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PARTE III – Trabalho de campo

15. Reflexões e conclusões sobre o trabalho de campo

Un bref regard sur les statistiques fournies en annexe montre que la production de livres de

vulgarisation de l’astronomie a globalement triplé entre la première et la deuxième période de

notre étude. Si l’Italie marque le pas et si les Etats-Unis font une apparition discrète, le

classement par nationalités ne subit pas de modifications profondes. Les pays germaniques

demeurent en tête devant la France dont la part relative s’accroît au détriment de la

Grande-Bretagne. Nous avons déjà évoqué la prudence avec laquelle il convient de manipuler ces

données numériques, un ouvrage n’ayant connu qu’une édition figurant au même titre qu’un

succès plusieurs fois réédité et traduit.

Trois pays seront représentés dans l’étude ci-dessous par trois personnages ayant joué un rôle

fondamental dans la diffusion de l’astronomie, sur des registres fort différents : John Herschel,

Quételet et Humboldt.

En Angleterre, comme en France, l’impact de la mécanique céleste se fait sentir par la

parution de Traités et d’Eléments qui se révèlent tout sauf élémentaires. Tel est le cas de The

elements of the theory of astronomy de W. Maddy. L’auteur, qui conseille la lecture des

ouvrages de Biot et Delambre, fait la part belle aux calculs et aux considérations théoriques.

Ce cours de quatre cent soixante pages, réparties en dix-huit chapitres, ne semble guère

accessible au débutant, bien que l’avertissement laisse entendre qu’il est destiné aux

personnes qui n’ont ni le désir, ni la possibilité d’approfondir leurs connaissances de

l’astronomie. L’aridité du propos n’empêche pas trois éditions, en 1826, 1832 et 1840, mais

ce succès est modeste au regard de celui de l’ouvrage que nous allons maintenant examiner.

a) John Herschel, Traité d’astronomie, 1831

John Herschel a trente-huit ans quand paraît la première édition anglaise de son Traité

d’astronomie. Quelques années auparavant, un voyage sur le continent lui a permis de

rencontrer les astronomes les plus en vue : Laplace, Biot, Arago et Humboldt en France,

Piazzi en Italie et Encke en Allemagne. Mais ce sont les travaux des astronomes anglais, et

notamment ceux de son père William, dont il fait état le plus fréquemment dans son Traité.

Ainsi, lorsqu’il retrace, en une dizaine de lignes, le passage de Vénus de 1769, la seule

expédition mentionnée est celle que dirige le capitaine Cook.

Cournot

211

introduit ainsi sa traduction de cet ouvrage :

« Qui pouvait, à plus de titres que Sir John Herschel, se charger de répandre et de

populariser ces notions. »

« Populariser » n’a sans doute pas, sous la plume de Cournot, le sens que nous lui attribuons

aujourd’hui car, contrairement à ses confrères du continent, le savant anglais ne s’adresse pas

à des personnes dénuées de prérequis :

« L’entrée du sanctuaire et les prérogatives d’initiés n’appartiennent qu’à ceux qui

ont acquis une connaissance suffisante des mathématiques, ce grand instrument de

toute recherche exacte, sans lequel on ne peut faire des progrès dans aucune des

branches élevées de la science, ni se former une opinion indépendante sur les

sujets de discussion entre les savants. » (p. 6)

Ce rappel du « nul n’entre ici s’il n’est géomètre » de Platon, est complété par la liste des

connaissances préliminaires : « la pratique familière de l’arithmétique décimale et

sexagésimale, à quoi il faut joindre quelques notions de géométrie et de trigonométrie plane et

sphérique, les principes élémentaires de la mécanique, et assez d’optique pour comprendre la

construction et l’usage du télescope », qui pourrait décourager le profane. Dans la préface,

l’auteur présente son objectif :

« Notre but, n’est pas d’offrir au public un traité technique (...). Le but que nous

nous proposons est tout autre : il consiste à présenter sur chaque sujet le dernier

résultat rationnel des faits, des démonstrations et des méthodes. » (p. 9)

Voici la table des matières de l’ouvrage :

Chapitre Titre Page

I Sans titre (Notions générales, forme et grandeur de la Terre, horizon, réfraction atmosphérique, mouvement diurne, parallaxe, définitions)

10 II Sans titre (instruments et observations astronomiques, mesure du temps) 75

III De la géographie 126

IV Uranographie 185

211

John Herschel, Traité d’astronomie, traduit par Cournot, 2ème édition, Paris, Paulin, 1836. Antoine Cournot (1801-1877), mathématicien, économiste et philosophe, est surtout connu pour ses travaux sur l’application des mathématiques à l’économie et sur les probabilités. Dans ses ouvrages philosophiques, il propose de diviser les sciences en trois séries : théorique, cosmologique et technique.

