2. Propostas de concretização da catequese de adultos
2.3. Catequese generativa
2.3.1. Definição de pastoral generativa
2.3.1.3. Favorecimento do nascimento e amadurecimento da fé
Dans les entretiens que nous avons réalisés avec les différents chercheurs, nous avons posé la question de leur positionnement moral quant à la pornographie, et qui, de fait oriente et situe leurs recherches respectives.
Néanmoins, certains chercheurs n’ont pas souhaité que ces entretiens soient visibles dans cette thèse. D’autres n’ont simplement pas répondu à ma demande arguant que ces travaux n’étaient pour eux plus d’actualité ou simplement en ne répondant pas du tout, même après plusieurs demandes. Comme nous avons pu le constater dans le chapitre consacré à la raison pour laquelle les chercheurs travaillent sur la pornographie, certains s’inscrivent dans une science galvaudée de valeurs morales, quand d’autres analysent l’objet de façon située, certes, mais, sans jugement de valeur. Pour autant, Dominique Maingueneau pense qu’il ne faut pas que l’objet perde son parfum de scandale, qu’il rentre dans la légitimité scientifique au prix d’un refroidissement (Maingueneau, Entretien du 24 mai 2016), « d’être pour ou contre, c’est gentil, mais dans la pratique de la pornographie, elle est irréductible. Si elle ne s’appelle pas comme ça, elle s’appellera autrement. Depuis que l’homme est homme, il y a toujours eu des discours que j’appelle atopiques ».
Ces discours peuvent selon le linguiste changer de nature puisque « la pornographie n’existait pas. Si elle n’existe plus un jour, elle sera d’ailleurs remplacée par autre chose. Être contre, ça me
semble dérisoire, car on ne peut pas aller contre quelque chose d’anthropologique » (ibid.).
Patrick Baudry, qui s’est tenu à une démarche strictement anthropologique et sociologique est partisan du fait que la question de la morale soit une chose, qu’il faille la prendre en compte dans l’analyse que l’on fait de l’image pornographique, mais qu’en revanche, le moralisme en soit une autre. Ce qui l’intéressait avec cette question de la pornographie, ce n’était pas de s’afficher comme un grand subversif. Mais justement s’obliger, dans le traitement scientifique d’un objet, à ne pas pouvoir se contenter, au nom de la science, d’une posture moraliste.
On ne doit pas pour autant se débarrasser des questions morales de l’ordre de la transgression, de l’interdit, de l’abjecte, il ne faut pas qu’il perde son caractère subversif, puisque c’est ce qui le définit de prime abord. En revanche, il faut simplement faire attention à ne pas produire non plus des discours angéliques qui « puissent supposer qu’un jour tout puisse s’arranger » (Baudry, Entretien du 22 novembre 2013).
Cela pose la question de savoir si toute représentation de la sexualité en images serait une abomination (et il n’est pas d’accord avec cela), un phénomène social qui est de l’ordre du sordide.
Mais de quel droit et par quelle vérité le chercheur pourrait-il faire prévaloir une sexualité de bon aloi ? « J’ai presque une sorte de révolte, à mon avis, naïve, contre un bon sexe et qui se revendique par opposition à ce mauvais sexe, qu’incarne de toute évidence la pornographie. Il me semble qu’il
y a là une simplification, des raccourcis qui sont tout de même très embêtants » (ibid.).
Philippe Di Folco, dans le même ordre d’idée, affirme que son point de vue sur la pornographie n’est en rien moral, car celle-ci doit rester au foyer et l’espace public doit rester absolument libre.
La pornographie est donc une notion qui ne convoque « ni le bien, ni le mal ». Le Dictionnaire de
la Pornographie qu’il a dirigé et organisé aux côtés de ses contributeurs, a simplement essayé de la déconstruire pour qu’en résulte un objet de savoir, voire, un objet d’études.
« Il y a, effectivement, une forme d’exploitation des travailleurs du sexe mais comme il y a une forme d’exploitation des travailleurs en général, c’est le salariat qui est une pourriture. Le
fait d’avoir des gens qui dirigent et contrôlent la Porn Valley, qui se trouve en Californie, où
3, 4 personnes contrôlent un marché évalué à 750 milliards, c’est épouvantable. C’est hyper concentré, à côté de ça, vous avez 300 000 travailleurs du sexe, ça fait 3 macros pour un grand nombre de gens qui se prostituent, car ça a à voir avec la prostitution, évidemment, comme l’indique le radical du mot "pornographie". Mais ça a à voir avec tellement de choses, par exemple avec la volonté de "voir" du sexe (qui n’est pas tellement en lien avec "faire" du sexe, on n’est pas dans le "faire" sexuel, on est dans le "voir" sexuel, la fonction "voir" ici est fondamentale) » (Di Folco, Entretien du 7 mars 2017).
Laurent Martin défend « une position personnelle ambivalente d’attirance/répulsion, de fascination en tout cas », et en qualité d’analyste, il essaie de se dégager un maximum des jugements de valeurs
bons ou mauvais que la pornographie entraîne : « Je ne suis pas dans la posture de l'acafan, du fan
académique qui, parce qu'il pratique telle ou telle activité, se croit obligé de s'en faire le propagandiste. Au contraire, me semble-t-il, plus ces questions me touchent de près, plus j'essaie d'instaurer une distance, un recul critique » (Martin, Entretien du 19 décembre 2013).
