisé pour définir les
représentations d’actes sexuels.
La pornographie n’a donc rien de nouveau en soi, certains chercheurs énoncent qu’elle existe depuis la nuit des temps, d’autres au contraire, la définissent comme étant une invention moderne. En effet, la pornographie avant de susciter images crues et représentations abstraites, se charge d’images sacrées en symbolisant la fécondité de la femme et la puissance séminale de l’homme. Néanmoins, comme le souligne Marie-Anne Paveau (2011),
« l’appel à l’étymologie est souvent un classique de la définition des concepts en Lettres et
SHS, rarement pour le meilleur et le plus souvent pour le pire : l’origine des mots ne constitue
pas leur sens, l’étymologie n’est pas la loi de la langue et les processus de changement sémantique font considérablement évoluer le sens des mots à travers les siècles. En effet, il n’y a pas de vérité du sens des mots ; pour le cas qui nous occupe, on se rend bien compte que le mot pornographie n’a plus grand-chose à voir avec la prostitution, et depuis longtemps ». Il est clair que l’étymologie du terme « pornographie » n’indique pas la nature de sa forme contemporaine. D’après Walter Kendrick (1987), le mot ne serait qu’un néologisme inventé et
employé à la fin du XVIIIème siècle pour décrire les représentations d’actes sexuels dans la peinture
et la littérature notamment, bien que la pornographie n’ait finalement jamais cessé d’exister, d’évoluer et d’innover. Il se trouve qu’« il existe une historicité de l’obscène et du pornographique, qui tient à l’évolution des mœurs, à la modification de la sociabilité du regard et du rapport qu’une société entretient avec le corps, et sans doute à bien d’autres facteurs encore, visibles ou cachés » (Goulemot, 1999 : 4). Pour cette raison, stabiliser une définition véritable et universelle de la pornographie est complexe, même si les dictionnaires de la langue française en donnent un aperçu relativement simpliste. À ce propos, Ruwen Ogien (2003 : 23) tente de saisir pourquoi il est
difficile de définir la pornographie, en admettant dès le début de son analyse qu’« il n’existe aucune réponse claire et universellement acceptée à cette question ». Deux ans plus tôt, Claude-Jean Bertrand et Marie Baron-Carvais (2001 : 27-44) y consacrent eux aussi le premier chapitre de leur
Introduction à la pornographie alors que le terme « pornographie » n’est paradoxalement pas défini dans le dictionnaire qui lui a été consacré (Di Folco, 2005).
Certains historiens et anthropologues plus ou moins inspirés par Michel Foucault, tels Steven Marcus, Walter Kedrick et Lynn Hunt — recensés par Ruwen Ogien (2003 : 35) — qualifient la
pornographie d’« invention moderne »15, comme « une sorte de fait social inédit, apparu dans les
sociétés occidentales à partir de la fin du XVIIIème siècle et qui n’a jamais existé auparavant dans
aucune autre société »16. Au contraire, pour Laurent Martin (2003 : 26), qui envisage la
pornographie dans une démarche historienne, celle-ci constituerait « un bon exemple de l’historicité essentielle des phénomènes humains ». Selon l’auteur, « le mot apparaît dans l’antiquité latine, disparaît avec le Moyen Âge chrétien, réapparaît au siècle des Lumières et désigne jusqu’à nos jours des réalités diverses dans une même séquence temporelle et changeante sur plusieurs
séquences, du simple nu à la représentation du close-up de l’acte sexuel » (ibid.).
En français, c’est en 1769 que l’écrivain Nicolas Restif de la Bretonne introduit pour la première
fois le terme « pornographe » dans son livre Le pornographeou idées d’un honnête homme sur un
projet de règlement pour les prostituées propre à prévenir les malheurs qu’occasionne le publicisme des femmes, avec des notes historiques et justificatives. Les textes qui datent du début
du XIXème siècle dénoncent en partie la pornographie, assimilée encore largement à la prostitution
et comme étant le miroir de plaies sociales.