V Du mouvement du Soleil 218

VI Sans titre (Lune et éclipses) 253

VII Sans titre (loi de la gravitation universelle et conséquences) 276

VIII Du système solaire 289

IX Des satellites 342

X Des comètes 357

XI Des perturbations 372

XII Astronomie sidérale 443

XIII Du calendrier 488

Si nous comparons le plan à celui d’Arago, nous notons une importance comparable des

chapitres préliminaires. En revanche, Herschel reporte classiquement l’astronomie sidérale en

fin d’ouvrage, et la Terre se voit offrir un traitement de faveur alors qu’Arago la replace à son

rang dans l’ordre des planètes du système héoliocentrique. La distinction essentielle concerne

la mécanique, préoccupation centrale chez Herschel mais marginale chez Arago. Il n’est pas

étonnant que le traducteur Cournot fasse un parallèle avec le livre de Laplace.

Les sujets de prédilection de la famille Herschel apparaissent dans le douzième chapitre dont

la dimension est sans commune mesure avec les parties consacrées aux étoiles en France. En

voici la table détaillée, proposée en début de chapitre :

« Des étoiles en général. – Leur classification d’après leurs grandeurs apparentes.

– La distribution dans le ciel. – Voie lactée. – Parallaxe annuelle. – Distances

réelles, dimensions probables et nature des étoiles. – Etoiles variables. – Etoiles

temporaires. – Etoiles doubles. – Révolution des étoiles doubles les unes autour

des autres dans des orbites elliptiques. – Extension de la loi de la gravitation aux

systèmes d’étoiles doubles. – Etoiles colorées. – Mouvements propres du Soleil et

des étoiles. – Aberration et parallaxe du système solaire. – Systèmes d’étoiles. –

Amas d’étoiles. – Nébuleuses. – Etoiles nébuleuses. – Nébuleuses annulaires et

planétaires. – Lumière zodiacale. » (p. 443)

Ici John Herschel a l’occasion de citer les travaux de son père à une dizaine de reprises. C’est

aussi une des rares occurrences de l’histoire dans l’ouvrage.

Le Traité comporte des parties difficiles, émaillées d’explications non accessibles au grand

public. Donnons à titre d’exemple un extrait du contenu du chapitre XI sur les perturbations :

« ... Décomposition des forces perturbatrices en forces tangentielles et radiales. –

Effet de la force tangentielle. – 1° Dans une orbite circulaire. – 2° Dans une orbite

elliptique. – Compensation des effets. – Cas de la presque commensurabilité des

moyens mouvements. » (p. 372)

Comme nous l’explique le traducteur Cournot, Herschel ne se contente pas, à l’image de

Laplace, de donner les grandes lignes du calcul des perturbations. Il en présente toutes les

subtilités, rendant le chapitre hermétique à la plupart de ses contemporains. D’autant que son

parti pris géométrique lui interdit le recours aux formules analytiques. Les phénomènes sont

décrits par des phrases agrémentées de schémas commentés. La comparaison de ce chapitre XI

avec le livre IV de l’Exposition du système du monde, traitant du même sujet tourne à

l’avantage de ce dernier pour trois raisons. Tout d’abord, la mention des étapes historiques

confère un caractère de récit à l’exposé du calcul des perturbations et le rend plus vivant.

Ensuite, Laplace propose un questionnement auquel les principes apportent des réponses.

Enfin, le style de Laplace est plus limpide : plan mieux structuré, phrases courtes et

vocabulaire précis.

