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2. DOS PROGRAMAS MEDIA E CULTURA AO EUROPA CRIATIVA

2.2. Programas Cultura

2.2.2. Programa Cultura (2007-2013)

Le MOdèle de Chimie Atmosphérique de Grande Échelle (MOCAGE) est développé au

Centre National de la Recherche Météorologique (CNRM) de Météo-France (Peuch et al.,

1999; Josse et al., 2004; Teyssèdre et al., 2007; Guth et al., 2015; Sic et al., 2015). Le modèle

MOCAGE s’attache à modéliser l’évolution de la composition de l’atmosphère, pour les

constituants gazeux comme pour les aérosols, couvrant une large gamme d’applications,

allant de la prévision de la qualité de l’air jusqu’aux études de l’impact du changement

climatique, en passant par la modélisation du transport des cendres volcaniques. Dans ce

travail de thèse, nous utilisons le modèle de chimie transport MOCAGE pour étudier les

processus du transport de la pollution gazeuse lors de plusieurs campagnes de mesures

ChArMEx, ainsi que pour calculer le bilan de O3et CO au-dessus du Bassin Méditerranéen

pour l’année 2012 (chapitre V).

2.1.3.1 Configuration du modèle

L’un des atouts du modèle MOCAGE est sa flexibilité de configuration. Il peut être

appliqué à l’échelle globale comme sur d’autres domaines plus restreints avec une

résolu-tion plus élevée. Il peut, de plus, modéliser des grilles imbriquées sur plusieurs domaines

successifs de résolutions différentes. Ainsi, la configuration standard utilisée est constituée

CHAPITRE 2. OUTILS DE MODÉLISATION

Figure 2.1: Comparaison du cycle annuel de l’ozone, entre les observations d’ozone (cercle

noir), l’ensemble ACCMIP (trait rouge) et sa médiane (trait rouge pointillé), les modèles

AC-CENT (ligne bleue) (Stevenson et al., 2006) et les mesures satellitaire (TES) d’ozone (trait

violet) moyennés pour différentes bandes de latitude (colonnes) et différentes altitudes (lignes).

2.1. MODÉLISATION NUMÉRIQUE DE L’ATMOSPHÈRE

Figure2.2: Les domaines imbriqués de MOCAGE : globe, continental (l’Europe) et national (la

France). Cette configuration est utilisée dans l’application opérationnelle PREV’AIR qui permet

de connaître la qualité de l’air extérieur au niveau national.

d’un domaine global de résolution 2¶◊2¶, un domaine continental centré sur l’Europe de

résolution 0.5¶◊0.5¶, et un domaine régional centré sur la France de résolution 0.1¶◊0.

(Figure. 2.2). Dans une même configuration, chaque domaine communique bilatéralement

avec les domaines qui lui sont reliés. MOCAGE possède d’autres configurations, sur le

même principe d’imbrication, avec chaque fois un zoom sur une région en particulier. Sur

la verticale, la configuration standard du modèle a 47 niveaux verticaux en coordonnées

hybride-pression, allant du relief près du sol jusqu’au dernier niveau à 5 hPa. Ces niveaux

sont répartis en 7 niveaux dans la couche limite atmosphérique, 20 dans la troposphère et

20 dans la stratosphère. Il existe une deuxième configuration possible à 60 niveaux, allant

de la surface jusqu’à 0.07 hPa.

2.1.3.2 Le transport

MOCAGE est un CTM off-line, ce qui signifie que les paramètres météorologiques

(vent, température, pression et humidité) nécessaires à la simulation des paramètres

chi-mique ne sont pas calculés par le modèle mais sont fournis à partir de champs pré-calculés

par un autre modèle de prévision numérique du temps (PNT) tel que le modèle ARPEGE

CHAPITRE 2. OUTILS DE MODÉLISATION

(Action de Recherche Petite Echelle Grande Echelle ; Déqué et al. 1994), AROME (the

Application of Research to Operations at Mesoscale ; Seity et al. 2011), ou IFS (the

Inte-grated Forecasting System ; Barros et al. 1995), pour les prévisions de qualité de l’air ou

par ARPEGE-Climat pour les simulations climatiques. La dynamique de MOCAGE est

constituée du processus de transport à grande échelle qui correspond au transport

explici-tement résolu et du transport sous-maille. Pour son schéma de transport résolu, MOCAGE

se base sur une représentation dite semi-Lagrangienne (Williamson and Rasch, 1989). Les

phénomènes de transport sous-maille représentés dans MOCAGE sont la convection avec

le schéma de Bechtold (Bechtold et al., 2001) et la diffusion turbulente selon Louis (1979).