Si le début du XXème siècle constitue la pierre angulaire de la pornographie moderne, cette période
semble avoir porté la pornophobie au sommet de son édifice. Émile Pourésy est l’un des premiers
piliers de la lutte antipornographique à s’emparer de ce sujet sulfureux. En 1910, il rédige La
pornographie littéraire, les bonnes et les mauvaises lectures ou encore La pornographie et la jeunesse au côté de Louis Comte.
Parmi les ouvrages de référence de cette période, figure celui de l’historien Jean Morel de
Rubempré qui s’intitule La pornologie ou Histoire nouvelle universelle et complète de la débauche,
de la prostitution et autres dépravations dans tous les pays du monde, notamment en France, particulièrement dans Paris, depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours, et moyens
15 Par « pornographie moderne », il est entendu la capacité de celle-ci à s’intégrer parmi la culture de masse, à se démocratiser, d’abord sous le manteau, grâce à la photographie, aux écrits, puis grâce aux dispositifs médiatiques que l’on a vu émerger depuis, parmi lesquels on compte le cinéma, le minitel, la télévision, l’internet, mais aussi des supports tels les magazines, cassettes vidéo, DVD...
16 Il faut souligner que le mot « pornographie » est apparu dans les dictionnaires anglais et français au XIXe siècle, mais l’emprunt au grec « pornographos »y est bel et bien spécifié.
infaillibles de remédier à ces fléaux et de diminuer le nombre des prostituées sans employer la rigueur… et une première thèse de doctorat, celle de Louis Goulesque, portant sur Les associations et la lutte contre la pornographie, soutenue en droit à l’université de Toulouse en 1930.
Jusqu’au début du XXème siècle, la pornographie est donc avant tout portée dans le milieu des
sciences sociales par son caractère outrageant et son caractère moral négatif.
Dans un essai, rédigé en 1929 par David H. Lawrence et traduit en 2001 par Jérôme Vérain, l’auteur semble avoir un avis plus partagé. Il compare la pornographie qu’il qualifie de « tolérable » (ibid. : 47) en ce qu’elle est « bénéfique à la vie humaine au quotidien » et « la mauvaise
pornographie », « qui consisterait à essayer de ravaler le sexe et de le couvrir d’ordure » (ibid. : 19).
Il explique que, « un jour peut-être, la masse du public voudra regarder les choses en face, faire par elle-même la différence entre la pornographie sournoise et masturbatoire de la presse, du cinéma, de la littérature populaire contemporaine, et la représentation créative de la sexualité que l’on retrouve chez Bocace, sur les vases grecs ou sur certaines mosaïques pompéiennes, nécessaires à
l’exercice de notre lucidité » (ibid. : 50).
À ce propos, en 1982, Nancy Huston dans un chapitre de sa Mosaïque de la pornographie (1982,
2007), renseigne ses lecteurs sur l’itinéraire de la pornographie en passant en revue la période allant de 1937 à 1967 qu’elle qualifie de « mutation profonde en matière de bonnes et mauvaises mœurs » (ibid. : 47). Si la cosmogonie de la pornographie dans la littérature scientifique s’étend encore
largement au paysage traditionnel de l’obscénité et du vulgaire comme on peut le voir dans La
pornographie ou l’épuisement du désir de Michela Marzano, elle tend cependant à un élargissement, d’une part, en termes de représentations et de pratiques — puisqu’il existe désormais une grande quantité de pornographies — et, d’autre part, à un élargissement sémantique (Aïm, 2013 : 6). Jean Baudrillard (2004) parle notamment d’une « pornographie de la guerre ». Beatriz
Préciado consacre quant à elle un chapitre de son Testo Junkie à décrire
« l’ère pharmacopornographique » ou encore ce qu’elle appelle le « pornopouvoir ». Le terme « pornographie » est même parfois retenu pour qualifier la visée de certaines photographies
humanitaires dans bon nombre d’articles d’opinion. Auteure de La photographie humanitaire en
question, Victoire Dewaegeneire (2013 : 50) traite dans un chapitre de « la pornographie de la faim », pour désigner « cette pratique, traduisant ainsi l’idée que la photographie humanitaire a parfois tendance à représenter des scènes obscènes en ce sens qu’elles portent atteinte à la pudeur ». En ce sens, la pornographie est perçue comme négative, mais ce n’est pas toujours le cas. Un
phénomène de société est apparu ces dernières années, le food porn, qui consiste à photographier de
utilisé pour désigner un monceau d’images photographiques attirantes et ce, dans divers domaines,
lorsque l’on est amateur par exemple d’automobile porn ou d’architecture porn.