Le recours aux termes « didactique », « enseigner », « instruction », dans la préface, illustre le

souci pédagogique. Mais John Herschel souhaite garder à son ouvrage un caractère rigoureux

et n’a recours à aucun matériel, sphère ou autre, pour mettre son propos à la portée du

débutant :

« Nous nous garderons, au surplus, de la prétention de donner à ce sujet des

notions correctes, à l’aide de cercles tracés sur le papier, ou, ce qui est pis, à l’aide

de ces appareils puérils auxquels on donne le nom de planétaires. » (p. 342)

Ce sont ainsi nombre de confrères diffuseurs de l’astronomie qui se trouvent stigmatisés. Mais

l’auteur manifeste également son mépris à l’égard des dénominations mythologiques des

constellations :

« Nous ne croyons pas devoir parler ici en détail de ces figures bizarres d’hommes

et de monstres qu’on est dans l’usage de tracer sur les globes célestes, et qui

offrent un moyen grossier de distinguer des groupes d’étoiles ou des régions du

ciel, en leur imposant des noms, dont l’origine est absurde ou puérile. » (p. 192)

Plus généralement, les rappels historiques sont bannis. Le passé ne trouve grâce aux yeux de

Herschel qu’à compter de Kepler dont il présente les lois dans l’ordre de leur découverte.

L’attitude face à l’histoire est celle qu’adoptait Lacaille dans ses Leçons de 1746 : le

cheminement jusqu’au « vrai » système du monde n’a pas sa place dans les traités

d’astronomie :

« Notre objet n’est pas de convaincre ou de réfuter les opposants, ni de rechercher

sous le semblant d’une ignorance empruntée, des principes dont nous sommes dès

longtemps en possession, mais simplement d’enseigner ce que nous savons. »

(p. 4)

Cournot saisit l’opportunité de la traduction du Traité de Herschel pour placer en fin

d’ouvrage une « addition » intitulée « sur la distribution des orbites cométaires dans

l’espace ». Passons sur le procédé curieux qui consiste à joindre à la traduction d’un livre

important le compte rendu de travaux personnels du traducteur qui n’ont qu’un rapport fort

ténu avec l’ouvrage de départ, et intéressons-nous néanmoins à cette addition pour deux

raisons. La première tient au fait que l’étude statistique proposée repose sur les considérations

de Lambert dans les Lettres cosmologiques que nous avons étudiées dans la première partie.

« Dans la 16

è

lettre de cette correspondance imaginaire se trouve l’objection très

juste que les nombres d’orbites entre les diverses limites d’inclinaison, tels qu’ils

résulteraient alors de la table de 24 comètes donnée par Halley, suivent une

progression différente de celle qu’entraînerait l’hypothèse de la distribution

uniforme des pôles d’orbites. » (p. 507)

Suit un hommage, en demi-teinte, aux qualités de vulgarisateur d’un des auteurs phares de

cette deuxième partie :

« Il est à regretter que M. Arago, dans l’excellente notice sur les comètes, dont il a

enrichi l’Annuaire de 1832, et où il passe en revue plusieurs des idées de Lambert,

n’ait pas mentionné celle-là ; elle eût reçu de la plume du célèbre secrétaire de

l’Académie, si habile à populariser les notions scientifiques, la publicité qui lui

manque. »

Devant l’aridité du propos et le peu de concessions au lecteur profane, on peut s’étonner du

succès triomphal du Traité d’astronomie : neuf éditions anglaises en 1831, 1833, 1835, 1836,

1839, 1840, 1844, 1851 et 1855, quatre éditions de la traduction française en 1834, 1836,

1837 et 1853 et diverses autres traductions : danoise (1838), hollandaises (1838 et 1840) et

espagnole (1844). De plus, dès 1849, John Herschel propose une nouvelle version du Traité

intitulée Outlines of astronomy dont les éditions londoniennes s’égrainent jusqu'à la fin du

siècle : 1849, 1850, 1851, 1858, 1859, 1864, 1865, 1867, 1869, 1871, 1873, 1875 et 1880. La

notoriété de l’auteur au-delà des frontières a sûrement contribué à ce retentissement. L’impact

de l’ouvrage se manifeste aussi par « ricochet ». En effet, plusieurs compilateurs, tels Sophie

Ulliac-Trémadeure et Jean Rambosson dont nous étudierons les ouvrages, le mentionnent

dans leurs sources principales et le citent abondamment. Le grand Camille Flammarion

lui-même a certainement lu John Herschel avec attention car l’un de ses thèmes préférés, celui

des soleils colorés, figure dans le Traité d’astronomie dans des termes bien proches de ceux

qu’il utilise dans ses Merveilles célestes. Comparons :

« Il n’est pas aisé d’imaginer de quelle variété d’illumination doit jouir une

planète éclairée par deux soleils, l’un rouge et l’autre vert, ou l’un jaune et l’autre

bleu, selon que l’un ou l’autre ou tous les deux sont sur l’horizon. Que l’on se

figure, par exemple, des jours rouges et des jours verts, alternant avec des jours

blancs et avec des nuits obscures. » (Traité d’astronomie, p. 470-471)

« Quelle variété de clarté deux soleils, l’un rouge, et l’autre vert, l’un jaune et

l’autre bleu, doivent répandre sur une planète qui circule autour de l’un ou de

l’autre ! à quels charmants contrastes, à quelles magnifiques alternatives doivent

donner lieu un jour rouge et un jour vert, succédant tour à tour à un jour blanc et

aux ténèbres. » (Merveilles célestes.)

