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PARTE III – Trabalho de campo

13. Concretização das aulas

Principes de cosmographie de François Delille (1849)

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La page de titre précise qu’il s’agit d’un ouvrage « renfermant la solution des questions de

géométrie et de cosmographie qui sont adressées dans les examens de l’Hôtel-de-Ville de

Paris » et qu’il est également « destiné aux établissements d’instruction secondaire, aux

aspirantes au diplôme de maîtresse de pension et aux écoles primaires supérieures ». La

préface élargit encore le champ du lectorat potentiel puisque l’auteur y écrit :

« Nous pensons donc avoir fait une chose utile en essayant, dans cet ouvrage, de

mettre les connaissances astronomiques à la portée de toutes les intelligences (...)

les gens du monde et les jeunes élèves de nos écoles pourront aussi y acquérir des

notions exactes sur le système du monde et sur les lois qui le régissent. »

François Delille est professeur de mathématiques, auteur prolixe de manuels d’arithmétique et

de traités sur le système métrique dont l’éditeur dresse la liste en stipulant que ces œuvres ont

valu à leur auteur une médaille d’argent à l’exposition universelle de 1867.

Après les traditionnelles définitions préliminaires, le livre est organisé en six chapitres

intitulés « De la Terre », « Des étoiles fixes », « Du Soleil », « De la Lune », « Du système

planétaire » et « Du calendrier ». Dans ce dernier chapitre, l’auteur s’étend longuement sur les

fêtes religieuses et la détermination de leurs dates à l’aide de l’âge de la Lune, là où le

programme officiel ne mentionne qu’une simple comparaison entre calendriers julien et

grégorien. Il nous prouve ainsi son respect pour l’autorité religieuse déjà perçue dès les

premières définitions :

« On appelle monde ou univers, l’ensemble de tous les corps que Dieu a créés. »

(1865, p. 13)

A l’exemple de plusieurs auteurs mineurs, tels Paulin et Perrault-Maynand que nous

étudierons par la suite, Delille multiplie les termes dont nous ne percevons pas l’utilité dans

un ouvrage qui ne cherche pas l’exhaustivité. Ainsi définit-il les « amphisciens » – habitants

de la zone torride –, les « hétérosciens » – habitants de la zone tempérée –, les « perisciens » –

habitants des zones glaciales (1865, p. 27). En revanche, nous pouvons porter à son crédit la

mention des lois de Kepler dans l’ordre de la découverte et la liste à jour des petites planètes

pour laquelle il donne le conseil suivant :

« L’élève aura à savoir dans cet article : les explications, les noms des planètes qui

le frapperont davantage, et les noms des astronomes qui en ont le plus découvert. »

(1865, p. 173)

Un nombre non négligeable de pages est consacré à la réponse aux questions d’examen

mentionnées dans le sous-titre. Voici à titre d’exemple, un florilège de problèmes posés au

brevet d’institutrice du premier ordre :

« 1- Lorsqu’il est midi à Paris, il est 7 h 36 m 28 s du soir à Pékin : quelle est la

longitude de cette dernière ville ?

5- La surface de la Terre étant évaluée à peu près à 500 millions de km

2

, et l’air

exerçant sur chaque m

2

(...) une pression de 10,330 kg, calculer, d’après ces données,

le poids total de l’atmosphère.

8- Quel est le jour de l’année d’une longueur égale au 25 avril ?

14- Combien d’années faut-il pour rétrograder d’un signe du zodiaque ? »

Si F. Delille fournit des réponses précises à toutes ces questions d’examens, il se révèle moins

compétent lorsqu’il s’agit de rendre compte des avancées de la science astronomique puisqu’il

affirme à la page 76 de l’édition revue et corrigée de 1878 que :

« Des mesures exécutées avec précision, et confirmées d’ailleurs par le calcul, ont

prouvé que la parallaxe des étoiles est nulle (...) Quelques astronomes pensent

cependant que les étoiles les plus voisines de la Terre, telles que Sirius et Véga,

ont une parallaxe de 2’’ environ. »

Autre opinion sujette à caution :

« On pense que les étoiles changeantes sont des sphéroïdes très aplatis, tantôt

s’offrant à nous dans le sens de leur plus grande largeur, tantôt ne nous présentant

que leur tranche ou épaisseur. » (1865, p. 67)

Dans Les merveilles célestes, ouvrage contemporain de cette 6

ème

édition, Camille

Flammarion nous fait part avec grand scepticisme de cette hypothèse qu’il attribue à

Maupertuis.

Malgré ces affirmations hasardeuses, les Principes de Cosmographie de Delille sont un succès

de librairie dont le catalogue Houzeau et Lancaster signale les sept premières éditions (1849,

1853, 1856, 1859, 1862, 1865, 1868). Nous pouvons en ajouter deux puisque celle que nous

venons d’examiner est la 9

ème

. Ils traversent sans encombre les changements de programmes

et même les réformes plus importantes, comme celle de la bifurcation dont nous parlerons

dans la période qui suit. Cette longévité est vraisemblablement due au public très large auquel

l’ouvrage s’adresse. Nul doute qu’il devait figurer dans nombre de bibliothèques populaires.

En résumé de ce paragraphe, nous remarquons qu’au cours de la période, les ambitions de

l’enseignement de l’astronomie, devenue cosmographie dans les années trente, suivent une

pente constamment descendante. Dans l’euphorie de l’après Révolution, des savants

importants (Biot, Delambre) tentent de mettre à la portée des lycéens les derniers résultats de

la mécanique céleste et de l’astronomie d’observation dans des ouvrages d’un haut niveau

scientifique. Mais la dynamique est de courte durée et les savants laissent la place, au mieux à

des professeurs consciencieux, au pire à des académiciens de province pédants, qui rédigent

les premiers manuels de cosmographie reposant sur un programme détaillé. La description

reprend le dessus dans ces ouvrages qui ne sont plus en prise directe avec la science de leur

époque. La frontière entre manuel scolaire et livre de vulgarisation demeure mince puisque

certains auteurs tels Delille, étudié ici, écrivent pour les « gens du monde » autant que pour les

« jeunes élèves des écoles ». La confusion entretenue entre bibliothèques scolaires et

populaires après la loi Guizot contribue à brouiller les cartes.