Selon Ruwen Ogien, l’erreur constante de toutes les tentatives définitionnelles de la part des pornophobes consiste à justement ne pas reconnaître, voire à proscrire cette diversité contenue dans ce qu’on appelle de la pornographie.
1.3.2. Les premiers congrès anti-pornographie (1879-1910)
D’après Béatrice Damian-Gaillard, la pornographie « relève d’une construction sociale, culturelle, politique et juridique, fondée sur des cadres, des règles, des codes, des conventions et des normes historicisées, qui la définissent en même temps qu’ils la circonscrivent » (Damian-Gaillard, 2015 : 15).
C’est justement pour ces raisons que depuis le début du XXème siècle, mais encore aujourd’hui, les
représentants de la loi aux associations de défense de la famille, notamment des mineurs et des femmes, font appel à des recours judiciaires dans le but de faire condamner ce qui touche à la morale, à l’obscénité et donc à la pornographie, en usant des motifs de la dégradation de l’image de la femme et de la protection des mineurs.
Déjà en 1909, René Lavollée, Docteur en Lettres et ancien Consul Général de France s’interroge sur ce qu’est la pornographie. Il déclare « qu’est-il besoin de cette appellation nouvelle pour désigner une chose vieille comme le monde : la débauche et l’excitation à la débauche ? » (Lavollée, 1909 : 94). Selon l’auteur, la débauche, qu’il assimile à la pornographie est une des formes de la perversité humaine. « Elle est le piège tendu à notre faiblesse et comme le stigmate de
notre misère » (ibid.). Parmi les procédés utilisés pour entraîner l’adhésion du lecteur, on peut
constater que l’auteur utilise également d’autres notions issues du même champ lexical, tels que la déchéance, le vice, la corruption, qu’il attribue à la pornographie. Il avance même que cette dernière
génère un « ulcère moral » (ibid. : 97).
Il affirme d’ailleurs à propos du vice : « jusqu’à l’époque actuelle, le vice semblait déjà avoir conscience de son indignité […] Il ne s’affichait pas comme une sorte d’industrie patentée et internationale ; il n’osait travailler ouvertement à corrompre l’adolescence et la jeunesse ; il ne se risquait pas à violer le domicile, à souiller le foyer domestique par sa propagande ; il ne poussait
pas l’audace jusqu’à se réclamer de l’art ou de la science et à se placer sous leur égide » (ibid. : 95).
Nous l’aurons compris, René Lavollée fait partie de ceux qui pensent et attestent que la pornographie fait partie de ce qu’il nomme les « fléaux nationaux ». Elle participe selon lui à la
dépopulation, aux côtés de l’alcoolisme et de l’affaissement moral. Mais il précise que ce fléau ne « sévit » pas seulement en France, bien qu’il ait pris naissance « chez nous », il a gagné aussi les territoires étrangers « il s’y est introduit et s’y propage trop fréquemment sous une estampille
française, d’ailleurs souvent usurpée » (ibid. : 96). Celui-ci nous conduit selon l’auteur à nous
diffamer et nous déshonorer aux yeux du monde civilisé, « il donne de la France la plus déplorable,
la plus fausse opinion, et ce n’est assurément pas le moindre de ses méfaits » (ibid. : 96). Il définit
la pornographie comme se consacrant « à la description de la courtisane : elle la fait sortir des repaires ou elle se cachait autrefois pour l’étaler sous tous ses aspects aux yeux du public et la
proposer, en quelque sorte, à son imitation » (ibid. : 95). Puis, le docteur et ancien Consul Général
ajoute : « Et, par un raffinement monstrueux mais inévitable, elle s’adresse de préférence à la jeunesse, à l’enfance, en un mot à tous les êtres faibles et sacrés dont le respect était, même dans
l’antiquité païenne, considéré comme le plus impérieux des devoirs » (ibid.).