212

Parmi les lecteurs français, nous trouvons également Jules Verne qui y aurait puisé selon

Philippe Scheinhardt l’idée du « jour fantôme » du Tour du monde en quatre-vingts jours.

213

Voici comment Herschel expose la particularité qui permet à Phileas Fogg de gagner son

pari :

« Supposons, par exemple, que le voyageur parte de A, au moment où l’équinoxe

était au méridien, auquel cas le chronomètre marquait 0 h, et qu’après vingt-quatre

heures de temps sidéral il ait parcouru 15 degrés vers l’ouest pour arriver en B. A

ce moment son chronomètre aura gagné une heure ; car l’équinoxe sera dans le

212 C. Flammarion, Les merveilles célestes, 3ème édition, Paris, Hacherre, 1869 (p. 147).

213 P. Scheinhardt, Le tour du monde en quatre-vingts jours, dans Jules Verne écrivain, Nantes, Coiffard, 2000 (p. 100).

méridien de A, et non dans le méridien de B , où il n’arrivera qu’une heure plus

après. Lorsqu’il y sera, le chronomètre marquera, non pas 0 h, mais 1 h, et il sera

ainsi d’une heure en avance sur le temps local en B. » (p. 162)

S’il est possible que Jules Verne ait trouvé son inspiration dans l’ouvrage de Herschel, la

même idée est développée chez d’autres auteurs nettement moins prestigieux. Auguste Paulin,

professeur de langues et de géographie à Nantes, commet vers 1811 de courtes Leçons de

cosmographie, regorgeant de conceptions farfelues, notamment sur les comètes. Mais sa

vingt-troisième leçon, intitulée « Semaine des trois jeudis », nous semble plus proche de

l’aventure de Passepartout et son maître que le paragraphe du volumineux traité anglais :

« Supposons donc qu’aujourd’hui jeudi, deux voyageurs partent du port de

Nantes, pour faire le tour du monde ; l’un par l’orient, et l’autre par l’occident.

Lorsque celui qui va dans l’orient aura atteint le 90

e

degré de longitude, le quart de

sa course, il comptera six heures du soir, et il ne sera que midi à Nantes. Notre

même voyageur, arrivé au 180

e

degré, moitié de sa carrière, comptera douze

heures de la nuit, ou minuit, et il ne sera encore que midi dans sa ville. Enfin, il

termine l’autre moitié de la circonférence, et arrive à Nantes, ce qui fait 360

degrés, il compte vingt-quatre heures de plus, c’est-à-dire un jour. Or, le jeudi à

Nantes, est pour lui le vendredi : c’est le mercredi de Nantes qui est son jeudi. Par

la raison contraire, notre autre voyageur, qui a fait le même tour, en allant vers

l’occident, compte à son arrivée, vingt-quatre heures, ou un jour de moins : il

comptera donc jeudi, quand ses compatriotes compteront vendredi. Nos deux

voyageurs et leurs concitoyens appelleront jeudi trois jours différents de la

semaine : voilà ce que l’on doit entendre de la semaine des trois jeudis. »

214

Pour conclure sur ce sujet du « jour fantôme », remarquons qu’il figure également dans

l’Astronomie des dames de Lalande (p. 48-49), ainsi que nous le fait remarquer Camille

Flammarion quand il relate à son tour le phénomène

215

. Arago y consacre lui aussi un

paragraphe, d’une sobriété proche de celle de Herschel.

b) Thomas Squire, Astronomie enseignée en

vingt-deux leçons, 1823

D’un genre tout à fait différent du Traité de Herschel est L’astronomie enseignée en

vingt-deux leçons de Thomas Squire, sous-titrée « Les merveilles des cieux expliquées sans le

secours des mathématiques ». On y retrouve le plan habituel des ouvrages d’astronomie

descriptive à la portée du plus grand nombre.

