RESUMOS – GRUPOS DE TRABALHO RÉSUMÉS – GROUPES DE TRAVAIL
CONTRIBUTIONS A UN ETAT DE L’ART SUR L’ARGUMENTATION
Mariano Dagatti Alex Colman
Résumé : Les études contemporaines sur l’argumentation réalisées à partir des approches de l’argumentation rhétorique – ou néo-rhétorique – (Amossy et Koren, 2002) et de l’argumentation dans la langue (Anscombre et Ducrot 1976, 1994) conduisent à des définitions différentes du processus argumentatif. Pour la perspective rhétorique, l’argumentation suppose une situation ou contexte de communication où il y a un désaccord explicite ou implicite sur une question ou un problème (Plantin, 2004, 2015). Persuader – au sens large: faire à quelqu’un admettre une conclusion et l’inciter à adopter les comportements suggérés, ou influencer, transformer ou renforcer les croyances ou les comportements (conscients ou inconscients) de la (ou des) personnes qui constituent leur objectif – implique de polémiquer, de s’opposer , d’être en désaccord. Pour la perspective linguistique, d’autre part, l’étude de l’argumentation est l’étude des capacités projectives des énoncés, de leur orientation: «l’ensemble des possibilités ou impossibilités de continuation discursive déterminées par leur usage» (Ducrot, 1990: 51). En tant que contribution à l’état de l’art de l’argumentation, cette présentation soutient que pour définir la valeur argumentative de certains actes discursifs il est nécessaire de considérer l’importance de l’élément communautaire: valeurs, connaissances, une affectivo-émotivité latente comme normativité d’un groupe. Nous réfléchissons à ce problème sur la base des arguments de Marc Angenot (2014: 19) sur la nature historique et relative de la persuasion et l’existence de «communautés basées sur la persuasion», un enjeu dont la productivité a également été soulignée par Alejandra Vitale (2017) pour le cas des services du renseignement. En particulier, nous étudierons le phénomène de l’argumentation dans les documents de l’ex Direction des services de renseignement de la police de la province de Buenos Aires (DIPBA), un service de renseignement argentin qui a fonctionné entre 1956 et 1998. Ses archives – déclassifiées et ouvertes à la consultation publique en 2003 – ont été étudiées par différents chercheurs, y compris des spécialistes de l’analyse du
discours, de la rhétorique et de l’argumentation. Ces chercheurs ont mis en évidence l'existence de développements argumentatifs et de séquences critiques dans des genres tels que les reportages sur la censure littéraire et sur le cinéma et les arts du spectacle, entre autres (Bettendorff, 2017;
Chiavarino, 2017). Malgré l’exhaustivité et la pertinence de ces approches, il y’a des effets argumentatifs présents dans les documents qui n’ont pas été explorés jusqu’à présent, et qui nous permettent de nous concentrer sur une dimension communautaire de l’argumentation dont l’approche peut conduire à des conclusions pertinentes sur les opérations de persuasion dans une communauté discursive. En analysant un corpus de rapports de renseignement sur les étudiants de l’Université nationale de La Plata dans la période 1959-1973, nous étudierons la relation entre les effets d’argumentation présents dans les descriptions, caractérisations et récits sur les étudiants, et la doxa et les valeurs qui caractérisent la DIPBA en tant que communauté discursive. Comme résultat préliminaire, nous soutenons dans ce travail que l’argumentation dans l’ex DIPBA présente une dimension communautaire qui ne se confond pas avec l’argumentation dans la langue (car elle se situe institutionnellement et communicativement), et qu’elle ne se limite pas aux séquences d’argumentation, parce que les protocoles de lecture explicite et implicite de la communauté (des manuels d’écriture à son monde éthique) garantissent un horizon de sous-entendus. Lorsqu’un espion de la DIPBA dit: “communiste”, “marxiste”, “péroniste” ou “radical” ou quand il rapporte que les étudiants “ont vécu Perón”, il produit l’orientation d’une décision, et cette orientation n’est pas le résultat – ou n’est-ce pas seulement le résultat – d’une instruction purement linguistique ou d’une séquence argumentative prototypique, mais d’un contrat communautaire dans lequel convergent normes et visions du monde (Angenot, 2010): entre autres, celles qui font la représentation de ce qui pourrait être appelé, selon Carl Schmitt (2016), «l’ennemi intérieur».
Mots-clés: Analyse du discours; Argumentation; Communauté Discursive;
Archives de la Répression; Services de Renseignement.
Bibliographie :
Amossy, R., Y Koren, R. (2002). Après Perelman: quelles politiques pour les nouvelles rhétoriques?: l’argumentation dans les sciences du langage. París: Editions L’Harmattan.
Angenot, M. (2010). El discurso social. Los límites históricos de lo pensable y lo decible. Buenos Aires: Siglo XXI.
Angenot, M. (2014). “La Retórica como ciencia histórica y social”. En Colman, A, Nacucchio, A., Vitale, M. A. (eds.), Libro de Actas del III Coloquio Nacional de Retórica y el II Congreso Internacional de Retórica e Interdisciplina (pp. 18-32). Buenos Aires: Asociación Argentina de Retórica.
Disponibles en www.aaretorica.org
Anscombre, J. C., Y Ducrot, O. (1976). “L’argumentation dans la langue”.
Langages (42), 5-27.
Anscombre, J. C., Y Ducrot, O. (1994). La argumentación en la lengua.
Madrid: Gredos.
Bettendorff, P. (2017). El archivo de la Dirección de Inteligencia de la Policía de Buenos Aires (DIPBA) ante los espectáculos
“independientes”. Una aproximación retórico-discursiva a la vigilancia a grupos de teatro y cineclubes (1958-1981). Tesis de Maestría en Análisis del Discurso, Universidad de Buenos Aires.
Chiavarino, N. (2017). Estrategias retórico-argumentales en informes de censura literaria de la última dictadura cívico-militar. Tesis de Maestría en Análisis del Discurso, Universidad de Buenos Aires.
Ducrot, O. (1990). Polifonía y argumentación. Cali: Universidad del Valle.
Plantin, C. (2004). “Situation des études d’argumentation: de délégitimations en réinventions”. En DOURY, M. Y MOIRAND, S. (comps.), L’argumentation aujourd’hui. Positions théoriques en confrontation (pp. 159-181). París: Presses Sorbonne Nouvelle.
Plantin, C. (2015). La argumentación. Barcelona: Ariel.
Schmitt, C. (2016). Teoría del partisano. Comentario sobre la noción de lo político. Buenos Aires: Prometeo.
Vitale, M. A. (2017). “La DIPBA y la deliberación en los servicios de inteligencia: ¿ilegalidad para el Partido Comunista?”. En BAREI, S. N.
(comp.), La cultura y sus retóricas. Miradas interdisciplinares (pp. 111-119). Córdoba: UNC-UNVM.
LA ARGUMENTACIÓN COMUNITARIA EN LA EX DIPBA: APORTES