Dans ce pamphlet que René Lavollée érige contre la pornographie, il s’attache à décrire à travers différents chapitres « l’étendue du mal — la pornographie, l’Art et la science — les mesures contre la pornographie en France et à l’étranger — le rôle et le pouvoir des associations — les mesures internationales à prendre ainsi que les actions nécessaires de l’opinion publique ». Ainsi, la clarté et la progression de son argumentation sont soutenues essentiellement par le fait d’avoir à condamner la pornographie et ses usages, tant dans l’espace public, que social, scientifique ou artistique. Selon la thèse de l’auteur, « il y a des plaies avouables et qu’il est possible de sonder aux yeux de tous ; il y en a d’autres que l’on peut étaler sans inconvénients graves et dont il ne faut parler qu’à mots couverts. La pornographie est du nombre de ces dernières. On ne saurait la décrire sans s’exposer à propager le mal même que l’on combat et sans risquer de faire de la réclame aux immondes
mercantis qui en vivent » (ibid. : 94).
Aussi, doit-on selon René Lavollée, « s’en occuper plus pour la dénoncer que pour la dépeindre, moins pour exposer ses méfaits trop évidents que pour étudier son organisation, pour réfuter les
prétextes qu’elle invoque et pour examiner les moyens de la combattre » (ibid.). C’est pourquoi il
s’exerce à travers un bon nombre de pages, à étudier les divers aspects de la pornographie, la thèse de ses propagateurs, les remèdes qui lui sont opposés, les méthodes à suivre pour la combattre et en
triompher (ibid. : 97). L’auteur nous renseigne également dans ce texte sur la façon dont les
associations organisées contre la pornographie sont considérées par le grand public. « Les menaces même s’abattaient sur le premier et le plus ardent promoteur de la croisade anti-pornographique, sur M. le sénateur Bérenger dont le zèle et la défense de la moralité publique était traité par les uns de
monomanie ridicule, par les autres d’attentat à la liberté de la presse, de l’art, de la pensée » (ibid.).
(ibid.). Il s’attache tout de même à faire la distinction entre les productions culturelles « d’une
immoralité incontestable » (ibid. : 98), telles que « les mièvreries amoureuses de certains peintres
du XVIIIème siècle » ou « les chansons légères du Caveau » qui ne s’adressaient qu’à « un public
restreint » et la pornographie contemporaine qui selon lui est « d’une autre essence », puisque
celle-ci « s’est démocratisée, elle s’est industrialisée comme toute chose » (ibid.).
Selon le Littérateur et ancien Consul général de France, la pornographie « vise les foules, elle s’adresse à elles ; par conséquent, elle se met à la portée des esprits les moins raffinés ou plutôt les
plus grossiers, et travaille à rabaisser à leur niveau la masse du public » (ibid.). Il nous donne ainsi
plusieurs exemples qui lui sont contemporains tels que « les chansons de café-concerts, avec leurs sous-entendus trop intelligibles, puis avec leurs gestes suggestifs, enfin avec leurs danses et leurs exhibitions. Les petits théâtres furent ensuite envahis, et bientôt après les grands […] On vit peu à peu les mœurs et la langue des mauvais lieux s’insinuer dans le roman, et surtout dans le
roman-feuilleton, dans le roman populaire » (ibid. : 98-99).
Mais d’après l’auteur, plus que les formes qu’ont pu prendre le théâtre ou le roman, « la grande
coupable a été l’image » (ibid. : 98). D’après René Lavollée (ibid. : 102), « il s’est crée toute une
imagerie, toute une littérature et imagerie d’un genre spécial, et qui ont la prétention de n’être confondues ni avec les livres de simple gaudriole, ni avec les romans obscènes, ni avec les cartes transparentes. C’est au nom de l’art et de la science que l’on présente au public ces produits nouveaux de la pornographie ».