2.1.3.3 Les émissions

Les émissions sont basées sur des inventaires réalisés par plusieurs organismes, à

dif-férentes échelles spatio-temporelles. Les cadastres d’émission sont souvent extraits de la

plateforme ECCAD (Emissions of atmospheric Compounds and Compilation of Ancillary

Data ; Granier et al. 2012), en faisant appel au préprocesseur SUMO (SUrface MOdel). Ces

émissions sont données en entrée du modèle. Les émissions de certains composés comme

les poussières désertiques, les sels marins et les oxydes d’azote émis par les éclairs sont

simulées de manière dynamique.

2.1.3.4 La chimie dans le modèle MOCAGE

Pour la chimie gazeuse, le schéma chimique complet utilisé est baptisé RACMOBUS,

constitué du regroupement des schémas RACM (Regional Atmospheric Chemistry

Mecha-nism ; Stockwell et al. 1997) pour la troposphère et REPROBUS (Processes Ruling the

Ozone Budget in the Stratosphere ; Lefevre et al. 1994) pour la stratosphère. Il contient

107 espèces et 374 réactions, permettant ainsi de décrire aussi bien la pollution urbaine

de basse couche que l’évolution de la couche d’ozone dans la stratosphère.

- Le schéma RACM, est un schéma chimique dédié à la modélisation troposphérique, avec

77 espèces et 237 réactions dont 23 photolyses. Toutes les réactions de RACM sont des

réactions en phase gazeuse.

2.1. MODÉLISATION NUMÉRIQUE DE L’ATMOSPHÈRE

- Le schéma REPROBUS, dédié à la modélisation stratosphérique, possède 41 espèces,

23 réactions de photo-dissociation, 72 réactions en phase gazeuse et 7 réactions en phase

hétérogène.

2.1.3.5 Les aérosols

Les aérosols sont décrits dans le modèle MOCAGE selon une représentation en 6 classes

de taille de particules. Les aérosols primaires intégrés dans le modèle MOCAGE sont les

poussières désertiques, les sels marins, le carbone organique (OC pour organic carbon), le

carbone suie (BC pour black carbon) et les pollens de bouleau. Récemment, une nouvelle

version du modèle MOCAGE a été développée (Guth et al., 2015), qui consiste dans une

première phase à la modification du cycle du soufre et la mise en place de l’ammoniac

gazeux (NH3) dans le modèle. Puis, dans une deuxième phase, la nouvelle version consiste

à intégrer l’interaction entre les gaz et les particules primaires, pour former des aérosols

inorganiques secondaires (SIA pour secondary inorganic aerosols) par l’intermédiaire du

module d’équilibre thermodynamique ISORROPIA (Nenes et al., 1998), permettant ainsi

de décrire les sulfates et les nitrates. Cependant, les aérosols organiques secondaires (SOA

pour secondary organic aerosols) ne sont pas pris en compte dans le modèle. L’introduction

des SOA dans MOCAGE est prévue à court terme.

2.1.3.6 Applications du modèle MOCAGE

Il existe une version de MOCAGE sans chimie, appelée MOCAGE-Accident, qui a été

développée dans l’objectif de modéliser l’évolution d’un rejet ponctuel de composés

chi-miques inertes dans l’atmosphère. Les deux versions (MOCAGE et MOCAGE-Accident)

sont opérationnelles à Météo-France. Ainsi, MOCAGE-Accident a été considérablement

sollicité lors de l’éruption du volcan l’Eyjafjallajokull (Islande) en 2010, et de l’accident

de Fukushima (Japon) en 2011. MOCAGE est utilisé de manière opérationnelle depuis

2005 afin d’alimenter la plate-forme française de prévision de la qualité de l’air Prev’Air

(http ://www2.prevair.org/ ; Rouil et al. 2009). Il participe également à la plate-forme

eu-ropéenne de prévision de la qualité de l’air MACC/Copernicus (http

://www.copernicus-CHAPITRE 2. OUTILS DE MODÉLISATION

atmosphere.eu/), en fournissant des prévisions opérationnelles sur l’Europe. MOCAGE

est fortement sollicité dans le domaine de la recherche, comme dans des études traitant la

qualité de l’air depuis la campagne ESCOMPTE en 2001 jusque, plus récemment, pour les

campagnes TRAQA (2012) et GLAM (2014). Il a également contribué à différents projets

de recherche comme MACC. À l’échelle globale, MOCAGE est impliqué dans les projets

ACCMIP et CCM-I, qui traitent de l’impact du changement climatique sur la composition

chimique de l’atmosphère.