Leçon Titre Page

I Histoire de l’astronomie des premiers âges jusqu'à la mort de Copernic 1

II Histoire de l’astronomie de Copernic jusqu'à nos jours 30

III Vues générales du système solaire et de l’Univers 46

IV Du système solaire, ou description des principaux phénomènes que présentent les planètes 55

214 A. Paulin, Leçons de cosmographie, 2ème édition, Nantes, Herault Jeune, 1811 (p. 35-36).

V Du Soleil et de ses mouvements ; des taches que l’on y observe, et de son atmosphère immense

68

VI Des mouvements visibles des cieux et de la rotation de la Terre 90

VII Des points cardinaux et des divisions en général 101

VIII De la Lune et de son orbite 106

IX De la Terre 126

X Des phénomènes particuliers qui résultent des mouvements variés de la Terre 139

XI Des éclipses du Soleil et de la Lune 167

XII Des différentes planètes du système solaire 178

XIII Des satellites ou lunes, et des orbites elliptiques des planètes 209

XIV Des étoiles fixes 236

XV Des constellations , et de la classification des étoiles fixes 254

XVI Des découvertes d’Herschel, parmi les étoiles fixes 264

XVII Des apparences télescopiques des corps célestes 283

XVIII Des constellations du zodiaque, de leur configuration, du nombre d’étoiles qu’elles contiennent, et de leurs grandeurs apparentes

294 XIX Des comètes, de leurs queues, et apparences diverses d’un grand nombre d’entre elles 305

XX Des marées, de l’influence de la Lune sur la masse liquide de notre globe, et de leurs mouvements simultanés

322

XXI De l’espace universel, des corps qui y circulent, et de leurs relations mécaniques 334

XXII Des théories systématiques de Kepler et de Newton 348

Problèmes 367

Le caractère didactique est affirmé par la présence dans les quarante dernières pages de cet

ouvrage, qui en compte environ quatre cents, d’une série de problèmes dont voici un

exemple : « Connaissant la latitude d’un pays de la Terre et le lieu du Soleil à chaque jour,

trouver l’heure du lever et du coucher du Soleil. »

216

Le traducteur, un certain Philippe-Jean Coulier

217

, « ancien élève de Delambre », semble

ignorer toutes les tentatives de vulgarisation qui précèdent car il écrit dans sa préface :

« Aucune science ne mérite plus d’attention que l’Astronomie, et aucune n’a

cependant été moins décrite de manière à être comprise par les personnes peu

versées dans les mathématiques. C’est pour mettre l’étude du ciel à la portée de

ces personnes que ce volume a été entrepris. » (p. v)

L’hommage qu’il rend à son maître est tempéré par la dernière phrase :

« Les meilleurs éléments de cette science, traités d’une manière didactique et

exacte, sont les éléments publiés par feu M. Delambre, dans ses leçons du Collège

de France ; mais le grand nombre de formules dont cet ouvrage abonde, ne permet

pas à beaucoup de personnes de le suivre avec le même intérêt. » (p.vj)

216

Thomas Squire, L’astronomie enseignée en vingt-deux leçons, traduction, Paris, Audin, 1823 (p. 384), première édition anglaise : 1820.

217 Mention manuscrite sur l’exemplaire consulté à la bibliothèque Sainte-Geneviève : « traduit par Philippe-Jean Coulier d’après Barbier ».

La bibliographie de Houzeau et Lancaster ne cite que quelques-unes des quatorze éditions

anglaises mais précise les variantes dans le titre The wonders of the heavens displayed, in

twenty lectures devenant Astronomy in twenty-two lessons, or the beauties of the heavens

explained without use of the mathematics, puis Wonders of the heavens, with a glossary of

astronomical terms. Le livre est publié en français à quatre reprises, en 1823, 1824, 1825 et

1832. Citons encore trois éditions allemandes (1825, 1827 et 1829) et une traduction

polonaise en 1826. Cet authentique triomphe éditorial trouve sans doute sa source dans

l’adaptation de l’ouvrage au niveau des précepteurs et autres enseignants, souvent inaptes à

puiser l’information chez les savants. L’organisation de l’ouvrage en leçons leur rend la tâche

aisée.

c) Adolphe Quételet, Astronomie élémentaire,

1826

Né à Gand en 1796, Adolphe Quételet fait ses études au lycée de la ville puis y assure les

fonctions de professeur de mathématiques avant d’obtenir la consécration d’un poste dans la