Pour Florian Vörös, dans le contexte des SHS françaises, « le développement de recherches sur la pornographie ne doit pas conduire à une réification des frontières de l’objet, alors même que, du minitel (voir par exemple les recherches de Josiane Jouët) en passant par internet (voir par exemple les recherches de Fred Pailler), l’histoire des technologies de communication montre que la représentation sexuelle n’est pas — au grand dam des régulateurs — cantonnée à un lieu prédéfini
dans notre paysage médiatique » (Vörös, Entretien des 18 et 27 août 2016). L’extension des pratiques de recherche et d’enseignement prenant en compte les représentations sexuelles doit, à terme, permettre à l’étude de la pornographie de perdre son statut d’exception « obscène » au sein des sciences humaines et sociales.
La relative banalisation de la pornographie dans l’espace universitaire est en effet la condition préalable à son analyse sereine et rigoureuse.
Bien que Béatrice Damian-Gaillard affirme quant à elle avoir une posture avant tout politique, elle défend n’avoir aucune posture morale vis-à-vis de l’objet.
La position de Marie-Anne Paveau sur la pornographie est une position athée, le sexe de la femme n’est pas que « le siège de la vie » (périphrase empruntée à la pensée qui envisage la sexualité par le prisme de la religion), il est un endroit de jouissance, de plaisir —, une façon de ne pas mettre sur le même plan la sexualité reproductive et la sexualité ludique. Son militantisme se retrouve également dans son combat pour que le travail du sexe ait un statut social reconnu, pour que les prostituées puissent accéder à une sécurité sociale, à une retraite. Elle se définit d’ailleurs elle-même comme une « féministe pro-porn, pro-putes » et revendique militer volontiers du côté des féministes différencialistes et des féministes pro-sexe ou partager les convictions et points de vue, relatifs à la pornographie d’Ovidie, de Lucie Blush et de nombre de féministes pro-porn ainsi que la position, que d’aucuns qualifieraient de « radicale », de Morgane Merteuil au sujet du lien ténu entre pornographie et prostitution. Il ne fait aucune « différence entre vendre ses organes génitaux et vendre sa force corporelle pour un ouvrier dans la perspective capitaliste » (Paveau, Entretien du 30 juin 2016). Elle s’inscrit donc « dans une science militante, dans l’épistémologie du point de vue
avec l’idée que la science, si on veut qu’elle ait une utilité sociale, doit être politique » (ibid.).
Du point de vue moral, François-Ronan Dubois de son côté, pense que la pornographie n’est pas à interdire, qu’il n’est pas répréhensible d’en produire ou d’en consommer, d’en distribuer ou d’en faire le commerce. Bien entendu, toute liberté n’est pas bonne à prendre et il existe aussi des pornographies répréhensibles, immorales ou illégitimes. Enfin, d’un point de vue juridique, la situation en France n’est pas mauvaise dans la mesure où il existe une limite d’âge pour les participants et pour les spectateurs, ce qui garantit un certain cadre.
Comme l’explique François-Ronan Dubois (2014 : 7) dans son essai sur les porn studies, « la
pornographie est un exemple typique de ces objets culturels dont le discours public s’empare volontiers sans produire une connaissance un tant soit peu détaillée ». Puis d’ajouter « il en va ici de la pornographie comme du rapport fantasmé entre jeux-vidéos et violence, véritable marronnier de l’informatique médiatique » (Dubois 2014 : 7).
Dans la plupart des premiers écrits scientifiques sur la pornographie, si celle-ci est condamnable c’est bien parce qu’elle est jugée comme étant immorale. Aujourd’hui encore « si l’on condamne les représentations sexuelles explicites, c’est en général pour deux raisons principales : le contenu en est immoral et le visionnage, dangereux » (Dubois 2014 : 8). Ce qui est en fait considéré comme immoral dans la pornographie, c’est bien que celle-ci parle de sexe.
Néanmoins, il n’est pas question de confondre sexe et pornographie, Marie-Anne Paveau a
d’ailleurs consacré un chapitre de son Discours pornographique (2014) à cette question.
Si la pornographie est un problème dans notre société occidentale, c’est bien parce qu’elle est produite, diffusée et consommée en masse. Comme l’énonce très clairement François-Ronan Dubois (2014 : 8), elle ne peut donc pas être perçue « comme un épiphénomène culturel. En d’autres termes, pas de discours de condamnation quand personne ne s’intéresse à ce que l’on veut condamner ».
Rachele Borghi, largement du côté des féministes pro-sexe pense que la pornographie, si on en fait bon usage (tant dans sa production/ réalisation, que dans sa consommation) est une expression de la diversité des sexualités, un outil d’éducation de la sexualité, mais aussi, de l’expression de ces sexualités (Borghi, Entretien du 30 mai 2016). Elle nous confie en fait avoir connu la pornographie
à travers le post-porn et pas le contraire.
La question du positionnement des chercheurs étant posée, il semble à présent intéressant de se demander si la pornographie comporte ou non une légitimité en tant qu’objet d’étude. En effet, souffre-t-elle d’une image trop négative ? Est-elle « indigne » d’être étudiée dans le champ universitaire ? Est-elle un discours ? Voici les réponses éclairées qu’apportent entre autres Dominique Maingueneau et Marie-Anne Paveau.