Il explique : « Le dessin servit d’abord à illustrer le roman populaire vendu par livraisons pour quelques centimes, puis la couleur vint doubler l’effet du dessin et donner aux illustrations les plus scabreuses, aux caricatures les plus risquées, l’illusion de la vie et de la réalité ; enfin, se suffisant à elle-même, l’image coloriée a tapissé nos murs de réclames infâmes, déshonoré la couverture de maint volumes ; enfin, elle est devenue par la carte postale, surtout par la carte transparente vendue
par centaines de millions d’exemplaires, le plus redoutable agent de corruption » (ibid. : 99-100).
De son côté M. Barboux, dans le compte-rendu qu’il fait de l’assemblée de la fédération des sociétés françaises en 1908 présidé par M. Bérenger, parle des prétendues immunités de l’art afin d’expliciter cette idée que l’art ne possède pas les mêmes critères de censure, du fait de son statut
culturel dans la société. Mais c’est en fait selon René Lavollée (ibid. : 102), « Sous prétexte
d’enseignement scientifique, de petits traités d’une précision absolue, se chargent d’initier la curiosité des adolescents ou même des enfants aux plus intimes secrets de la gynécologie et de l’art d’aimer, en assaisonnant le tout de descriptions et d’anecdotes appropriées ».
Comme c’est encore le cas dans les études récentes sur la pornographie, l’obscénité est elle aussi une notion fortement blâmée dans le discours de Lavollée, selon lui, celle-ci est définie de façon trop arbitraire et permet aux pornographes et à leurs défenseurs de profiter de ces limites en les
contournant. René Lavollée énonce de fait (ibid. : 116-117) « les pornographes et leurs défenseurs
profitent habilement de la difficulté incontestable que l’on éprouve à définir l’obscénité, à déterminer le point où elle commence et celui où elle finit ». Il accable ces mêmes pornographes et leurs défenseurs, de ne pas prétendre « laisser aux tribunaux, et encore moins à des censeurs, le soin
de décider du caractère obscène d’une œuvre » (ibid. : 117).
M ; Lecomte, cité par Lavollée (ibid. : 117) dans la seconde partie de son pamphlet contre la
pornographie, aux côtés de tous les littérateurs éminents, déclare « que la pornographie n’a rien en commun avec l’art véritable, qu’elle est au contraire, la négation ». Les six premières éditions du Dictionnaire de l’Académie, de 1694 à 1835, avaient d’ailleurs défini l’obscène comme ce qui « blesse la pudeur ». Alain Vaillant dans son article Pornographie et Obscénité nous apprend d’ailleurs qu’Émile Littré ajoute en 1872 un mot capital : l’obscène « blesse ouvertement la pudeur
» (Vaillant, 2015: 10). L’obscénité implique à partir du XIXème siècle une contestation morale, où se
retrouveront les artistes, les écrivains, etc.
Parler de cet affichage assumé de la sexualité strictement en termes d’obscénité revenait donc à privilégier une conception à la fois politique et esthétique du phénomène. Le « pornographie », elle, renvoie à cette époque bien sûr au livre publié en 1769 par Restif de la Bretonne, Le Pornographe ou Idées d’un honnête homme sur un projet de règlement pour les prostituées, sur les malheurs qu’occasionne le publicisme des femmes.
La pornographie est originellement liée à la prostitution.
Bien entendu, René Lavollée, dans son pamphlet contre la pornographie s’attache également à faire concorder pornographie avec prostitution, puisqu’il décrit l’existence de « certaines maisons de rendez-vous, fréquentées par des femmes d’une catégorie toute spéciale », mais il fait également rimer pornographie et dépeuplement de la France et des pays européens en général (il affirme d’ailleurs que l’Allemagne semble bien plus touchée par le phénomène) en abordant la question